Avignon 2019

Ayant vu plus d'une centaine de spectacles (entre le Festival d'Avignon, le Off et même celui qu'on appelle le If) il n'était pas possible de dédier un billet à chacun, ou sinon, pendant plus de trois mois, il n'aurait plus été question d'autre chose sur le blog.
Impossible par exemple d'attendre le 1er octobre pour publier des chroniques sur la rentrée littéraire !
J'ai décidé de rassembler tout ce qui concerne Avignon sur le mois de Juillet. Etant plus approfondis que ce que j'ai écrit régulièrement cet été sur la page Facebook A bride abattue ces articles sont très longs à écrire. Je m'aperçois en ce début de septembre, alors que je viens de mettre en ligne celui qui est daté du 14 juillet, que je prends trop de retard sur d'autres sujets dont il est important de ne pas différer davantage la parution. C'est pourquoi les chroniques avignonnaises, qui ont en quelque sorte valeur d'archive, vont désormais s'insérer rétroactivement.
Je vous invite donc à scroller régulièrement pour les lire ou à utiliser la catégorie "Avignon" pour les faire apparaître. Ou encore, et ce serait le plus efficace, à entrer votre adresse mail dans le rectangle blanc "Pour recevoir par mail ... etc".

vendredi 13 décembre 2013

Habits de Lumière : Parade et illuminations sur l'Avenue de Champagne d'Epernay

Voilà typiquement la manifestation que j'aurais aimé annoncer en avant-première ... Vous me direz que d'une certaine manière je le fais avec un an d'avance ... car elle se répétera en 2014.

Cela fait maintenant quatorze ans que la ville d'Epernay honore la célèbre boisson, avec le Comité de l'Avenue de Champagne, d'une manière qui n'a rien à envier aux fêtes parisiennes.

Le prétexte de départ fut de fêter le passage à l'an 2000. Le succès fut tel que l'opération est devenue rituelle.

L'Avenue de Champagne devient pendant trois jours un lieu d'exception où les décorations m'ont semblé plus magiques que celles des Champs Elysées. C'est dire !

Le thème de cette année 2013 est l'Inattendu et la surprise fut de taille. Voici quelques photos de la première soirée qui en ce vendredi 13 fut plutôt exceptionnelle.

Entre spectacles, concerts, son et lumière, performances, parades et installations, les différentes animations sont conçues pour surprendre le public. Aussi bien les grands que les petits d'ailleurs et j'ai été étonnée du nombre de poussettes transportant des enfants au regard radieux.

L’Avenue de Champagne est la voie la plus prestigieuse de la ville et elle compte plus d’un kilomètre (Il faut le savoir et vous voilà prévenues : il est inopportun de vous rendre à la soirée juchées sur des talons de 12 ... cm). Comptant Maisons de Champagne et hôtels particuliers, cette voie est bordée de bâtiments d’une architecture marquée de la fin du XIXe siècle. Hôtels particuliers et grandes Maisons de négoce composent un ensemble aligné et rythmé par de hautes grilles massives et ouvragées.

La découvrir de nuit est un souvenir impérissable ... à vivre avant une visite attentive de jour, ce que je démontrerai dans un prochain billet.
A partir de 19 h 15 l'avenue se transforme en un drôle de terrain d'attractions avec les Brimborions, de la Compagnie Picto Facto. Ces  trois cyclistes "allumés" comme des lampions remontent les pavés en se faufilant dans la foule qui, pour une fois investit toute les 18 mètres de largeur ...
La compagnie des Plasticiens Volants est visible de plus loin. Certains éléments font jusqu’à 20 mètres de long et culminent entre 5 et 15 mètres de haut !
Tout a commence au 7 bis de l'Avenue, en face de l'Hôtel de ville où est projeté un Ideo-mapping intitulé Souris. Loin du sons et lumières "classique" des années précédentes celui-ci offrait une vision originale et décalée, toutes les 30 minutes jusqu'à 23 heures. On aime ... ou pas, parce que c'est loin de l'univers du champagne. le mérite est en tout cas d'être très actuel, ancré dans le monde des jeux vidéo.
D'autres projections illusionnistes ont lieu sur d'autres façades plus haut dans l'avenue. Comme celles que Stéphane Bordonaro a créées pour jouer de l’architecture de cette maison de maître, le château Gallice, qui abrite l’Orcca pour encore quelques mois.
Mais ce sont surtout les illuminations des cours et des façades des Maisons de Champagne et Vignerons qui procurent ce sentiment incroyable de prestige. Certaines ont déployé des trésors d'imagination. D'autres sont plus modestes mais tout est féérique.
C'est déjà un privilège que de les admirer de l'extérieur. Parfois on peut entrer dans la cour pour prendre quelques photos de plus près.
Et puis, mais là c'est le nec plus ultra ... on bénéficie d'une invitation personnelle qui vous place dans les happy few. Comme ici chez Perrier-Jouët, toujours fidèle à l'esprit Belle Epoque depuis la redécouverte de la bouteille dessinée en 1902 par Emile Gallé, le fondateur de l’Ecole de Nancy et pionnier de l’Art nouveau. Malgré sa beauté elle fut oubliée puis retrouvée en 1964. Elle n'est pas prête de s'évanouir de nouveau.
La cuvée Belle Epoque avait l'honneur de l’Arbre de Dégustation dessiné et sculpté par le designer néerlandais Tord Boontje, pour Perrier-Jouët au printemps dernier. A l'intérieur de la salle, ce service à champagne fleurissant d’anémones et de flûtes s’épanouit au pied d’un seau à glace.
Mais dans la cour voisine c'est en version gigantesque qu'on peut l'admirer. Tord Boontje a façonné une véritable sculpture végétale à la fois esthétique et utile, raffinée et innovante pour réenchanter le rituel de dégustation en conjuguant raffinement et modernisme.

Il s'est inspiré des anémones dessinées par Emile Gallé, mais aussi des lignes fluides et des motifs organiques empruntés au monde végétal. Les branches de métal sont travaillées à la main, les feuilles soudées une à une et les anémones laquées de blanc.

La cuvée Perrier-Jouët Belle Epoque se caractérise d’abord par sa robe dorée. Au nez, elle dévoile un bouquet de fleurs blanches légères ponctué de notes fruitées et exotiques (poire, gingembre frais, anis et ananas), puis développe en bouche des parfums de fruits blancs et jaunes. Cette sensation de fraîcheur aérienne et soyeuse se déploie autour d’un axe minéral avant d’offrir une finale d’une persistance subtile. Tout est dit ! A ceci près qu'il faut ajouter que la consommation se doit de rester modérée.

Ce type de soirée présente aussi des moments intimes. Comme par exemple lorsque Michel Letter, le directeur général adjoint de Mumm Perrier-Jouët accepta d'ouvrir un livre de comptes pour faire plaisir à une vendangeuse saisonnière.
Ce soir, comme demain, certaines cours, habituellement fermées au public, sont ouvertes. Si certaines restent d'accès privé d'autres ont installé en extérieur un Bar à champagne et un stand de restauration rapide (tarifs variables mais raisonnables).
C'était le cas chez Pol Roger dont les flutes en Plexiglas vert vif avaient de quoi surprendre quand on sait que c'est un Pol Roger Special Reserve NV qui fut servi au menu du mariage princier de Kate et William. Ceci étant leur couleur s'accordait parfaitement aux illuminations acidulées qui chatoyaient sur les façades de la cour et elles se repéraient ensuite dans la foule à la main de ceux qui lavaient conservé l'objet.
La matriochka de la cour Demoiselle était particulièrement attractive. Je n'y ai rien dégusté (il ne faut pas arriver après 22 heures 30 ... or il y a tant de centaines de mètres à arpenter ...) mais le décor fut un régal et une surprise incomparable.

A l'intérieur des bouteilles d'une beauté elle aussi inspirée de l'Art nouveau.
Champagne Demoiselle avec sa bouteille inspirée de l’Art Nouveau apparaît en 1985. Ce nom « Demoiselle » vient des libellules qui peuplent l’étang du château des Castaignes à Montmort près d’Epernay, propriété de Vranken. On dit que Lalique, natif de champagne, a beaucoup utilisé cet insecte parce qu'il lui était familier.

J'ai trouvé étonnant et intéressant le manège de chevaux de bois galopant au-dessus de ces jolies bouteilles. Dommage que la lumière n'était pas favorable.
Je n'ai bien entendu pas tout vu. Il me reste des découvertes à faire ou à prolonger une autre année. Tout au bout de l'Avenue se trouvent Mercier (dont je visiterai les caves après-demain) et De Castellane dont la tour étonnante est une réplique de celle de la gare de Lyon.
Je n'ai pas vu non plus le feu d'artifices qui est tiré en tout début de soirée, ce vendredi, ce qui est une bonne idée pour que les enfants ne soient pas contraints de veiller trop tard.

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La photo des Brimborions qui n'est pas siglée A bride abattue est de Frank Barrat Arnal.

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