Revenons dans la cour des anciens communs et dirigeons-nous vers la fontaine, une des plus vieilles du Val de Loire.
Nous passons ensuite sur un vrai pont-levis pour pénétrer dans l'enceinte médiévale du château qui évoque déjà la Renaissance par ses fenêtres "empilées" les unes au-dessus des autres.
Mon intention était de me focaliser sur les oeuvres exposées dans le cadre de Métamorphoses mais fut-ce par goût personnel ou parce que Patricia Laigneau, propriétaire et curatrice de l'exposition, s'y attarda particulièrement (ce qui se comprend) je m'aperçois que je dispose surtout de photographies de celles qui composent la "Collection Château du Rivau". Cet article restera donc longtemps encore d'actualité. Et pour mieux apprécier les oeuvres je recommande de cliquer sur la première photo puis de les faire défiler une à une.
Mettre l’Histoire de l’art au présent est le credo de Patricia Laigneau, commissaire de l’exposition, qui invite les visiteurs à une traversée de l’histoire de l’art du passé grâce au regard créatif et espiègle des artistes de notre temps ! À partir de détournements et recyclages d’œuvres clés de l’histoire de l’art de la Renaissance, les secrets des grands peintres du XVI° et des merveilles des cabinets de curiosités se découvrent sous un angle inédit, entre humour et émerveillement.
Une grande sculpture d’une grenouille Xenopus laevis (une espèce largement utilisée dans la recherche scientifique) créée par Bryan Crocket en 2024 est accrochée sur le mur.
Xenomorph (Loire) fait partie d’une série de sculptures de grenouilles réalisées à partir de déchets provenant de grands fleuves urbains, tels que la Seine à Paris, l’East River à New York et maintenant la Loire. L’artiste américain est fasciné par le fait que ces batraciens n’ont aucune barrière entre leur corps et leur environnement. Ils respirent par la peau, ce qui les rend très sensibles à la pollution et aux changements environnementaux. En créant ces sculptures de grenouilles surdimensionnées, Crockett souhaite transmettre l’idée que, comme la grenouille, nous sommes également affectés par la contamination des eaux environnantes.
Nous commençons par la chapelle qui a longtemps servi d'espace de stockage pour le grain, si bien que n'ayant pas été habitée elle a conservé au sol un pavage de silex qui est désormais rare dans la région. On y célèbre aujourd'hui la tradition des portraits.
Les représentations des anciens seigneurs du Rivau du XV° peints par Hyacinthe Rigaud (le portraitiste du Roi) dialoguent avec les portraits de notre époque à travers différents médiums comme la photographie (superbe photo de la famille actuelle prise en 2007 par Valérie Belin dont je signale l'entrée à l'académie des beaux-arts).
Il y a aussi la tapisserie, avec le détournement du célèbre portrait du roi François Ier par Clouet (le seigneur du Rivau était son grand écuyer à la Renaissance) enrubanné par l’artiste allemand Volker Hermes dans un esprit iconoclaste avec une œuvre textile intitulée François, appartenant à la série Portraits Cachés, 2025
L’artiste autrichien Arnulf Rainer a recouvert de peinture le portrait de Rembrandt. Enfin Jean-Baptiste Caron invite à effleurer de son souffle un miroir, pour y faire apparaître une phrase-rêve avant de la voir disparaître aussitôt.
Luke James Guardian propose un portrait en terre cuite inspiré du masque africain. Dans le cabinet de curiosités on remarquera sur la table notamment la vanité de Céline Cléron sur une palette à la forme d’un crâne.
Il ne faut pas manquer la superbe collection d’albarelli, des pots à pharmacie cylindriques en majolique. Face à notre surprise, Patricia Laigneau nous expliqua que les trophées présentés dans la salle sont d'origine espagnole et que dans ce pays on a pour habitude de les cirer. Enfin on s'amusera de voir (enfin!) un paon …
La salle du Grand Logis reflète la passion pour l’art cygénétique. De très nombreuses pièces de la collection du Rivau y questionnent l’art du trophée qui signifiait autrefois gloire et puissance alors que nous prônons aujourd’hui le respect de la vie animale.
On retrouve Marie Cécile Thijs (Black unicorn, 2013) qui expose deux tableaux dans l’exposition Licornes! au musée de Cluny, et à laquelle répond la licorne émaillée de céramique de Margaux Laurens Neel alors que la nature morte en céramique de François Chaillou reconstitue une scène de "massacre".
À côté de la licorne, est posée une sorte de vitrine dans laquelle sont disposés des daguets peints en blancs. On dirait une forêt miniature. La Châsse chasse sucrée de Karine Bonneval est un reliquaire, sa forêt d'un blancheur étincelante est en fait un ossuaires d'andouillers de chevreuils en sucre moulé