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dimanche 27 septembre 2026

Reprise de Ultra-Girl Contre Schopenhauer par la Compagnie de Onze à Trois heures

Je l'avais découvert en juillet 2020 au Gymnase Auguste Renoir.

C'était la première édition du ParisOFFestival organisé par Mathieu Touzet, alors nouvellement nommé à la tête du Théâtre 14.

Le voilà qui revient six ans plus tard, avec la même distribution, à l'initiative de Nathalie Lucas et de Serge Paumier dans leur théâtre portant désormais leurs deux noms, du 19 septembre au 26 décembre, les vendredis et samedis à 19h15 sauf 16-17 octobre à 21h

Vous allez découvrir un décor de bonbonnière dans des tons de bleu et de rose, ponctué de touches de couleur orange,  extrêmement réussi de Caroline Oriot, dans lequel évoluent les personnages de Ultra-Girl contre Schopenhauer.

Cédric Rouillat, qui est un photographe lyonnais (s'affirmant comme autodidacte), et qui  se destinait auparavant à la bande dessinée, signe ici sa première mise en scène et je salue son talent. C'est lui qui a conçu et écrit la pièce, qui a été créée en février 2017 au théâtre de l'Elysée.

En s'affranchissant des habituels codes de sérieux, le résultat est vif, joyeux, osé, à la lisière d'une folie qui pourrait le faire basculer, mais ... non. Il reste toujours dans le cadre du théâtre auquel il serait difficile de rendre un plus bel hommage.

Quand on entend ces paroles on se dit que c'aurait été une erreur de ne pas programmer la pièce dans le ParisOFFestival (elle aurait dû être jouée durant l'été au 11 Gilgamesh d'Avignon mais le Covid en décida autrement) : Je voudrais savoir qui a décidé que le théâtre n'existait que dans quelques vieilles bâtisses dispersées dans des grandes villes (...) Ecoutez et apprenez ! Le théâtre c'est le dompteur de puces, le grand opéra et les rodéos, le carnaval, les ballets, les danses rituelles indiennes, les marionnettes, tout ça c'est encore le théâtre, partout où il y a la magie, où on fait semblant devant un public, c'est le théâtre.

Arthur Schopenhauer est un philosophe allemand (1788-1860) qui ne figure dans le titre que comme clin d'oeil en raison d'une citation de son nom dans une des chansons du spectacle. Le moins qu'on puisse dire c'est que cet homme n'était pas joyeux. Il pourrait représenter la conscience (ou les doutes) d'Edwige (Sahra Daugreilh, qui collabore régulièrement avec Cédric Roulliat), une jeune traductrice, rêvant aux destins extraordinaires des superhéroïnes de comics américains, travaillant dans les années 80 pour un éditeur de bandes dessinées, à l'adaptation en français des aventures de l’intrépide et sensuelle Ultra-Girl (Laure Giappiconi).

Cette figure super héroïque d'ultra-girl est, pour Edwige, un double idéalisé, sublimé, en même temps sa meilleure amie et en même temps toutes les héroïnes qu'elle a pu rencontrer dans les oeuvres de fiction, au cinéma, dans la littérature et le roman-photos comme dans les bandes dessinées. On remarque ainsi les évocations des héroïnes de bande dessinée et d'actrices comme Rita Hayworth ou Liz Hamilton. Le spectacle est si riche de références et d'hommages qu'on aimerait pouvoir mettre parfois sur pause et jouer le replay.
© photo : Julien Benhamou
Le personnage de fiction prend corps dans la réalité (et quel corps intrépide et sensuel en combinaison moulante cousue dans le drapeau américain et cuissardes rouges !) tandis que celui de la traductrice perd la notion du réel dans une sorte d'osmose interchangeable entre elles deux. Les mythes hollywoodiens surgissent dans des moments surréalistes de chants, danses, extraits de films qui sont interprétés en voix off par les comédiens qui, on ne pourrait faire mieux, incarnent leurs héros.

Parfois un voisin s'invite avec des mimiques burlesques. C'est David Bescond qui joue ce rôle comme tous les personnages masculins : professeur d’anglais, plombier (il faut bien réparer la machine à laver) et bien entendu aussi  Schopenhauer.

C'est ludique, totalement kitsch, assurément pop, tellement vivant ! Il faudrait être réfractaire au second degré pour ne pas l'apprécier. Et plus vous serez nombreux, plus on entendra vos rires.

Ultra-Girl Contre Schopenhauer par la Compagnie de Onze à Trois heures
Mise en scène et texte : Cédric Roulliat, Musique : Laurent Péju
Avec David Bescond, Sahra Daugreilh, Laure Giappiconi
Scénographie : Caroline Oriot et Guillaume Ponroy
Création lumières : Fabrice Guilbert
Création son : Baptiste Tanné
Reprise du 19 septembre au 26 décembre 2026
Au Théâtre Lucas-Paumier - 15 rue du Retrait - 75020 Paris
Accueil/Billetterie : 01 87 446 111
Les vendredis et samedis à 19h15 sauf les 16-17 octobre à 21h

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