samedi 22 avril 2017

L'Ensemble des circonstances de Jean-Baptiste Caron au cnaei

L'Ensemble des circonstances de Jean-Baptiste Caron, est une exposition qui est visible au second étage du cneai du 1er avril au 23 juillet 2017, en même temps que 1977-2017 : L’encyclopédie des images de Pascal Doury qui a été conçue par Tiphanie Blanc et Sylvie Boulanger dans le cadre du 40e anniversaire du Centre Pompidou, et parallèlement à 1977 sous le commissariat de Yann Chateigné, au Micro Onde, Centre d’art de l’Onde.

J'avais, le 1er avril présenté ces deux expositions en annonçant celle de Jean-Baptiste Caron.

Cet artiste expose des phénomènes qui témoigneraient d’un temps parallèle de la perception. Il nous donne à voir les traces des mouvements aussi furtifs soient-ils de nos expériences visuelles comme une plongée archéologique dans la perception.

Nous découvrons à première vue des oeuvres qui répondent merveilleusement aux critères académiques de l'art contemporain. Les matériaux, les formes, les couleurs relèvent des fondamentaux de l'art. Mais tout se joue dans l'élargissement des possibles, après quelques minutes d'observation.

Conscient que cette exposition clôture 20 années du Cneai à Chatou, Jean-Baptiste Caron s'amuse de cette circonstance et, pour la première salle, invente une règle du jeu spécifiquement pour cette exposition : expérimenter les gestes de la gravure. La première pièce, celle qui donne son nom à l'exposition est une plaque de zinc recouverte d'un vernis prêt à être gravé. Cette œuvre est disposée à l'entrée de l'exposition à la manière d’un tapis de sol et sera donc foulée, à leur insu, par les pas des visiteurs. Ainsi gravée de manière aléatoire, elle sera imprimée dans un second temps ; objet témoin de la fréquentation de l’exposition.
Jean-Baptiste Caron réalise des tests de manipulation des matériaux dédiés à la gravure : l’acide, le zinc. En soumettant les plaques de zinc à l'aléatoire de la morsure d’acide, il observe. Ce qui est d’habitude jeté, devient œuvre.

Dans Terre vierge, les fonds des bassines servant à la morsure d’acide révèle un étrange mélange oxydé qui dessine les contours d'un nouveau territoire. Les plaques elles-mêmes, non enduite de vernis, se recouvrent d’une matière minérale, paysage de cratères lunaires, sublimé par les couleurs générées de manière aléatoire par l’oxydation, l'Etendue du palpable. Des résidus d’oxydation sont alors pris entre deux lamelles de verre, et prolongent, au mur, leur métamorphose.
Dans la seconde salle, il a accroché des cadres de verre brisé dont les morceaux sont par terre, à la stricte verticale de chacun.
L’installation Champs de force est composée de sphères en verre soufflé ayant subi les aléas de la chute d'une multitude de boules en béton. L'œuvre témoigne d'une rencontre entre deux forces opposées ; ce contraste saisissant crée une tension palpable où l’oeuvre résulterait d'une série d'impacts.
On aura compris que l’illusion est le fondement du travail de Jean-Baptiste Caron. Face à l’œuvre dont le titre doit être interprété de manière littérale, Verre soufflé, on imagine la masse de verre modelée par sa propre respiration.
Mais c’est dans la troisième et dernière salle que nous sommes confrontés à des œuvres radicalement magiques, qui perturbent nos perceptions. Quelle est cette poussière qui s’enserre dans une sphère du béton et se met à flotter à notre approche ? Le titre nous guide Genèse. Sa réalisation en béton lui confère un certain aplomb et contredit le principe de gravitation pourtant à l’œuvre.
Qui a oublié un seau dans un coin de la pièce dans lequel flotte un tissu qui ne s’imbibe pas d’eau ?
Enfin, au dernier étage, on peut aussi voir quelques traces de la performance Le Laboratoire des variables, réalisée au Cneai, par l'artiste en 2013, pour le festival Island.


Jean-Baptiste Caron est né en 1983. il vit et travaille à Paris. Diplômé des Beaux-Arts de Rueil-Malmaison et de l’Ecole des Arts décoratifs de Paris (Ensad) avec les félicitations du jury, il participe en 2012 à l’exposition Jeune Création au 104 où il obtient le prix Boesner. Début 2013, il réalise sa première exposition personnelle à la galerie 22,48m2, puis participe à l’exposition collective "Meltem" au Palais de Tokyo. Depuis il a participé à plusieurs expositions personnelles ou collectives, à l’Eternal Gallery, la biennale de Belleville, le nouveau festival au Centre Pompidou ou le Parcours Saint-Germain.

L'Ensemble des circonstances de Jean-Baptiste Caron
Du 1er avril au 23 juillet 2017
cneai, Ile des impressionnistes 78400 Chatou / 01 39 52 45 35
Entrée libre : mar. - ven. 13h - 18h30 / sam. 11h - 16h
Le centre d'art est également ouvert les soirs de spectacle, une heure avant les représentations. 
Profitez-en pour arpenter cette Ile des Impressionnistes encore marquée par le souvenir des peintres ...  autour de la Maison Fournaise où Renoir a peint l'ile aux canotiers et qui est toujours un restaurant.

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