mercredi 3 juin 2015

Fashion Mix jusqu'au dimanche 28 juin au Musée de l'Immigration

Les collections permanentes du Musée de l'Immigration de la Porte Dorée abordent  surtout l'immigration sous un angle économique ou politique.

Avec Fahion Mix il s'agissait d'aborder un sujet qui créé des liens et qui témoigne de l'aspect positif de l'immigration.

J'avais visité l'exposition à la mi-février mais n'avait pas eu l'occasion d'en rendre compte sur le blog. J'y suis revenue, ce qui est rare avec un emploi du temps chargé. Mais je trouve que l'endroit vaut d'être visité plusieurs fois.

Le textile est la matière la plus difficile à conserver, bien davantage que la peinture, ce qui explique combien ces œuvres sont fragiles. Tout est magnifique et saisissant dès le premier coup d'oeil. Je vous recommande de suivre le parcours avec une conférencière. J'ai bénéficié des commentaires de Magali qui est aussi costumière.

Ensemble nous avons suivi l'histoire de la haute couture, vue au travers de l'immigration, que celle ci soit consécutive à des raisons politiques, économiques ou sentimentales. Les commissaires pensaient que le sujet concernerait une soixantaine de créateurs mais ils en ont trouvé plus de trois cents et ont dû opérer des choix.

La haute-couture est française, mais elle est née de la volonté de couturiers étrangers
Le terme est quasi synonyme de la France. Si elle est bel et bien née en France, c'est à des hommes et des femmes venues majoritairement de l'étranger qu'elle doit beaucoup.

Jusqu'à l'arrivée de Charles Frederick Worth on ne parle pas de mode. On porte alors des habits liés à l'appartenance sociale ou à l'exercice d'un métier. Même si les tenues de Marie Antoinette s'apparentent à des robes haute couture on ne peut pas employer le terme pour les désigner. En effet, la reine décidait selon les propositions de sa couturière.

C'est un anglais, Worth, qui est considéré comme le fondateur de la haute-couture française. Cet homme aimait tellement la France qu'il voulut qu'on prononça son nom Vorte. Si vous allez à Londres, au musée Albert 1er il est écrit Charles Worth, couturier parisien. Il fut vingt ans apprenti drapier. Il quitta Londres parce qu'il était attiré par Paris. Arrive dans une mercerie de luxe, il y rencontre Marie Verner qui y est vendeuse et avec qui il se marie. Il coudra les robes pour sa femme. Les riches clientes la voient, l'envient et veulent les mêmes. Il s'installe rue de la Paix, où il créé des robes pour des occasions spéciales, ce qui fait naitre des besoins.
Worth vécut sous l'impératrice Eugénie qui portait des crinolines, appelées ainsi parce qu'on les fabriquait avec du crin de cheval. C'était la mode mais Worth va la faire bouger progressivement. Il va passer à une crinoline qui va s'appeler tournure ou queue d'écrevisse. Puis ce sera le faux cul qu'on va appeler le cul de Paris.

Worth sera le premier à créer seul et à imposer un style. Il se considère tellement artiste qu'il va apposer sa propre signature d'où les étiquettes qu'on a dans le dos. Le premier aussi à avoir conceptualisé le système de défilé, alors avec des sosies pour que ses clientes puissent s'imaginer dans la robe. Il n'y avait pas de top modèles. Il a inventé aussi le concept de collections automne hiver, printemps été.
John Galliano fera référence au travail que Worth a développé sur la silhouette. Cet anglais reprend en 98, quand il travaillait chez Dior, et à sa façon, la crinoline, mais en l'intégrant dans la robe. Il utilise le tulle, et des tons qui auraient choqué car ce sont des couleurs que l'on cachait près du corps. Le rose pâle, le bleu ciel, le beige étaient traditionnellement dévolus aux sous-vêtements. Galliano transforme le dessous qui passe dessus. Il laisse les coutures apparentes, oublie intentionnellement de retirer les épingles. Et on peut voir les points, comme un mouvement. On devine le créateur imaginant la robe avec toutes les petites mains autour.
On découvre ensuite une robe de Viviane Westwood, encore une anglaise, ancienne institutrice, rebelle, rock, et punk mais qui aime les constructions de vêtements historiques. Elle a renoncé à la blancheur pour réaliser cette robe de mariée en taffetas imprimé à l'été 1991 mais elle l'a semée d'anges. Elle ressemble à première vue à un nuage. On y découvre petit à petit des références à Watteau, Boucher, et Fragonard, nous ramenant à Versailles au temps de Madame de Pompadour, ce qui témoigne de son admiration pour la France. 
Le tissu écossais des “cabas barbès”, dérivés des sacs vichy TATI du bled, a été sublimé par la créatrice de Céline, Phoebe Philo, qui en fait quelque chose de très chic. La styliste britannique née en 1973, a fait des études de stylisme à l'école St Martin's de Londres avant d'entrer chez Chloé, puis chez Céline.

Alexander Mac Queen se réfère lui aussi à Worth. Cet écossais à ajouté de la dentelle et des basques derrière la veste qui fait penser à un faux cul. (non photographiée)
Mariano Fortuny, espagnol de Grenade, a grandi à Rome. Mais c'est en France qu'il a déposé tous ses brevets. Le plus célèbre est le plissé Fortuny avec un échantillon de tissu. Porté par Isadora Duncan, cette femme qui dansait les pieds nus, il remporta immédiatement un immense succès dès le lendemain. Fortuny adorait tant la Renaissance italienne qu'il a beaucoup travaillé avec le velours frappé d'or qui est associé à Venise, comme celle-ci de 1912. Il a fait des recherches à partir de tableaux de Veronese, du Carpaccio et du Tintoret. Il efface les formes féminines et inspirera à Proust un des manteaux qu'il jette sur les épaules d'Albertine dans A la recherche du temps perdu.

Cent ans plus tard il est repris par Issae Miyake qui réalise le plissé avec une nouvelle technique. A la place de la soie il emploie un polyester dérivé du pétrole. Avec les grandes épaules qui situent tout de suite l'époque, on reconnait la silhouette des années quatre vingts des robes Miyake.

L'école russe est présente dans l'exposition. Le succès des ballets russes en 1909 fait aimer l'exotisme slave et le folklore de l'Est. A la cour de Russie, tout le monde parle français. Avec la Révolution les apatrides fuient vers la France. Ce sont les russes blancs, bourgeois, aristocrates, intellectuels comm Maria Pavlovna qui avait pour amie Gabrielle Chanel. Elle commença par apposer ses broderies russes sur des robes Chanel. Le succès lui permit ensuite de monter sa propre maison, Kitmir. Il s'agissait certes de broderie russe mais à la française avec les références à l'avant gardisme de l'époque.
Par relations, Lola Prusac, modéliste polonaise d'origine, très influencée par l'art folklorique de son pays, se fait présenter à Émile Hermès, qui faisait surtout des longes, et qui va l'engager. L'automobile détrône le cheval et il décide de recycler son savoir-faire dans la mode et de présenter avec Lola une collection sportswear dédiés aux sports émergents de l'époque : plage, ski… à destination des élégantes sportives  Jusque là ce type de vêtement était strictement réservé aux loisirs. Jamais encore il n'était descendu dans la rue.

Ses premières créations sont des pull-overs que l'on voit dans des vitrines avec des motifs intégrés dans la laine. Suivront des tenues de plages et maillots de bains, puis de sports d'hiver et de campagne. C'est elle qui eut l'idée de créer des écharpes assorties en 1929. En cherchant des motifs, elle découvrit deux planches représentant les hémisphères qu'elle fit imprimer. Ce n'étaient pas des carrés proprement dit mais l'esprit y était.

En 1933, elle proposera une ligne de sacs et bagages inspirés des œuvres du peintre néerlandais Mondrian. On voit aussi au musée le faux acte de naissance qui lui sauva la vie pendant la guerre puisqu'elle était juive.
La robe présentée ci-dessus n'est pas emblématique de Sonia Delaunay mais elle représente ses débuts. L'artiste l'a peinte elle-même sur la soie et l'a portée. On voit sur un cahier des choses très différentes. Elle parlait des couleurs simultanées. Un orange n'a pas la même vibration à côté d'un violet et à côté d'un jaune. Elle a apporté l'art dans la couture. On a dit qu'elle portait ses tableaux sur elle.

Elsa Schiaparelli représente l'école italienne. Son nom ne dit rien aux personnes qui ne connaissent pas bien la mode alors qu'elle est de la même époque que Chanel et plus révolutionnaire. Petite, sa maman lui disait tu es aussi laide que ta sœur est belle. Pourtant ses parents étaient pleins d'amour. Ce fut une jeune fille faisant beaucoup de bêtises et qui devint excentrique en grandissant. Elle se maria après une semaine de rencontre, partit à New York où elle fut abandonnée avec un enfant malade. Elle viendra à Paris où la vie est moins chère et l'esthétique attirant.
Elle ose se rendre dans un dîner mondain portant un pull tricoté par une arménienne. On lui en réclame 40 le soir-même. Il a fallu appeler à la rescousse amie, sœurs, pour honorer la commande en trois semaines. C'est une maille que nous français ne savions pas faire, très solide avec en plus un motif en trompe l’œil noir et blanc alors très novateur. Cette femme qui ne savait ni coudre ni tricoter fut la reine de la mode. jusqu'en 1954.
Elle se lia avec les maîtres du surréalisme. Dali a imaginé avec elle ce chapeau-chaussure porté par Gala, qui est russe alors que Dali était espagnol.
Elle fut aussi l'inventrice du "Rose shocking" que l'on retrouve dans cette tenue motif Arlequin de la comédie dell'arte. Popi Moreni s'est beaucoup inspiré d'elle.
Quand on songe à la couture espagnole on pense folklore et flamenco mais on peut se diriger vers les peintures de Velasquez qui ont inspiré une mode austère et rigide à Balanciaga, fils d'un pêcheur et d'une maman couturière. On découvre avec lui le chic des couleurs très profondes. En Espagne, il emploie les mots français "robe" et "manteau" qu'il écrit comme tels sur ses bons de commande. Il partira pour la France après 1936 comme ses clientes en France. Il s'éloignera d eal mode vers la fin des années soixante-dix et retournera en Espagne.

Suivent les robes courtes de Paco Rabanne, espagnol aussi dont le père est fusillé par l'armée de Franco. Il a cinq ans. La guerre civile fait fuir à pieds un demi million de personnes. Il arrive en camp de détention en Bretagne. Sa mère était première main chez Balanciaga.
Voici la robe portée par Françoise Hardy au cours d'un défilé intitulé "douze robes importables en matériaux contemporains" qui fit la réputation immédiate du couturier en 1966 ... Un tel modèle était livré non monté, avec un mode d'emploi pour réussir à la fabriquer soi même. Il a toujours conservé avec fierté sa carte et son statut de réfugié politique. Il créé encore.

Antonio Castillo est le pseudonyme de Antonio Canovas del Castillo del Rey (1908-1984), qui, issu d'une famille aristocratique, était destiné à une carrière diplomatique. En 1936, son père et son frère sont fusillés, mais par l'armée républicaine. Il s’installe alors à Paris et travaille dans un magasin de beaux mouchoirs avant d'assister les couturiers Piguet, Paquin. Il part ensuite aux Etats-unis avec Elizabeth Arden. En 1950, la fille de Jeanne Lanvin fait appel à lui. Il assurera pendant treize ans les collections Lanvin. Sa signature accompagnera celle de Jeanne Lanvin sur la griffe devenant ainsi jusqu’en 1963 : "Lanvin-Castillo". Une exception dans l’histoire de la mode.

Robert Piquet, suisse, sera remarqué par Paul Poiret dont il sera le "meilleur" assistant.  Il a l'élégance parisienne. Il a habillé Edith Piaf pour l'Olympia et aussi Cocteau et Colette. De santé fragile il doit fermer sa boutique et s'inquiète du devenir de ses 400 employés. A tort car travailler chez lui était une telle référence qu'ils retrouvent tous du travail.
Jean Dessès (1904-1970) – de son vrai nom Jean Demètre – est un couturier de nationalité grecque né à Alexandrie. Après des études de droit, il s’oriente rapidement vers la mode et crée sa maison de couture en 1937. Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, il sculpte des robes du soir drapées en mousseline, largement plissées, dont les coloris vont de l’uni à de subtiles gradations de contrastes.
Il a souvent habillé Dalida, en particulier pour qui il créa la robe rouge mythique qu'elle porte à Bobino en 1958 et dans laquelle elle réapparaitra pour fêter ces 25 ans de carrières. Sa maison est fermée depuis longtemps mais on peut encore voir des robes de ce monsieur au moment du festival de Cannes car la mode est au vintage.
Le musée international de la chaussure de Romans a prêté 4 modèles de Sarkis Der Balian, bottier d'origine arménienne. Le créateur disait avoir eu cinq personnalités en référence à la Turquie, la Syrie, la France et le Liban sous protectorat où il a fait la guerre comme soldat français. Il a créé une chaussure en daim peinte à la main pour célébrer l'anniversaire de Paris.
Personne ne connaît Catherine de Karolyi, une belle hongroise qui a fui le communisme. Elle commença mannequin mais comme elle savait dessiner Hermès la prend comme première styliste de mode en 1967 et on remarque la modernité de son style avec le manteau ci-dessus. Elle imaginera de faire une boucle avec le H de cette maison. De son union avec Raymond Assayas et né Olivier, réalisateur de cinéma.
Kenzo sera le premier étudiant garçon à l'école de mode à Tokyo. Il veut aller à Paris après le tremblement de terre à Kobe. L'immeuble qu'il habite est démoli et l'argent de l'expropriation lui permet de prendre le bateau pour Paris où il créera sa marque en cinq ans. Nous sommes dans les années 64. Ne pouvant acheter des tissus exclusifs faute d'argent, il va tout simplement au marché Saint-Pierre et choisit des morceaux et rubans à connotation russe qu'il va assembler ensemble. Il apporte la gaieté dans les défilés et un côté spectacle. La première fois qu'il va saluer il le fait à dos d'éléphant, un vrai animal, pour une collection qui s'appelait jungle jap.
Issae Myake arrive l'année suivante. On voit dans cette robe le lampion et la couleur et le plissé.  Les deux autres japonais, Yamamoto, et sa femme qui créera la marque Comme des garçons vont se faire détester. Parce que leurs collections sont très noires. On lira des horreurs dans la presse. Deux ans après on observera un revirement de situation pour encenser le travail de ces deux personnes.
Dans la tenue noire la créatrice japonaise met du déchiré, de la guenille, des trous. On ne comprend pas cet art puis au fur et à mesure on réalise qu'elle parle de son pays, dévasté par des typhons, tsunami et autres catastrophes, surtout Hiroshima. Le déchiré est ouverture ... Ouverture à autre chose rappelant la céramique raku et les failles de l'émail. Avec le hasard qui trouve sa part dans la création.
C'est une tenue faite par Yohji Yamamoto en 2014 qui a été choisie pour l'affiche. Elle a été portée par Beyoncé et Kylie Minogue. On y retrouve tout le Japon, en particulier les mangas réalisés au laser. 
L'exposition présente deux tenues du tunisien Azzedine Alaia. Il a fait des études de sculpture à Tunis. Il adore coudre. En raison de la guerre d'Algérie il arrive à Paris en stage dans la maison Dior.  Sa méconnaissance de la langue française lui vaut d'être vite remercié. Il a pris sa revanche depuis en habillant les stars et lorsqu'on lui propose des récompenses il les refuse systématiquement. Ma plus grande médaille c'est ma naturalisation française dit-il. Et c'est maintenant dans sa langue maternelle qu'il a des difficultés à trouver ses mots.

Les créateurs belges, en particulier ceux de l'école des "Six plus un" ont été directement influencés par les japonais. Les six sont allés à Londres, en sont vite repartis, et ont été rejoints à leur arrivée à Paris par un autre, Martin Margilla qui sera l'assitant de Jean Paul Gautier. Il lui suggère vite de créer sa propre maison mais le couturier attendra trois ans.

Il sort sa première collection en 1984 avec notamment un Marcel géant XXL. Il bouscule les codes et cultivera tout du long anonymat et mode conceptuelle. Par exemple il remplace son logo par une étiquette blanche cousue au dos de ses vêtements. On observe avec lui des détournements de la décoration dans la mode, comme avec cette jupe retenue par des anneaux de rideaux.
Le parcours se termine sur des vêtements très particuliers. Par exemple une robe thermochromique  (ou thermo-réactive) beige, apparement anodine, mais qui devient bleue une fois sur le corps, et que l'on doit à un autrichien devenu sculpteur. (non photographiée)
Ou encore cette tenue de soirée rouge et or, qui évoque Bollywood. Et pour cause puisqu'on la doit à Manish Arora qui vient de Bombay. Il fut le premier indien à ouvrir sa boutique rue Saint Honoré et  à organiser un défilé à paris, en 2011.
Iris van Herpen, née le 5 juin 1984, est une créatrice de mode néerlandaise. Elle a étudié le design de mode à l'Institut des Arts Artez à Arnhem. Elle a travaillé en 2005 chez Alexander McQueen. A exposé à la Cité de la dentelle à Calais. Sa spécificité est d'utiliser le passé en employant des techniques futuristes comme l'imprimante 3 D et en prenant en compte le mouvement du corps.  Il en résulte des créations très structurées comme ce manteau porté par Björk et Lady Gaga.
L’exposition se termine par les dernières générations de designers venus de tous horizons, le colombien et citoyen du monde Haider Ackermann (robe Bordeaux), Alber Elbaz pour Lanvin, Olivier Theyskens pour Rochas, et Marc Jacobs avec, ci-dessous, une pièce de son dernier défilé pour Louis Vuitton à la double influence américaine (plumes d'autruche évoquant les indiens d'Amérique  et parisienne (jais noir cousu sur un tissu également noir, emblématique des broderies de la haute couture des années 1910).
Bien sûr, on peut regretter quelques absences, comme le créateur d'origine malienne Xuly Bët, mais il n'a pas encore fait de robes haute couture ... Il sera sans doute intégré dans l'exposition si celle-ci continue de circuler dans quelques années.

Exposition "Fashion Mix. Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs"
Prolongée jusqu’au 28 juin 2015 
Musée de l’histoire de l’immigration - Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil, 75012 Paris
Horaires : du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h.
Je rappelle que le bâtiment abrite des collections permanentes et un aquarium de toute beauté (cliquer sur l'image pour lire mon précédent article à ce sujet) et que des ateliers forts intéressants sont proposés aux enfants qui repartent avec leurs oeuvres, comme ces tissus imprimé de teintures végétales.

Aucun commentaire:

Messages les plus consultés