dimanche 16 décembre 2012

L'Avare aux Blanc-Manteaux


(mise à jour 21 janvier 2013)

C’est le même propriétaire depuis 40 ans, René Liotaud. Le cap demeure inchangé depuis la création : les Blancs-Manteaux ont pour objectif de proposer un peu de chanson et beaucoup d’humour à son public.

C’est là qu’ont émergé des artistes aujourd’hui très célèbres comme Renaud, Bernard Lavilliers, Gérard Lavilliers, Camille, Pierre et Marc Jolivet, Anne Roumanoff, Gérard Hernandez. Les deux salles portent le nom d’un parrain illustre, Jacques Higelin et d’une marraine qui ne l’est pas moins, Michèle Laroque.

Quand on est programmé aux Blancs-Manteaux on s’y installe pour au moins trois mois, souvent plus. La programmation se déploie autour d’une dizaine de spectacles, avec 4 différents chaque jour.

Qu’il s’agisse de chanson comme de théâtre, ce n’est pas pour le décor que l’on vient ici mais pour la qualité des interprétations. Après avoir été programmé le dimanche à 17 heures 30 c'est désormais du jeudi au samedi à 19 heures 30 qu'on y donne l’Avare. La scène est minuscule mais convient tout juste aux trois acteurs de la pièce qui fut jouée à l'Aktéon  en mai dernier puis au Funambule tout l'été. Ils se répartissent les rôles dans une mise en scène quasi participative. Le trio sollicite le public tant et si bien qu’assez vite il se met à réagir sans attendre qu’on lui passe le bâton de parole.
M’est avis que les comédiens ont été cette fois les premiers surpris. Tout a commencé avec des gribouillis de Mathias schématisant à la craie les rapports entre les personnages. Ont suivi des explications d’Emmanuel lisant les notes de bas de page pour nous aider à saisir le sens de « bonne femme de mère » et d’« accommoder ». Un autre point de vocabulaire fut savoureux au sujet de l’expression « parler à son bonnet ».
Aude a mimé un la Flèche tout droit sorti d’une teci, causant quasiment weh wesh. Le céfran soutenu de Molière en prit un coup dans l’aile mais c’était de la balle tout de même. La maxime bien connue fut dite dans accroc : il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger, encore qu’en ces temps de crise on aurait pu y trouver matière à redire.
Les trois mariages ordonnés en parallèle ont dérapé joyeusement selon la volonté de l’auteur. Avec tout de même un coup de pouce d’un certain Inspecteur Colombo, alias Emmanuel, puisqu’il était accepté que le texte n’était pas du bronze … Invoquant Broadway, en brodant, une dot qui sonnait mieux en euros qu’en écus, qui l’eut cru, les 70 minutes de spectacle ont été menées tambour battant pour notre grand contentement.

La petite troupe aurait pu enchainer avec un autre morceau du répertoire. Nous serions volontiers restés. C’est enlevé, joyeux et malin. Bravo !
Au moins jusqu'au 30 mars 2013 L'Avare, de Molière, adapté et mis en scène par Elise Hobbé, avec Mathias Marty, Emmanuel Gasne et Aude Wojtyna. Le Théâtre des Blancs-Manteaux se trouve au numéro 15 de la rue du même nom – 75004 Paris 01 48 87 15 84

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