samedi 7 mai 2011

Un après-midi à la Cartoucherie de Vincennes ... et avec Etienne Bierry

Comme son nom l'indique, la Cartoucherie était un endroit où l'on fabriquait des munitions. Il faut dire que l'endroit est situé stratégiquement à proximité du Château de Vincennes.

Depuis un peu plus de 40 ans, les explosions et coups d'éclat y sont d'ordre culturel. Longtemps le nom de Cartoucherie fut synonyme de Théâtre du Soleil et de Mnouchkine puisque c'est Ariane qui, la première, y installa sa troupe avec notamment Philippe Léotard, Jean-Claude Penchemat ... qui prirent ensuite d'autres directions.

Je ne vais pas me répandre en explications historiques, juste partager avec vous quelques photos de ces hauts lieux de la création culturelle pour vous donner envie d'y aller. Ou du moins témoigner que ce n'est pas le bout du monde, même si c'est "en plus" un havre de paix.

Les soirs de spectacle une navette Cartoucherie assure les trajets jusqu'au métro de Vincennes.
Voici donc ce fameux Théâtre du Soleil, qui porte encore la marque de son dernier spectacle important, les Naufragés du Fol espoir, qui a remporté l'an dernier les Molières du théâtre public et des costumes.
Un rosier ancien tombe en cascades odorantes le long du mur de briques du pavillon qui abrite les services administratifs.



Il y a toujours de l'activité dans les environs.

Mais on n'est pas obligé de venir là pour affaire.

C'est un endroit propice au rêve ou à la lecture, en attendant l'heure du prochain spectacle.

A peine plus loin sur la gauche, voici le Théâtre de l'Épée de bois.
Et, de l'autre coté, le théâtre de l'Aquarium, qui va bientôt présenter sa dernière création, le Sang des amis, de Jean-Marie Piemme, d'après Shakespeare.
Plus loin, plus caché, c'est le Théâtre du Chaudron , et puis (non photographié) l'atelier de la chorégraphe Carolyn Carlson.
Le théâtre de la Tempête se trouve à l'entrée.
Fondé par Jean-Marie Serreau en 1971, il est dirigé par Philippe Adrien depuis 1996.
Les soirs de spectacle on peut dîner sur place, avec le choix à la Tempête, d'opter pour l'intérieur ou l'extérieur. Dès les beaux jours il y a sous la halle une atmosphère qui fait penser à la place des Lisses d'Avignon ... On se sent en province profonde, et c'est un compliment, à seulement quelques mètres de la grouillante cité parisienne, comme perdu en pleine nature. C'est délicieux.

Pour intensifier le dépaysement on peut accompagner son repas (léger mais bon), toujours à la Tempête, avec un verre d'une boisson tropicale au gingembre ou à l'hibiscus . Secret de fabrication de la charmante Mama Fanta.







Il faut guetter les après-midis où Etienne Bierry revient sur son aventure théâtrale.

Comédien, metteur en scène, directeur du Théâtre de Poche – Montparnasse, il incarnait la saison dernière Lebedev dans Ivanov mis en scène par Philippe Adrien.

Je suis venue à la séance du 30 avril et je n’ai pas l’intention de louper la suivante, parce qu’il est un des grands témoins de la création dramatique des 50 dernières années, et au-delà. C’est aussi un conteur formidable, animé d’une passion contagieuse. Et surtout c’est un vrai « honnête homme » qui ne cache rien de son aventure théâtrale.

Autant dire qu’il ne pratique pas la langue de bois. Je me suis régalée. J’ose à peine vous dire qu’il nous a parlé de ses rapports avec Roger Blin, Jean-Marie Serreau, Pierre Hiegel … ces noms ne parlent déjà plus à mes jeunes ami(es). C’est tout juste si celui de Jean Vilar leur dit quelque chose : c’est pas comme çà qu'on appelle un théâtre ?

Ouvrez donc votre agenda à la page du 21 mai et inscrivez « Etienne Bierry » à 16 heures à la Tempête ! Ensuite il suffira de vous laisser porter. Écoutez-le comme si c’était un spectacle (et en plus la place vous est offerte). C’en est un d’ailleurs. Ce cœlacanthe de comédien (je ne l’insulte pas, c’est lui qui se désigne ainsi) puise dans l’immense filet de ses souvenirs des anecdotes qui vous feront rire, que vous soyez ou pas un enfant de la balle.D’autant qu’il mêle les évènements publics et ses affaire privées, mieux que ce que ferait Voici ou Gala. Heureusement qu’il y a prescription. Qui se plaindrait de l’entendre critiquer Jean Genêt parce qu’il traitait les comédiens de zygotos ignorants de la cérémonie du théâtre, alors qu’il leur devait tout de même sa reconnaissance ? Ou encore Roger Blin lui proposant le rôle de Pozzo dans En attendant Godot en usant d’un drôle d’argument : j’te préviens c’est pas un western !

On rit de ses commentaires sur le jeu de Sylvia Montfort, poitrine en avant, qui le fait tousser et sortir de scène cyanosé. On rit aussi parce que sa femme, Renée Delmas, est parmi nous. Que l’on sait qu’ils dirigent tous les deux avec amour le Théâtre de Poche depuis 1958 à Montparnasse.
Etienne Bierry fait davantage que nous rappeler les mots de Jean-Marie Serreau : Tout est théâtre. Il le joue et on espère qu’il s’en amuse un peu. Avec malice et pudeur.
Je vous livre mes souvenirs comme ils viennent, peut-être incohérents, mais je vous garantis les anecdotes. C’est dur pour moi. Je les vis en même temps.
Les années soixante et suivantes ... sont au programme du quatrième épisode de Mémoire vive le samedi 21 mai à 16 heures. Ce serait dommage de le rater. Renseignements et entrée libre sur réservation au 01 43 28 36 36

Pour tout savoir de la programmation des différents théâtres et compagnies résidents à la Cartoucherie, et tous indépendants les uns des autres, cliquer ici. L'entrée se trouve Route du Champ de Manœuvre - 75012 Paris

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