Avignon 2019

Ayant vu plus d'une centaine de spectacles (entre le Festival d'Avignon, le Off et même celui qu'on appelle le If) il n'était pas possible de dédier un billet à chacun, ou sinon, pendant plus de trois mois, il n'aurait plus été question d'autre chose sur le blog.
Impossible par exemple d'attendre le 1er octobre pour publier des chroniques sur la rentrée littéraire !
J'ai décidé de rassembler tout ce qui concerne Avignon sur le mois de Juillet. Etant plus approfondis que ce que j'ai écrit régulièrement cet été sur la page Facebook A bride abattue ces articles sont très longs à écrire. Je m'aperçois en ce début de septembre, alors que je viens de mettre en ligne celui qui est daté du 14 juillet, que je prends trop de retard sur d'autres sujets dont il est important de ne pas différer davantage la parution. C'est pourquoi les chroniques avignonnaises, qui ont en quelque sorte valeur d'archive, vont désormais s'insérer rétroactivement.
Je vous invite donc à scroller régulièrement pour les lire ou à utiliser la catégorie "Avignon" pour les faire apparaître. Ou encore, et ce serait le plus efficace, à entrer votre adresse mail dans le rectangle blanc "Pour recevoir par mail ... etc".

samedi 17 août 2019

L'étrange affaire Emilie Artois de Lucas Andrieu et Emma Baudoux


On se croirait en Avignon, en plein festival. La place voisine résonne de musique.

Les terrasses sont bondées et le Théâtre de la Contrescarpe enchaine les spectacles ... et les comédiens aussi. Lucas Andrieu nous recommande sa reprise de Hypo au Théâtre du Marais. La très touchante histoire vraie d'un autiste faisant le bilan de sa vie.

Et surtout c'est un vif plaisir de voir deux excellentes représentations qui auraient toute leur place en Provence ... et qui s'y propulseront sans doute. Disons alors que j'ai pris de l'avance sur le festival 2020.

Vous devriez sans attendre aller voir L'étrange affaire Emilie Artois, coécrit par Lucas Andrieu et Emma Baudoux, mis en scène et en musique par Damien Dufour, tous les samedis et dimanche à 19 h au Théâtre de la Contrescarpe. Ce thriller psychologique offre une fin ouverte sur laquelle je parie que vous allez débattre ...
Une chose est sûre : Lucas Andrieu et Elena El Ghaoui sont excellents, lui en jeune flic stressé, pressé de boucler une affaire a priori banale de vol de carte bancaire, elle en fine psychologue et toute en séduction, à moins que ce ne soit pas du tout cela ... car il est tout de même étonnant que l'interrogatoire soit filmé et enregistré. Certes l'opération est obligatoire depuis le 1er juin 2008 (Loi n° 2007-291 du 5 mars 2007), mais uniquement pour les gardes à vue et interrogatoires de mise en examen en matière criminelle, ce qui n'est pas -a priori- l'hypothèse dans laquelle on se situe.
Il est donc probable que nous ayons été totalement manipulés, mais par lequel des deux ?

L'interprétation est ultra nuancée. La jeune femme accepterait de passer aux aveux si le lieutenant lui posait les bonnes questions, c'est en tout cas ce qu'elle prétend. Le spectateur ne sait pas quel parti prendre. Elle pratique trop bien l'humour noir pour qu'on soit de son coté. Il ne contrôle pas suffisamment son exaspération pour qu'on le juge professionnel aguerri. Le scénario est digne d'un polar qui aurait été mis entre les mains d'Humphrey Bogart et de Lauren Bacall. Et la projection d'un générique se justifie tout à fait.

Une chorégraphie sous des lumières de feu d'artifices achève de troubler (positivement) le public.
Je n'ai qu'un bémol sur la musique pendant le temps d'installation du public. Etait-ce bien nécessaire d'entendre des notes discordantes ? Par contre on apprécie d'écouter  la Lettre à Elise à la fin.
Cette découverte me donne un avant-goût de ce que pourrait (déjà) être un succès du festival d'Avignon 2020.

L'étrange affaire Emilie Artois de Lucas Andrieu et Emma Baudoux
Avec Lucas Andrieu et Elena El Ghaoui
Mis en scène et musique Damien Dufour
Au Théâtre de la Contrescarpe - 5, rue Blainville 75005 Paris - 01 42 01 81 88
Jusqu’au 29 septembre, les samedis et dimanches à 19h

Toujours en avant-première du festival d'Avignon 2020 ... et toujours au Théâtre de la Contrescarpe, ne manquez pas aussi En mode Projet de et avec Philippe Fertray.

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Fabienne Rappeneau.

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