dimanche 31 janvier 2016

Rose au Bois Dormant


(mise à jour 8 décembre 2016)

Presque tous les enfants connaissent l’histoire de la Belle au Bois dormant même si ce n’est pas le conte le plus raconté dans les écoles. En tout cas les comédiens de la compagnie la Belle affaire font en sorte de rendre l’intrigue tout à fait compréhensible pour un jeune public, à partir de 4 ans, sans nuire à sa poésie. Cet après-midi les parents et leur progéniture ont vraiment pris beaucoup de plaisir à la représentation à la FolieThéâtre.

La bonne idée est d’introduire le spectacle par une narratrice qui déboule dans le noir parmi le public, s’éclairant avec une lampe frontale de mineur, à la recherche … d’une paire de chaussures.
La connivence est installée et les spectateurs vont prendre l’habitude de dialoguer spontanément  avec les comédiens.

Je suis certaine que, quelle que soit la distribution (car elle se fait en alternance), la même fraicheur transparait parce que la mise en scène, signée Cindy Rodrigues est alerte, sans aucun temps mort malgré des changements de décors réguliers.

L’adaptation est simple et efficace. La fée Mimosa (Anne-Véronique Brodsky) joue excellemment son rôle de maitre de cérémonie et d’entremetteuse, il faut bien le reconnaitre. Une petite fille s’étonnait derrière mon dos : elle est folle on dirait. Un petit garçon gloussait un peu plus tard : j’adore quand elle fait ses trucs.

Le prince Christian (Nicolas Fantoli) est un peu fantasque, plutôt timide, voire peureux, mais plein de bonne volonté malgré des maladresses à répétition. La princesse Rose (Juliette Ordonneau) est une jeune fille charmante et de bonne éducation, comme il se doit.

D’autres personnages interviennent mais les costumes ne permettent pas de reconnaitre qui fait quoi et c’est très bien ainsi. Nous avons ainsi rencontré Jacques, le roi des Batraciens, qui est une grenouille en peluche zozotant de toute sa grande bouche, quelques-unes des fées invitées au palais, comme Jonquille, Hibiscus ou Chrysanthème.

On remarque que dans cette adaptation du conte des frères Grimm les personnages portent souvent le nom d’une fleur. Les costumes d’Alice Schnebelen sont "raccord" avec une superposition de voiles et de tissus fins découpés en forme de pétales composant un ensemble aussi réussi qu’élégant.
La fée Népenthes tranche avec son costume sombre et son arrivée se produit dans un nuage de fumée. Furieuse d’avoir été écartée, elle compte gâcher la fête donnée en l’honneur de la naissance de rose. Elle assène sa prophétie en ricanant  : "à l’aube de ses seize ans, elle se piquera le doigt à un fuseau et tombera raide morte".

La fée Mimosa atténue la catastrophe : "tu tomberas dans un profond sommeil et le baiser d’un prince te réveillera".

L’enfance de Rose est heureuse. Elle devient une jeune fille fantastique et rêve d’un prince qui la ferait danser pour son 16ème anniversaire. Elle se pique. Le public crie. On entend des hululements. La nuit est tombée. Une toile blanche est tendue sur la scène pour permettre des jeux d’ombres et des variations de taille des personnages. Mimosa cherche le prince. Le public la guide derrière le rideau alors que retentit le pom-pom-pom-pom de la Symphonie n°5 de Beethoven.
La nuit est bien installée. De jolis lumignons dégagent une lumière douce. La scène du bisou se joue à plusieurs reprises, plus ou moins maladroitement et c’est charmant. La représentation s’achève dans la joie et la bonne humeur avec la musique, célèbre elle aussi, de la Danse hongroise n°5 de Brahms.

Ce spectacle, créé il y a presque deux ans, est éligible aux p’tits Molières 2016 et nous lui souhaitons une vie aussi longue que celle qui a été promise à la Princesse.

Rose au bois dormant
Adapté du conte des Frères Grimm
Mise en scène de Cindy Rodrigues, Assistée de Juliette Ordonneau
Avec (en alternance) Juliette Ordonneau, Philippe Kersale, Charlotte Bourgade, Anne-Véronique Brodsky, Johanne Teste, Nicolas Fantoli et Anthony Rossi
Compagnie La Belle affaire
A la Folie Théâtre
6 rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris
Jusqu’au 3 avril 2016
Les mercredis, samedis et dimanches à 15 heures
Horaires spécifiques pendant les vacances de février.

La photo qui n'est pas logotypée A bride abattue est de Margot Simonney

J'apprends le 8 décembre 2016 que ce spectacle a obtenu le Prix du Meilleur spectacle Jeune Public lundi dernier au cours de la cérémonie qui a eu lieu au Théâtre de Ménilmontant. Décernés depuis 2011 par l’association du même nom, les P'tits Molières pointent  les  meilleurs  artistes  et  créations  parmi  les  spectacles  et  artistes  nommés, répondant aux critères d’éligibilité et se jouant dans les petites salles parisiennes de moins de 150 places. 

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