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jeudi 4 avril 2013

Les découvertes d'Omnivore 2013


Après avoir arpenté la scène salée puis la scène sucrée d'Omnivore voici le moment de partager avec vous d'autres moments parfois plus modestes, mais autant gourmands.

Pour ce qui est des découvertes, ce sont les miennes, vue de ma petite lorgnette. Et quand j'écris découvertes je devrais plutôt mentionner coups de coeur.

Des petites pousses qu'on dirait installées dans des fauteuils Knoll  ... juste pour le plaisir des yeux (je n'ai pas gouté). Je ne suis pas qu'un ventre.


L'effervescence était palpable dès l'ouverture. Chaque équipe assistait au brief de son boss alors que les premiers visiteurs tentaient faisaient mine de glaner un scoop.
Chez Terre d'azur, toujours de magnifiques produits. Le Curly Kale, ou chou frisé m'interpelle. je l'ai vu cuisiné sur une page du dernier numéro du nouveau magazine bio féminin Pure Green, preuve qu'il en fallait que la cuisine aussi connait des effets de mode.
Et puis du cerfeuil tubéreux (photo de gauche ci-dessous) et les fameuses betteraves, aussi bonnes crues que cuites, les golden, green ou red mint que je vais bientôt me décider à travailler.
Vous pourrez bientôt accéder à la vente aux enchères des assiettes du Crillon. Je ne me souviens pas de leur style mais je peux vous montrer un exemplaire de celles du Ritz (dont la salle à manger est déjà fermée), que l'on doit à la maison Deshoulières.
De même que celles dans lesquelles mangent les clients du Georges V. La porcelaine de Limoges demeure un signe d'élégance.
Si vous voulez que votre table soit à la mode sachez que l'on revient sur les valeurs traditionnelles, le blanc, avec à la rigueur un simple filet doré. Par contre les verres peuvent éclater de couleurs vives, comme ceux très simples mais très colorés de la série Samoa.
Cette année, la pintade était préparée par Isa-marie du blog Grelinette et cassoletttes qui proposait un wok à l'orange et au sésame.
Après la viande, le poisson, et particulièrement les sardines de la Quiberonnaise qui propose une soupe sans glutamate. Toutes les boites de sardines sont millésimées. Les tartinables de poisson affichent un taux de chair de 75%. Difficile de dire mieux, ce qui justifie sa présence parmi les 6 lauréats des Talents du Goût en 2007.

C'est la petite fille du créateur qui se trouve sur la boite et qui se trouvait à la Mutu avec son joli sourire.
Je vous reparlerai bientôt de cette conserverie et de quelques-uns de ses produits.
Jean-Yves Bordier n'avait pas fait le déplacement mais on pouvait voir tout de même sa bouille sympathique en gros plan au-dessus du comptoir. C'est avec son légendaire humour qu'il avait conçu un gimmick spécial : Soyez Tarti-Vore à Omni-Beurre

Et je peux vous dire que les visiteurs consommaient les tartines de bon appétit. Aux créations déjà découvertes l'an dernier (comme le yuzu) s'ajoutait une petite dernière, un beurre ail et fines herbes aux baies de Sechuan ... un peu dominé par la ciboulette.

Rappelons à ceux qui ne connaitraient pas la maison Bordier qu'elle est réputée pour son beurre de baratte, salé et malaxé à l'ancienne depuis 1927 à Saint-Malo.

Coté vins, le choix plongeait dans l'embarras. J'ai choisi de vous parler du Domaine de Laballe qui n'était pas présent à Omnivore l'an dernier. De gauche à droite, on remarque d'abord deux bouteilles de Tursan, un terroir qui bénéficie d’une situation climatique privilégiée, bordé par la grande forêt des Landes, les premiers plissements des Pyrénées océanes et les berges de l’Adour. Le Clos Cazalet s’étend sur des coteaux argilo-calcaire et argilo-siliceux.

Ces deux millésimes sont les premiers et le Domaine reconnait avec précaution qu'il n'a donc pas de recul pour connaitre l’évolution sur du long terme. Ils estiment cependant le temps de garde à au moins 5 ans. Je les ai goutés avec d'autant plus d'intérêt.

Le Carpe Diem 2010 est composé de deux cépages : le Baroque pour 60% et le Gros-Manseng pour 40%, vendangés à la main. Chaque cépage est vinifié séparément selon sa spécificité: macération pelliculaire pour le Gros-Manseng, pressurage direct pour le Baroque, suivi d'un débourbage. La fermentation ne démarre qu'après 48 h de stabilisation au froid.

J'ai apprécié ses reflets verts, les arômes de fleurs blanches, suivis assez rapidement par des notes salines assez étonnantes. je l'imagine parfaitement avec des poissons et des fruits de mer ... et avec les fromages italiens dont je vous parlerai plus bas.

En version rouge, le Raisin Volé 2010 est composé de deux autres cépages : le Cabernet Franc pour 60% et le Tannat pour 40%, vendangés eux aussi manuellement. Les raisins sont mis en cuve après avoir été égrappés et légèrement foulés. La robe est grenat. Son nez révèle des arômes de fruits rouges (cassis, mûre) et de réglisse avant de laisser découvrir des tanins donnant une finale longue et épicée.

Le nom poétique de Raison volé évoque les petits oiseaux qui viennent piocher des grains dans les vigne ... péché de gourmandise s'il en est.

J'ai apprécié aussi (toujours avec modération) les Sables fauves de Laballe, davantage en blanc qu'en rosé. Le terroir des Sables Fauves est composé de dépôts argilo-limoneux en coteaux adoucis. De cette sédimentation unique concentrée en oxyde de fer sont nés des sols à la fois doux et acides apportant finesse et minéralité à ce Cabernet Franc très approprié à une dégustation d'huitres.

Pour finir, le blanc doux de la demoiselle de Laballe, IGP des cotes de Gascogne m'a séduite par sa robe d'un joli jaune brillant, son nez subtil et intense sur des notes de fruits exotiques et son amplitude.

L'équilibre entre douceur et vivacité est assez rare dans le blanc, encore un Gros Manseng.

Ne manquait que le foie gras pour accompagner ...

Coté étranger, j'ai remarqué des vins espagnols. Le Riba Guda, appellation Rioja Grianza, exhale des notes de cuir  et le Pinot Grigio (bouteille de gauche) est un Pinot finement rosé est un vin bio naturel. Tous deux proviennent du Rioja, qui est la plus grande surface en appellations vinicoles.
Il n'y avait aussi des eaux pétillantes de Badoit, bulles de joie depuis 1778, comme le clame le dernier film publicitaire. La marque parraine une bourse de la création qui recueille des projets jusqu'au 15 mai prochain (règlement ici). Le principe est d'aider des projets d'ouverture de restaurant. Et cela fait trente ans que cela dure !

A la clé une belle somme d'argent, 15 000 €, mais surtout un coaching d'un an en cuisine, en gestion et en communication.

C'est Thierry Marx qui préside le jury. J'ai été surprise de constater combien il appréciait cette eau qu'il emploie pour la cuisson des aliments. La classique eau de Badoit lui permet de cuire plus vite des légumes plus verts. Il l'emploie aussi pour attendrir la viande. Et je me suis promis de faire quelques expériences et de les relater sur le blog.

Vous la connaissez sans doute "nature", finement ou fortement pétillante, c'est affaire de gout. Elle existe aussi aromatisée au citron, au citron vert et à la menthe, mais aussi, et on le doit encore à Thierry Marx, à la framboise et à la passion.

Loin d'être des gadgets, ces eaux permettent d'entrer dans la réalisation de cocktails en diminuant les apports en sucre. Leur parfum résulte d'une formule complexe. Ainsi, par exemple, la framboise est rehaussée par une pointe de griotte et une touche de verveine. On voit la photo du chef sur les nouvelles étiquettes, plus "parlantes" que son nom.
Mövenpick était là comme l'an dernier, pour rafraichir les palais. J'ai découvert le parfum amande et anis, en édition limitée pour 2013, que l'on peut savourer tel quel, ou en accompagnement osé d'un plat de crustacés.
Les produits japonais ont connu un certain succès. Isse présentait une collection très complète. Avec aussi quelques combinaisons audacieuses, comme une sauce de soja au yuzu qui pourra accompagner les légumes, froids ou chauds, en plat ou en salade. Ce fut l'occasion de redécouvrir la douce acidité du vinaigre de riz, et le coté laqué obtenu avec le mirin (un saké liquoreux) en nappage d'une glace.
On pouvait trouver plusieurs dashis, bouillon en japonais, , des prunes séchées, du wasabi et des sésames variés, des algues, des nouilles ... jusqu'à des feuilles de cerisiers salées.
Unilever mettait en avant des purées d'épices sous la marque Knorr : un curry, une spécialité au gingembre, aux poivres, aux poivrons et à l'ail. Et puis une extraordinaire vinaigrette aux zeste de citron et jus de mandarine ... réservée à la restauration. En la goutant on se dit que les chefs disposent de produits avec lesquels on ne peut pas rivaliser dans nos cuisines.

Les démonstrations de Wout Bru furent suivies avec attention.
Nouveau cette année, le stand des Fromages d'Italie, avec 4 spécialités : l'Asiago, le Gorgonzola, la Mozarella et le Parmesan, chacun avec une lettre majuscule parce que ces 4 appellations d'origine protégée étaient vraiment exceptionnels.

Je ne connaissais pas le premier, l'Asiago, de couleur claire, avec des yeux (des trous si vous préférez) marqués et irréguliers, produit dans le nord de l'Italie. Son goût est assez fade pour mon palais, rappelant le yaourt et le beurre. Ni salé, ni amer, il est présenté selon 4 degrés d'affinage, le dernier étant le "stravecchio" après 15 mois.

Qui ne connait pas la Mozarella ? Soyez tout de même attentif à la qualité car il me semble qu'il en existe de toutes les sortes ... En tout cas, aucune "light" car le lait de buflonne est un des plus riches qui soit. Méfiez vous donc d'une étiquette qui vous le promettrait, ce serait une contrefaçon.
Ma préférence va aux deux autres qui ont d'ailleurs un avantage de taille pour les intolérants au lactose : ils n'en contiennent pas. D'abord le Gorgonzola, né dans la ville du même nom, aux portes de Milan, crémeux et onctueux, légèrement piquant, que j'aime tout autant après davantage d'affinage (on ne dépasse pas 40 jours) lorsque sa pâte est compacte et friable à la fois et qu'il est  devenu franchement piquant. Sublime sur un carré de cracker.

Et le Parmesan ! en poudre ou mieux en morceaux ... sur ce plan nous étions gâtés parce qu'on le découpait quasi à la demande avec un couteau adéquat. J'en mangerais, comme disait ma grand-mère, sur la tête d'un pouilleux ... mais ce sont sur des oeufs et de la tomate que je me suis régalée au retour d'Omnivore.
Juste avant de partir j'ai remarqué enfin une de ces "box" qui sont proposées de plus en plus dans tous les domaines. Elles sont bien une dizaine dans le secteur culinaire et cela devient difficile de se repérer. Le principe est de s'abonner "à l'aveugle" avec la promesse de recevoir chaque mois un colis d'une valeur supérieure à la somme investie si on avait acheté les produits séparément.

En général, pour ce qui est de l'alimentaire, on ajoute des fiches produits et/ou des recettes. Pour l'heure je ne peux pas en dire plus de Foodiscover ... dont on m'a dit qu'elle avait un positionnement haut de gamme. Je devrais découvrir plus précisément bientôt l'édition d'avril. A suivre donc.
Compte-rendu d'Omnivore 2012 sur A bride abattue
La scène salée d'Omnivore 2013 sur A bride abattue
La scène sucrée d'Omnivore 2013 sur A bride abattue
Et bien sur toutes les infos : www.omnivore.fr

jeudi 24 mars 2016

L'art de la restauration au Spa Marin du Val André (22)

Je vous ai présenté, au début de mois en quelques lignes et quelques photos, le contenu d'un week-end passé au Spa Marin Val Andre en vous prévenant qu'il faudrait plusieurs billets pour restituer ses caractéristiques.

J'ai commencé par un sujet annexe, la pêche à la coquille Saint Jacques, qui est une des grandes spécialités locales. Je reviendrai plus tard sur le cadre hôtelier du Spa et sur les soins thermaux qui y sont dispensés. Je voudrais pour le moment vous mettre l'eau à la bouche en vous présentant le travail de son chef, Jérôme Barbançon.

Le petit-déjeuner donne le ton. Chaque table est pourvue d'un bulletin météo et des nouvelles fraiches indispensables pour passer une bonne journée. La diététicienne ou l'ostéopathe ajoutent un conseil et vous trouverez systématiquement plusieurs idées de sortie.

Si vous aimez les yaourts vous serez aux anges. Ils viennent de la maison Bordier. Ils sont préparés par un fermier du Morbihan à partir du lait entier de ses vaches. Ce lait donne de la douceur et de l’onctuosité aux yaourts qui sont présentés nature en deux façons, au lait entier ou maigre. Il y a aussi plusieurs versions aux fruits, notamment à la fraise de Plougastel. Il existe aussi de savoureuses versions myrtille ou pêche du Roussillon.
J'avais eu l'occasion de vous parler du savoir-faire de Jean-Yves Bordier dans ma chronique du livre de Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde, Frères de Terroirs chez Rue de Sèvres. Il est le dernier à employer un malaxeur en teck pour réaliser un beurre incomparable qu'il sale encore à la volée et qui, bien sûr, est sur toutes les tables du restaurant.
Outre les classiques viennoiseries, et la brioche ce sont les recettes bretonnes qui sont mises à l'honneur.
Avec des crêpes (et au choix du miel ou un caramel beurre salé !), du far aux pruneaux, un Quatre Quart breton, ... Coté pain, au moins trois variétés, dont un pain au levain.

samedi 15 novembre 2014

Frères de Terroirs, de Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde chez Rue de Sèvres

Jacques Ferrandez  et Yves Camdeborde se connaissent bien. Ils aiment tous les deux la cuisine assaisonnée. Lorsqu’ils s’associent pour commettre un ouvrage il est naturel que ces deux là ne lésinent pas. Leur carnet de croqueurs laisse échapper des notes très variées.

Le souci du goût, la qualité des produits, le respect de l’environnement, la passion pour des métiers exigeants, la volonté de transmettre … toutes ces valeurs sont bien présentes.

Les historiettes sont nimbées d’un humour mordant. Chacune est rehaussée par des dialogues souvent crus, parfois à point, jamais trop épicés.

Yves Camdeborde témoigne de sa passion pour les produits nobles, la truffe, le homard … mais aussi le bio dans les vignobles ou le lait, les appellations, le "travail normal". Il en profite pour aborder les sujets qui ont défrayé la chronique comme le pouvoir de l’argent dans l’industrie agroalimentaire, ou la phobie stupide à l'égard de la viande de cheval, soulignant au passage qu’on n’a jamais entendu parler de cheval "fou". Je partage son avis : dans mon enfance, on répétait que c’était la viande la plus saine et elle était au menu une fois par semaine.

On sillonne la France avec lui et sa bande de copains, faisant escale sur les coteaux du Grésivaudan, la côte de Chausey, et même une halte à la prison d’Angoulême où il peut arriver qu'on égare un couteau comme à la maison dans sa poubelle.

La bande revient systématiquement bredouille, ou presque, mais l'opiniâtreté est toujours miraculeusement récompensée comme si c'était Noël tous les jours.

Le culte du vin est peut-être un peu exalté, si bien qu’on va devoir préconiser une consommation régie par la modération. Il est vrai que les 24 siècles d'histoire de la Côte-Rotie (p. 36) sont aussi impressionnants que le travail de romain consistant à remonter les murs à perpète en raison de la verticalité des coteaux.

C'est l'occasion de tirer le portrait de grandes figures, comme (je pourrais en citer une dizaine) Jean Yves bordier, "le" spécialiste du beurre. Je le connais mais j'ignorais son parcours, depuis la crémerie de Saint Maur en passant par son arrivée à Lannion en 1982 ... pour faire de la voile. La lecture rend savant. Il faut 22 litres de lait pour obtenir un kilo de beurre. Je ne vais pas tout vous raconter ... allez voir la définition du lait (p. 44) et son lien avec l'énergie cosmique. C'est le dernier artisan à travailler avec un malaxeur en bois (du teck) et sans gants parce qu'il vaut mieux avoir des mains propres que des mains sales dans des gants qui pourraient se percer ...

Ce livre est un outil original en raison de sa forme en Bande Dessinée qui permet les ruptures e ton, l'humour, la dérision, sans perdre le sérieux. Il est aussi pédagogique.  Savez-vous que le jus d'ortie a précédé l'eau de Javel ? (p. 46) Comme les bons plats, excellent la première fois, encore plus savoureux à la repasse. Vous aurez compris qu'il faut le lire deux fois.

On glanera quelques conseils, parfois incongrus, comme celui qui consiste à choisir dans une nichée le premier chien qui vient renifler votre main. Et on apprend au passage que la chienne est meilleure qu’un cochon pour fouiller la truffe même si elle chiparde ces champignons quand ils sont petits. Et nul besoin d'avoir une bête de race.

Yves Camdeborde est fils de paysans et revendique ses origines béarnaises. Né à Pau, il a travaillé au Ritz, à la Tour d’argent et au Crillon. Il tient désormais Le Comptoir du Relais Saint-Germain, RSG pour les intimes. Ce fut aussi le célèbre jury de Masterchef, un investissement de 4 mois à temps plein qui l’éloignait trop des fourneaux de 2010 à 2013. Il a préféré quitter l’entreprise.

Ce n'est pas pour autant qu'il est devenu sédentaire. Il aime passer du temps avec ses producteurs et il voyage à travers la France cinquante jours par an. Rassurez-vous ils ne sont pas consécutifs. On comprend donc que ces carnets de croqueurs ne soient qu'un premier tome. Le second est prévu l'an prochain et il sera consacré à l'automne.

Yves Camdeborde intervient aussi ici ou là. Aujourd'hui il était à Soissons dans le cadre du Salon du blog culinaire pour exécuter un consommé de ravioles de crevettes et billes de légumes au demeurant un vrai délice (je ne pensais pas avoir la chance de la goûter ... sans doute pour avoir été au bon endroit au bon moment) et dont je vous joins la recette avec le lien ci-dessus.
Je reviendrai dans quelques jours sur l'utilisation de l'eau filtrée avec Brita, devenu tout à fait ordinaire à la maison et systématique, du café à la soupe en passant par l'eau de cuisson du riz. C'est simple : je n'emploie plus l'eau du robinet non filtrée que pour faire la vaisselle ou laver les légumes.

Yves délivrait les explications avec un débit de mitraillette. On reconnaissait l'homme tel qu'il est croqué par Jacques Ferrandez : mon métier c'est un métier d'humains. Quand je connais celui qui produit la carotte je la cuisine pas pareil. J'ai été frappé de voir à l'étranger une vidéo pour expliquer comment on pouvait faire son pain, cultiver ses légumes ... On a la chance, en France, d'avoir des gens qui font tous ces métiers là. Je connais 90% de mes fournisseurs personnellement.

Qu’on ne s’avise pas de lui reprocher de n’être pas locavore. Il répondra qu’il l'est à l’échelon national et qu’il est hors de question qu’il prive ses clients d’un beurre excellent sous prétexte qu’il est produit en Bretagne.
Je suis fier de revendiquer que ma pâte feuilletée je la fais pas. Je dois assurer 300 couverts dans mon restaurant. Je ne pourrais donc pas tout faire moi-même aussi bien que d'autres. Gérard Mulot me fournit une pâte feuilletée fantastique. Elle a un coût mais j'ai la garantie d'une régularité. Ce n'est pas un défaut de s'appuyer sur les bonnes personnes de chaque domaine.
Le chef se positionne clairement contre les intermédiaires et préconise aux consommateurs d’acheter sur les marchés ou les ventes directes parce qu'il est important de savoir d’où vient ce qu’on mange, si c’est propre et bon pour la santé.
Son discours est entendu et bien accueilli. A Soissons, il était arrêté tous les 50 centimètres pour une photo, une signature, un conseil. J'ai eu la chance de l'observer avant de discuter en aparté avec lui. Il est patient et encourageant. Elégant aussi avec de très jolis boutons de manchette qui embellissent son austère tenue blanche de cuisinier.

Jacques Ferrandez vit dans les environs de Nice. Ses aquarelles sont délicates. Il restitue des atmosphères et des ambiances qui donnent envie de prendre notre panier et de nous mettre nous aussi en chemin, ce que Yves Camdeborde incite aussi à faire. Tout un programme pour mes prochaines vacances en Bretagne.

Frères de terroirs, de Jacques Ferrandez et Yves Camdeborde, Editions Rue de Sèvres, octobre 2014.

lundi 21 janvier 2013

Le Parc de Sceaux ... en folie à l'Hôtel Chateaubriand de Chatenay-Malabry (92)

Le Club Photo d'Antony (92) est particulièrement dynamique et créatif. J'ai souvent admiré les photos que ses membres ont pris de spectacles du festival Solstice. Alors quand on m'a dit qu'ils avaient traité le Parc de Sceaux sous l'angle de la folie je me suis dit que cela valait sans nul doute le détour.

Ils exposent dans un lieu qui n'est pas encore connu pour mais qui pourrait bien le devenir parce que c'est la seconde fois en un trimestre que j'y vais pour voir des photos. Précédemment c'était dans le cadre de Paysages de Cinéastes.

Ceci étant on peut y programmer une halte gourmande. Le nouveau chef, Romuald Catelo, y fait une excellente cuisine. seul bémol, le restaurant n'est pas ouvert le vendredi soir ni le week-end, sauf occasions particulières.

Les photos sont très originales et il ne faut pas les juger sur les clichés que j'ai pris. Il n'y a rien de plus difficile que de photographier des cadres sous verre. J'ai du me positionner de biais pour limiter les reflets. L'image est déformée mais comment faire autrement ?

Le but n'est pas de rendre compte fidèlement de cette exposition mais de vous mettre l'eau à la bouche en vous donnant envie d'aller sur place pour apprécier sans intermédiaire ces visions du Parc de Sceaux. Pierre Marion y voit une Sorcière. Marc Ducourneau évoque le plongeon du Titanic et Marianne Piquet en fait le cadre de Rêves d'enfants.
J'ai retenu un peu au hasard, en m'arrêtant finalement sur cette vue titrée Décembre, prise par Alain Raynaud et qui est furieusement d'actualité depuis les dernières chutes de neige.
Je ne pouvais pas ne pas partager avec vous cette dernière, de Claude Bordier, intitulée Men in black, où je retrouve la poésie et la magie du spectacle de la Compagnie Yoann Bourgeois qui fut un très beau moment de l'édition 2011 de Solstice, et que j'avais d'ailleurs pris beaucoup de plaisir à photographier.
Folies au Parc, le Parc de Sceaux revisité par les membres du Club Photo d'Antony, jusqu'au 21 février 2013
Hôtel restaurant Le Chateaubriand, 418, avenue de la Division Leclerc, 92297 Chatenay-Malabry Cedex, Tél.: 01.46.29.98.20

vendredi 12 avril 2013

Connaissez vous la Quiberonnaise ?


Vous devriez répondre oui. Cela vous dit peut-être "quelque chose" parce que j'en ai parlé dans le dernier compte-rendu que j'ai fait sur Omnivore. J'espère surtout que vous la connaissez parce que vous êtes déjà adepte de ses produits.

Cela fait presque 100 ans que la Conserverie existe et régale des consommateurs comme vous et moi, et quelques autres plus célèbres. Thierry Marx, très grand chef, avoue une passion pour leurs sardines. Il affirme qu'une sardine sur un toast de pain rassis grillé, c'est son plateau télé préféré. Quand on connait l'exigence du jury de Top chef on ne peut qu'être en confiance.

Jean-Luc Petitrenaud en offre une boite en lieu et place d'un bouquet de fleurs quand il est invité.

La soupe de poissons que j'ai mangée ce soir a comblé mon appétit et réchauffé l'atmosphère. La grêle était tombée drue cet après-midi, ruinait nos faibles espoirs de voir s'installer le printemps. Il fallait se consoler.

Le plateau était complet : la soupe proprement dite, dans laquelle j'avais ajouté un morceau de poisson cuit vapeur (elle aurait été bonne sans mais j'avais opté pour une version luxe), de l'emmental  râpé, des croutons de pain avec un beurre d'algues et un riz safrané. Jean-Pierre Coffe aurait apprécié.

Comme elles sont joliment serrées dans leur boite. On voudrait les laisser repose en paix, et surtout pas les briser en les sortant.
J'ai respecté la procédure en plaçant la boite quelques instants dans l'eau chaude avant de poêler le contenu en compagnie de deux pommes de terre qui passaient par là (surtout ne pas rajouter de sel !). Le pain grillait. La salade patientait, assaisonnée.
Il y a des coquillages qu'on porte à l'oreille pour entendre la mer. Ces sardines chaudes m'ont fait le même effet : je me suis crue au pied d'une falaise, pique-niquant sur la grève.
Chaque boite est millésimée. C'est comme ça depuis toujours à la Quiberonnaise. Mes émotions sont peut-être imputables au cru 2011. Il faudrait faire un comparatif. N'oubliez pas, en tout cas, qu'en matière de sardines, plus c'est vieux, meilleur c'est.

Quant au pain arrosé de beurre Bordier ceux qui connaissent n'auront pas besoin que je m'appesantisse. Ce serait pêché que de ne pas saucer.
C'est bien à juste titre que la Quiberonnaise figura parmi les 6 lauréats des Talents du Goût en 2007. Pour la première fois une entreprise de l'agro-alimentaire était plébiscitée sur l'ensemble de son oeuvre et non pour un produit en particulier.

La petite fille du créateur a de quoi être fière d'apparaitre sur tous les emballages. Le savoir-faire se transmet de génération en génération en maintenant le cap d'une fabrication artisanale en suivant le calendrier des pêches. Ainsi on travaille le congre en février (il entre dans les soupes), le maquereau en mars, la sardine de mai à octobre puis le thon blanc à la fin de l'été. Repos et grand nettoyage en décembre et janvier.

jeudi 8 février 2024

Quelques nouveautés printanières en électroménager et arts de la table

C’est "mon" marronnier : je suis l’actualité de plusieurs marques comme d’autres sont avides de séries télé. J’exagère à peine parce que Kitchen Aid lance un nouveau coloris chaque année et je me réjouis de le découvrir bien que je ne sois pas utilisatrice (pas davantage que je ne m’habillerais en Chanel si j’assistais régulièrement aux défilés, et pourtant je suis attentive aux collections).

Il m'arrive de pointer l'absurdité de certains "cadeaux" qui nous sont offerts lors des journées de présentation de produits. Soucieuse d'utilité, j'ai mis en ligne un billet sur le réemploi des sacs. Plus loin je vous dirai comment j'ai transformé un simple torchon. Tout d'abord je salue l'intelligence du coffret Blue salt, cohérent avec la couleur 2024 de Kitchen Aid, contenant du sel bleu de Perse, un sachet de pois papillon (connu sous le nom de pois bleu et apprécié pour ses propriétés colorantes) et un vernis à ongles assorti.

Il y a pas mal de Microplane dans ma cuisine. Plusieurs sont élevés au rang de talisman (j’en emmène dans ma valise quand je pars longtemps de chez moi). J’en ai offert beaucoup et je suis à l’affut de leurs créations.

La longévité des produits s'accorde avec celle de la marque qui fête son trentième anniversaire.

Je reste fidèle à mes couteaux mais je suis déjà convaincue que les Sabatier de Deglon me faciliteraient la vie. Mes verres se sont dépareillés au fil des années et rien n'est mieux que les Zwiesel pour mettre en valeur les qualités organoleptiques des vins que je teste, en toute modération bien évidemment.

Je me suis débarrassée des moules en silicone de couleur rouge pour adopter ceux de Flexipan.

Comme on peut le constater je ne change pas toute mes panoplies mais je suis influencée par les présentations presse auxquelles je me rends. Et je vais partager dans ce billet mes nouveaux coups de coeur. Je vous préviens, ce sera quasi de l’ordre du coup de foudre pour la vaisselle Céladon. Je vais donc commencer par cette marque.

Ensuite ce seront Zwiesel, Deglon, Microplane, Flexipan, Kitchen Aid et Indésit.
Je suis tombée en amour … d’une tasse. Mes proches savent que je suis quasi-fétichiste pour certains objets dits de cuisine. Il me faut une cuillère particulière, en vieil argent, pour mon petit-déjeuner. Je mange le couscous dans une assiette ramenée de Nabeul. Je coupe le pain avec un couteau cranté qui a appartenu à ma grand-mère. Mon exigence va jusqu’à la forme d’un verre à eau. Hors de question de dîner sans que chacun ne dispose d’une serviette Primrose Bordier du Jacquard français. Je suis poly-amoureuse : c’est un torchon de Tissage Moutet qui a ma préférence.

Il est facile de comprendre mon attirance pour la vaisselle Céladon, sans doute influencée par la nouvelle palette de Blime, une marque de peinture qui a inventé une nouvelle manière de peindre. Cette tasse va désormais m’accompagner pour démarrer la journée. Elle a tout pour me plaire. Son émaillage est sublime. Sa forme donne envie de la serrer entre les mains. Son buvant permet au café de glisser. Sa contenance est le volume idéal (presque 50 cl …. J’ai évidemment vérifié par rapport à celle qui avait jusque là ma préférence).
J’ai envie de lui donner un nom pour qu’à la maison on sache qu’elle est mienne. Hors de question de prêter ma céladine. Contre un baiser … peut-être.

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