Avignon 2019

Ayant vu plus d'une centaine de spectacles (entre le Festival d'Avignon, le Off et même celui qu'on appelle le If) il n'était pas possible de dédier un billet à chacun, ou sinon, pendant plus de trois mois, il n'aurait plus été question d'autre chose sur le blog.
Impossible par exemple d'attendre le 1er octobre pour publier des chroniques sur la rentrée littéraire !
J'ai décidé de rassembler tout ce qui concerne Avignon sur le mois de Juillet. Etant plus approfondis que ce que j'ai écrit régulièrement cet été sur la page Facebook A bride abattue ces articles sont très longs à écrire. Je m'aperçois en ce début de septembre, alors que je viens de mettre en ligne celui qui est daté du 14 juillet, que je prends trop de retard sur d'autres sujets dont il est important de ne pas différer davantage la parution. C'est pourquoi les chroniques avignonnaises, qui ont en quelque sorte valeur d'archive, vont désormais s'insérer rétroactivement.
Je vous invite donc à scroller régulièrement pour les lire ou à utiliser la catégorie "Avignon" pour les faire apparaître. Ou encore, et ce serait le plus efficace, à entrer votre adresse mail dans le rectangle blanc "Pour recevoir par mail ... etc".

dimanche 18 août 2019

En Mode Projet de et par Philippe Fertray


"En mode projet" sera votre prochain tic de langage ... avant de vous retrouver déplumé chez Paul Empoil dont Philippe Fertray maitrise la sémantique mieux que personne.

Son personnage a été un parfait employé, adorant checker la moindre tâche et répondant pas de souci à l'annonce du moindre problème.

Ça, c'était avant que le chômage ne le rattrape. Depuis, il décode les nouveaux comportements, les tics de langage et sculpte la langue de bois en lui donnant une pétillance quasi jouissive après l'avoir passé à la moulinette de la reformulation.

Le decruting et le reseauting n'auront pas plus de secret pour vous que le win-win. Philippe Fertray imagine ce que Bill Gates disait à propos du business. Cela m'a rappelé une des affirmations favorites de ce chef d'entreprise hors normes : Je choisis toujours une personne fainéante pour effectuer un travail difficile. Car je sais qu’elle trouvera un moyen facile de le faire. Cela ouvre des horizons en matière de recherche d'emploi.
Ce comédien inclassable, petit-fils de Raymond Devos et cousin de Jean-Marie Bigard, est un oiseau rare. Le beau merle nous alerte sur la préfiguration d'une société numérique totalitaire dont les spécialistes du bonheur nous feraient presque oublier la prochaine ... déchéance.

Il se laisse distraire par la grive qui babille, le geai qui cajole, la caille qui margotte, l'étourneau qui jase, la fauvette qui zinzinule, ... à ne pas confondre avec le roitelet qui, lui, zinzibule. Il est drôle, ironique mais si juste ! Et quelle émotion quand il descend parmi le public pour faire la manche.
Malgré nos rires, il est évident que nous ne sommes pas indifférents à ce panorama d'une société intransigeante qui laisse tomber de plus en plus de personnes tout en leur donnant des leçons de bonheur et des injonctions de bien-être. Comment tu veux lâcher prise quand c'est pas toi qui tiens !
Ne vous fiez pas à la tristesse de l'affiche (sur laquelle j'aurais bien vu un oiseau posé sur le classeur comme si la tête de l'artiste était un nichoir), Philippe Fertray est une pépite !

En mode projet de Philippe Fertray
Mise en scène, images et interprétation : Philippe Fertray
Collaboration artistique : Marc Pistolesi
Décor : Sophy Adam
Costumes : Chouchane Abello-Tcherpachian.
Musique : Studio M.
Chorégraphie : Evariste Desjoubards
Au Théâtre de la Contrescarpe - 5, rue Blainville 75005 Paris - 01 42 01 81 88
En ce moment du mercredi au dimanche à 21 h.
A partir du 3 septembre et jusqu’au 28, toujours à 21 heures, mais du mardi au samedi

Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Fabienne Rappeneau.

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