jeudi 22 avril 2021

Et les lumières dansaient dans le ciel d'Eric Pessan

Quelle bonne idée que republier ! Cet hiver ce fut le tour de Et les lumières dansaient dans le ciel dont je ne comprends pas qu'il ait pu m'échapper.

D'abord parce que j'aime tous les livres d'Eric Pessan, qu'ils soient écrits pour des adolescents ou pour des adultes. Ensuite parce que le héros porte le prénom de mon fils.

Que l'Ecole des loisirs soit bénie de programmer des séances de rattrapage !

Elliot n'est pas fan de foot, de chanteur ni de blockbuster américain. C'est un collégien à part. Son domaine de prédilection, c'est l'astronomie, pas l'astrologie. Les questions qui le taraudent ne sont pas banales. Il se demande s'il existe des gaz conscients ou des sociétés bactériologiques.

Son plus grand bonheur est de se promener sous les étoiles. Il existe 84 millions d'étoiles dans notre galaxie, ce qui représente une infinité de découvertes à entreprendre. Pour lui, si on ne les a jamais contemplées, on ne sait rien (p. 18). Je le comprends, en cette période de couvre-feu qui interdit ce genre de distraction. Je devine l'ampleur de sa tristesse de ne plus s'y adonner. Elliot est enfant unique et il se trouve d'autant plus seul que sa mère a obtenu sa garde exclusive dans la guerre qui l'oppose à son père. Il est donc privé des sorties qu'ils faisaient ensemble pour observer les étoiles. Le manque est cruel à supporter pour cet ado qui est encore en construction.

Il pourrait avoir une amie. Par exemple Julie qui est collégienne dans le même collège et qui habite au troisième étage du même immeuble que lui. Elliot vit presque tout en haut du bâtiment, celui-là même où logent de nombreux autres personnages des romans d'Eric Pessan. En effet, quand il se met à écrire, il choisit comme personnage principal un des habitants d’une tour certes imaginaire, mais qui lui a été inspirée par un immeuble de dix-huit étages, situé à Saint-Herblain, près de Nantes. Il était alors directeur d’antenne d’une radio associative dont l’émetteur était installé sur le toit terrasse.

C’est de là-haut qu’une bouteille fut jetée malencontreusement sur la tête d’un jardinier par le jeune Thomas. Le roman y fait allusion (p. 87) comme il rappelle page suivante la course des deux adolescents sans papiers, eux aussi résidents de l’immeuble. Si vous n’avez pas lu les romans correspondants il est encore temps de le faire. Ce sont deux grands classiques : Plus haut que les oiseaux (2012) et Aussi loin que possible (2015).

Il se trouve que Julie est la soeur de Thomas. Elle sera choisie pour être le personnage principal de Dans la forêt d’Hokkaido (2017), mais rien ne le laisse encore supposer puisque les mésaventures d’Elliot se déroulent trois ans plus tôt.

Le garçon ressemble à tous les héros créés par Eric Pessan. Il se croit invincible, loin de penser qu’il peut être dangereux de sortir en pleine nuit pour scruter le ciel, et surtout sans en avertir sa mère. Comme s’il était évident qu’il serait de retour avant qu’elle ne se lève et se rende compte de sa fugue momentanée. Le ciel l’a toujours consolé de tout. Il ne doute pas de son pouvoir. Il sait que les étoiles, on ne décide pas d'aller les voir le samedi soir, on y va lorsque la météo le permet.

Mais cette fois il va assister à un phénomène étrange, en découvrant des lumières vertes et oranges qui semblent suivre une bien curieuse chorégraphie. Il sait qu’on peut voir des rayonnements qui datent d’avant la création du monde. S’agit-il de cela ? Le jeune garçon décide d’enquêter, en allant plus loin, jusqu’à cette fois un immeuble toulousain, pour rencontrer un des responsables du Geipan, un organisme spécialisé dans l’observation du paranormal et dont l’auteur donne les coordonnées à la fin du roman. Ça peut toujours servir …

Découvrira-t-il l’explication à ce qu’il a vu ? Trouvera-t-il les réponses aux nombreuses questions qui l’empêchent d’être heureux ? En particulier comment ne plus être auprès de sa mère ce poids, ce môme encombrant qui renifle sa fièvre. Et surtout comment mettre fin à la guerre qui sévit entre ses parents et qui n’engendre que de la violence.

Et les lumières dansaient dans le ciel d'Eric Pessan, L’école des loisirs, Médium + poche, en librairie dans cette collection depuis le 17 février 2021
Paru la première fois en 2014
Recommandé à partir de 11 ans

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