Publications prochaines :

La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mercredi 4 mars 2026

Finistère d’Anne Berest

Comme vous l’aurez deviné les "gros" bouquins me rebutent depuis un moment. Alors j’ai retardé le moment d’ouvrir Finistère. J’avais tort parce qu’il se lit quasiment d’une traite, en raison d’une écriture très fluide et peu bavarde.

Ce qui pourrait être un handicap est selon moi une force. Tout n’est pas dit des relations familiales concernant ses aieux, et pour cause puisqu’Anne Berest veut leur être fidèle mais manque de matière. Alors elle suggère. On restera sur notre faim mais on aura eu connaissance de l’essentiel.

On voit très bien Eugène père et Eugène fils cheminer de dos en devisant et on n’a pas besoin de savoir ce qu’ils se disent pour deviner leur attachement. J’ai appris une foule de choses sur la Bretagne dont je n’ai jamais considéré les habitants comme des ploucs (raillerie inventée à partir de la multitude de noms de villages commençant par la syllabe pilou). J’ai beaucoup aimé qu’on me rappelle cela naissance des coopératives agricoles. Et j’ai éprouvé de la tendresse pour cet homme qui préfère le grec à toutes les autres matières, devenant une sorte de voyageur littéraire sans avoir posé le pied sur un bateau.

Certes, l’action ne se passe pas que dans le Finistère et nous sommes finalement plus souvent dans le Quartier latin qu'en Bretagne mais il demeure le cap de cette famille unie où la transmission s’effectue contre vents et marées, s’infiltrant par tous les interstices possibles, jusqu’au resurgir dans le prénom de la fille aînée d’Anne, diminutif de celui qu’elle ignorait que sa grand-mère portait. Ce n’est pas moi dont la fille porte (aussi) le diminutif du prénom de ma grand-mère qui y verrait reproche.

Laissons les méchantes langues critiquer  un manque de style. Ce sont les mêmes qui lui auraient reproché un lyrisme exagéré. La sincérité est évidente et touchante dans sa simplicité. C’est si rare qu’elle impose le respect. 

Finistère d’Anne Berest, Albin Michel, en librairie depuis le 20 août 2025
Finaliste - Prix Renaudot
1ère sélection du Grand Prix du Roman 2025 de l'Académie française
1ère sélection du prix Interallié 2025

mardi 3 mars 2026

Association avec le Côte-Rotie Brune & Blonde de Vidal-Fleury

Je connais plusieurs crus de la maison Vidal-Fleury qui est la plus ancienne maison de la Vallée du Rhône, encore en activité. Elle se dresse au cœur du prestigieux vignoble de Côte-Rôtie, à 30 km au sud de Lyon, sur les bords du Rhône.

Ce vignoble est l’un des plus septentrionaux de la vallée du Rhône, connu pour ses terrasses escarpées et fortement inclinées.

Fondé en 1781, Vidal-Fleury propose l’une des plus larges gammes de Crus de la Vallée du Rhône, dont elle est spécialiste, avec une vingtaine d’appellations parmi les plus prestigieuses de cette Vallée, aussi bien en Blancs qu’en Rouges et même Rosés. Et qui très prochainement va proposer une cuvée bio baptisée l'Aulin (du nom de la rivière qui coule au pied des vignes) en blanc d'une part, en rouge d'autre part, dont je vous parlerai à la fin de ce mois. 

J'ai déjà associé la Chatillonne (Syrah 88%, Viognier complanté 12%) qui, certes, est la  plus noble, et peut être qualifié de véritable étendard de la maison, et qui a de très belles possibilités de garde.

Mais cette fois je voulais me concentrer sur le Côte-Rotie Brune & Blonde, une cuvée réalisée en assemblant Syrah pour 95% et Viognier à 5%, récoltés de vignes issues de parcelles situées au Nord et au Sud de l’appellation, véritables reflet de la qualité du vignoble de Côte-Rôtie. La quasi-totalité des vignes est plantée sur des roches métamorphiques : micaschistes au Nord, leucogneiss au Sud d’Ampuis, migmatites sombres au Sud de l’appellation. 

Les vignes sont exposées plein Sud, baignées de soleil toute la journée et l’influence du relief montagneux alentour apporte de la fraîcheur.

Le millésime 2020 a été marqué par un printemps et un été particulièrement doux et ensoleillés. L’effet conjugué des chaleurs en journée et des nuits qui sont toujours restées fraîches a permis à la vigne de s’épanouir pleinement jusqu’au moment de la récolte. Les vendanges ont été précoces et se sont parfaitement déroulées à partir du 12 septembre 2020.

Elles sont manuelles avec tri des raisins, vinification en vendanges égrappées, fermentation alcoolique sous température contrôlée, deux à trois semaines de cuvaison avec pigeages réguliers et macération post-fermentaire à chaud. L'élevage se fait en fût de chêne pendant deux ans et demi dont 40% de fûts neufs. Ce grand vin pourrait être conservé une dizaine d'années.

La robe est rouge foncée aux reflets carmins. Le nez est intense et complexe, avec très vite des notes de violette, de cassis, d’olives noires puis, et ensuite des notes plus épicées avec le poivre et la muscade. La bouche est riche, pleine de fraîcheur et veloutée avec une finale persistante révélant des notes de torréfaction.
Il se marie avec des plats complexes, tournedos Rossini ou bœuf Wellington mais j'ai voulu l'associer avec une viande cuite en toute simplicité, en choisissant tout de même un tournedos d'une certaine épaisseur.

Comme légume j'ai retenu du potimaron, parce que c'est un légume de saison, que sa texture est moelleuse et me semblait être de nature à se combiner parfaitement avec le soyeux de ce vin. Je l'ai cuit à l'AirFryer comme j'en avais déjà fait l'expérience en janvier dernier. Ce mode de cuisson permet des association viande-légume-vin vraiment intéressantes. Les vins d'exception gagnent encore en puissance quand on les sert sur des viandes et des légumes qui sont le moins transformé possible;

Je n'ai pas osé associer ce Côte-Rotie avec des fromages bien que je sache que le producteur l'annonce envisageable avec le gaperon ou le Saint-Nectaire. En dessert j'ai voulu la encore opérer un contraste en ne misant pas sur le chocolat mais la framboise en coulis sur un cheesecake. C'était parfait. En toute modération comme il se doit sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
Maison Vidal-Fleury, 48 Route de Lyon, 69420 Tupin-et-Semons
Téléphone : 04 74 56 10 18

lundi 2 mars 2026

Visite de l'incroyable maison rochefortaise de Pierre Loti

Depuis sa réouverture, après une longue restauration, la maison de Pierre Loti enregistre près de 10 000 visiteurs, ce qui représente un très grand nombre de visites puisqu’elles se font en petit comité du fait de la taille des salles.

Il faut comprendre que nous sommes dans la vraie maison de Pierre Loti (1850-1923) et que, comme toutes les maisons charentaises de l’époque, la façade sur la rue semble insignifiante, réservant le faste pour l'intérieur.

Un immeuble adjacent attire l’oeil, récemment acheté et rénové par la ville, ayant appartenu à un entrepreneur de zinguerie, ce qui explique l’architecture du toit, pourvu de statues refaites à l’identique en résine. Si l’ensemble est baroque, l’intérieur est dépouillé, exactement à l’inverse de la maison de l’écrivain.

J’emploie le singulier mais ce sont une dizaine imbriquées, dont deux principales qui communiquent.
Nous commencerons la visite par la maison familiale puis nous descendrons dans la seconde, achetée en 1895, et où ont été réalisés les décors. Je dois au préalable donner le contexte puisque j’ai eu la chance de la découvrir un jour de fermeture (vous ne verrez donc personne sur les photos), en compagnie de Claude Stéfani, qui est conservateur en chef du musée Hèbre et de la Maison de Pierre Loti depuis 2007 à Rochefort. Mon compte-rendu reflète la passion de ce spécialiste et je n’ai pas cherché à compléter longuement ce qu’il m’a dit, si bien que cet article n’est pas exhaustif.
L’entrée s’effectuait par un couloir traversant qui distribuait les pièces sur le coté et menait au fond au jardin. On remarque, côté rue, une seconde porte, dite porte bagnarde, sorte de claustra permettant d’effectuer un courant d’air en toute sécurité pendant les fortes chaleurs estivales, un peu comme on en observe au Mexique.

La famille Viaud, en l’occurrence le grand-père de Pierre Loti, n’a pas dérogé à l’habitude des propriétaires d’étendre leurs bâtiments sur l’arrière au détriment de la cour et du jardin.

Partout les sols sont recouvert d’un parquet à longues lattes de couleur foncée. Une marche minuscule, mais tout de même une marche, sépare la plupart des pièces qui sont de taille modeste par rapport à nos maisons modernes. La Salle Renaissance n’en sera que plus majestueuse, par sa hauteur de plafond, son escalier monumental, ses murs recouverts de tapisseries d’Aubusson et ses dimensions permettant d’accueillir plus de 200 invités.

Pour le moment nous découvrons la première pièce, le Salon Rouge, telle qu’elle est décrite dans son livre autobiographique, Le Roman d’un enfant, qui n’est pas son premier livre (il l’a écrit à 40 ans) à ceci près qu’initialement les murs étaient recouverts d’un papier peint rayé. C’était un intérieur petit-bourgeois avec un mobilier Louis-Philippe assez simple. Tous les membres de la famille étaient musiciens. On remarque un piano forte sur la gauche. On y lit la Bible le soir car le père, Théodore, et la grand-mère aussi, se sont convertis au protestantisme. On pourrait dire que cette religion se transmet par les femmes de la famille. Pierre Loti envisagera même un moment de devenir missionnaire.

Il faut rappeler que le protestantisme était très important à La Rochelle. Le nombre de protestants a beaucoup diminué mais il demeure des poches par exemple dans la presqu’île d’Arvers.
Voici un premier portrait connu de Loti, par Edmond Jean de Pury et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas très "austère" comme son nom le précise, Pierre Loti en guerrier arabe de fantaisie (1895).
 
Pierre Loti est alors âgé de 45 ans. Il pose debout, une main sur la hanche et l'autre tenant un poignard dans un étui serti de pierres semi-précieuses. Il porte un pendentif à pierre verte sur une chemise blanche et un casque à cornes sur la tête.
Sur le mur adjacent, et au-dessus du piano forte, trois portraits peints par Marie Bon née Viaud (1831-1908), la soeur aînée de vingt ans de plus, peintre de portraits et de miniatures. A l’extrême droite Théodore Viaud (1804-1870), au milieu : Nadine Texier (1810-1896) et à gauche son autoportrait. Plus loin elle a fait ici le portrait de son frère en enseigne de vaisseau, à Rochefort, en 1873 (à gauche) tandis qu'a-dessus de la commode c'est de nouveau Edmond Jean de Pury qui nous montre Pierre Loti en grande tenue de lieutenant de vaisseau (à l'âge de 45 ans) avec épaulettes. On remarque la croix de la Légion d'Honneur.
Il y a aussi (non photographié) un tableau représentant Gustave Viaud (1836-1865), chirurgien de marine, son aîné de quinze ans, qui eut la mer pour sépulture et dont Pierre Loti sera inconsolable. C'est une clef majeure et méconnue expliquant pourquoi il va s'inscrire dans le sillage du frère adoré, devenant officier de marine, cultivant le goût des ailleurs et partant sur ses traces, notamment à Tahiti où il trouvera son nom de plume, Loti, qu'on pense être une déformation d'un mot polynésien signifiant laurier. ll est probable qu'il orienta également plusieurs livres.

La pièce a aujourd’hui quelque chose de m’as-tu-vu et d’opulent, ce qui est en fait la conséquence de deux deuils et d'une revanche à prendre. Le garçon vivait dans une sorte de cocon très protégé. Il faut souligner qu’il n’entra que tardivement à l’école, après avoir bénéficié d’un enseignement à la maison. Mais à 15 ans son univers s’écroule. Son frère ainé, qui n’était pas un modèle de sagesse car il était patachon et très bon vivant, mais qui lui donna le virus de l’exotisme, et qui avait été affecté en Cochinchine, est rapatrié sanitaire et meurt.

Il perd aussi Lucie Duplais (1842-1865) épouse Veillon, dite Lucette, sa grande amie d'enfance, avec laquelle il jouait à La Limoise à Échillais et qui revient de Guyane pour mourir en France.

Julien perd alors la foi et restera athé tout le restant de sa vie. Et surtout, il est désormais obsédé par la mort qui l’effraie d’autant plus qu’il ne croit plus en Dieu et que donc elle mène à un gouffre sans fond. Cela conditionnera la plupart des "décors" qui sont autant de bulles spatio-temporelles mémorielles, avec une très forte valeur de ressassement.

Cette pièce, refaite par Loti en 1885, exprime par contre une volonté de revanche par rapport à son père, Théodore, qui était trésorier secrétaire à la Mairie de Rochefort. Un jour on s’aperçoit de la disparition de titres censés être conservés dans le tiroir de son bureau et il est accusé de vol. Il sera emprisonné. L’affaire se conclura faute de preuves par un non-lieu mais il sera malgré tout condamné pour négligence et devra rembourser une somme considérable. La vie familiale bascule alors. Il faut louer l’essentiel de la maison à des étrangers et tout le monde s’entasse à l’arrière de la cour.
En 1870 son père meurt et dès que Loti en aura les moyens il rachètera la maison à sa mère. La honte demeure. Le décorum du Salon Rouge peut être interprété comme une sorte de revanche sociale. Il cherche à démontrer à tout Rochefort que Julien Vaud est devenu quelqu’un. Le plafond y est orné de ses armoiries (fabriquées, évidemment) qu’on retrouvera dans les Salles Gothique et Renaissance.

Nous passons dans le Salon Bleu, aménagé pour son épouse dans un style bourgeois classique des années 1890 (non photographié) avec un mobilier Louis XVI. Il suffit d'écarter légèrement le rideau qui la sépare de la Salle Renaissance pour ressentir l'effet saisissant de la théatralisation des lieux :
Nous la traverserons plus tard, en redescendant de l’étage. Allons d'abord dans la Pagode Japonaise, aménagée en 1886 dans l’ancienne salle à manger, en y rassemblant des acquisitions réalisées surtout à Nagasaki. Elle fut démantelée en 1923 (la salle chinoise le sera en 1929). Peu de temps avant de mourir, Pierre Loti laissa à l’unique fils qu’il avait reconnu, Samuel, ce qu’il appela "ses volontés suprêmes" précisant ce qu’il pouvait (devait) conserver, et ce qu’il convenait de détruire. Pour Loti l’essentiel est ce qui touche à l’intime et donc on garde ou on brûle. Il lui avait dit qu’il pouvait "virer" les décors de cette pagode. Mais Samuel ne respectera pas complètement les volontés de son père. 

Nous sommes plutôt dans une évocation de ce que fut cet espace, dans lequel ont pu reprendre place des objets qui étaient jusque là au musée Hèbre voisin ou qui ont été donnés par des collectionneurs. Ce qui nous est donné à voir est "le" Japon de Loti qui, à l’inverse de Claude Monet ou des Frères Goncourt, n’avait aucun intérêt pour les estampes. Visitant les lieux après sa mort, Sacha Guitry, qui était grand admirateur de l’écrivain, moins du décorateur, conclura avec le sarcasme qu’on lui connait : ce qui était là-bas au plafond est ici au sol et vice versa.

De fait, Loti, qui découvrit le Japon alors qu'il s'ouvrait tout juste aux occidentaux, est séduit par le style tokuyonama rouge, noir et or. L’écrivain est fasciné par un Japon somme toute un peu kitsch et décide un aménagement composite (non photographié).

Au cours de son premier grand voyage, en 1872, Julien Viaud, jeune aspirant qui ne s'appelle pas encore Loti, avait commencé à découvrir un monde radicalement différent de celui qu’il connaissait, aux antipodes de l’Occident, en particulier l’Ile de Pâques. Comme tous les officiers de marine il est un peu anglophobe. Mais il n’aime pas non plus la Révolution industrielle. Ce qu’il recherchera toute sa vie ce sera l’authentique (même s’il en fera des restitutions). Il le trouvera en Bretagne et au Pays Basque, et dans le Pacifique, même si les cultures y sont (un peu) évanescentes.

Son parcours fait aussi penser à Chateaubriand qui voyagea beaucoup mais dont il retracera le souvenir par le biais de parcs et jardins.

Nous montons au premier étage dans ce qui fut à l’origine l’atelier de peinture de sa soeur et que Loti transforma en Salle Gothique, qu'il fut impossible de reconstituer à l’identique en l’absence d’archives. Le travail a été effectué à partir de photographies pour lui rendre l’aspect qu’elle devait avoir à la mort de Loti en 1923. Au-dessus se trouve la Chambre espagnole (qui ne se visite pas) où dormaient ses hôtes de marque comme Sarah Bernhardt et Lucette Adam.
Le plafond est davantage moyenageux que médiéval. Le travail de restauration y fut énorme en raison de la quasi destruction de plusieurs poutres par les termites. Les armatures en pierre taillée proviennent du clocher de Marennes d'Oléron dont il a racheté les remplages.

dimanche 1 mars 2026

Le Domaine d'Ibry a présenté sa cuvée Ibryété à Wine Paris

J’aurais pu servir la Cuvée des Amis pour accompagner ce plat délicieux, que l’on mijote pour régaler une poignée d’invités. J’aurais aussi pu l’associer avec la Cuvée Marianne parce qu’il est habituel de proposer un vin un peu corsé avec la Pluma.

Sauf que nous sommes entrés dans une période où on a envie de consommer avec davantage de modération. Alors j’ai pensé à la nouvelle proposition du Domaine d’Ibry, s’appuyant sur son nom et son savoir-faire pour imaginer une cuvée qu avec seulement 9° est moins haute en alcool.

Ibryété car tel est son nom, est la promesse de la saveur sans l’ivresse, pourvu bien entendu de la boire sans excès car, il faut le redire, l’alcool est dangereux pour la santé.

Et puisque j’étais dans l’originalité j’ai osé le rosé, preuve s’il en fallait que ce n’est pas une bouteille réservée à l’été, malgré un nom qui y fait référence. Il était intéressant de marier un plat fort en goûts (je l’écris au pluriel car viande comme sauce sont puissants) avec une boisson qui ne prenne pas une position dominante mais qui, au contraire, emmène le palais vers des saveurs complémentaires du fait d'une caudalie assez longue.

L'Ibryété rosé, résultat d'un assemblage de Syrah et de Floréal (ce cépage nouveau, résistant bien aux maladies, ce qui permet de limiter grandement les traitements, et que j'avais présenté ici), et que j'avais découvert à la dernière édition de Wine Paris, m'a semblé idéal pour l'occasion. Sa teinte est presque grisée, couleur pomelo.
J’ai joué le jeu jusqu’au bout en sortant une paire d’assiettes carrées, évoquant un grill (alors que ce n’en sont pas du tout) et même des verres atypiques, rompant avec les codes habituels et soulignant la couleur andrinople.
Ce vin est un vin de repas même s'il est agréable sur une tranche de pain grillé et du houmous. C'est avec des plats un peu corsés qu'il révèle tout son potentiel. Il s'est très bien comporté aussi avec des fromages de la région et même une salade de fruits (ananas, pomme, poire, mandarine, jus de citron vert, menthe bergamote).
Il existe aussi en blanc, à partir d'un assemblage de Floréal et de Grenache, et je l'ai alors associé avec une entrée goûteuse et colorée. Des tranches fines de betterave rouge crapaudine (la meilleure selon moi), du concombre et un couscous de chou-fleur (le légume est râpé cru), avec une fausse mayonnaise faite avec jus de citron vert, moutarde et battue à l’huile d’olive.
Il a aussi accompagné une langue de boeuf.
J'avais fait tremper la viande dans l’eau froide une nuit. Je l’ai ensuite blanchie 5 minutes à l’eau bouillante claire. Enfin elle a cuit plus d’une heure à la cocotte minute dans une eau avec un demi-verre de vinaigre, un oignon, une demi-tige de céleri, deux carottes, une feuille de laurier, du gros sel.

 E, guise de sauce des cornichons aigre-doux en petit morceaux (je n’avais pas de câpres), deux blancs d’œuf dur hachés, les jaunes ayant été écrasés avec de la moutarde et délayés avec l’huile d’olive.

En dessert, une tarte aux poires très croustillante parce que la pâte a été cuite dans un moule perforé.
J’avais fait la pâte moi-même (50 grammes de margarine, mélangée à 100 grammes de farine, une pincée de sel, un quart de verre d’eau, repos 24 heures) et j’avais cette fois ajouté de la poudre de cannelle.
 Les poires, des conférences, ont été précuites dans une eau bouillante parfumée de deux tiges de menthe bergamote. Elles ont été posées, une fois refroidies, coupées en deux ou en quatre, et placées tête-bêche sur une préparation de poudre d’amande/beurre/sucre/ un oeuf battu.
Cuisson 25 minutes à 180 degrés. En décoration une minuscule feuille de menthe bergamote au bout de chaque fruit.

Domaine Saint-Georges d’Ibry - 34290 Abeilhan - tel : 04 67 39 19 18

samedi 28 février 2026

La 51 ème Cérémonie des César

Tout le monde dira que cette soirée a été réussie. Il est vrai qu’il y eu des moments mémorables et que Benjamin Lavernhe fut un des meilleurs maîtres de cérémonie.

On reprocha à Camille Cottin le ton autoritaire de son discours qu'elle termina en déclarant ouverte la 51 ème cérémonie des César la tête haute et le coeur battant. Si beaucoup de gens ont compris que les lunettes de soleil étaient une allusion au problèmes ophtalmologiques récents du président Macron, fallait-il y entendre un autre sous-entendu dans ce cri du coeur ? Toujours est-il que la société de production Haut et Court faisait l'objet de 17 nominations. Elle en gagnera 3.

Car, effectivement, le nombre de nominations n'est pas un gage d'obtention de statuettes. Ainsi Nouvelle vague, nominé 10 fois n'en reçut "que" 4.

Partir un jour ne monta jamais sur le podium malgré 4 nominations. Même résultat pour L'épreuve du feu, et La venue de l'avenir, qui avaient chacun 3 nominations. Enfin Chien 51, Ma mère Dieu et Sylvie Vartan et La pampa, comme Un simple accident, qui en avaient chacun 2, sont repartis eux aussi bredouilles.

Par contre, Le chant des Forêts, nominé 2 fois est 2 fois honoré. Et il a suffi d'une nomination à Un ours dans le Jura pour que Franck Dubosc reçoivent (enfin!) son premier César.

Ceci pour dire combien le stress doit être à son maximum dans la salle, rendant la longueur de la soirée très pesante. Alison Weeler aborda habilement la question de la légitimité des nominations, revenant sur le mépris à l'égard des "enfants de …" puis sur la mésaventure de Benjamin Lavernhe, capable de tout jouer, même un abbé Pierre innocent, garantissant d'aller tout droit vers le César sauf que je ne vous redis pas le scandale et, si vous l'ignorez, je vous encourage à revoir le replay), l'implorant de promettre d'être plus vigilant à l'avenir à propos du biopic de Jack Lang (blague évidemment), après avoir rendu indirectement hommage à l'audace de Corinne Masiero et en interpelant la ministre nommée depuis "juste" deux heures.

S'il y avait une personne détendue c'était par contre bien Jim Carrey dont le sourire ne quitta jamais le visage et qui s’exprima dans un français quasi impeccable, directement hérité de son aïeul malouin qui émigra pour le Canada il y a très longtemps, privant ainsi notre pays d’un immense acteur. Quelle chance que la famille de Benjamin n’en ait pas fait autant.

On retiendra son évocation de la carrière de l’acteur. Après avoir porté "le" masque à son visage et un numéro de quick-change il apparu en costume jaune vif et l’incarna sans le copier. Du grand art.

J'ai vu et apprécié 12 des films nominés et qui représentaient un peu plus de la moitié des nominations. Si je fais le calcul en nombre de statuettes, ils correspondent à 54% ce qui est identique. Je rappelle en fin d'article la liste des nominations en précisant les lauréats et j'ai ajouté les liens vers les critiques des films que j'ai vus, et que vous pouvez aussi retrouver en suivant la catégorie 7ème art.

Les récompenses furent à la hauteur du cinéma français malgré les "oubliés" que j'ai cités plus haut, tout autant que les excellents films que sont Black Dog et La chambre de Mariama.
On eu droit à une séquence extrêmement drome pour accompagner la remise du César des costumes par Marina Hand et Pauline Clément, si drôles en remettantes du César du Meilleur Costume à Pascaline Chavanne, pour son travail dans Nouvelle Vague de Richard Linklater qui reçoit aussi deux autres César "techniques", le meilleur montage pour Catherine Schwartz et la meilleure photographie pour David Chambille

Il n’empêche que j’ai ressenti une atmosphère franchement déprimée. J’en veux pour preuve qu’à l’exception d'une tenue toute l’assistance n’était vêtue que de noir et blanc. Était-ce précisément un hommage inconscient à Nouvelle vague ? Ou la consigne figurait-elle sur l’invitation mentionnant ce dress code particulier ?
Regardez la photo dite de famille des lauréats et vous constaterez que ce que je dis est vrai. Seule Léa Drucker, qui après le Brigadier remporte un César, porte une robe bleue, mais si foncé qu’elle est très proche du noir. Le cinéma était-il donc en deuil ?

Il est vrai que la situation internationale est dramatique. Il a souvent et à juste titre été question de l’Iran mais ce n'est pas pour autant que les votants ont choisi Un simple accident. Il y a de quoi être perplexe à propos de l'intervention de l’actrice franco-iranienne Golshifteh Farahani qui, à l'occasion de la remise du César du meilleur scénario original, a parlé avec coeur de son pays d’origine. "Le système a tué des dizaines de milliers de personnes de la manière la plus brutale", et c'est "un cycle qui se répète depuis des années (…) Le pays tout entier est en deuil (…) Les survivants dansent avec leur douleur pour que les bourreaux sachent qu'ils peuvent tuer les corps, mais qu'ils ne peuvent pas toucher les âmes."

Les critiques à l’encontre de l’usage de l’intelligence artificielle ont été récurrentes, comme si on craignait qu’elle fasse demain perdre son authenticité au 7ème art.

Vimala Pons, en robe Courrèges dessinée par Nicolas de Felice qui faisaitt un spectaculaire effet maillot de bains et qui mettait sa musculature admirablement en valeur, meilleure actrice dans un second rôle, a dédié ce César à tout ce qu'il y a de joyeux en nous et on en a bien besoin pour faire face à ce qui arrive.

Emmanuel Curtil, la voix française de Jim Carrey, a profité de la soirée pour défendre le doublage au cours d'une séquence émouvante.

J'avais naturellement apprécié les remerciements de Nadia Melliti, César de l'espoir féminin pour son rôle dans La petite dernière, qui eu le mérite d'intervenir la première et dont on saluera le doublé avec la récompense obtenue à Cannes. Elle a surpris tout le monde en associant celles et ceux "qui veillent à notre bien-être physique et mental au quotidien : les agriculteurs, le personnel médical dans les hôpitaux, ainsi que les professionnels de l’éducation".

Au-delà de ces anecdotes plusieurs moments ont souligné des points cruciaux et essentiels comme la spécificité française rappelée par Camille Cottin permettant le financement des longs métrages s à petits budgets par les films à gros succès, par l'intermédiaire du CNC et de la taxe permettant d'accorder des avances sur recettes. Espérons que cela suffise à ce que le 7 ème français redevienne "great again" !

vendredi 27 février 2026

Ma cuisine italienne, Bella Gigi ! de Grégory Cohen

A force de vous parler des vins italiens que j'ai dégustés sur Wine Paris vous êtes probablement curieux que j'aborde la cuisine.

Après Yalah, Grégory Cohen a poursuivi la balade gourmande au rez-de-chaussée du Food Court One Place qu’il a imaginé à Rungis. Nous voici maintenant à Bella Gigi et, en refermant le livre, je me dis qu’il serait très difficile de faire à la fois plus simple et davantage italien.

Tout s’explique quand on sait qu’il a des origines italiennes par son grand-père, qu’il a de nombreux amis italiens, dont le chef Denny Imbroisi à qui il rend hommage en reproduisant sa recette de Vitello Tonnato (page 39), qu’il adore cette cuisine généreuse, à laquelle il doit (peut-être) sa qualification à un casting avec les Gnocchi di patate (page 93).

On retrouve dans ce livre le ton familier et encourageant du précédent, poussant le cuisinier timide que vous êtes peut-être à se lancer pourvu d’acheter (de préférence au marché) d’excellents légumes. Gregory donne systématiquement des alternatives au cas où on n’aurait pas sous la main l’ingrédient idoine. Il propose souvent des accords mets-vins. 

Et surtout il explique le pas à pas de la confection des pâtes fraîches (page 8) et de la pizza (page 10), comme à la maison, ce qui n’est pas compliqué pourvu qu’on ait envie d’y consacrer quelques petites minutes. Cela fait longtemps que je me suis mise à faire moi-même les pâtes et je n’en reçois que des compliments. Si je fais (aussi) ma propre pâte brisée   je n’ai pas encore songé à faire celle de la pizza. Je promets de me lancer.

Quelques pages plus loin on trouvera les modes de préparation qui font la gloire de la cuisine italienne : a la carbonara, surtout sans crème (page 71), all'amatriciana, autrement dit pimentée (page 95).

Les pizzas sont classiques, sobres, et appétissantes. On est dans une Italie authentique et familiale.

Il ne fait pas l’impasse sur cette spécialité vénitienne qui est devenue un phénomène de mode, le Spritz mais il en suggère une revisite intéressante en substituant l’Apérol au Limoncello (page 187).

Il a rassemblé des recettes qui font la part belle au pain, et c'est en toute logique que la première du livre est celle de la bruschetta incontournable en Campanie (page 15), sans oublier la soupe si traditionnelle (mais insuffisamment connue) Riboleta de Toscane (page 49). Vous aurez deviné combien la cuisine italienne est avant tout une cuisine régionale et Grégory Cohen fait référence à l'origine géographique de la recette pour la plupart d'entre elles. Il m'a semblé que la Vénétie y avait une place de choix.

Il est tout à fait dans l’air du temps en accordant la part belle aux végétariens, qui seront comblés par de grands classiques de la cuisine italienne.

Côté desserts, la liste est un peu réduite mais les plus emblématiques sont bien là : tiramisu, panna cotta et cannoli. Il aurait pu ajouter le baba de Naples d’autant qu’il a participé à l’élaboration de 4 rhums de Madagascar parfumés (au café, au chocolat, au poivre et à la vanille) sous la marque au nom de Mad, dont on appréciera le jeu de mots avec la folie. Et surtout qu’il le réussit très bien, preuve en image :
Il ne mentionne pas les cantucci (mais vous pouvez suivre ma recette) préférant les amaretti en justifiant son choix par sa gourmandise légendaire.

Evidemment on pourra préférer, et ce n’est pas antinomique, se régaler en goûtant les plats devant le joli comptoir de Bella Gigi.

Une question me brûle les lèvres sachant que le chef a longtemps vécu aux Etats-unis : Y aura-t-il un troisième opus avec Ma cuisine new-yorkaise, Schmatz !?

Ma cuisine italienne, Bella Gigi ! de Grégory Cohen, Éditions Leduc, en librairie depuis le 2 octobre 2025

jeudi 26 février 2026

Le thermalisme est (aussi) accessible aux personnes en bonne santé à Rochefort

Je traverse régulièrement Rochefort pour me rendre sur l'Ile d'Oléron (à propos de laquelle j'ai publié de nombreux articles). Je suis sensible au souvenir des demoiselles imaginées par le cinéaste Jacques Demy. J'en connais le musée des métiers et commerces d'autrefois, le conservatoire du bégonia et je raconterai bientôt la visite exceptionnelle que j'ai pu faire de la maison de Pierre Loti, magnifiquement restaurée.

Je n'imaginais pas être concernée par les thermes et c'est à l'occasion des derniers Thermalies que j'ai fait la connaissance de sa directrice. J'ai appris alors que le thermalisme n'était pas exclusivement réservé aux personnes désireuses de se soigner même si la différence entre thermalisme et thalassothérapie reste essentiellement d’ordre médical pour la première alors que la seconde est davantage orientée vers le bien-être. Les établissements thermaux utilisent une eau prélevée très profondément, et qui est ancienne (30 à 50 000 ans), stable en température comme en composition chimique. L’efficacité de ses minéraux doit être reconnue et avoir été validée sur le plan médical.

A l’inverse la thalassothérapie emploie une eau en général marine, mais qui est une eau de surface, instable et contenant des éléments vivants. Elle n’a aucune propriété médicale prouvée. L’eau thermale soignera des pathologies chroniques dont elle diminuera surtout la période entre deux récidives même si une amélioration peut aussi être notée pendant la cure.

Pour ne pas alourdir la lecture, c’est en fin d’article que je rappellerai quelle est la marche à suivre au préalable à toute cure thermale conventionnée, qui est commune à tous les établissements et dont la durée est de 18 jours. 

On entrait autrefois par la grande porte un peu plus bas, vers le port, au-dessus de laquelle est encore écrit THERMES en lettres capitales, et qui conduit aujourd’hui aux bureaux. Mais depuis les grands travaux de rénovation et d’extension l’accueil a lieu sous le grand dôme au 15 avenue Camille Pelletan.

Ici on peut s’informer pour une prochaine cure, prendre rendez-vous ou, si on suit déjà un parcours de soins, s’arrêter au stand de la Bibliothèque pour tous afin de se munir d’une bonne lecture pendant les temps d’attente, ou après les soins.

Comme tous les établissements qui prodiguent des soins où l’eau est l’élément principal vous passerez par une salle faisant office de vestiaire et l’espace d’un instant vous pourriez vous croire à l’entrée d’une piscine, à ceci près qu’on vous remettra un peignoir (confortable), deux serviettes et des claquettes antidérapantes (sauf si vous avez les vôtres) et une charlotte, bien utile pour protéger vos cheveux au moment des douches. En quelque sorte vous pouvez arriver avec simplement votre maillot de bains.

Quelle que soit l’orientation thérapeutique, vous commencerez toujours par le chaud et terminerez par le froid. Pour ma part j’ai enchainé 4 soins qui n’avaient pas de but thérapeutique mais qui pouvaient malgré tout avoir un effet positif, sachant que j’avais consulté mon médecin référent afin de produire un certificat médical d’absence de contre-indication aux soins thermaux. 

Les thermes de Rochefort sont, depuis dix ans, certifiés Aquacert, ce qui garantit entre autres la sécurité sanitaire et de bonnes pratiques de mise en oeuvre des soins. L’équipe permanente est de l’ordre d’une quarantaine de personnes, pouvant atteindre un pic de 125 en pleine saison. L’établissement est d’ailleurs ouvert le matin dès 5 h 45, ce qui témoigne d’un planning millimétré pour soigner 15 642 personnes l’an dernier, majoritairement en rhumatologie (et pourtant l’eau est très efficace en dermatologie mais Rochefort est peut-être moins connue pour cette orientation), et avec seulement 400 en courts séjours. 

Une cure de boisson permettra un apport massif de sels minéraux et d’oligo-éléments mais la quantité à ingérer quotidiennement demeurera moyenne (entre 50 et 200 ml). Je n’ai pas goûté cette eau qui est pompée à 873 mètres de profondeur, naturellement chaude, légèrement gazeuse, de couleur bronze clair, très minéralisée, de saveur m’a-t-on dit âpre et ferrugineuse.

La grande spécialité de Rochefort est l’application de boues thermales, plus précisément des cataplasmes de péloïdes de Rochefort qui ont une triple action, antalgique, anti-inflammatoire et désinfiltrante. Seule la ville de Dax propose ce type de soins, mais bien entendu avec des boues qui ne sont pas les mêmes. A Rochefort les sédiments fluvial-marins argileux riches en micro-algues sont prélevées dans un méandre de l’estuaire de la Charente, dans un site protégé, du côté opposé au fort courant de manière à recueillir le matériau le plus pur possible. Elles sont ensuite placées en macération dans de l’eau thermale à 40° provenant directement du griffon pendant trois mois afin de mâtures la boue qui devient péloïde et qui ressemblera à une crème de beauté, très pure, avec un peu de plancton thermal. Comme vous vous en doutez des analyses bactériologiques régulières sont menées afin de garantir le produit.

La fabrication sur place est une première spécificité. Dans la grande majorité des autres établissements on emploie de l’argile qui provient souvent d’Allemagne et qui a trempé dans l’eau pendant quelques jours. De ce fait la concentration des boues de Rochefort est 10 à 20 fois supérieure à l’eau thermale, ce qui explique sans doute les résultats qui sont au-dessus des normes. Ajoutez à cela je l’eau thermale de Rochefort est elle aussi plus efficace du fait de sa complexité qui la rend inclassable.
Chaque curiste aura ses cataplasmes personnels (marqués à son nom) qui seront appliqués sur les zones douloureuses selon la prescription du médecin thermal chacun des 18 jours de sa cure. Les bandes poreuses sont suffisamment larges et longues pour couvrir une épaule, entourer un genou ou un poignet, sachant qu’avec un lot de 7 l’agent thermal pourra traiter plusieurs zones, la première étant la colonne vertébrale. Au bout des 18 utilisations les bandes partiront à l’incinération et généreront de la chaleur utilisée en ville.

Ce qui surprend ce n’est pas l’odeur (je ne me souviens pas de quelque chose en particulier), mais la chaleur parce qu’une température de 47 degrés procure une forte sensation mais elle est indispensable aux actions physiques, chimiques et biologiques consécutives à la pénétration percutanée des éléments de l’eau thermale et des péloïdes, comme les sels minéraux et les oligo-éléments, notamment des fluorures, bromure, fer, strontium, bore et lithium …
C’est parti pour 15 minutes d’action, alors que vous êtes allongé, le peignoir recouvrant votre corps comme un couvercle. Libre à vous de vous assoupir ou de regarder les nuages car une image de ciel lumineux gomme astucieusement l’impression d’enfermement qu’on pourrait ressentir dans le box.

mercredi 25 février 2026

Gambero Rosso a proposé une masterclass de Vins rares à Wine Paris 2026

Gambero Rosso a organisé à Wine Paris une masterclass sur des vins italiens rares, sélectionnés pour leur production limitée et leur identité stylistique affirmée.

La journée avait commencé tôt pour certains avec la Grande Dégustation "Tre Bicchieri", et qui se poursuivait jusqu'à 17h00, autour d'une cinquantaine de domaines prestigieux, présentant chacun trois cuvées différentes, offrant ainsi une occasion unique d'explorer la diversité viticole de l'Italie, à travers des vins d’exception. A ceci près que je pense que ce serait plus pertinent de le faire le premier jour et non le dernier. J'avais précédemment suivi des dégustations au sein du pavillon dédié à l'Italie et je n'avais plus de disponibilité en temps pour reprendre aujourd'hui.

La remise des prix des Meilleurs Restaurants Italiens de Paris a eu lieu juste parès (voir palmarès en fin d'article).

Intitulée Vini rari, la masterclass s'accompagnait de la présentation de chacun des 11 vins par leur producteur (ou productrice), ce qui était très appréciable pour un public public d'acheteurs, de sommeliers et de journalistes.

Cependant leur nombre était trop conséquent pour permettre d'en parler correctement dans le temps imparti pour l'évènement. Je l'ai regretté mais j'ai d'ailleurs dû quitter la salle hâtivement parce que j'étais inscrite à une autre masterclass. Le compte-rendu que je fais aujourd'hui n'est pas aussi complet que je ne l'aurais voulu et je suis néanmoins consciente de la chance d'avoir pu déguster des vins qui sont considérés à juste titre par le Gambero Rosso comment étant au-delà de l'ordinaire. Ceci en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Elle a été menée par Lorenzo Ruggeri, Managing Director de Gambero Rosso et le journaliste Raoul Salama qui ont précisé d'emblée que ces vins uniques, résultats souvent d'une expérimentation étaient autant "rares" dans leur pays qu'à l'international.
1. Trento Brut Rosé Monsieur Martis 2020 de Maso Martis
Voilà un nouveau vin pétillant élevé sur un domaine qui connait des contrastes riches et complexes et qui a toujours préservé des vignobles de Meunier depuis une trentaine d'années.
Ce pétillant est une expérimentation faite l'an dernier avec seulement 1800 bouteilles et avec succès. Il est millésimé. Un autre suivra portant cette fois le nom de Madame Martis.
La texture de ce vin crémeux contraste avec une certaine amertume. On distingue une touche de noisette presque grillée. Il est frais, avec une légère touche tannique qui procure des notes épicées et poivrées.
2. Franciacorta non dosé Celeste 2016 de San Cristoforo
Nous partons en Lombardie sur un domaine entièrement géré par des femmes. Ce ne sont encore une fois que 1800 bouteilles qui ont été produites avec ce Chardonnay, en 2016, année marquée par la fraicheur dans toute l'Europe.
On perçoit des notes de pomme et de pêche blanche. Le fruit s'exprime dans toute sa pureté. L'absence de dosage instaure un style très sec et inscrit ce vin dans la tendance actuelle alors qu'il a tout de même dix ans.

mardi 24 février 2026

Avant Que La Nuit, second album de Margaux Simone & The Guardians

Margaux Simone est de retour accompagnée de ses Guardians pour un nouvel album intitulé Avant que la nuit.

Margaux est une autrice-compositrice-interprète née à Martigues d’un père musicien qui lui donne en héritage le goût de la musique. Simone était le prénom de sa grand-mère, un prénom qu'on pourrait estimer désuet mais que l'artiste a choisi de porter en hommage à une longue tradition de femmes fortes qui ont façonné ses textes et son personnage.

Elle est aussi considérablement imprégnée de la Provence qu'elle aime tant et, dans son imaginaire, elle la jumelle avec la Californie, pour son soleil et ses contrastes entre douceur de vivre et colère larvée, en tout cas terre de musique où les plus grands albums folk et rock sont nés.

Géographique ou fantasmé, le Sud est présent dès la pochette de cet album qu'il caractérise presque tout autant que l'atmosphères des seventies. Il est juste franchement déplorable d'oser sortir un objet absolument illisible. Je donne les titres des chansons approximativement puisqu'ils ne sont pas discernables, même avec une loupe.

C'est dommage car, musicalement parlant, la poésie imprègne des textes personnels qui naviguent entre pop et rock. Son père, Philippe Bruguière, a "naturellement" oeuvré à la réalisation, et on le retrouve à la basse, avec à la guitare Giovani Gouvenaux, aux claviers Alexandre Siaud et à la batterie Luc Heller

Dès les premiers mots de la première piste la voix de la chanteuse fait penser à Françoise Hardy et l'impression va se répéter avec les premières notes de la piste 3 évoquant immédiatement Mon amie la rose que chantait Françoise Hardy en 1965, provoquant de la nostalgie chez ceux qui connaissent les paroles : On est bien peu de choses /Et mon amie la rose/Me l'a dit ce matin (…) Me suis fermée la nuit/Me suis réveillée vieille 

Il y a beaucoup de répétitions et ce sont ces groupes de mots que l'on retient sans pour autant qu'ils fassent sens : ah l'amour tout le monde ne parle que de çà … la mélodie est très agréable mais l'exclamation sur l'amour reste en suspens.

lundi 23 février 2026

Master-class des Vins d'Alsace à Wine Paris 2026

Wine Paris est l’occasion (aussi) de suivre des master-classes de haut niveau, notamment lorsqu’elles sont organisées par des organismes professionnels tels que le CIVA pour les Vins d’Alsace, et qui plus est ouvertes à tous selon la règle premier arrivé, premier assis.

Celle-ci proposait de passer en revue quelques-unes des nouvelles attentes émergeantes des consommateurs et de découvrir, à travers une sélection de 8 Vins d'Alsace, de quelle manière cette région se positionne alors que lors que la consommation de vin est un sujet devenu complexe, et pas seulement parce que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé et qu'il convient de modérer sa consommation.

Il peut y avoir des opportunités à saisir pour qui est à l'écoute des nouvelles tendances de consommation et qui dispose d'une variété de terroirs aussi large que l'Alsace.

Les habitudes changent, on mange moins de viande, on voudrait plus de produits frais, sains, naturels. Les repas se déstructurent, s’improvisent, se réinventent. Dans cette tendance plaisir/simplicité, le vin prend une toute autre place avec une recherche de buvabilité, d’accessibilité, de fraicheur, de légèreté… Qui se traduit par une montée sensible des vins blancs, un goût affirmé pour les vins frais et secs, des envies de bulles, de rouges fins, structurés et fruités !

Le respect de l’homme et de la nature tend à devenir une exigence parce que nous évoluons vers une société de plus en plus consciente de sa responsabilité dans ses actes d’achats. En Alsace la conscience environnementale est profondément ancrée depuis longtemps, ce qui en fait d’ailleurs une région totalement pionnière en la matière, avec plus d'un tiers des vignobles en biodynamie depuis quasiment 60 ans alors que la moyenne nationale se situe autour de 15%. Mettre en avant des vignobles respectueux devrait donc être chose facile.

On observe une recherche de vrai, de relief et d’authenticité qui conditionne aussi les choix en matière de restaurant. Avec un vignoble qui a des racines, et qui est toujours à taille humaine, l'Alsace a là encore des atouts à jouer. Il convient de rappeler ou du moins d'évoquer l'ouverture au monde, à l'humain et à la diversité, qui font heureusement partie de la culture alsacienne comme cela a été démontré à la dernière foire d'Osaka où 78 domaines alsaciens furent présents.
Ce sont en particulier ces axes qui ont été développés dans la co-intervention de Philippe Bouvet, Directeur Marketing du CIVA et de Thierry Fritsch en rappelant en introduction que la crise n'est pas une fatalité et que la remise en cause doit être accueillie comme une évolution normale en reprenant l'exemple de la formidable évolution du marché du pain. Le CIVA a tiré enseignement de tout cela en intégrant les nouvelles données dans sa communication.

Pour la première fois un alcoolier français admet que "si ses vins sont conçus avec finesse ce n'est pas pour les boire avec excès" ou encore que "si on a 51 grands crus ce n'est pas pour les boire dans la même soirée". Ces messages courts sont à la fois informatifs, qualitatifs, sérieux et humoristiques.

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