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lundi 15 avril 2019

Le désir attrapé par la queue, une pièce jouée dans le cadre de l'exposition Picasso et la guerre

Le désir attrapé par la queue a été écrit par Pablo Picasso en janvier 1941, en pleine Seconde guerre mondiale,  alors que les préoccupations des Français étaient focalisées sur la faim, le froid, l'amour, l'éloignement des amis et ... bien entendu aussi l'occupation allemande.

Le Musée des Armées a programmé quelques représentations les samedi et dimanche (voir horaires à la fin de l'article) en écho à l'exposition Picasso et la guerre. J'ai assisté à une avant-première dans des conditions particulières puisque juste après, alors que nous étions en pleine découverte de l'exposition j'ai été prévenue de l'incendie de Notre-Dame.

Nous étions quasiment devant la reproduction du tableau de Guernica qui fait référence à l'horreur de la destruction de la ville. J'avoue avoir eu du mal à me concentrer ensuite sur cette exposition que je reviendrai voir parce qu'elle a de quoi passionner les visiteurs. Je vais néanmoins m'efforcer de retracer l'essentiel de la proposition artistique de l'Hôtel national des Invalides.

Le désir attrapé par la queue
On connait Picasso peintre, également sculpteur. On le devine poète mais on sait moins qu'il a écrit deux pièces de théâtre, certes fort peu jouées. C'est donc une excellente idée de présenter Le désir attrapé par la queue, d'abord parce qu'elle est très peu connue, ensuite parce qu'elle s'inscrit dans le thème de l'exposition et enfin parce qu'elle est savoureuse pour peu qu'on apprécie le surréalisme, le second degré, la dérision.

L'acoustique de la très belle Salle Turenne (où j'étais déjà venue pour un défilé de haute-couture), est difficile pour un orateur, mais les comédiens sont tout à fait intelligibles sur la scène improvisée au centre de la pièce, par leur talent et sans doute aussi la mise en scène fougueuse et astucieuse de Thierry Harcourt qui les fait occuper tout l'espace disponible en l'ouvrant sur trois cotésLa partie chantée est elle aussi très réussie.

Il est parti de la photo de la lecture faite par Brassaï et dans une mise en scène d’Albert Camus, qui a eu lieu dans l'atelier des Grands-Augustins de Picasso le 16 Juin 1944 en l'honneur de Max Jacob mort au camp le 5 mars 1944 (photo © RMN-Grand Palais / Brassaï).
On se surprend à oublier Delphine Depardieu pour ne voir que Simone de Beauvoir. Stephan Peyran est un Jean-Paul Sartre tout à fait crédible, à l'instar de Laurent Arcaro en Albert Camus. On connait moins le physique de Raymond Queneau mais Axel Blind ne démérite en rien. Quant à Robin Betchen, le doute est impossible. Il est Pablo Picasso.

Son rôle est central et Thierry Harcourt l'a doté de quelques répliques de présentation des personnages et de l’action afin de placer le spectateur dans les meilleures prédispositions pour trouver du sens à ce théâtre dit de l'absurde.

Les costumes ont été habilement conçus pour évoquer l'époque et les personnages.
Le texte est difficile car il a été écrit sans ponctuation, selon le principe de l’écriture automatique. Une double-page est révélée dans l'exposition temporaire. Il a probablement été long à apprendre mais les comédiens l'ont restitué sans faillir. Ce qui pourrait sembler n'avoir ni queue ni tête est devenu un moment poétique et ... savoureux où les aliments deviennent des personnages, comme Mironton ou Bourguignonla Tarte, ou l'Oignon ... qui réciproquement vont s'aimer ou se dévorer.

On peut y voir une farce. C'est bien davantage. En acceptant d'entrer dans la pensée décalée de Picasso on se surprend à effectuer -a posteriori- semblable acte de résistance et les derniers mots prennent tout leur sens : Lançons de toutes nos forces des vols de colombe contre les balles !

A chacun ses démons. Ceux de l'époque étaient allemands.

Le désir attrapé par la queue, une pièce de Pablo Picasso
Mise en scène Thierry Harcourt
Avec Delphine Depardieu, Axel Blind, Laurent Arcaro, Stephan Peyran et Robin Betchen
A l'Hôtel national des Invalides, salle Turenne
A partir du 13 avril 2019​
Les samedi et les dimanche à12h30/14h30/16h30
L'exposition Picasso et la guerre
Celle-ci s'effectue (comment aurait-il pu en être autrement ?) en partenariat avec le Musée Picasso-Paris et la visite guidée par Isabelle Limousin, conservatrice du patrimoine, chef du département expert et inventaire, m'a appris énormément de choses ... jusqu'à ce que mon attention soit perturbée par la catastrophe qui ne cessait de faire vibrer mon téléphone dans ma poche.

vendredi 22 mai 2009

Braun-Vega , Picasso ... et Ingres

Picasso doit lui-même énormément à Ingres et à Velasquez. Il suffit de regarder la série des Ménines pour le comprendre. Le titre original des Ménines de Velasquez était d'ailleurs la familia. Y sont représentés les membres d'une même famille (dont les consanguinités renforçaient encore les liens) avec leurs serviteurs, dans une famille élargie, au sens romain du mot.

En 1968 Braun-Vega découvre à Barcelone cette série des Ménines de Picasso, ce qui va changer radicalement sa conception de la figuration. Et si Picasso passe du figuratif à l'abstrait, Braun-Vega, en accédant à l'inépuisable gisement découvert à travers la technique interpicturale, n'abandonne pas la peinture figurative. Son oeuvres sont d'une forte densité conceptuelle, et pourtant toujours accessibles et facilement compréhensible.

Et Braun-Vega de nous dire qu'il considère Picasso comme un père : je lui dois ma capacité de syncrétisme. Je l'ai croisé en 1952 à Saint-Tropez. J'étais un jeune homme trop timide pour oser lui parler.

Braun-Vega s'est bien rattrapé depuis. Il le met en scène à ses cotés. Sur des dessins qui se répondent en symétrie. Soit c'est (au-dessus à droite) Don Pablo dibujando, (dessin, technique mixte, de 77 x 57 cm réalisé en 2006) où Braun-Vega dessine une composition de Picasso qui le regarde, assis dans un fauteuil.
Soit c'est au contraire (ci contre, à gauche) Dibujando con Don Pablo, (dessin, technique mixte, de 77 x 57 cm réalisé en 2006) où Picasso dessine debout, vêtu d'un jean très moderne.

Et revoici Braun-Vega (pull jaune, en haut à gauche) à son travail de collage dans ce Laborando con don Pablo (acrylique sur toile de 146 x 146 cm, réalisée en 2006). Don Pablo, c'est bien évidemment Picasso qui fait ici deux choses à la fois. La Source d'Ingres est encore là avec la Femme se coiffant (1906) et Guernica bien sûr.

S'inspirant d'autres coupures de presse, il représente encore Picasso en danseur sous l'œil interloqué de Matisse qui termine le Nu III. Les deux maitres n'ont-ils pas été en concurrence amicale toute leur vie ? Sur ce tableau immense, au titre très long, Don Pablo baila un huayno (danza andina de la Siera peruana) bajo la mirada sorprendida de Matisse (acrylique sur toile de 200 x 200 cm, réalisée en 2005) Braun-Vega s'amuse à multiplier les citations, allant jusqu'à inventer quelques éléments perturbateurs, si plausibles qu'on les croirait véritablement empruntés au peintre espagnol. Il fait allusion à quatre oeuvres de Picasso, dont les Demoiselles d'Avignon, et l'Aubade (en bas à droite, non visible sur la photo). La Femme qui pleure dissimule la silhouette d'un personnage. Tout en haut la lampe est celle du Guernica (1937). C'est ce tableau qui a été retenu pour réaliser l'affiche de l'exposition.
On trouve aussi un autoportrait de Picasso, plus ancien, donc représentant le peintre plus jeune, au centre d'un tableau au titre particulièrement évocateur : Tek-Nik des Admirations (acrylique sur bois de 95 x 89 cm, réalisée en 1991). C'est en 1901 que Picasso avait peint cet Autoportrait bleu (sur la droite) . Sur la gauche on reconnait aussi Toulouse-Lautrec.
Sur ce gros plan de Jean-Dominique Ingres n'apprécie pas sa descendance (acrylique sur bois de 80 x 60 cm, réalisée en 2008) on peut voir, sur la gauche, un nu que Pablo Picasso (1881-1973) a réalisé en 1906 alors qu'il était dans sa pleine période dite "rose" dans un tableau intitulé Deux nus. La tête d'Ingres est celle de son autoportrait, peint en 1859 par Ingres lui-même (1780-1867). Le corps est celui du Portrait d'Igor Stravinsky, peint par Picasso en 1920. On devine derrière lui le Nu bleu I qu'Henri Matisse (1869-1954) a composé en 1952. Et (non visible sur la photo) se trouve aussi la tête de Paganini, dessinée en 1819 par Ingres.

Jusqu'au 26 juillet 2009 à la Maison des Arts, 20 rue Velpeau à Antony, 01 40 96 31 50. Ouverte les mardi, jeudi et vendredi de 12 h à 19 h, le mercredi de 10h à 19 h, le samedi de 11h à 19 h et le dimanche de 14h à 19 h. Elle est fermée le lundi.

Les franciliens pourront y accéder par le RER B, station Antony. Ils n'auront qu'à traverser la rue pour accéder ensuite à l'exposition.

samedi 21 octobre 2017

Picasso devant la nature au Château de Sceaux (92)

Le domaine départemental de Sceaux propose jusqu’au 31 décembre une exposition d’oeuvres de Picasso qu’il ne faut pas manquer. Parce qu’elle est très bien conçue et parce que vous ne pourrez pas revoir certaines pièces, en particulier les dessins, avant plusieurs années. En effet les plus fragiles retourneront "au noir" au moins trois ans avant de pouvoir de nouveau être ressortis des réserves.

Picasso devant la nature est un intitulé qui interroge. On connaît surtout l’artiste comme portraitiste et s’il appréciait les paysages c’était surtout lorsqu’ils étaient peints par d’autres que lui. Sa collection personnelle en a témoigné. Et pourtant la patiente recherche de Coline Zellal et Dominique Brême, qui sont les co-commissaires de l’exposition témoigne de l’importance des éléments naturels dans son œuvre.

Ils se sont interrogés sur cette et ont décliné quelques réponses, composant un parcours original avec les œuvres prêtées pour trois mois par le musée Picasso. 

mardi 22 octobre 2019

Picasso Illustrateur au MUba Eugène-Leroy de Tourcoing

Le 18 octobre,  je vous ai présenté le cadre du Musée d'art et d'industrie André Diligent de Roubaix. Le billet publié le lendemain concernait les quatre expositions temporaires que l'on peut y voir jusqu'en février 2020.

Le jour suivant nous sommes allés à Hem, voir cette chapelle dont la visite est totalement complémentaire de l'exposition Traverser la lumière.

Cette fois c'est à Tourcoing que je vous emmène, au MUba Eugène-Leroy voir l'exposition Picasso Illustrateur.

Tourcoing fut la capitale mondiale des négoces de laines et cette matière spéculative a amené une prospérité fabuleuse à la région jusqu’aux années 70-80 quand les pays émergents ont commencé à exporter leur textile. Après la période industrielle puis commerçante elle renait avec le tertiaire. Je ne donnerai qu’un exemple avec booking.com qui employait 70 personnes il y a 10 ans et 850 aujourd’hui.

Ce Musée a reçu en 2009 une exceptionnelle donation des fils de l'artiste Eugène Leroy (né à Tourcoing en 1910) de 44 tableaux, 13 sculptures, 140 dessins, 27 œuvres de la collection personnelle de l’artiste, 18 carnets, 99 gravures, 98 plaques de cuivre, le tout jalonnant son œuvre des années 1930 à 2000, année de sa mort. Le musée est devenu depuis le lieu de référence du peintre, un lieu d’exposition de ses œuvres, de consultation de ses archives, enfin, un centre de recherche scientifique, artistique et historique pleinement dédié à l'artiste. Les collections permanentes sont évidement composées de nombreux artistes et leur présentation est pensée comme une exposition temporaire.

Il accueille aussi régulièrement des expositions sur des thèmes particuliers. Depuis le 19 octobre et jusqu’au 13 janvier il s’agit de Picasso illustrateur. Et comme la volonté est d'amener le spectateur à revenir dans les collections permanentes celles-ci sont réaccrochées à chaque  exposition temporaire en correspondance, en lien selon les thématiques, et selon les techniques. Voilà pourquoi je consacrerai une grande partie de cet article à une visite des collections permanentes.

Picasso illustrateur

Pablo Picasso (1881-1973) est un artiste prolixe qui a réalisé 60 000 oeuvres au cours de sa vie; on connait ses grandes toiles mais moins son travail autour de l’illustration. L’exposition met en lumière l’importance de ses relations avec les écrivains, les poètes et les philosophes en mettant en avant la diversité des techniques et innovations plastiques de ce grand artiste dans son oeuvre illustrée.


Pablo Picasso - Pignate décorée d'une farandole et de personnages portant une colombe géante, Vallauris, 11 août 1950 - Terre rouge culinaire, décor à l'engobe noir

Pierre Reverdy (1889-1960) Pablo Picasso, Paris NRF 1924, édition originale avec l'épreuve du portrait de Picasso d'après un dessin de l'artiste, gravée sur bois par G. Aubert I Exemplaire sur papier vergé pur fil Lafuma, n°174. Picasso s’est défendu d’être abstrait et pourtant sa manière d’illustrer le Chant des morts, qui est l’un des ensembles poétiques majeurs de Pierre Reverdy, publié en 1948, a quelque chose à voir avec l’abstraction, avec ses 125 lithographies ponctuées de grands signes rouges nerveux et majestueux qu’il a déposés en réponse à l’écriture manuscrite.
La Source, été 1921 est une oeuvre maitresse, de par ses dimensions, plus de 150 sur 200 cm, à portée iconique et qui est en quelque sorte le point d'ancrage de l'exposition.

lundi 7 décembre 2015

Les aventuriers de l'art moderne sur Arte à partir du 16 décembre

J'ai eu la chance de découvrir en avant-première au Centre Pompidou un épisode d'une série qui va faire date dans la manière de raconter l'histoire de l'art. J'ai, depuis, visionné le second.

Ce seront 6 films de 52 minutes réalisés par Pauline Gaillard, Amélie Harrault et Valérie Loiseleux pour Silex films et qui seront diffusés sur ARTE à partir du 16 décembre 2015.), à 20 h 50, heure de grande écoute, les deux jours suivants à 22 h 25.

L'ensemble donnera des clés pour comprendre l'histoire de l'art mais aussi l'histoire tout court de 1900 à la Libération. On commencera par l'époque Bohème 1900-1906.

Dès le générique on sait qu'on va se régaler parce que le ton est donné, sur l'excellente musique de Pierre Adenot, et des fondus enchainés d'images d'époque, en noir et blanc, qui se confrontent avec des dessins. On reconnait Paris, la place de la Bourse, Montmartre qui n'est encore qu'un village. C'est là que l'histoire de l'art contemporain va être bouleversée. Tout commence avec un jeune Breton portant monocle et chapeau claque, Max Jacob que l'on connait davantage comme poète que comme peintre et j'ai apprécié que cette série lui rende cet hommage.

La Révolution demeurent présente. Les cabarets attirent Max Jacob qui ne tarde pas à faire la connaissance de Picasso dont il a découvert une toile chez un marchand d'art. L'homme ne parle pas encore français et ses oeuvres ne trouvent pas preneur. On le sait peu mais les deux compères vont devenir inséparables. Max s'improvisera agent de relations publiques auprès des galeristes pour promouvoir son ami. la poésie ne les nourrit pas. Il gagnera leur vie en disant la bonne aventure.

On apprend beaucoup de choses dans ce film. Picasso a tout d'abord peint à la manière de Toulouse Lautrec avant de se replier sur une monochromie bleue inspirée par Le Greco, et suggérant la misère. C'est Picasso qui découvre à Montmartre, au n°13 de l'ancienne rue Ravignan, une ancienne manufacture de piano qui deviendra ce que Max Jacob appellera le bateau lavoir, et qui est encore aujourd'hui une cité d'artistes.

Un seul point d'eau alimente les chambres. On y entre par le haut depuis la rue et on descend les étages. Picasso y fait la rencontre de Fernande Olivier qui vient y retrouver sa soeur.
Ce sera sa grande amoureuse et il sera furieux lorsqu'elle posera pour Kees Van Dongen, qui habite quelques étages plus bas.

La bande s'enrichit d'autres personnalités avec Guillaume Apollinaire alors employé de banque,  Vlaminck et Derain qui seront nous dit-on "compagnons de goinfrerie", de Matisse, et de Georges Braque, né à Argenteuil, qui sera le dernier de la bande.

Le film nous montre les mains abimées mais magiques de Renoir. Il revient sur des scandales qui ont marqué l'histoire de l'art. Par exemple la présentation au Salon des Indépendants en 1910 d'une toile attribuée à un jeune peintre italien, Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique. Le tableau a été peint, en présence d'un huissier de justice, par la queue de Lolo, l'âne du père Frédé, le patron du Lapin Agile, dont l'enseigne, un lapin dans une poêle, avait été peinte par André Gill. On y avait attaché un pinceau.

Nos amis y finissent souvent la nuit dans ce célèbre cabaret montmartrois.

Plus tard, au salon d'automne ce seront les couleurs vives des oeuvres de Matisse, dans une salle qualifiée de cage aux fauves, et dont le président de la République refusera l'inauguration.

Au salon des indépendants l'année suivante, le Bonheur de vivre de Matisse devient légendaire, mêlant le primitivisme et la déformation des corps à la Gauguin., provoquant la critique.

Après le bleu, Picasso entre dans les couleurs joyeuses du rose. C'est le temps de la bohème heureuse  ... disons insouciante. On peut alors adopter un enfant, comme le fait Fernande, quitte à le rendre s'il devient trop difficile à élever. Picasso s'installe dans un village catalan près d'Andorre. Il y affine son style, cherchant quelque chose de neuf. L'ébauche d'un masque, lui inspire le cubisme dont la première oeuvre sera le portrait de Gertrude Stein.

Le premier épisode s'achève sur la concurrence effrénée opposant Matisse et Picasso, aussi opposés que le pôle nord et le pôle sud.
Intitulé la bande de Picasso 1906- 1916, le deuxième épisode commence par un (heureux) résumé  du précédent.

Cette fois on se concentre sur la révolution que représente les demoiselles d'Avignon, aux corps disloqués, taillés à angle vif, et dont deux des cinq visages portent l'empreinte de masques nègres. Un autre scandale nous est pointé autour du vol de statuettes antiques au Louvre par le secrétaire d'Apollinaire, qui en avait revendu une à Picasso, lequel s'en inspira pour ce tableau. Apollinaire passera quelques jours à la prison de la Santé pour recel.

En nous montrant côte à côte des tableaux de Picasso et de Braque on remarque la réduction de la palette chromatique et l'écrasement de la perspective. ces deux artistes ne cesseront de se démarquer des autres.

On entend le poème Les Saltimbanques dans lequel Guillaume Apollinaire rend hommage aux baladins, témoignant aussi que les peintres sont devenus les meilleurs amis des clowns. On revoit le Cirque Médrano dans ce qui sera bientôt le Cirque d'hiver.

Et tandis que Duchamp emportera sa Joconde à New York en 1913 pour y devenir une célébrité Max Jacob restera le plus pauvre de la bande. Le centre artistique se déplacera vers Montparnasse.

La déclaration de guerre et la mobilisation générale vont bouleverser la donne. Braque sera blessé, trépané puis démobilisé en 1916, André Derain partira pour Verdun, Picasso refusera, Max Jacob s'enrôlera, comme Apollinaire qui oubliera Marie Laurencin au profit de Louise puis de Madeleine. Il connaitra l'enfer des tranchées dès novembre 1915 avec un courage remarquable. Il écrira des vers remarquables de réalisme :  il y a mille petits sapins hachés autour de moi.

Les cubistes ne sont plus ces infiltrés de l'art boche qui étaient raillés. On va les solliciter pour cacher les postes de tir à grands coups de pinceau. J'ignorais qu'on leur doit l'art du camouflage.

Dans les prochains épisodes les projecteurs seront dirigés sur d'autres aventuriers comme Kiki de Montparnasse, Man Ray, André Gide, Malraux, Robert Capa.

Les images sont animées, les textes argumentés, truffés de citations. On comprendra le rôle déterminant des collectionneurs, comme Gertrude Stein et son frère. Celui des marchands d'art, comme Ambroise Vollard pour Renoir puis Picasso, Daniel-Henry Kahnweiler, ou encore Bernheim pour Matisse.

Adaptée de la trilogie de Dan Franck "Bohèmes", "Libertad!", "Minuit", la série nous plonge sur le mode du récit dans la vie artistique et littéraire à Paris au début du XXème, qui a vu naître le Fauvisme, le Cubisme, Le Dadaïsme, le Surréalisme...

En utilisant les codes de la fiction et à travers des illustrations, de l’animation et des documents d’époque, la série en 6 épisodes retrace les scandales et les célébrations, les tragédies et les triomphes qui ont constitué cette incroyable période de l’Art Moderne des sous-sols du Bateau-Lavoir aux derniers fracas de la Seconde Guerre mondiale.
Il faut saluer le travail de Dan Franck, qui signe le scénario, et celui de Pauline Gaillard, Amélie Harrault et Valérie Loiseleux pour leur réalisation. Elles ont astucieusement eu recours au principe d'hybridation, en jonglant allègrement avec toutes sortes de techniques : animation traditionnelle (à l'encre ou à la gouache), animation en volumes, papiers découpés, peinture sur verre, rotoscopie...

Ainsi pour évoquer l'histoire du Bateau-Lavoir, la série recourt à une maquette, filmée sous différents angles et dans laquelle s'intègrent des personnages traités en peinture ou en papiers découpés. L'alternance entre des images-maison et des archives (cinéma ou photo), associant les unes et les autres selon des principes et des assemblages aventureux avec d'autant plus de pertinence que la série brasse toutes sortes d'univers et de styles artistiques.

A voir en direct ou en replay. Ou a glisser sous le sapin puisque le DVD de la série sort le 11 décembre.

mercredi 21 novembre 2018

Un Picasso de Jeffrey Hatcher

C'est un formidable duo que Sylvia Roux et Jean-Pierre Bouvier nous offrent sur la scène du Studio Hébertot transformée en une sorte de sous-sol où sont entassés des oeuvres d'art d'une valeur inestimable ... pour nous qui les apprécions.

Mais pour les nazis, à l'époque de la seconde guerre mondiale,  beaucoup d'entre elles étaient qualifiées d'art dégénéré et devaient être purement et simplement détruites.

Pas question évidemment de brûler des reproductions. Il est donc important de s'assurer que ce qu'on va détruire sont des oeuvres originales. Et qui mieux que l'artiste qui les a réalisées pour les authentifier ?

Telle est la mission de Mlle Fischer, adjointe au ministère de la culture, d'obtenir de Picasso de déterminer si les trois tableaux (confisqués à des fuyards) destinés à un autodafé sont bel et bien de sa main.

On se doute que ce ne sera pas une simple formalité. D'abord parce que le peintre a un caractère très fort et qu'il n'est pas disposé à obéir. Ensuite parce que la jeune femme n'est pas insensible au charisme de l'artiste et que, même si elle veut rester loyale envers son gouvernement, elle est une amatrice d'art.

On assiste à la rencontre qui par moments prend des allures de corrida. Sans avoir chorégraphié les déplacements, on a souvent cette image qui s'impose, de Picasso en toréador quand il courbe la main pour mimer comment il tracerait les traits du visage de son interlocutrice s'il en faisait le portrait.
Jean-Pierre Bouvier est un Pablo Picasso fascinant qui, sans chercher à le copier le suggère très précisément. Il suffit d'avoir en mémoire un film, une interview, pour être frappé par la puissance de l'évocation. Parfois un léger accent espagnol surgit et renforce l'impression.

dimanche 5 novembre 2023

Un dimanche au Musée Picasso

J'ai voulu poursuivre l'expérience de la gratuité du premier dimanche du mois pour, après Orsay, revenir au Musée national Picasso-Paris. Je me réjouissais à la perspective de revoir les pauvres majeures de cet artiste et que j'avais vu es il y a une vingtaine d'années.

J'avais simplement oublié qu'en avril 2023 on a célébré le cinquantième anniversaire de sa mort, le 8 avril 1973, à l’âge de 91 ans, laissant derrière lui plusieurs milliers d’œuvres. De nombreux musées de par le monde ont fait la demande de prêts exceptionnels pour célébrer l'événement et c'est logique.

Si bien qu'à Paris il ne reste pas grand chose, même si la collection d'oeuvres choisies qui est présentée en ce moment demeure très intéressante. Elle occupe une partie du sous-sol tandis que la totalité des quatre étages de l’hôtel Salé est investi par une artiste contemporaine, Sophie Calle, qui célèbre à sa manière les 50 ans de la mort de Pablo Picasso.

Et même la cour puisqu'on y voit son Autobianchi Lutèce, toute petite voiture de 1968 surnommée par elle Ma Jolie.

Intitulée A toi de faire, ma mignonne, et organisée en quatre temps correspondant aux quatre étages du musée, cette exposition prend le contre-pied des multiples évènements de la "Célébration Picasso 1973-2023" qui mettent à l’honneur l’artiste espagnol. Cette exposition porte un regard curieux et décalé sur un choix d’œuvres emblématiques de Picasso dont l’artiste convoque les images ou la mémoire au travers d’un récit personnel qui se déroule au rez-de-chaussée du musée.
Je n'ai aucunement été surprise de revoir Le cénotaphe de Sophie (oeuvre en faïence émaillée réalisée en 2017 par Serena Carone, née en 1958) que j'avais déjà vu au Musée de la Chasse et de la Nature il y a 4 ou 5 ans. Elle est ici placée devant un Loup blanc naturalisé appartenant à la collection personnelle de Sophie Calle.

Cette artiste fait l’objet de nombreuses expositions à travers le monde depuis la fin des années 70. Tour à tour décrite comme artiste conceptuelle, photographe, vidéaste et même détective, elle a développé une pratique immédiatement reconnaissable, alliant le texte à la photographie pour nourrir une narration qui lui est propre. Ses travaux forment un vaste système d’échos et de références internes, connectés entre eux comme les chapitres d’une œuvre globale dans laquelle Sophie Calle brouille quelquefois les frontières entre l’intime et le public, la réalité et la fiction, l’art et la vie. 

Dans cette exposition-carte blanche elle explore largement certaines des thématiques qui lui sont centrales telles que la privation du regard (c'est ainsi que la célèbre sculpture de Picasso La chèvre est présentée recouverte d'un drap) ou la disparition en ayant recours à l’archive et à l’écriture comme sources et matières premières de sa création. Elle comporte tant de textes à lire et qui font partie intégrante de son œuvre qu'il est recommandé de visiter cette partie en deux fois voire plus. Autant vous dire que j'ai vite renoncé à m'immerger dans cet univers foisonnant. J'ai pris au pied de la lettre (et je parie que je ferais sourire Sophie Calle si elle l'apprenait) deux messages. Celui du titre du roman policier en équilibre sur une chaise accrochée au mur : Game over (Fin de partie) et le salut de la reine d'Angleterre dont l'orientation de la main est strictement inverse à notre manière de dire bonjour. A ce propos je signalerai qu'au Mexique on fait ainsi pour remercier la courtoisie d'un automobiliste alors que notre façon de faire est équivalente à une insulte.
J'étais venue voir Picasso. Je me suis donc focalisée sur ce qui préfigure l’accrochage permanent qui occupera, à partir de mars 2024, trois étages de l’Hôtel Salé, autour d'une sélection de chefs d’œuvres réunissant peintures, sculptures, dessins et céramiques parmi les plus emblématiques.

J'avais déjà vu certaines oeuvres dans de précédentes expositions, comme Picasso devant la nature au Chateau de Sceaux (en 2017) qui présentait notamment L'arbre (Paris, été 1907, huile sur toile), et Nu dans un jardin (Boisgeloup, 4 aout 1934, huile sur toile) où Marie-Thérèse fut modèle.
On est un peu égotiste, mais si heureux que la Nature morte à la chaise cannée (Paris, printemps 2012, huile et toile cirée sur toile encadrée de corde) soit restée à Paris. Ce tondo (tableau de forme circulaire) étiré en largeur est le premier collage de l'histoire de l'art moderne. Il est caractéristique du cubisme de synthèse, qui cherche à représenter les objets à travers leurs traits essentiels, de façon synthétique. L'oeuvre combine diverses manières de représenter le réel. Le signe pictural dans la partie supérieure et droite de la toile figure une nature morte au verre. L'écriture avec les lettres JOU signifient journal. Le trompe-l'oeil est reconnaissable au morceau de toile cirée qui donne l'illusion d'une assise de chaise sur laquelle reposerait la composition. Enfin le cordage fait office de cadre. 
C'est toujours une émotion de revoir ces deux tableaux associés à l'enfance : Paul en Arlequin (Paris 1924, huile sur toile) et Claude dessinant Françoise et Paloma, (Vallauris, 1954, huile sur toile) représentant les deux enfants qu'il a eu avec Françoise Gilot.
Et puis on prend toujours plaisir à plonger le regard dans ces portraits de Dora Maar (Paris 1er octobre 1937, huile et pastel sur toile), Marie-Thérèse (Paris 6 janvier 1937, huile sur toile) ou Jacqueline aux mains croisées (Vallauris, 3 juin 1954, huile sur toile).
Ou encore celui de cette Femme aux cheveux verts (Paris, 18 avril 1949, lavis sur papier lithographique décalqué sur quatre zincs).

mardi 7 avril 2026

Première rétrospective de Henry Taylor en France … au musée Picasso

Le Musée national Picasso-Paris présente une exposition intitulée All you can do is tell the truth consacrée à Henry Taylor, artiste afro-américain majeur de la peinture contemporaine, conçue avec l’artiste lui-même, qui était d'ailleurs présent le jour du vernissage.

Déployée sur deux étages et treize salles, elle réunit une centaine d’œuvres -peintures, sculptures, installations- à travers lesquelles Henry Taylor explore la richesse et la complexité de l’expérience humaine. Qu’il s’agisse d’amis, de proches, de personnes anonymes ou de figures publiques, ses compositions proposent une vision vivante et profondément humaine de notre époque.

Taylor crée une œuvre originale, expressive et plastique, puissante. Il tisse des récits visuels qui mêlent trajectoires individuelles et réalités collectives, associant expériences personnelles, mémoire partagée et dialogues avec l’histoire de l’art. De plus, comme on le verra plus loins, ses relectures d’œuvres d’art inspirantes, notamment celles de David Hammons, Philip Guston ou, plus intéressant encore, Pablo Picasso montrent la manière dont il s’empare du passé pour réinventer le présent. C'est la première rétrospective de l’artiste en France.

Né en 1958 en Californie, l'artiste vit et travaille aujourd'hui à Los Angeles. Il a développé en près de quarante ans une pratique qui englobe peinture, dessin, sculpture et installation qui marquent les esprits par leurs dimensions, une palette de couleurs vives, dominée par du vert foncé et du bleu turquoise, une touche rapide et directe, y compris pour les visages, remarquable dès le début, et les sujets bien sûr. Avec en outre des motifs récurrents comme les dents, le cheval … les signes de la société de consommation … la nourriture, en particulier des spaghettis …
Dans la première salle, ce triptyque réalisé en 2019 pour la Biennale de Venise réunit trois images pour raconter des moments importants de l'histoire des personnes de couleur. D'abord Toussaint Louverture, le héros de la révolution haïtienne. Au centre des mots peints, répétés, inspirés des mots de l'humoriste et militant Richard Pryor, rappelant le devoir de mémoire à l'égard des révolutions. Et à droite une évocation de l'enterrement de Carole Robertson, une des quatre jeunes filles tuées lors d'un attentat raciste en Alabama en 1963, auquel assistent des femmes au regard dur, bras croisés comme faisant barrière.
Sur le mur du fond, We were framed, 2014, acrylique sur toile. Au centre, une sculpture de cheval (2021), une des figures récurrentes de l'artiste dont la simplicité, ici, fait penser à la chèvre de Picasso.
La salle suivante regroupe des peintures des années 1990, période où il étudie au California Institute for the Arts (1993-1996). Il va y forger une vision anticonformiste, au contact des œuvres de Jean Dubuffet ou de Cy Twombly, comme des livres de Jacques Derrida et Michel Foucault. Parallèlement il travaillera pendant dix ans comme aide-soignant la nuit à l'hôpital psychiatrique de Camarillo.

On découvre, de gauche à droite, Happy meal, vers 1992, Untitled (Saddle shoes stepping on bald head), 1992 et Screaming Head, huile sur toile, 1990. Le visage déformé devient une bouche hurlante, traduisant l'intensité d'un état émotionnel douloureux.

jeudi 20 mars 2025

Picasso et Le Douanier Rousseau à l'Atelier des Lumières

C'est toujours un enchantement de passer une heure ou deux à L'Atelier des Lumières où deux expositions immersives nous sont proposés depuis le 14 février, un long autour de Picasso, un court autour du Douanier Rousseau.

Le programme long, Picasso, L’art en mouvement met en lumière la richesse et la diversité de son oeuvre. Peintre, sculpteur, graveur, céramiste ou encore décorateur de théâtre, ses nombreux procédés créatifs et son insatiable soif de créer, tissent un parcours qui réunit images d’œuvres, photos et vidéos, pour expérimenter l’énergie débordante d’un artiste qui n’a cessé́ de réinventer son art.

En complément, le programme court, Le Douanier Rousseau, Au pays des rêves plonge les visiteurs dans l’univers onirique et singulier du peintre autodidacte. Le visiteur enchaine donc deux univers très différents dans lesquels il est fascinant de se plonger.

Je rappelle que Culturespaces a créé ex-nihilo ce centre d’art numérique dans une fonderie du XIXe siècle entièrement restaurée. Utilisant des techniques de projection à la pointe de l’innovation, les expositions sont projetées sur le sol et les parois de plus de 10 mètres de haut de la Halle de l’Atelier. Son architecture industrielle est soulignée par la structure métallique originelle et par la présence d’éléments caractéristiques de l’ancienne fonderie : une haute cheminée de brique, un bassin, une citerne, une réserve. J'en avais déjà présenté trois expositions ici.

Le souci, avec Picasso (1881-1973), c'est que la plus merveilleuse des expositions organisée dans un musée est toujours incomplète tant il a réalisé d'oeuvres et tant elles sont parties aux quatre coins du monde.

Je l'ai souvent regretté même si j'ai eu l'occasion de voir de multiples expositions (et/ou spectacles) qui lui soient consacrées.

Ici, on s'affranchit des frontières et j'ai pu voir des toiles que je n'avais jamais vues auparavant. Les plus connues ne sont évidemment pas oubliées. Les sculptures aussi. Par contre, que de fois ai-je eu envie d'appuyer sur "pause" pour prendre le temps d'admirer un peu plus longtemps …

On sait tous que l'artiste a connu plusieurs périodes, caractérisées par une couleur dominante. De grands portraits gris, roses, rouges, se succèdent et nous conduisent sur une scène d’opéra.

Comme toujours, la bande-son est particulièrement soignée. Sans elle, l’immersion n’aurait pas de saveur. Je signale qu’on peut l’écouter via Stotify pour réentendre les notes délicates d’un xylophone annonçant la trompette d’Eric Truffaz nous enveloppant de la musique de La Strada. Changement de rythme avec la chanson de Cream, I Feel Free. Voici, ci-dessous, Paul en Arlequin (1924).
Plus encore avec le Prélude que Georges Bizet a écrit pour la suite n°1 de Carmen qui installe une note de tragédie.
La vélocité du piano de la Suite espagnole numéro 1 Opus 47 d’Asturias surgit, reconnaissable entre mille, suivie de la musique originale du film La la Land de Planétarium de Justin Hurwitz. Chaque air donne envie de danser, même si les rythmes sont différents.

Masquera de Ballet suite numéro 1 de Waltz dirigé par Aram Khachaturian accompagne les tableaux qui explosent de rouge comme une évidence. Quelle beauté que le rideau monumental peint par Picasso pour le ballet "Parade", Rome, 1917 qui se reflète dans l'eau du basin.
L’abeille de Guem annonce une rupture. Les demoiselles d'Avignon apparaissent. Zaka Percussion est le morceau idéal pour évoquer le continent africain et la période cubiste qui se démultiplie à l'infini sur les miroirs de l'ancienne réserve.
Je me déplace dans la rotonde alors que des feuilles de papier tombent du ciel pour recouvrir le sol, évoquant le travail du maitre avec des morceaux de papiers peints (Femmes à leur toilette, 1937-1938) et surtout les collages de toile cirée  et de corde qu'il a réalisés pour obtenir Nature morte à la chaise cannée (1912) premier collage de l'histoire de l'art moderne. Picasso a souvent mêlé des objets réels à sa peinture.
Il y a beaucoup de monde. J'apprécie de remarquer des tableaux que je n'ai jamais vus. Et tout autant de revoir ces femmes courant dans les vagues sous les cris des mouettes alors que la marée lèche le sol. 

On retrouve le si joli portrait figuratif d'Olga dans son fauteuil. Puis Claude dessinant Françoise et Paloma, (peint à Vallauris, 1954) représentant les deux enfants qu'il a eu avec Françoise Gilot.

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