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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

dimanche 21 juillet 2013

La thérapie du chamallow à la Comédie des Trois-Bornes


(mis à jour 25 juillet 2014)

On rit beaucoup. Les garçons comme les filles, les jeunes comme les moins ... jeunes. Pour le texte, les répliques, les comédiennes ... car si le ton est actuel, les situations sont universelles.

Ce spectacle ressemble à un paquet de friandises. Une fois qu'on a plongé la main dedans on fait des allers retours incessants. Et c'est toujours le même plaisir qui recommence.

Lisa et Charlie sont deux amies. Elles habitent en colocation mais si Lisa songe déjà à s'installer en couple, Charlie ne voit pas l'ombre d'un conjoint potentiel dans son univers pourtant plutôt rempli.

Sur scène, comme dans la vie d'ailleurs, Lisa, alias Maud Dreyer, pratique le yoga. Charlie, alias Alexandra Moussaï préfère la vodka. Au théâtre, et surtout pour le bonheur de la rime... parce que pour le reste je ne vais pas faire de conclusion hâtives.
On entend aussi de la bonne musique : des airs connus comme Lonely Day de System of a Down, très connus comme Summertime d'Ella Fitzgerald ou dans un genre radicalement différent Dancing Queen d'Abba, un peu moins comme Back it up de Caro Emerald. On est en terrain connu, très proches des artistes et chaque réplique fait tilt.

Toutes les filles se reconnaitront dans leurs problèmes de poils, de fringues, leurs rêves de relations sociétales et leurs questions existentielles.

Comment s'habiller pour aller à une soirée ? Ce petit haut mauve ou un pantalon noir ? Quel sac assortir ? Coté chaussures, renoncer aux talons de 12 équivaudrait-il à passer pour une nana "ordi" ?

Ce sont des histoires de filles, mais les garçons sont tellement présents dans les dialogues que ceux qui sont dans la salle ne se sentent jamais exclus.
Ne vous attendez pas à ce que la Thérapie du chamallow apporte des réponses toutes faites. Même si, en fin de compte il y a tout de même une clé : c'est l'amitié qui prévaut sur tout. Il n'y a pas de hasard, les deux comédiennes le sont autant sur scène que dans la vie, depuis qu'elles se sont connues dans le même cours de théâtre.

Noémie de Lattre et Nicolas Lumbreras ont écrit un texte ultra moderne, qui fonctionne à merveille. Leur mise en scène est tout aussi efficace avec peu de décors et peu d'effets et si la pièce est programmée jusqu'au 16 septembre je parie déjà qu'elle sera prolongée.
La thérapie du chamallow à la Comédie des Trois-Bornes les dimanches et lundis à 21 heures 30
32 rue des Trois Bornes - 75011 PARIS - 01 43 57 68 29
Après un an à la Comédie des 3 Bornes et 50 dates de tournée en France et Belgique, le spectacle va fêter sa 200ème représentation durant l'été 2014, mais au Petit palais des Glaces 37, Rue du Faubourg du Temple, 75010 Paris, où elle sera jouée au moins jusqu'au 13 septembre.
Si Laetitia Vercken succède à Maud Dreyer elle donne toujours la réplique à Alexandra.

samedi 20 juillet 2013

Histoire d'un merle blanc avec Stéphanie Tesson au Poche Montparnasse

Le Poche Montparnasse a connu un grand coup de frais un peu à l'instar de cette émission de déco où à la fin se superposent l'avant-l'après dans un fondu enchainé pailleté assez saisissant.

J'aimais beaucoup l'endroit et je suis sure que nombre de spectateurs avaient un attachement très fort à ce minuscule théâtre, inauguré en 1943 par Jean Vilar. Je l'ai connu beaucoup plus tard, sous la direction de Renée Delmas et de son mari Étienne Bierry. Ce comédien est la mémoire vivante du théâtre français et j'ai eu l'occasion de savourer les souvenirs qu'il a racontés au Théâtre de la Tempête, et de les partager sur le blog.

Le théâtre, qui est toujours au fond de l'impasse Robiquet, sur le boulevard Montparnasse, à une encablure de la rue de Rennes,   a été racheté en décembre 2011 par le journaliste Philippe Tesson. Il en a confié la direction à sa fille Stéphanie et à Charlotte Rondelez, toutes deux metteuses en scène.

Le Poche a rouvert en janvier 2013, après près d'un an de travaux de rénovation. On jurerait qu'on a poussé les murs. Les deux salles sont plus confortables et plus fonctionnelles pour accueillir tous les soirs quatre spectacles à elles deux, avec respectivement 124 et 90 places. L'administration s'est vue dotée de vrais bureaux. L'espace restauration est fort accueillant sous un éclairage naturel procuré par une verrière. 

Le parquet de bois blond évoque la Cerisaie de Tchékov. Les chaises rouges sang de boeuf, chinées aux Puces, apportent une touche de dynamisme et d'élégance. On a envie de s'attabler. 

Stéphanie doit s'y sentir à l'aise puisque à moins d'un quart d'heure de la représentation de l'Histoire d'un Merle blanc elle est encore en train d'y faire le service.

La couleur miel sied bien à l'endroit que la jeune femme rêve à l'instar d'une ruche qui attirerait tous les publics, à commencer par les plus jeunes.
C'est dans la superbe et très confortable salle du petit Poche, en arc de cercle du sous-sol, qu'elle interprète le rôle qui lui colle à la peau depuis plus d'une douzaine d'années.

Une plume blanche sur un tabouret ... perdue ou posée là comme indice ... Une seconde s'échappe de l'escalier et l'oiseau apparait.

Qu'il est glorieux, mais qu'il et pénible d'être en ce monde un merle exceptionnel !

Stéphanie sera ce merle tout autant que les autres volatiles que le héros rencontre sur le chemin de sa vie : des merles d'autres espèces, et puis aussi un pigeon voyageur, une pie russe, une tourterelle, un cacaotès, une grive, un étourneau, une colombe. Son interprétation est incroyablement juste. Elle module sa voix  et son corps de façon saisissante pour le plus grand plaisir d'un public littéralement conquis.

Après la représentation les mains se penchent pour saisir subrepticement un souvenir de la soirée. Comme si chacune des plumes qu'elle a perdu avait un pouvoir magique.

Le texte a été écrit en 1842, en pleine période romantique, par un Alfred de Musset qui ne se remettait pas de sa rupture avec George Sand. Le poète y exprime son mal de vivre et une perception mélancolique de ce qu'il pointe comme étant une forme de marginalité. 
 
La mise en scène est discrète, entièrement au service de la poésie et de l'imaginaire. Elle fonctionne dans cet espace clos mais on l'imagine très bien en plein air, sous les arbres de la maison de George Sand à Nohant. Je me souviens d'y avoir entendu le violon d'Ivry Gitlis. Les spectacles en extérieur ont toujours une tonalité romantique extrême et ce merle serait tout simplement merveilleux au lever du jour quand les frondaisons résonnent d'appels.

Stéphanie Tesson a l'habitude de jouer hors les murs et c'est une chance que les Berrichons devraient saisir.
La "grande salle" accueillera à partir du 10 septembre 2013 "Au bois lacté" de Dylan Thomas dans une mise en scène de Stéphan Meldegg. Puis, à partir du 17 septembre "Chez les Ufs, Grumberg en scènes" dans une mise en espace signée par Stéphanie Tesson.

La salle du Petit Poche sera investie par des textes de Marguerite Duras à partir du 13 septembre avant d'accueillir à la mi-janvier "la Nef des Fous", conçue et orchestrée par Stéphanie.

Histoire d'un Merle blanc d'Alfred de Musset, avec Stéphanie Tesson
Mise en scène Anne Bourgeois, Lumières Philippe Mathieu
Production Phénomène et cie
Du mardi au samedi, à 19 h 30 jusqu'au 26 juillet

Théâtre de Poche, 75 Boulevard du Montparnasse, 75006 Paris
01 45 44 50 21
www.theatredepoche-montparnasse.com

Le samedi 27 juillet le spectacle sera à l'affiche du Festival des Nuits de la Mayenne au Château de Sainte-Suzanne (02 43 53 63 90) et le vendredi 13 septembre au Château de Ferney-Voltaire, dans le cadre des Journées du Patrimoine (tel 02 31 28 52 56)

Autres billets concernant des spectacles mis en scène par Stéphanie Tesson sur A bride abattue :
Revue d'un monde en vrac, au Théâtre 13 en avril 2011
Au bal d'Obaldia, au Ranelagh, octobre 2011
Les fables de la Fontaine dans le Parc de Sceaux en mai 2013
Alice au Potager des Merveilles à Versailles en juin 2013

mardi 16 juillet 2013

J'ai testé des pâtes spécialement conçues ... ... par Panzani ... pour accueillir la sauce

J'ai cru d'abord à un canular. Toutes les pâtes, surtout les italiennes, s'accommodent d'un enrobage de sauce. Sauf que, c'est ma foi vrai, à y réfléchir avec attention, une pâte vous glisse si facilement entre les doigts que la sauce ne doit pas s'y cramponner si facilement.

Que Panzani ait songé à régler le problème n'est finalement pas très étonnant. Pour faire simple, il s'est agi de concevoir des filières (les tubes qui donnent leur forme aux pâtes) avec des rainures. Une fois qu'on le sait, cela semble une évidence.

Nous avons testé en famille les penne rigate, que j'ai préparées avec une sauce bolognaise enrichie à ma façon.

J'ai fait revenir une aubergine coupée en carrés avec 3 gousses d'ail à couvert dans un wok. J'avais mis un tout petit peu d'huile. Le fait d'avoir utilisé un couvercle permettait de conserver l'hydratation du légume qui est devenu fondant, juste comme je le souhaitais.
Il m'a semblé que cette variété était un peu plus ferme et plus épaisse que ce que je connaissais jusque là. peut-être que le rainurage fragilise la pâte et qu'il faut donc prévoir davantage de matière.

Mes enfants n'étaient pas surpris. La prouesse technologique ne date pas d'hier. D'autre marques l'auraient déjà initiée. Et puis cette question de l'accrochage de la sauce leur semble un faux problème. Les lasagnes ne sont pas striées et elles ne sont pas sèches pour autant. A y regarder de près, et cela se voit sur la photo le canal central reste vide ... Il est pourtant plus grand qu'une strie et la sauce devrait s'y précipiter en toute logique.

Le mystère des pâtes demeure entier. En fin de compte  ... il en va de la sauce comme du degré de cuisson (certains ne jurent que par l'al dente, d'autres les préfèrent fondantes) alors je vous le dis, les pâtes c'est comme on veut ...

lundi 15 juillet 2013

Sapin le jour, ogre la nuit par Sophie-Marie Larrouy à la Comédie des Trois-Bornes

Pour ce qui est des frayeurs ... je suis mauvais juge. Je venais d'expérimenter les miennes au Manoir de Paris. Je n'ai donc pas vraiment pris celles de SML au sérieux. Si nous avions été ailleurs qu'à la Comédie des Trois-Bornes, peut-être  ... mais dans cette salle je sais que le pire me fera toujours rire. Cela fait du bien et je vous encourage à ne pas vous en priver.

Ultime petit conseil qu'il est bon de marteler : arrivez à l'heure, même si vous allez attendre un peu. Parce que personne ne rentre en retard puisque la porte de la salle donne directement sur la rue.

La bande-son du spectacle est révélatrice :
A tous mes loupés
Aux malentendus, aux mensonges, à nos silences
Aux phrases qu'on dit trop vite et sans qu'on les pense
Aux années perdues
Tous ces mots que d'autres ont fait rimer et qui me tuent
Aux trahisons que j'ai pas vraiment regrettées
Aux vivants qu'il aurait fallu tuer
A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard
A nos faiblesses, à nos oublis, nos désespoirs
Aux peurs impossibles à échanger

Vous aurez reconnu les paroles de Jean-Jacques Goldman, A nos actes manqués, et SML, alias Sophie Marie Larrouy, se les approprie en s'affirmant vosgienne et différente, petite nièce de Johnny Halliday, tout en s'abreuvant d'une bière chaude.

Vous pouvez ne pas la connaitre. Elle a beaucoup travaillé sous pseudo. Mais qu'importe si vous n'avez pas suivi ses posts sur Pose Mag, ses articles et vidéos pour le site madmoizelle.com, ni les préconisations qu'elle a enregistrées pour la Matinale de Canal + pendant tout de même deux ans. Vous n'avez pas besoin de clés particulières pour décrypter l'univers de Sapin le jour Ogre la nuit.

Ses textes explosent d'un humour pluriel optimisé par la mise en scène d'Océanerosemarie avec pour tout élément de décor une guirlande électrique, sapin oblige.
Sophie Marie a une façon très personnelle de s'approprier certaines expressions. Sa prononciation du mot "castzing" et ses mimiques évoquent irrésistiblement les leçons d'Armande Altaï à des candidats d'une émission de téléréalité.

Quels que soient les personnages auxquels elle fait allusion, que ce soit Francis Heaulmes ou Johnny elle affiche un naturel désarmant, très à l'aise dans ses kickers, les mains dans les poches d'une robe style Amish.

Elle se transforme vitesse grand V, V... comme ses Vosges natale où coule la Vologne, et surtout comme Vaness la bomba. Elle le fait avec trois fois rien, passant de la femme fatale à la lionne en un quart de seconde dans une imitation qui pourrait devenir culte. 

Décalée, naturelle et sans complexe, la comédienne pousse le bouchon aussi loin que possible avec un sens théâtral caracolant sur les ruptures de rythmes et de tons. Elle termine dans la poussière et les bras en croix. Et pour nous c'est carrément  jouissif !
A la Comédie des Trois Bornes, les dimanche et lundi à 20 heures 15 jusqu'au 30 septembre
32 rue des Trois Bornes - 75011 PARIS - 01 43 57 68 29

dimanche 14 juillet 2013

Le Manoir de Paris, 1ère maison hantée de France, chacun ses frayeurs ...

C'est une expérience assez particulière et je vous recommande cette visite du Manoir de Paris. Avec peut-être un seul conseil qui serait de l'entreprendre avec quelqu'un que vous appréciez et auprès de qui vous vous sentirez en confiance. Parce que vous allez explorer l'ampleur de vos frayeurs respectives.

D'emblée, et sans dévoiler le contenu du parcours, je tiens à vous rassurer : personne, ni être humain , ni animal (il n'y a d'ailleurs aucune bestiole de chair et d'os sur le parcours) ne vous touchera et au final vous en sortirez sans aucune terreur, à moins d'être claustrophobe ou phobique de l'obscurité. Mais dans ce cas je ne vous imagine pas entreprendre cette aventure. Allez tout de même voir la façade du Manoir qui est absolument magnifique et dont l'originalité saute aux yeux en plein milieu de la rue de Paradis, un nom prédestiné pour vous faire un voyage dans l'au-delà.

Il a investi la maison Hippolyte Boulenger, qui fut l'ancien magasin des faïenceries de Choisy-le-Roi et qui a été construit vers 1900 par Jacottin. Il est toujours entièrement orné de céramiques peintes formant une sorte de catalogue inaltérable de leur production. Sur la rue, la façade incrustée d'éléments de céramique, semble avoir été celle d'un théâtre.
A partir de 1978, ce bâtiment a hébergé le Musée de l'Affiche et de la Publicité dépendant de l'Union centrale des Arts décoratifs qui a, depuis,  réintégré le site de la rue de Rivoli. On a présenté des expositions temporaires d'affiches anciennes ou contemporaines rue de paradis jusqu'en 1991.

A l'intérieur subsistent le vestibule, la cour, la salle de réception de la clientèle, et, au premier étage, la grande verrière. Les compositions sont signées Arnoux et Guidetti. Le premier dirigeait l'atelier de décoration des faïenceries de Choisy-le-Roi, et s'est distingué par ses recherches sur la cuisson des émaux

C'est depuis presque deux ans une sorte de maison hantée par les légendes, plus ou moins vraies, qui se murmurent entre amoureux des histoires sombres.

On entre dans la première pièce (je me retiens d'écrire "cellule") par petits groupes. Si vous venez en couple vous serez seuls. Si vous êtes 4 ou 5 vous ne serez pas séparés mais il me semble que plus on est nombreux plus les peurs se communiquent de l'un à l'autre. Demandez dans ce cas à faire le parcours 2 par 2. Cela me  parait idéal. Personnellement je suis restée cramponnées à ma fille toute la visite, et réciproquement, mais nous avons adoré.
Elle a déjà programmé de revenir à la période d'Halloween avec ses collègues pour une soirée particulièrement "horrible". Il faut dire qu'alors le 3ème étage sera lui aussi ouvert et que le nombre de comédiens doublera entre le 19 octobre et le 4 novembre avec un tarif qui, lui, ne change pas. La queue pourra se prolonger sur toute la longueur de la rue alors prenez votre mal en patience !
Profitez de l'attente pour admirer les mosaïques ... sans vous laisser intimider par les comédiens qui, de mon point de vue, sont plus effrayants en pleine lumière que dans la pénombre.

Ils ont le coup de main pour se grimer en un temps record. Aucune fausse note entre maquillage et costume pour avoir un look d'enfer. Cicatrices, œil de verre, bouche de travers, voix d'outre-tombe, démarche clopinante et gestes saccadés ... vous allez frissonner, peut-être même hurler.
Chacun ses frayeurs. On ne réagit pas tous à l'identique. Tant qu'à faire il est amusant d'entrer dans le jeu et d'avoir de la répartie. Ce sont d'excellents comédiens qui, à partir d'une trame imposée, sont capables d'improvisations adaptées aux visiteurs dans une interactivité de proximité.
Pour une fois je n'ai pas pu prendre abondance de photos, ni noircir le carnet de notes qui me permet d'avoir la mémoire vive sur ce que je rapporte ensuite. J'ai profité à fond de l'expérience sans me soucier du contenu du témoignage que j'allais rapporter.

Nous sommes systématiquement de mauvais témoins ... Je me souviens tout de même d'avoir traversé une portion des catacombes et d'avoir courbé la tête pour me glisser dans les égouts. Mais je ne jurerais pas d'y avoir vu le crocodile qui s'y serait perdu.

Nous avons taillé la bavette avec un vampire, une fantôme (car il en existe bel et bien de sexe féminin), un égorgeur, une empoisonneuse ... Nous avons sympathisé avec un alchimiste sans parvenir à lui soutirer la formule pour changer le plomb en or. Le Bossu de Notre-Dame a cherché à nous intimider et  attendez-vous à ce que l'on sanctionne votre défaut le plus grave. Inutile de chercher à détourner la conversation : on saura débusquer votre point faible.
Arrivé au terme du parcours vous soupirerez d'aise d'en être sorti indemne tout en vous moquant des cris que vos camarades d'infortune poussent derrière vous. Comme ils sont trouillards !

Ce sera le moment d'acquérir un objet souvenir. Un petit crâne peut-être ... c'est très tendance depuis que Philippe Pasqua les collectionne ... et il n'est pas le seul.
Vous vous sentirez de taille à caresser le dragon de l'entrée et vous vous amuserez à poser pour la postérité ... ou pour alimenter votre profil Facebook avec les morts-vivants qui deviendraient presque vos copains.
Ne comptez pas sur eux pour faire ami-ami. Ils resteront impertubablement dans la peau de leur personnage.
Longtemps le regard de cette infirmière me suivra dans la rue ... sans que pour autant je ne fasse le moindre cauchemar dans la nuit qui suivit. Ouf !
Le Manoir est partenaire de l'opération Promenons-nous sur les Grands Boulevards.
 
Il s'agit d'un évènement qui associe plusieurs enseignes.

Un pass (non nominatif valable pour une personne) est délivré sur le premier site après achat d'un billet ou d'une prestation plein tarif.

Il ouvre droit ensuite à des réductions chez tous les autres partenaires, 25 % chez 1 Paris 2 Rêve.

Autres articles autour des Grands Boulevards :
La visite du Musée Gourmand du chocolat
Le Grand Rex et les Etoiles du Rex et les Noces de Jeannette
La Tour Jean Sans Peur
Le musée Grévin et le Salon de thé le Valentin
1 Paris 2 Rêve
Paris Story
Le roman de Tonie Behar Grands Boulevards chez JC Lattès, paru en juin 2013

Prochaine étape : l'exploration des passages couverts.
Le Manoir de Paris 18 rue de Paradis 75010 Paris
vendredi 18-22 heures
samedi et dimanche 15-19 heures
www.lemanoirdeparis.com

samedi 13 juillet 2013

Tous les matins depuis hier de Claire Castillon

Manon a bientôt dix ans, des bagues aux dents et des rêves en pagaille. Elle voudrait devenir infirmière ou styliste. Pouvoir rentrer à pied de l’école avec Nelly. En finir avec la bande des Horribles. Changer de parents, éventuellement. Retourner en vacances au cap Gris-Nez. Et surtout écrire à Cindy Pacosa, son idole qui vit aux États-Unis. Mais c’est la vie, et tout ne tient pas dedans. Sauf si… Hier, dans le bus, un garçon est monté. Un garçon aux yeux verts. Avec des fossettes. Mais comment lui parler ?

Le secret est dans cette résolution qui apparait page 104 : Tous les matins depuis hier j'ai décidé de faire un effort en me préparant. Et Manon ne les ménagera pas ... les efforts, ni ceux qu'elle s'impose, ni ceux qu'elle exige des autres. Elle le fait avec tant d'humour et d'amour que la vie va peut-être lui sourire.

Claire Castillon a réussi son pari, car ce devait en être un, consistant à écrire pour la jeunesse en conservant le style jubilatoire que j'avais tant aimé dans les Bulles.

Son livre fait bien la paire avec les Gosses de Valérie Clo qui nous montre la même problématique en miroir. De quelque coté qu'on le regarde, le cap de l'adolescence est complexe à traverser, qu'on soit enfant ou parent.

Et curieusement cela fera (aussi) du bien aux adultes de lire la prose de Claire Castillon. Elle ravive nos souvenirs et elle met en mots les atermoiements de la jeunesse sans culpabiliser personne. C'est vivifiant !

A la rentrée Guus Kruijer nous offrira avec Pauline ou la vraie vie, une vision assez proche, et aussi humoristique, témoignant que l'adolescence non plus n'a pas de frontière ... car l'auteur est hollandais.

Claire Castillon, Tous les matins depuis hier, École des loisirs, collection Neuf, mars 2013, Illustration de couverture d’Adrien Albert

vendredi 12 juillet 2013

Paris Story, une certaine manière de découvrir Paris

Si vous préférez découvrir Paris assis dans un fauteuil c'est Paris Story, également partenaire de l'opération Promenons-nous sur les Grands Boulevards, qui vous conviendra avec un film dans la tradition des sons et lumières.

Après avoir repéré les principaux monuments parisiens sur une grande maquette vous entrerez dans une salle climatisée, ce qui est appréciable par les temps qui courent.

Victor Hugo vous accueillera en images holo-vidéo pour résumer 2000 ans d'histoire en presque une heure de temps. Des écouteurs sont à disposition pour ceux qui ne comprennent pas le français.

L'introduction est écrite avec abondance de superlatifs et de citations : sous le pont Mirabeau coule la Seine ... Qui ne connait pas ce vers de Guillaume Apollinaire ? On se dit qu'on va nous dérouler les poncifs habituels d'une histoire érigée en légende. On nous propose de flâner ... longtemps après que les poètes ont disparu ... voilà donc Charles Trenet qui est convoqué. Heureusement c'est Jacques Prévert qui prend la suite avec son Pater Noster, moins connu, pour évoquer les mystères de Paris, le quartier de la Trinité et le canal de l'Ourcq.
On nous resitue le Louvre et la Bastille. Les Halles au centre, qui n'ont pas toujours été un centre commercial d'enseignes franchisées. Elles furent le grand marché de la capitale jusqu'en 1969 avant de déménager sur Rungis.

On apprend pêle mêle que le collège Robert de Sorbon devint la Sorbonne. Que la voute à croisée d'ogives canalise la pesanteur. Que cette découverte architecturale a permis aux murs de se dissoudre dans la splendeur des vitraux.

Que le Pont Neuf fut le premier pont de pierres (auparavant ils étaient en bois) et qu'il est par conséquent l'actuel plus ancien pont de Paris. Que la place des Vosges a été dessinée pour exaucer le voeu de Henri IV désirant une place pour s'y promener du temps où le quartier du Marais était (déjà) à la mode.

Que Marie de Médicis vécut dans le Palais du Luxembourg, ce qui rend légitime la fontaine qui y porte son nom. Que les Champs Élysées ont été inventés par Le Nôtre.

En 1672 les premières promenades suivent les Grands Boulevards.

Le Sacré Coeur de Montmartre a été érigé à la mémoire des 20 000 fusillés du Père Lachaise de l'année 1871. 

La première rame du Métropolitain circule en 1900. Le CNIT de la Défense est construit en 1959. Puis les grands travaux s'accélèrent. La Tour Montparnasse surgit en 1973. Bercy en 76, le Centre Pompidou en 77, le forum des Halles en 79, La Villette en 85 (en tant que Cité des Sciences, parce que les Halles y existaient auparavant), 1989 l'Opéra Bastille, le Grand Louvre, l'arche de la Défense et la Cité de la Musique. Enfin 1998 le Stade de France.

A la sortie, des écrans tactiles vous permettront d'en apprendre davantage et de préparer plus finement votre visite sur site car il n'y a rien de plus fort que de voir les lieux grandeur réelle.
Il s'agit d'un évènement qui associe plusieurs enseignes.

Un pass (non nominatif valable pour une personne) est délivré sur le premier site après achat d'un billet ou d'une prestation plein tarif.

Il ouvre droit ensuite à des réductions chez tous les autres partenaires, 25 % chez Paris Story, 11 bis rue Sribe, 75019 Paris, http://www.paris-story.com/

Autres articles autour des Grands Boulevards :
La visite du Musée Gourmand du chocolat
Le Grand Rex et les Etoiles du Rex et les Noces de Jeannette
La Tour Jean Sans Peur
Le musée Grévin et le Salon de thé le Valentin
1 Paris 2 Rêve
Le roman de Tonie Behar Grands Boulevards chez JC Lattès, paru en juin 2013

Ma prochaine expédition sur les Grands Boulevards sera l'occasion de visiter le Manoir, 

jeudi 11 juillet 2013

Je est un autre à l'Espace culturel Vuitton

L'expression est célèbre. On en aurait presque oublié la paternité, que l'on doit à Arthur Rimbaud. Et cela ne date pas d'hier mais de 1871.

C'est le titre de la nouvelle exposition que l'Espace culturel Vuitton propose jusqu'au 15 septembre 2013.

Il a pour l'occasion offert la vitrine de la rue Bassano et le hall à des étudiants de l'atelier des Beaux-Arts de Paris. Avec cet immense portrait de chat, Amaury Scharf nous jette le reflet de notre animalité.
Dans le hall, trois œuvres video déclinent la beauté mélancolique et heureuse d'espaces anonymes comme ce quartier filmé par Mélanie Feuvrier et qui nous semble inhabité.

Au septième étage ce sont huit artistes venant de pays et d'horizons différents qui font la démonstration de cette autre affirmation du poète : chacun est plusieurs autres. Leurs réponses sont soumises au regard du spectateur dans une scénographie évoquant le yin et le yang.
En sortant de l'ascenseur, la lumière projetée à travers un trou de serrure géant invite à se prendre pour Alice et à suivre le regard de deux figures historiques. Respectivement Pierre Molinier puis Francesca Woodman.
Le premier oppose un minuscule autoportrait de 5 sur 6,4 cm, non daté, à un photomontage de 16 sur 8 cm, intitulé Moi à 25 ans, 1969, comme si nous étions dans l'intimité de son univers, entre des murs recouverts de toile de Jouy. Il se construisait un personnage pour s'évader, à la frontière entre fétichisme et transsexualité. C'est le regard d'André Breton qui le propulsera photographe surréaliste.
Il fut aussi graveur. C'est encore lui qu'il représente avec cette odalisque au corps féminin, mais sans nombril. Il se suicide à 76 ans.
Sur la droite, aucune des photographies de Francesca Woodman ne porte un titre. Elles illustrent toutes le thème du dédoublement. C’est son père qui lui offre à 13 ans son premier appareil photo. Les murs craquelés de la ville de Rome attisent sa passion.

Elle réalisera sa première exposition à 21 ans. Elle considérait cet art comme une thérapie et ne cesse plus de photographier son corps dans l'espace, sans jamais le révéler entièrement et en jouant avec le cadre et les contrastes. Elle se défénestre l'année suivante, en 1981.
Les artistes qui exposent ensuite sont nos contemporains. Tal Mazliach vit et travaille en Israël, recluse dans un kibbutz, près de Gaza, dont elle n'est sortie que pour venir au vernissage. Elle réalise quatre grands tableaux par an que son galeriste vient chercher pour exposer en ville. Elle aussi ne donne pas de titre et ne signe pas. On y reconnait pourtant spontanément des autoportraits. Elle est atteinte d'une maladie de peau génétique qui la couvre de tâches noires.
 
Ses peintures éclatent de couleurs et font entendre le cri de son anxiété existentielle. Elle n'emploie qu'un pinceau triple zéro, infiniment fin, et ses huiles sur bois sont traitées à la manière des mandalas. Chaque détail pèse comme le profil du singe dans chacun des pompons qui l'encadrent. Ou ces hélicoptères qui se suivent en une frise répétitive. Dans un sens ou dans l'autre, témoignant d'une société masculine hyper militarisée.
On ne s'étonne pas de lire "femme-singe" écrit en hébreu sur le tissu.
Kader Attia a produit Peau noire, masque blanc, une sculpture spécifiquement pour l'exposition, qu'il est venu placer à la croisée de deux chemins, le premier oriental, le second occidental, et sur laquelle il a réglé lui-même les éclairages. L'ombre portée sur le mur est à elle seule un geste artistique.

Il s'est inspiré d'un masque dogon d'oiseau aux pouvoirs magiques, en bois, qu'il a recouvert de fragments de miroirs, si bien que le spectateur y voit son propre reflet selon les perspectives induites par les angles différents.
Les deux séries de dessins de Reza Hazare, jeune artiste afghan né en Iran, interrogent la condition des réfugiés, nous montrant que si l'on est toujours l'étranger de quelqu'un on conserve toujours sa famille dans son cœur. L'exposition lui a donné, à lui aussi, la première occasion de sortir du pays où il est exilé politique.

Il ne travaille qu’à la mine de plomb, toujours sur du papier, et dans un unique format. Il réussit à donner la sensation du mouvement en dupliquant des éléments.
Le premier mur traduit des angoisses. Le second témoigne d'espérances. Les dessins deviennent à la fin joyeux avec des personnages qui jouent et dansent. Les femmes y volent représentant des anges modernes.

L'artiste s'exprime métaphoriquement pour signifier que la parole de l'homme peut siffler comme un serpent alors que d'autres parlent de leurs femmes comme de gentilles poulettes.
Un premier portrait de Leigh Bowery attire l’œil par ses couleurs et son format. C'est un polachrome de Werner Pawlok, tiré en 150 sur 100 cm.
Mort du sida à 33 ans, en 1994, Leigh Bowery aura fait de sa vie entière une œuvre d'art. Styliste, perfomer, créateur de club, créature de la nuit, il se compose régulièrement un nouveau visage et surenchérit d'extravagance.
 Werner Pawlok, Leigh Bowery, Polachrome 2, 1988 (36x24 cm) tirage 150 x 100 cm
Une salle est composée à l'instar d'un cabinet de curiosité avec un des costumes qu'il portait, couché sur une méridienne, offert à tous les regards, derrière une vitre teintée. Il invente le mouvement "tranimal" et pour que son oeuvre subsiste après sa mort il se marie avec une femme qui devient de ce fait sa légataire en même temps qu'une œuvre d'art elle aussi.
La coursive surprend comme à chaque nouvelle exposition. Cette fois le mur est recouvert d'un enduit pour accueillir les réponses éphémères du jeune public à la proposition : soyez quelqu'un d'autre.
Ces dessins à la craie démontrent combien l'univers des mangas inspire les enfants.
Je reconnais dans le coin bibliothèque  Monsieur cent têtes de Ghislaine Herbéra, aux éditions MeMo qui a reçu le prix du meilleur album pour la jeunesse en 2010 au Salon de Montreuil.
Dans la Rotonde, l'installation monumentale de Gil Yefman est une sculpture de laine entièrement crochetée par l'artiste, matérailisant les organes et les liquides corporels dans des rapports d'échelle sans commune mesure avec la réalité, et abolissant la frontière entre le masculin et le féminin. Il réalise son "tumtum" comme d'autres se lanceraient dans une thérapie. Le mot qui signifie impur en hébreu est aussi une insulte adressée aux transsexuels comme aux homosexuels.
Écoutez attentivement la bande-son de la video qu'il a réalisée spécialement pour l'occasion, nourrie de bruits organiques.
Enfin Tomoko Sawada emploie la photographie pour scruter les notions d'identité et de canons culturels à travers le dispositif de l'autoportrait. Elle se déguise et s'expose en double en revisitant le syndrome hello Kitty emblématique de la culture nippone "kawai" , ce qui veut dire "mignon" ... où notre regard occidental verrait un fantasme de soubrette.
Les points communs poussent à chercher les différences ...
Avec le livre, School Days, cette artiste va encore plus loin. L'uniforme est un code implacable et c'est toujours son unique visage que l'on reconnait dans chaque photo de groupe dans une vision quasi kaléidoscopique de la jeunesse estudiante japonaise
Parallèlement, l'Espace culturel organise des Rencontre improbables, qui sont des conversations libres pour aller plus loin sur le thème de chacune des expositions. J'ai eu la chance d'entendre Isabelle Coutant-Peyre, avocate, interrogée par Adrien Gardère, muséographe et designer, où Annabelle Gugnon, critique d'art endossait le rôle de modératrice.

Quand on demande à cette avocate, connue pour avoir défendu des terroristes qualifiés d'ennemis publics, on est surpris de l'entendre répondre sans aucune ambiguïté qu'elle voudrait un monde uniquement artistique, sans guerres, sans armes, sans militaires ... où les américains auraient cessé de se mêler de ce qui se passe ici ou là pour des raisons matérialistes.

Elle s'exprime avec douceur, mais fermeté, et irradie littéralement de générosité, soulignant que toutes les différences culturelles doivent être préservées ... pour ne pas disparaitre, et sans exercer aucune hiérarchie entre elles. Il est rare d'entendre une personne qui dégage un tel charisme.

Cela ne fait aucun doute pour elle que l'avocat porte les problèmes de ses clients. Si elle le pouvait elle s'attellerait à un livre dont elle a déjà le titre : Ma vie chez les autres.

Elle rappelle qu'un qu'avocat n'est pas un juge et qu'en conséquence elle n'a pas à donner son point de vue. Elle souligne qu'il est invraisemblable d'imaginer qu'un avocat exige de son client de savoir s'il est coupable ou innocent. A ce titre elle revendique la légitimité d'être bonimenteuse, ce que j'entends comme "mentir pour le bien" mais elle souligne aussi avec sagesse qu'il n'est pas question non plus d'inventer n'importe quoi.
De son coté Adrien Gardère est frappé par la double obsession de nos sociétés occidentales à investir dans l'immobilier et à transmettre son patrimoine à sa descendance. Son livre s'intitulerait : La chair et la pierre.

Tous deux regrettent de n'avoir pas le temps d'écrire et envisageraient en souriant d'avoir recours à un nègre ... qui serait leur autre "je" et qui accoucherait de leur âme. le sujet est plus que jamais d'actualité avec la sortie fin août en librairie du dernier livre de Bruno Tessarech, l'Art nègre, aux Editions Buchet Chastel. Si c'est un roman il n'en demeure pas moins vrai qu'il est nourri de sa formidable expérience de la négritude puisqu'il a écrit pour une trentaine de personnalités.

J'ai eu cette autre chance de le lire en avant-première et de le rencontrer pour en parler. L’article est à paraitre le 22 août.
Un livret a été conçu pour le jeune public avec des cartes qui composent un puzzle où vous aurez reconnu une des œuvres présentées à l'Espace.

Je est un autre jusqu'au 15 septembre 2013 à l'Espace culturel Louis Vuitton, 60 rue de Bassano, 75008 Paris, 01 53 57 52 03
Entrée libre, du lundi au samedi de 12 à 19 heures, dimanche et jours fériés de 11 à 19 heures

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