mercredi 31 décembre 2008

PREDICTIONS POUR 2009

En m'amusant à chercher quels pourraient être les romans élus pour participer au prochain Prix des lecteurs d'Antony 2009 je me suis livrée à un petit pronostic en parodie aux prédictions que les voyants établissent en scrutant le marc de café ou la boule de cristal.

vendredi 26 décembre 2008

MON BEAU SAPIN ...

Vous cherchez une recette originale et rien ne vous inspire. C'est l'occasion de "recycler" le classique gâteau au chocolat que l'on est certain que tout le monde va aimer, et dont j'ai déjà donné la recette en juillet dernier.

Il suffit d'un moule original (j'avais trouvé celui-ci en forme de sapin gigantesque à une kermesse), de quelques centimètres de ruban (le fameux bolduc qui décore tous les cadeaux) et d'un peu de pâte d'amande roulée en boules ou découpée en étoile.


C'est pas plus compliqué que cela ... pour lui donner un air de saison. Vous pourrez l'adapter à la météo du jour en saupoudrant irrégulièrement de sucre glace s'il neige.

Bon appétit !

lundi 22 décembre 2008

JOYEUX NOEL

ET BONNE ANNÉE A TOUS

Traditionnellement on accrochait des pommes dans un arbre en décembre pour composer des touches lumineuses. On formait le vœu que les jours recommencent à s'allonger. Je vous parle d'une époque où nos ancêtres craignaient que la force du soleil ne se tarisse. Tout était prétexte à l'amadouer avec force de symboles évoquant sa couleur ou sa rondeur.

Un hiver la récolte de pommes fut si dramatiquement pauvre qu'il n'en restait plus pour suspendre dans l'arbre de Noël. Un verrier alsacien eut l'idée de créer des boules avec la matière première qu'il avait sous la main. Ainsi sont nées les premières décorations artisanales.

Celles que j'ai photographiées ont été conçues par les maitres-verriers du Centre International de Meisenthal.

Après une moyenne d'un billet tous les deux jours il est bien possible que le blog connaisse la trêve des confiseurs ...

mercredi 17 décembre 2008

L'andouillette chablisienne de monsieur Colin

L’andouillette fait, elle aussi, partie intégrante du patrimoine chablisien, lequel ne se limite pas à ses vins blancs. Pendant 100 ans, sa diffusion est restée confidentielle. Puis, dans les années 1970, elle a pris son essor sous l’impulsion de deux maisons locales.

C'est au CEPROC que j'en ai retrouvé le goût. Car je la connaissais sans doute déjà puisqu'elle figure depuis toujours sur les étals d'Auxerre, une ville où j'ai passé mon enfance ... Marc Colin la fabrique à partir d’intestin de porc, en grande longueur. D’une texture moelleuse, son goût est relevé et épicé.

Il appartient au minuscule petit nombre des charcutiers labellisés "andouillette 5 A à la ficelle" sans en tirer gloire. Il travaille comme il pense devoir le faire. C'est le seul chablisien à avoir le droit de revendiquer le célèbre sigle AAAAA, un diplôme nominatif, qui n'est pas transmissible avec le fonds de commerce, (même si le nom de l'ancien patron demeure sur l'enseigne, ce qui pose problème lors des successions et reprises d'affaires). Cela le fait rire de cumuler les récompenses : Médaille d'Or 93 de la meilleure terrine de lapin de France, Médaille d'Argent 93 de la meilleure Andouillette tirée à la ficelle. Quand il participe à des concours c'est en apportant la production du jour, tout simplement. Un jour il vient avec du boudin. Et récolte une nouvelle médaille.
Marc Colin la fait goûter ici froide, estimant qu'une bonne andouillette supporte toutes les situations de dégustation. La meilleure façon de la tester est donc de la manger à température ambiante, coupée en rondelles. Avec un verre de rouge icaunais peu tannique (Irancy, Saint-Bris-le-Vineux sont des villages vinicoles du département de l'Yonne). Très franchement elle est délicieuse et vous pouvez me croire : je commence à avoir une certaine expérience du produit depuis que Paul Legros m'a initiée en septembre à la foire aux fromages d'Antony.

A la maison, je la grille ou je la poêle. Son parfum me chatouille les narines. Je vous quitte pour passer à table.

Charcuterie SARL Marc COLIN- 3, place Charles de Gaulle 89800 Chablis
Tél. : 03.86.42.10.62 - Fax : 03.86.42.80.63

Du mardi au samedi de 8h à 12h45 et de 15h à 19h, le dimanche de 8h à 12h45.
Marché de l'Arquebuse d'Auxerre - 89000 - tél: 03.86.51.24.88

mardi 16 décembre 2008

Pepito Mateo et Sophie Wilhelm sous le signe de la rencontre

Ils sont venus au devant des lecteurs de la médiathèque d'Antony (92) pour leur faire entrevoir les Créations d'hiver que le Centre Culturel de Chevilly-Larue et la Maison du conte vont présenter du 29 janvier au 8 février 2009.

Pour ceux qui ne connaissent pas Chevilly-Larue, Val-de-Marne, c'est depuis 25 ans un drôle d'endroit pour les rencontres ... de conteurs. Le Centre culturel est le théâtre, pour la diffusion et la création d’œuvres innovantes. La Maison du Conte est un établissement de recherche, de transmission et de créations. Dans l'un ou l'autre c'est toujours étonnant, justifiant une position de référence dans le monde de l'oralité. En plus les prix des billets sont TRES abordables, il faut le souligner.


Vus d'ici n'est-ce pas qu'ils ont l'air assortis tous les deux ? Ils se donneront en spectacle en parallèle à Chevilly, Pépito Matéo avec Dernier Rappel au Centre culturel les 29 et 31 janvier et 1er, 6, 7 et 8 février, Sophie Wilhelm avec J’ai tant rêvé de toi les 29, 30 et 31 janvier à la Maison du conte.

Ce soir c'est Sophie qui ouvre le feu. Lauréate en 2000 du prix des conteurs, puis artiste issue du Labo de La Maison du Conte elle a collecté des premières rencontres amoureuses, pour nous offrir « J’ai tant rêvé de toi ».

Rencontres vécues, racontées, fantasmées, réenchantées : Sophie Wilhelm s’est emparée de toutes les histoires qu'on a bien voulu lui donner. Son magnétophone a enregistré sans faiblir et elle a retranscrit les paroles qui photographient l'instant où la vie bascule. Instants particuliers qui font palpiter le cœur à tout rompre. Ces rencontres simples, qu’elles soient insolites, fulgurantes , modernes (comme celle de Miss S, ou Scarabée , qui converse sur Internet avec Monsieur Triple galop) ou éphémères changent quelque chose de notre existence. Cela composait une pile immense avec laquelle elle s'est enfermée un été dans la yourte qu'elle a posée dans la campagne meusienne.

Toutes ces histoires se sont brouillées jusqu'à placer Sophie en état de confusion intense. Les histoires font voyager mais c'est aussi quand on est en partance qu'on les glane. Comme celle-ci qui l'habite toute entière :

J'ai quitté le Centre culturel après la présentation de saison pour revenir en Lorraine par le TGV de 8 heures 12. Avec un billet pour la place 32. Une jeune femme l'avait déjà investie. Deux solutions : j'exige mon dû ou je m'installe ailleurs. Il y a de la place et surtout je vois un homme jeune, aussi, viril mais doux, qui prend place à côté de la jeune femme. Je sens que j'assiste en direct à une rencontre. Cadeau ! Je ne bouscule rien. J'observe. La conversation dure. Je le sens attentionné, tenant dans sa main un café brûlant. Elle, regard perdu coté vitre, désopercule un yaourt nature. Ces deux inconnus l'un de l'autre prennent là sous mes yeux leur premier petit déjeuner ... Il retire son blouson de cuir. Elle étend ses jambes. Une petite étincelle explose, fragile. Cinquante-neuf minutes se sont écoulées. La gare Meuse-TGV est annoncée. J'ai juste le temps de constater un échange de papier depuis le quai.

Après ? Après c'est l'histoire d'une voix qui prend corps, c'est une une histoire d'amour qui pourrait bien commencer. Si ...

Oh avec des "si" on mettrait Paris en bouteille s'énervait mon grand-père quand je me risquais une supposition. Ma grand-mère embrayait avec une formule qui n'avait rien de magique : si çà tombe ... qui n'avait pas l'air de tomber bien. N'empêche que "si" est le mot préféré de Pépito Matéo qui compare les conteurs à des spéculateurs. Il le démontre aussitôt en nous embarquant dans un vieux train branquebalant. Un jeune homme demande l'heure à un vieil homme qui refuse de la lui donner sous prétexte qu'il connait les hommes et que cela va mal finir. Voici l'histoire, en résumé. Si je vous donne l'heure vous me direz merci. Nous sympathiserons. Vous viendrez à la maison. Vous tomberez amoureux de ma fille. Et vous croyez que je vais donner sa main à un type qui n'a même pas les moyens de s'acheter une montre !

On dit de Pépito Mateo sur wikipédia qu'il est conteur et comédien français. Que son travail est caractéristique du renouveau du conte en France et en Occident. Ce compliment provoquerait à coup sûr une grimace sur son visage aux yeux si expressifs. C'est pourtant on ne peut plus vrai. Il a soutenu une thèse de doctorat consacrée au conteur et au théâtre moderne, a été chargé de cours à l’université de Paris VIII. Depuis 90, il participe à tous les grands rendez-vous sur la parole, tant en France qu’à l’étranger, et publie des articles dans des revues françaises et étrangères, ainsi que des contes originaux…

Je ne peux pas dater "notre" rencontre. Mais ce dont je me souviens c'est de l'effet de surprise. Cet homme animait ce jour-là une discussion sur le conte et son discours était étrangement surréaliste. Avec des histoires improbables de malentendus intergénérationnels. A l'inverse d'un Henri Gougaud, assis du bout des fesses sur un haut tabouret, Pepito Matéo sur scène, est un ressort courant de cour à jardin, moulinant l'air à grandes brassées. Quand la voix rocailleuse d'Henri vous promène doucement dans un jardin imaginaire, le surréalisme oulipien de Pépito électrise vos neurones qu'il secoue sur des montagnes russes. Il vous fera croire que "ce sont les bâches qui donnent le lait et qu'il faut manger du veuf pour grandir".

On ne dirait pas cela à le voir tranquillement assis sur le fauteuil. En 2003 il avait investi les urgences hospitalières, en se mettant à notre place. Trois ans plus tard, sous les traits d'un rat-conteur il nous proposait une évasion de nos idées reçues à propos du monde carcéral dans un spectacle intitulé Parloir. Le troisième volet de sa trilogie imaginaire aura, nous explique-t-il, pour fond le social, pour cœur l’individu aux prises avec sa fragilité, et pour question centrale : comment l’écriture peut-elle rendre conte de sujets graves, sans sensiblerie, et donner envie de regarder le monde sous l’angle d’une mythologie contemporaine ?

Pour concevoir Dernier rappel Pépito a investi les maisons de retraite avec l'arrière-pensée de traiter avec humour et décalage une interrogation qui -forcément- nous concernera tous un jour ou l'autre (plutôt l'autre d'ailleurs) autour du thème sensible de la vieillesse et de la mort. L'homme est mortel. C'est sa grandeur et il faut l'accepter. Sinon il n'y a pas de raison de faire des héritages ( ... ni des héritiers).

J'invente une maison de retraite en chantier imaginaire, ouverte à toutes les histoires du dedans et du dehors, où le quotidien côtoierait la mythologie et où le présent et le passé se feraient écho, en travelling, en zoom arrière et en gros plan, retraçant les étapes de la vie et mes propres souvenirs... On y verra sans doute l'histoire d'un homme jaloux de ce qu'il a été, celle d'une femme qui conserve son monde de rêve dans une bulle, ou de ces deux jeunes amoureux de 90 ans, celle de celui qui veut en finir une fois pour toutes, de la dame qui s'échine à rester éternellement belle, d'un passionné d'avenir qui nʼa plus de mémoire, d'un ancien ouvrier s'étonnant d'être devenu artiste à l'approche de la disparition du spectacle vivant…

Pour Pépito Matéo le trou de mémoire est une distance pour rendre tout possible. Il travaille par juxtapositions de textes d'une grande collecte jusqu'à avoir sous les yeux la représentation effective, quasi cartographique, de ce que sera le prochain spectacle qu'il "n'y a plus qu'à" mettre en récit.

Il rêve déjà à un après Dernier rappel. Influencé probablement par les livres qui sont tout près, Pépito Matéo nous confie que cela pourrait être de la lecture. La différence entre comédien et conteur est ténue. Devos se disait conteur. Pépito pourra être lecteur. Car ce qui compte c'est que le voyage existe.

Et de citer la réponse de Blaise Cendrars à ceux qui lui reprochaient de n'avoir jamais pris le transsibérien : peu importe puisque je vous y ai emmenés !

Pour prolonger le voyage ... les bibliothécaires recommandent Les yeux des chiens ont toujours soif d'un "jeune" auteur de 86 ans, Georges Bonnet, édité en 2006 par Le Temps qu'il fait, témoignant qu'il n'y pas d'âge pour la rencontre.

Lieux des représentations

Dernier Rappel / Pépito Matéo les 29 et 31 janvier et 1er, 6, 7 et 8 février
Centre culturel, 102 av. du général de Gaulle, 94550 Chevilly-Larue
J’ai tant rêvé de toi / Sophie Wilhelm les 29, 30 et 31 janvier
La Maison du Conte, Villa Lipsi, 8 rue Albert Thuret, 94550 Chevilly-Larue

lundi 15 décembre 2008

FROMAGE DE TETE SANS PRISE DE TETE

... ou comment réaliser des mises en bouche festives avec du fromage de tête, du chou et quelques autres ingrédients ... en suivant les conseils d'Emmanuel Henry, professeur de cuisine au CEPROC.
Avant toute chose je vais vous expliquer comment je me suis retrouvée à ce cours de cuisine un peu particulier puis pourquoi on appelle fromage de tête ce qui est un "pâté".
Il y a quinze jours le CEPROC accueillait les demi-finales du championnat de France de cuisine amateur, et j'avais passé une après-midi à juger les assiettes de 7 candidats. La finale avait lieu hier au même endroit et je suis venue cette fois en visiteuse, libre de toute obligation, suivant d'un œil la progression des épreuves et de l'autre une animation professionnelle fort appétissante.

Il s'agissait de composer des petites entrées chaudes avec une embeurrée de chou (déjà prête, mais c'est peu couteux et facile à faire : on fait blanchir un chou vert, on l'émince et on le cuit à l'étouffée avec du beurre le plus longtemps possible), et du fromage de tête qu'on aura fait tiédir pour l'émietter.

L'expression "fromage de tête" surprend et évoque, à juste titre le "fromage". On a toujours fait cailler le lait dans des formes percées de trous pour qu'il s'y égoutte. Ces faisselles, en latin "forma", ("formaggio" en italien) ont donné ensuite le mot " fromage ". Le terme de fourme n'est qu'une dérivation de la même origine.

Le fromage de tête est un pâté moulé et donc "formé". C'est une charcuterie très facile à réaliser soi-même et particulièrement bon marché. On trouve des recettes simples sur Internet mais on peut aussi acheter une tranche chez son charcutier. Et puisqu'on nage dans l'étymologie j'ajoute l'explication du mot charcutier (celui qui vend de la chair cuite) comparativement au boucher (qui vendait de la viande de bouc).

Première recette :
Ajoutons un troisième ingrédient : des tomates confites. Elles sont mondées (ébouillantées, puis refroidies à l'eau glacée, pelées, coupées en 4, épépinées, plaquées, badigeonnées d'une excellente huile d'olive, saupoudrées de fleur de thym puis "oubliées" 2 heures dans un four à 90-100°)

Réalisons maintenant le plus délicat : les œufs brouillés. Je croyais que c'était des œufs battus avec un peu de lait qu'on fait cuire dans une casserole sans cesser de tourner jusqu'à consistance granuleuse. C'est plus complexe :

Pour 5 œufs il faut 200 grammes de crème liquide (le chef recommande la super crème Excellence d'Elle et Vire en brique de un litre), 50 grammes de beurre et cinq pincées (généreuses) de sel fin. On tourne. On tourne. On tourne la cuillère en bois. Cela durera longtemps car le feu doit être doux pour éviter la coagulation et atteindre "seulement" l'épaississement.

Cela laisse du temps pour bavarder et donner divers conseils et trucs et astuces. Comme par exemple la vraie recette de la crème Chantilly, avec 80 à 120 grammes de sucre glace au litre (de crème fraiche de très grande qualité parce que c'est le gras qui emprisonne l'air et donc qui a la responsabilité du volume) et les graines d'une gousse de vanille Bourbon.

Reste alors le montage et la dégustation.
Dans une coupelle on place du chou, du fromage de tête, une lamelle de tomate et deux cuillères à soupe d'œufs brouillés.

Deuxième recette :
Sur une bande de pâte filo de 3 cm de large, badigeonnée de beurre, on place du chou, du fromage de tête et un dé de foie gras. On plie savamment en triangle plusieurs fois, pour obtenir un samossa. On recommence jusqu'à épuisement des ingrédients. Cuisson four doux. Dégustation dès que possible.

Bonus : la crème d'ail pour accompagner divinement n'importe quel poisson:
On prend une tête d'ail entière que l'on dégerme. On la fait blanchir en la plaçant dans de l'eau froide (juste recouverte) qui sera portée à ébullition. On jette l'eau et on recommence 6 autre fois.
On ajoute un litre de crème (fraiche d'excellente qualité ...), sel poivre. On mixe. On donne un tour de bouillon. C'est prêt.

Et si vous trouvez tout cela trop difficile vous pouvez venir déjeuner ici au CEPROC ce que les élèves du restaurant d'application auront préparé. Le Jardin des Saveurs est ouvert tous les midis, sauf pendant les vacances scolaires, 19 rue Goubet - 75019 Paris, sur réservation 48 heures à l'avance au 01 42 39 19 64. Vous vous régalerez pour 25 euros vins compris .

samedi 13 décembre 2008

Portrait de Laurence Moussel ... ou Petit poisson deviendra grand ...

Il était une fois un papa et une maman graphistes qui se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, cinq exactement, tous graphistes. Laurence est un membre de cette tribu.

Beau début pour une histoire qui bifurque plusieurs fois.

Premier tournant avec l'illustration. Une passion qui prend racine le jour où son père lui offre une boite de crayons de couleur qu'elle trouve extraordinaires : " C'était magique. on ne voyait pas les traits de crayon".

La collaboration avec notamment une revue pour enfants (Blaireau, pour Gallimard jeunesse) sera fructueuse. Elle prendra plaisir à dessiner une multitude d'animaux. Mais aussi des visages qui seront exécutés de mémoire ou d'après photos. A illustrer également des recettes de cuisine en imaginant les bonnes odeurs qui se diffusent dans les cuisines des petits lecteurs.

Elle s'en souvient comme d'une succession de moments calmes, penchée sur la feuille.

Laurence Moussel imaginera aussi des affiches pour la ville d'Antony.

En 2003, nouveau tournant : elle inscrit sa fille dans un poney-club et ressent brusquement l'envie de remonter elle-même à cheval. Le moniteur dessine un peu. Leurs conversations seront partagées entre l'équitation et la peinture.

L'été suivant elle découvre une petite sardine échouée sur une plage de l'ile de Ré. Ce poisson de papier exerce une pression métaphorique. L'oeil de la graphiste y voit plusieurs signes. Laurence est fascinée par les arêtes qui se devinent sous les écailles. Le harpon n'est pas loin. Débordée par les taches ménagères et sa vie professionnelle, elle pense qu'il lui faudrait un mois de vacances pour se mettre à peindre elle aussi. Mais le 1er janvier 2005 elle démarre en s'octroyant juste un week-end pour tenter l'aventure. Est-ce de s'être tant retenue ... toujours est-il que les toiles sont couvertes au triple galop.

La peinture de Laurence Moussel est d'emblée "abstraite" mais explosive de couleurs. La reconnaissance institutionnelle est rapide : la Maison des Arts l'expose à Antony en septembre de la même année.

Quand on observe les tableaux dans l'ordre chronologique on est frappé par le cheminement conceptuel. Des traces nettes et parallèles évoquent les sillons des champs, puis les intempéries, et le flux des marées où forcément la petite sardine trouve sa place, ramenant doucement l'artiste sur la voie du figuratif.

Nouveau tournant en août 2007 provoqué par la visite du musée du quai Branly et le face-à-face avec des sculptures océaniennes ... de poissons.

Depuis, Laurence dessine au fusain et à la feuille d'or des poissons qu'elle ne cherche plus à retenir, et qui trouvent acquéreur à peine achevés. Alternativement blancs ou noirs, féroces ou attendrissants, lisses ou piquants, ils peuplent un univers prolifique qu'elle rêve d'exposer dans une galerie parisienne. En attendant, elle organise régulièrement des portes ouvertes dans son atelier.
Il reste encore des zones d'expériences nouvelles à explorer. Comme la sculpture qu'elle se promet de faire lorsqu'elle saura manier la scie et le fer à souder. On peut lui faire confiance : le travail en volume permettrait à cette artiste plutôt "carrée" de sortir du cadre.

Depuis 14 ans que je la connais je vois bien que Laurence Moussel n'est pas tout à fait la femme qu'elle semble être. C'est une sirène dont la métamorphose n'est pas achevée.

Atelier 27 rue Carnot, 92160 Antony, tel 01 74 71 55 30
Toute l'année vous pouvez passer. Particulièrement ce week-end de 11 à 19 heures. Il suffit de s'assurer de la présence de l'artiste. en téléphonant avant. Et en cas d'absence, consulter le site ... il est régulièrement mis à jour et vous y aurez un aperçu des œuvres de Laurence Moussel
, même si c'est toujours plus beau "en vrai".

vendredi 12 décembre 2008

LA PISTE LA avec le Cirque AÏTAL

Victor Cathala et Kati Pikkarainen se sont rencontrés lors de leur apprentissage à Rosny. Ils ont tous deux reçu la mention spéciale des félicitations du jury à leur sortie du Centre national des Arts du Cirque en décembre 2003. Présents à la Villette dans le cadre du festival Terre de Cirques en juin 2004, puis au Théâtre du Rond-Point. Ils repartent du Cirque d'Hiver (de Paris) avec la Médaille d'Argent au XXVI° Festival Mondial du Cirque de Demain en Février 2005. Depuis, deux nouveaux compères les ont rejoints : Helmut Nünning, musicien (mais pas que ...) et Matias Salmenaho, porteur-jongleur.

Ensemble, pendant le mois de février 2007, à l'Espace cirque d'Antony, ils ont conçu le nouveau spectacle qui est donné depuis une semaine, et encore jusqu'à dimanche 15 décembre. Il faut savoir à ce propos que c'est avec la Villette le seul espace Cirque conventionné de toute l'Ile-de-France. On ne répétera jamais assez haut la chance des habitants de cette banlieue sud.

Je les ai découverts le temps d'un échauffement, par une journée glaciale et tranquille. Concentrés, pointilleux, ils pouvaient recommencer dix fois le même geste jusqu'à atteindre la perfection attendue. Les mouvements semblaient alors comme ralentis.

"Pousse plus, pom pom" demande Victor. Kati exprime des douleurs dans le cou, le poignet. Mais les compliments ont une effet anesthésiant : "C'est très bien cela". En tant que spectateur difficile de voir une différence mais on peut leur faire confiance.


Leur inventivité débridée, un travail acharné, un sens de l'humour désopilant, des aptitudes théâtrales, des dons musicaux ... ils conjuguent tous les talents. Alors, forcément, passer une heure en leur compagnie c'est bien davantage que voir et entendre du cirque. Le soir du spectacle proprement dit nous profitons de la chaleur du chapiteau prêté par la Compagnie Max et Maurice (souvenez-vous de Oups, vu le 11 octobre dernier) pour patienter dans de bonne sconditions. Puis place au cirque. Et quel cirque !!!!!

Cela commence avec une petite musique de chambre très XVIII° ... sauf que le contrebassiste porte des chaussettes rayées rouges et blanches plutôt anachroniques sous sa redingote. Le quatuor est d'abord musical. Le plus grand, le plus fort, Victor, joue d'un tout petit cor. La plus fragile, la plus petite, Kati, entonne un très grand cor. Elle titille son camarade qui se venge et l'embroche. La voici chapeautée par son instrument qui lui descend jusqu'aux genoux. Elle se sauve en courant, resurgit, repart en trombe. Le ton est donné. Nous allons rire (aussi) ce soir.

Les envolées s'enchainent ensuite avec sérieux et lyrisme. On a rarement vu des artistes chanter dans des positions aussi acrobatiques. Eh! Oh!
Kati sautille et pirouette dans l'espace comme propulsée par un trampoline.
Ce sont presque des numéros d'illusions qui se succèdent avec des emprunts à l'univers de la magie, du jonglage, de l'équitation et du dressage. Kati, ballerine, danse sur tous les airs qu'on lui propose. La brindille a un tempérament d'acier et ne se laisse pas intimider par les deux forts en bras qui la secouent comme un prunier. Elle leur donne du fil à retordre en jouant la contorsionniste.
Elle saura aussi se rigidifier comme une pierre qui roule sur les épaules de Victor, devenu Atlas. Les porteurs jouent la carte du machisme, ne lui laissant pas une goutte d'eau pour étancher sa soif. Peu importe le flacon : elle jettera la fleur et boira l'eau du vase. Pour se faire pardonner le musicien lui offre une sérénade qu'elle écoute avec un air compassé avant de se jeter à corps perdu sur une piste transformée en ring de catch.

Petit intermède de jonglage avec sept massues ... Chacun reprend son souffle.


Les quatre compères ont "bouffé du lion" ce soir et sont "increvables". Kati s'entête et chante à tue-tête "va chercher des fleurs sauvages" dans toutes les postures imaginables, ou pas. Les hommes aimeraient bien triompher de ce petit bout de femme qui resurgit toujours là où on ne l'attend pas avec un joyeux "Bonsoir !". C'est Woody Woodpecker au féminin, asticotant le coyote sans relâche.
Au final les fauves seront domptés par une écuyère de haut-vol dans une cavalcade totalement surréaliste. La piste là, ce soir, fit retentir des saluts prolongés et mérités. Anticipons un peu sur 2009 pour souhaiter au Cirque Aïtal de conserver toute son énergie et sa créativité. Nous formons le vœu de les revoir très vite en piste.

Renseignements au 01 46 66 02 74. Attention le spectacle commence à 20 heures les vendredi et samedi. Dernière représentation dimanche 15 décembre à 16 heures.
Les trois photos du spectacle sont de Christophe Raynaud De Lage, partenaire du Théâtre Firmin Gémier-la Piscine et je l'en remercie.

mercredi 10 décembre 2008

QUAND JE SERAI GRAND

Une nouvelle exposition a été inaugurée aujourd'hui dans la Galerie des Jouets du Musée des Arts décoratifs initiée par Dorothée Charles, conservatrice, avec l'aide de Patrice Huerre, pédo-psychiatre, spécialiste du jeu, dans une scénographie d'Eric Benqué.
604 enfants, âgés de 5 à 12 ans, parmi lesquels 358 filles et 246 garçons avaient été interrogés pour compléter la phrase Quand je serai grand(e), je serai…, en répondant par un ou plusieurs métiers. Plus de 142 ont été recensés parmi lesquels motocrosseur, sauveteur d'animaux, chercheur de trésor, marchand de légumes, maîtresse de Moyenne section, vendeur de figurines Pokemon, flûtiste et masseuse, chercheur de dinozore (sic), baby-sitter de chiens, sirène, grande actrice .... mais quelques-uns ont honnêtement dit je ne sais pas.

Jouer à être, jouer à se déguiser, jouer à faire la guerre, jouer à la maîtresse sont autant de situations qui permettent à l’enfant de s’inventer des histoires et de grandir. C’est en jouant, en créant des situations, que l’enfant se projette dans le futur, qu’il cherche son identité. À une époque où la notion de métier s’efface au profit de celle de travail, où la notion de transmission d’un métier n’est plus d’actualité, mais au contraire où il faut sans cesse évoluer pour pouvoir « Tout faire », ce projet met en perspective la représentation des métiers dans notre société occidentale depuis le début du 20e siècle.

J'ai eu la chance de visiter l'exposition avant l'ouverture officielle et de bénéficier des commentaires de Aydé, conférencière au musée. Elle s'amuse à interroger notre petit groupe sur le métier que chacun rêvait d'exercer quand il était petit : postière, maîtresse, archéologue, garagiste, hôtesse de l'air, docteur, sculpteur ... Deux seulement sont devenus ce qu'ils s'imaginaient faire. Elle-même n'aurait jamais cru qu'elle serait un jour face à des visiteurs tant elle avait la terreur de parler en public.

Les 500 jouets présentés pour illustrer le propos proviennent tous des fonds du musée. Leur disposition, parfois sur une simple plate-forme de lino gris, est volontairement dépouillée, afin que le spectateur construise lui-même les liens entre les objets. Un livret est néanmoins à sa disposition pour lui fournir les informations qu'il souhaiterait connaitre sur l'origine et l'époque de chaque pièce. L'organisation des vitrines s'articule autour de 5 thèmes :

Je suis un héros
La première vitrine met en valeur la célèbre poupée Barbie qui, en 40 ans, a incarné plus de 100 professions. Apparue en 1959 elle substitue une poupée-femme à la poupée-enfant traditionnelle. Rien d'étonnant alors à ce qu'elle "travaille" : danseuse étoile, chanteuse, infirmière, championne olympique ... elle assure toutes les carrières possibles.
La création de Barbie appartient à l'histoire. Ruth, la femme du fondateur de Mattel, parcourt l'Europe à la recherche d'idées et de contrats. Lors d'un voyage en Allemagne elle découvre en 1955 un personnage de bande dessinée très populaire : Lilli. Plus tard, en voyant jouer sa fille Barbara avec des figurines de carton qu'elle habillait, Ruth aurait eu l'idée de créer une poupée en trois dimensions dans laquelle la petite fille pourrait se projeter : une poupée mannequin avec de vrais vêtements et de vrais accessoires.

Successivement sont apparus Ken, le petit ami de Barbie (1961), Midge, la meilleure amie de Barbie (1963), Skipper, la petite sœur et Allan, l'ami de Ken (1964), Skooter et Ricky, amies de Skipper (1965), Francie, la cousine « moderne » de Barbie, Tutti et Todd, petite sœur et petit frère de Barbie et Skipper (1966). Puis, de nouveaux amis Casey (1967), Stacey, qui est anglais et Christie, noire, font leur apparition en 1968.

En 1972 et 1975, Big Jim et action Joe sont des Action figures. Sportifs de haut niveau, aventuriers, militaires, marins ... ce sont des héros d'aventures qui réalisent des exploits.

Plus de 60 mannequins et professions des années 1960 à nos jours sont présentés dans cette première vitrine. On remarquera que certains métiers sont plus réalistes que d'autres. Que Barbie alterne entre les professions liées au soin et celle qui tournent autour de la séduction. A noter enfin qu'à partir de 2007 sa tête est disproportionnée par rapport au corps, ce qui se constate très nettement avec la patineuse.

La seconde vitrine offre une déambulation construisant des liens entre diverses poupées-figures héroïques. Ainsi trouve-t-on côte à côte Catherine de Médicis (en noire) avec Darvador, Marie de médicis devant Barbie Rock Star,

le Petit Prince avec Peter Pan ...
On nous montre également des "jouets espaces" comme cette nursery avec ses minuscules bébés en couveuse.


S'agissant de la représentation sportive on passe du premier babyfoot de table à un jeu de football en équipe puis au culte de la personnalité avec l'individualisation des joueurs qui cette fois portent chacun un numéro.

Je m'occupe des chevaux
Les enfants ont beaucoup cités des métiers liés aux animaux. En prenant comme exemple le cheval, la troisième vitrine présente les métiers liés à cet animal depuis la fin du XIX° siècle mais aussi les jouets utilisant la figure du cheval. Davantage lié au garçon quand il était encore un moyen de transport quotidien (hippomobile, cariole, poste) , ou à une vocation militaire (soldat) il glisse ensuite dans un univers plus féminin avec le club d'équitation jusqu'à l'imaginaire contemporain, proche de Pégase, montrant un cheval à la crinière rose s'élevant dans les airs.
De maréchal-ferrant, sellier, cocher, jockey on passe à écuyère, vétérinaire.

J'incarne un personnage


Le mur suivant fait la part belle aux petits métiers oubliés. En affichant des jeux de sept familles qui évoquent les familles Lahure (charcutier), Lempeigne (cordonnier), Lafleur (jardinier) ou Ducordon (concierge) ... Le jeu des Arts et Métiers daté de 1865 fera travailler sur le vocabulaire par exemple du menuisier ou de la modiste : capotte, velours, ciseaux, mantelet, dentelle, bonnet, fleurs, rubans, aiguilles et plumes.
Une petite salle de jeux interactifs offre des simulations à lancer sur écrans tactiles : 24 possibilités de se "mettre à la place de ... ", parfois en français (avocat), en japonais (le chef cuisinier), en anglais (maire) et même pour Dieu, comme si c'était un métier réaliste.

L'espace suivant révèle 12 boutiques et leurs propriétaires : pharmacien, mercier, fruitier ... Les petits personnages, mêmes immobiles, transmettent une idée de mouvement. On devine les gestes correspondants à l'exercice de ces professions. Alors qu'autrefois était associé un vocabulaire précis à chaque métier on s'aperçoit que le mot employé le plus par les enfants d'aujourd'hui devient celui générique de "travail". On ne sait plus exactement ce que font les parents. Ils partent, téléphonent, travaillent à l'ordinateur. L'époque où on était rémouleur ou charpentier de père en fils semble révolue.

Je joue à être
Une nouvelle grande vitrine se déploie en 8 comme un circuit à partir d'un garage d'où auraient glissés des véhicules. Les couleurs vont du rose-bleu pale pour évoquer des jeux de filles (le métier de maman a été formulé, selon l'idée qu'elle est l'organisatrice de tout) à des couleurs vives pour ceux des garçons. Conduire un camion de pompier ou un camion poubelle demeure très ludique. Au centre une série de landaux se succède à l'instar des chevaux à bascule dans une précédente vitrine.
Il est significatif de remarquer que les jouets anciens sont des reproductions fidèles et miniatures d'objets réels (pouvant d'ailleurs être perçus comme potentiellement dangereux quand il s'agit d'outils) désormais remplacés par des moulages en plastique qui sont des illustrations virtuelles.

Je m'affirme fille ou garçon

Voici encore les panoplies, parfois proches du déguisement. Celle du prêtre est étonnante avec la réplique de tous les objets religieux (1917), à coté de la blouse du Dr Klein où les instruments médicaux sont simplement dessinés sur le tissu.



Enfin pour terminer plusieurs personnalités confient ce qu'elles voulaient faire quand elles étaient ... enfant. Ainsi Yannick Alléno, le chef étoilé du Meurice, s'amusait avec des voitures miniatures et aimait beaucoup se déguiser en Zorro. Mais dès l'âge de 8 ans il voulait être cuisinier et sa mère disait qu'il était plus souvent dans ses casseroles que dans ses jupons. Claire Gibault désirait déjà devenir chef d'orchestre. Chantal Desbordes voulait être cinéaste. Cette femme, première (et seule) contre-amiral de la marine nationale confie être entrée dans la marine parce que le cinéma n'avait pas voulu d'elle.

La capacité de jouer est essentielle parce qu'elle permet de s'adapter à l'inconnu, d'accepter des contrariétés, des oppositions et d'être inventif. A l'inverse ceux qui ne seraient pas capables de jouer s'efforceront plus tard de rester dans des situations familières qu'ils savent maîtriser afin de ne pas risquer de réveiller l'angoisse de l'inconnu qu'ils n'ont pas réussi à apprivoiser dans l'enfance. Nous savons que nous ignorons de quoi demain sera fait. Alors il est urgent de jouer à être ...

Musée des Arts décoratifs - galerie des jouets jusqu'au 24 mai 2009
107 rue de Rivoli - 75001 Paris - Tél. : 01 44 55 57 50

lundi 8 décembre 2008

Qu'y a-t-il dans la boîte ?

Des petits gâteaux de Noël bien sûr.
Ouvrons pour voir :

Voici d'abord les Cantucci. Je les annonçais depuis plusieurs jours, pour saluer le traiteur italien dont j'avais parlé le 20 novembre. Ils s'imposaient aussi pour célébrer la victoire du candidat de l'école de cuisine italienne Cucina di Casa Mia en demi-finale du championnat de France de cuisine amateur (article posté hier).

Puis des Palets aux raisins, et enfin des Anneaux délicats au citron. J'en connais une qui me réclame des recettes depuis que je lui ai mis l'eau à la bouche en l'emmenant visiter la kermesse de Steiner ... qui devrait être heureuse.

D'abord les Cantucci que d'aucuns appellent aussi biscotti (cuits deux fois). Je ne reviens pas sur l'histoire. J'insiste juste sur le fait que la recette n'emploie pas de beurre, sans aller jusqu'à dire que ce sont des petites gourmandises de régime.

On bat 2 œufs entiers + 2 jaunes avec 250 g. de sucre.
On ajoute 1 cuillerée à soupe d'anis, 1 cuillerée à café de bicarbonate de soude, 1 pincée de sel
et (c'est ma touche personnelle) 1 cuillerée à soupe d'eau de fleur d'oranger
300 grammes de farine tamisée
120 grammes d'amandes entières

C'est assez facile à travailler.
On forme alors de gros boudins en se farinant abondamment les mains que l'on fait glisser sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Il y a assez de pâte pour faire quatre gros boudins (deux par plaque). On enfourne à four froid comme toute préparation contenant du bicarbonate de soude (même si peu de gens suivent cette règle). C'est parti pour 20 minutes de cuisson en tout, th 6.
On les coupe en biais dès la sortie du four alors qu'ils sont encore brûlants. On fait basculer chaque "croquant" sur la tranche.
Et on remet 1 à 2 minutes à sécher dans le four encore chaud, justifiant ainsi le nom de bis-cotti.
Il reste deux blancs d'œuf. Nous allons les utiliser pour faire des Palets aux raisins secs.
Rien de plus facile : on mélange
100 grammes de raisins secs hachés
100 grammes de sucre glace
100 grammes d'amande en poudre
1 paquet de sucre vanillé (ou comme moi de l'extrait de vanille qu'une amie m'a ramené de Martinique) et un zeste de citron haché menu
les 2 blancs d'œuf qui nous restaient de la recette précédente, tel quel, sans les avoir battus en neige. (Vous remarquerez que cette fois il n'y a ni beurre, ni farine)
La pâte se forme presque "toute seule".

On dépose des petits tas sur une tôle recouverte de papier sulfurisé et on aplatit avec les doigts légèrement pour obtenir des palets.
La cuisson ne dure que 20 minutes à thermostat doux (4, pas plus)

Ayant omis de les aplatir avant cuisson je me suis rattrapée à mi-course en utilisant une grosse cuillère trempée dans l'eau entre chaque palet. C'était sans doute peu académique mais le résultat était tout à fait correct.
Enfin on peut, une fois refroidis les glacer au citron.

Et pour finir, le plus difficile, les Anneaux au citron qui sont des sablés au parfum délicat.

Faire rapidement une pâte sans la pétrir avec
300 grammes de farine
200 grammes de beurre
100 grammes de sucre
2 jaunes d'œuf
le jus de deux citrons

Abaisser finement sur une table farinée sans craindre d'employer beaucoup de farine.
Avec deux formes, une grande et une petite, découper des anneaux. L'étape est plutôt difficile. D'autant qu'il est compliqué de trouver deux verres dont les diamètres permettent de faire des anneaux ni trop larges, ni trop minces. (Il me semble qu'il serait plus judicieux la prochaine fois de m'organiser en amont et de découper des cercles dans deux bouteilles en plastique de diamètres adéquats. Ce serait plus "tranchant" que le verre)
On garde le petit rond du milieu pour faire des "petits" sablés.

Cuire à thermostat 4 jusqu'à ce que les sablés soient dorés mais encore clairs.
Les faire glisser prudemment sur une grille jusqu'à refroidissement

Ne me dites pas que ce sont des calamars ...
Et avec les deux blancs d'œuf restant vous savez ce que vous pouvez faire ...

Les deux dernières recettes ont été publiées par l'école Steiner en 1995 dans le livret "Les petits gâteaux de Noël de la kermesse".

dimanche 7 décembre 2008

CHAMPIONNAT DE FRANCE DE CUISINE AMATEUR

7 Chefs et 7 CUISAM ont aiguisé leurs couteaux le dimanche 30 novembre au CEPROC à Paris !
La dernière sélection régionale était chargée cet après-midi là de déterminer les 2 binômes Chefs/CUISAM qui défendront les couleurs de leurs écoles de cuisine pour amateurs lors de la finale du 14 décembre 2008.

Je vais tout vous raconter. Mais commençons par le commencement.

Une fine pellicule de neige avait poudré le jardin à l'aube. Une pluie vaporeuse avait glacé les Buttes Chaumont l'après-midi. La nuit était tombée. Les grilles du CEPROC étaient fermées. Aucun promeneur n'aurait pu soupçonner l'ébullition qui régnait en cuisine.

Grégoire TROVOST, un des fondateurs de la Fédération Française de Cuisine Amateur me pilote d'une salle à l'autre. La première est déjà prête pour la remise des prix. La seconde est dédiée au jury et au public.

La table est dressée pour les 5 membres. Assiettes blanches simplissimes. Une belle rangée de verres. Un pour chacun des vins proposés pour accompagner les réalisations des candidats plus un pour l'eau. Un dossier de notation prêt à recevoir les notes. Un crayon-gomme pour les consigner.

Dans la cuisine, le "panier surprise d'ingrédients" est un plateau composé avec :

- du filet mignon de porc
- des pommes de terre (ratte)
- des pommes (Gala)
- un chou rouge
- du fromage de chèvre
- des baies de genièvre.

Les candidats vont devoir improviser une réalisation culinaire avec cela. Ils pourront puiser des produits complémentaires dans le fond de cuisine (oignons, ail, échalote, beurre, farine, fond de veau, fumet de poisson, jus de citron, sucre, crème fraîche, chocolat), utiliser divers huiles et vinaigres, épices et condiments, quelques alcools.

Pour que les plats arrivent devant le jury à bonne température, les sept candidats ne commencent pas tous en même temps. Un tirage au sort a déterminé l'ordre de passage. C'est Jean-Yves de Cuisine Aptitude qui a ouvert le feu. Après avoir discuté avec son chef il s'est lancé tout seul dans l'exécution de la recette.

Quand j'arrive en cuisine pour "humer" l'air c'est une effervescence incroyable. Des candidats travaillent. Il y en a un qui a presque fini, d'autres qui n'ont pas commencé. Des chefs surveillent les opérations de loin, assis sur les gradins, avec quelques membres du jury de la matinée, restés par pure passion. Nous sommes deux bloggueuses embarquées dans cette aventure, Bernadette de Bernie's crumble (jury le matin) et moi.

Ne voulant pas être influencée (je prends mon rôle de jury très au sérieux par respect pour ces cuisiniers qui n'ont d'amateurs que l'adjectif comme je m'en apercevrai bientôt) mon regard ne cherche pas à s'arrêter en particulier sur l'un ou l'autre plan de travail.

Je retourne dans la salle du jury pour faire connaissance avec mes "confrères", une journaliste, deux CUISAM (sigle signifiant cuisinier amateur et non pas quidam comme je l'avais cru initialement) et Terence MEYER, un des membres actifs de la Fédération. C'est lui qui nous donne les règles de notation. Ainsi les candidats ont le droit de ne pas utiliser tous les ingrédients du panier-surprise moyennant une pénalité. Un point sera décompté par minute de retard sur la présentation des assiettes.

Nous noterons chacun sur une dizaine de critères. Tout compte. Le dossier est très détaillé mais la tâche ne sera pas facile parce que le niveau des candidats va être quasi professionnel. Du coup le moindre détail aura son importance.

La première assiette est annoncée. On s'assoit précipitamment. Surprise : le public prend place sur les chaises face à nous et scrute nos réactions. Les 6 assiettes voltigent et atterrissent devant nous (la 6ème est posée pour mémoire sur la desserte).


Cuisine Aptitude

Chef

Jean-Yves Roth

CUISAM

Vincent Burgun


Vincent est aussi intimidé que nous. Sa voix trahit un léger accent qui laisse deviner une origine alsacienne. (Nous ignorons à ce stade les noms des candidats et de leurs écoles). Il nous surprend par son choix de vin : un cote de Bourgogne (au centre sur la photos).
(On nous avait dit que le matin c'était presque toujours le Minervois qui avait été proposé). On goute ... le vin ... le plat ... la petite brochette de porc est fondante. Les pommes cuisinées façon chutney sont très relevées. Elles appellent la boisson. On interroge la bouche pleine. Quel ingrédient a pu vous manquer ? du vinaigre de framboise que j'ai du remplacer par du vinaigre de cidre. Un ustensile ? une deuxième poêle pour éviter de cuire la viande dans celle qui venait d'être utilisée pour les pommes. Serait-ce une recette que vous réitérerez ? oui parfaitement mais avec une présentation différente, pour que le chou cru ne tiédisse pas au contact de l'assiette chaude. Stop ! le temps est écoulé. Terence suspend l'interrogatoire.

Le jury délibère. C'est un soulagement de disposer d'un crayon de papier. On pourra affiner au fur et à mesure. Les notes sont d'emblée élevées. C'était bon, même si le curry avait peut-être un peu trop de présence. Le discours sincère et convainquant. On re-grignote un petit morceau de pomme de terre, de viande, de pomme ... On laisse partir les assiettes à la plonge. Le second est déjà annoncé.

Chef Martial, Atelier Rivoli

Chef

Denis Thenoz

CUISAM

Royer Julien

Le nom de la recette est une nouvelle fois un peu complexe : je retiens "lit de choucroute" et "vallée d'Auge". La présentation est plus sobre, moins artistique mais c'est tout autant délicieux. Cela va être difficile de départager 7 candidats. On affute les questions. Stop ! Le temps passe très vite. Je me rends compte que je ne pourrai pas prendre des notes sur ce qui se passe tout en évaluant les candidats. Je choisis de me centrer sur le présent et de faire confiance à ma mémoire pour écrire plus tard un billet sur le blog. La présence du public est intimidante aussi pour le jury.


L'atelier du Marche

Chef

Frédéric Kurtz

CUISAM

Catherine Fabing

Jolie présentation en étoile autour d'un médaillon avec un crumble de chèvre aux amandes. L'association est surprenante. Jusque là le fromage de chèvre avait plutôt été "traditionnellement" employé pour une sauce d'accompagnement. Après son départ le jury vérifiera la provenance des amandes utilisées (elles ne figuraient pas sur la liste des ingrédients disponibles. Mais il n'y a pas eu de triche : elles étaient sur la table de travail). La jeune femme finira deuxième, à quelques points du vainqueur. Elle aurait pu remporter haut la main la victoire si elle avait été plus rapide, (Si on ne nous avait pas dit qu'elle était arrivée en retard nous ne nous en serions pas rendu compte), si elle avait donné un "vrai" nom à sa recette (le nom de la recette valait deux points et le jury n'arrivait pas à en faire dire un à aucun candidat) , si les pommes de terre avaient été disposées avec un soupçon d'originalité .... Avec des si ... En tout cas c'était une belle découverte et je vous invite à lire son propre compte-rendu qu'elle a mis en ligne le 3 décembre. Avec la recette en prime !

Ecole de Cuisine du Chef Corvez

Chef

Jean-Yves Corvez

CUISAM

Sandrine Baumann


Quatrième assiette : très esthétique, avec une pomme artistiquement découpée. La candidate nous étonne par son choix de vin. Nous venions de le goûter (pour nous faire notre propre opinion) et très franchement on se disait que ce Minervois n'était pas aussi approprié que le Bourgogne qui, contrairement à ce que peut penser un néophyte était très léger. Elle avoue honnêtement ne pas y avoir trempé les lèvres. Mais l'accord avec le vin compte pour trois points, pour les cinq jury, total 15 maxi. Cela peut faire tout basculer.

L'idée de cuire le chou en ballotin est sympathique. On sent malgré tout beaucoup l'oignon qui demeure assez puissant. La pomme de terre est croquante. Manque de cuisson.

Cette jeune femme est conviviale. Cet aspect est noté de 1 à 4. Sur ce plan aucune critique.

Cucina di Casa Mia

Chef

Mia Mangolini

CUISAM

Gilles Weber


C'est un tourbillon qui fait irruption. Aucune question ne le désarçonne. Il justifie chacun de ses parti-pris par un c'est comme cela qu'on fait au Piémont. Les gnocchis, on veut bien croire, évidemment. Mais la buche de chèvre ? Si. Si. Si. Bon, vous vérifierez vous-même sur un site dédié à la cuisine piémontaise. Toujours est-il que ses gnocchis sont divins et que c'est une énorme surprise de se rendre compte que c'est faisable avec des rattes. Plus tard Mia nous confirmer a qu'il est préférable de prendre des pommes de terres à chair ferme ou très très vieilles. Mais que pour le fromage de chèvre c'est plutôt de la tomme qui est la spécialité du Piémont. Personnellement, je n'aurais tout de même pas poêlé le porc à l'huile d'olive ... Du coup je ne peux pas donner la note maximale pour l'impression gustative (10). C'est tout de même lui qui remportera la première place.

Alain Cirelli, Evènements culinaires

Chef

Alain Cirelli

CUISAM

Frédéric Lassalle-Mayor



Nous avons encore de l'appétit pour goûter la création du sixième candidat. C'est très savoureux. Il a eu l'idée d'employer le genièvre pour parfumer une infusion de crème. Ses pommes de terre cuites au four et frottées au gros sel sont les meilleures depuis le début de la compétition. Dommage qu'elles soient servies dans deux ou trois bols "en plus" au lieu d'avoir été intégrées sur l'assiette en place d'honneur. Son chou rouge est fondant à souhait. Il a renoncé à utiliser le fromage de chèvre. C'était son droit. Il subira la pénalité correspondante. Mais en technique culinaire il mérite haut la main 5/5. Je veux bien être invitée à la date de son choix. (L'envie de manger à la table du candidat était aussi un important critère de notation).


Voici la dernière assiette, présentée par le candidat de l'école de Cuisine des Fleurs, Pascal Bapt, sous la direction du chef Alice Caron-Lambert.


Les membres du jury ne seront pas convaincus par l'Automne glamour, qui comparativement aux autres est plus originale sur le plan de la présentation que sur celui de la dégustation. Comme quoi le nom ne fait pas tout.

Deux heures se sont écoulées. Et nous n'avons pas faibli. La délibération ultime s'engage loin des regards du public. Chacun vérifie ses additions. Nous sommes quasiment d'accord. Les résultats se tiennent dans "un mouchoir de poche" comme on dit. Il y a tout de même un premier et un dernier ... En reprenant ma feuille récapitulative je m'aperçois que cinq candidats sur sept obtiennent un score total de 31, 32 ou 33 points (alors qu'ils ont été notés indépendamment les uns les autres). C'est dire combien ils étaient difficiles à départager.

Je dirais comme Grégoire Trovost : Bravo à tous pour votre créativité, votre talent et votre sourire. Vous m'avez épatée !

Bon courage aux 4 grands finalistes du Championnat de France de Cuisine Amateur :
Gilles Ferrand qui sera conseillé par Gilles Etéocle (CHEF) de l'Hostellerie la Poularde
Cécile Forissier qui sera conseillé par Bruno d'Angelis de Papilles en Cuisine
Aurélien Régnier qui sera conseillé par Patrick Laurent de l'Atelier des Saveurs la Cornue
Gilles Weber qui sera conseillé par Mia Mangolini de Cucina di Casa Mia

Et bon courage aussi aux membres du futur jury parce que leur responsabilité sera encore plus grande que fut la nôtre. Rendez-vous dimanche prochain 14 décembre au CEPROC
(merci à la FFCA à qui j'ai emprunté les photos qui n'ont pas la mention A bride abattue)

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