jeudi 18 février 2016

Chiens & chats, l'exposition de la Cité des Sciences et de l'Industrie

L'accroche est amusante : on nous promet qu'on en ressortira moins bête. Le plus drôle est que c'est vrai.

L'exposition (hélas temporaire, jusqu'au 28 février) s'appuie sur les dernières découvertes des spécialistes du comportement animal.

Son originalité est d'inviter le visiteur à se mettre à la hauteur de la truffe d'un chien ou à entrer dans le cerveau d'un chat. Cela change bigrement l'approche. Par exemple je n'avais pas conscience qu'un félin voyait le monde quasiment en noir et blanc

Le parcours sensoriel et interactif fait la part belle au jeu et aux simulations. Elle s'organise en trois parties :

Dans leur peau
On recense en France 343 races de chiens : de 500 g à plus de 100 kg, de 20 cm au garrot à presque 1 m, la diversité morphologique du chien est unique parmi les mammifères. Il y en a des fins, des grands, comme on le voit sur la photo.

À l’inverse, les 72 races de chats diffèrent peu en taille et en morphologie. Par contre, leur robe présente une immense diversité : les combinaisons de couleurs, motifs et longueur du poil sont en effet presque infinies. 

Les capacités physiques de nos compagnons sont bluffantes. Le chien peut sauter jusqu'à 5 fois sa hauteur et le chat bat le chien à la course avec 100 m en 9 secondes. On peut tenter de le défier en nous chronométrant sur un slalom d'agility.
 
On peut aussi se mesurer à un ami en cherchant quelle race de chat il a choisi (et vous quelle race de chien) en apprenant au passage quelques principes de génétique et plus tard vous familiariser avec quelques races de chiens et de chats en jouant à un jeu de Qui est-ce ? un peu spécial.
Dans leur tête
Leurs comportements nous semblent parfois étranges, et l'inverse est sans doute autant vrai.

Leurs vocalises et leurs postures en disent long sur leurs intentions et leur état émotionnel : jappements,  grondements, aboiements, miaulements, feulements, grognements … s'assortissent de mimiques et d'attitudes corporelles que nous devons savoir interpréter si nous voulons mieux les comprendre, nous faire obéir et éviter les ennuis.

On peut vivre une expérience multi sensorielle dans une cabine de projection spécialement équipée, en observant la même scène successivement dans la peau d'un chien, d'un chat et d'un humain.
  
J'ai tenté ensuite d'interagir avec Apy, chienne berger allemand virtuelle qui n'a fait pas toujours ce que je croyais lui demander correctement.
Je fus plus efficace à donner à une figurine articulée de chien la posture correspondant à son état émotionnel. Le décryptage des miaulements et aboiements, les agitations de la queue et le code du ronron n'ont plus guère de secrets pour moi.
Dans nos sociétés 
Chiens et chats n'ont pas toujours fait partie de la famille. Les chiens sont nos compagnons depuis près de 20 000 ans, et j'ai appris que c'est à force de jeter les os aux loups que ceux-ci se sont modifiés et domestiqués.

Par contre le chat est arrivé plus récemment, et cela je le savais pour avoir chroniqué Eloge du chat de Stéphanie Hochet. Avant lui on avait du mal à préserver les récoltes de grains des rongeurs. On l'a fait venir dans nos pays il y a 8 000 à 10 000 ans parce qu'il était plus propre, plus intelligent et plus efficace que la belette ou la fouine. Mais il n'a jamais totalement perdu son caractère sauvage.

Les 7,4 millions de chiens et 11,4 millions de chats ont investi nos foyers, et du même coup notre imaginaire et jusqu’à nos proverbes qu'on nous propose de reconstituer. J'en ai appris que je ne connaissais pas.
Ils ont inspiré les peintres. On trouve dans cette galerie, de gauche à droite, des oeuvres de Fragonard, Renoir, Steilen (affiche pour le cabaret le Chat noir), Gerrit Greve  (chat vert en 1948) et Dubuffet, puis de sur la seconde ligne La voix de son maitre de Francis James Barraud, un tableau de Gustave Caillebotte et un autre de Walter A. Weber.

Les chanteurs ont célébré les chiens comme les chats. Et on peut écouter sur une play-list La mère Michel, Brave Margot de Brassens (1953), Mirza de Nino Ferrer (1965), Le chat des Pow Wow (1992), Le petit chat est mort de Renaud (1994), J'veux pas d'chien de Linda Lemay (2002) comme Les deux chiens de Bénabar (2014), et la liste n'est pas exhaustive.
L'exposition ne cache pas les difficultés de la cohabitation. Savoir que les chiens abandonnent 16 tonnes d’excréments par jour à Paris révèle l'ampleur du problème. Apprendre qu'un couple de chat aurait une descendance de plus de 20 000 individus en l’espace de 4 ans fait comprendre la nécessité de réguler les naissances. A Berlin les propriétaires de chien doivent payer un impôt annuel de 120 euros pour un animal.

Mais rien ne justifie le chiffre de 100 000 abandons par an et il est heureux qu'il existe un arsenal de lois et décrets permettant de lutter contre la maltraitance. 
Un chien peut comprendre entre 250 et 300 mots mais il engrange près de 100 000 odeurs dans sa mémoire. Il faut 8 mois pour éduquer un chien d’aveugle. Et on découvre dans cette troisième partie ce qu'est la médiation animale dans un film qui détaille le rôle thérapeutique que peuvent avoir chiens et chats auprès de personnes malades, isolées ou en difficulté.

Un dernier jeu Dis-moi combien ? permet de vérifier nos connaissances. J'ai été surprise d'apprendre que, s’il a le choix, le chat peut faire jusqu’à 15 à 19 (petits) repas par jour.
Chiens & chats, l'exposition
Jusqu'au 28 février 2016
Cité des Sciences et de l'Industrie
30, avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris
Du mardi au samedi de 10h à 18h et le dimanche de 10h à 19h.
Attention, fermeture le lundi.

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