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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

mardi 24 février 2026

Avant Que La Nuit, second album de Margaux Simone & The Guardians

Margaux Simone est de retour accompagnée de ses Guardians pour un nouvel album intitulé Avant que la nuit.

Margaux est une autrice-compositrice-interprète est née à Martigues d’un père musicien qui lui donne en héritage le goût de la musique. Simone était le prénom de sa grand-mère, un prénom qu'on pourrait estimer désuet mais que l'artiste a choisi de porter en hommage à une longue tradition de femmes fortes qui ont façonné ses textes et son personnage.

Elle est aussi considérablement imprégnée de la Provence qu'elle aime tant et, dans son imaginaire, elle la jumelle avec la Californie, pour son soleil et ses contrastes entre douceur de vivre et colère larvée, en tout cas terre de musique où les plus grands albums folk et rock sont nés.

Géographique ou fantasmé, le Sud est présent dès la pochette de cet album qu'il caractérise presque tout autant que l'atmosphères des seventies. Il est juste franchement déplorable d'oser sortir un objet absolument illisible. Je donne les titres des chansons approximativement puisqu'ils ne sont pas discernables, même avec une loupe.

C'est dommage car, musicalement parlant, la poésie imprègne des textes personnels qui naviguent entre pop et rock. Son père, Philippe Bruguière, a "naturellement" oeuvré à la réalisation, et on le retrouve à la basse, avec à la guitare Giovani Gouvenaux, aux claviers Alexandre Siaud et à la batterie Luc Heller

Dès les premiers mots de la première piste la voix de la chanteuse fait penser à Françoise Hardy et l'impression va se répéter avec les premières notes de la piste 3 évoquant immédiatement Mon amie la rose que chantait Françoise Hardy en 1965, provoquant de la nostalgie chez ceux qui connaissent les paroles : On est bien peu de choses /Et mon amie la rose/Me l'a dit ce matin (…) Me suis fermée la nuit/Me suis réveillée vieille 

Il y a beaucoup de répétitions et ce sont ces groupes de mots que l'on retient sans pour autant qu'ils fassent sens : ah l'amour tout le monde ne parle que de çà … la mélodie est très agréable mais l'exclamation sur l'amour reste en suspends.

lundi 23 février 2026

Master-class des Vins d'Alsace

Wine Paris est l’occasion (aussi) de suivre des master-classes de haut niveau, notamment lorsqu’elles sont organisées par des organismes professionnels tels que le CIVA pour les Vins d’Alsace, et qui plus est ouvertes à tous selon la règle premier arrivé, premier assis.

Celle-ci proposait de passer en revue quelques-unes des nouvelles attentes émergeantes des consommateurs et de découvrir, à travers une sélection de 8 Vins d'Alsace, de quelle manière cette région se positionne alors que lors que la consommation de vin est un sujet devenu complexe, et pas seulement parce que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé et qu'il convient de modérer sa consommation.

Il peut y avoir des opportunités à saisir pour qui est à l'écoute des nouvelles tendances de consommation et qui dispose d'une variété de terroirs aussi large que l'Alsace.

Les habitudes changent, on mange moins de viande, on voudrait plus de produits frais, sains, naturels. Les repas se déstructurent, s’improvisent, se réinventent. Dans cette tendance plaisir/simplicité, le vin prend une toute autre place avec une recherche de buvabilité, d’accessibilité, de fraicheur, de légèreté… Qui se traduit par une montée sensible des vins blancs, un goût affirmé pour les vins frais et secs, des envies de bulles, de rouges fins, structurés et fruités !

Le respect de l’homme et de la nature tend à devenir une exigence parce que nous évoluons vers une société de plus en plus consciente de sa responsabilité dans ses actes d’achats. En Alsace la conscience environnementale est profondément ancrée depuis longtemps, ce qui en fait d’ailleurs une région totalement pionnière en la matière, avec plus d'un tiers des vignobles en biodynamie depuis quasiment 60 ans alors que la moyenne nationale se situe autour de 15%. Mettre en avant des vignobles respectueux devrait donc être chose facile.

On observe une recherche de vrai, de relief et d’authenticité qui conditionne aussi les choix en matière de restaurant. Avec un vignoble qui a des racines, et qui est toujours à taille humaine, l'Alsace a là encore des atouts à jouer. Il convient de rappeler ou du moins d'évoquer l'ouverture au monde, à l'humain et à la diversité, qui font heureusement partie de la culture alsacienne comme cela a été démontré à la dernière foire d'Osaka où 78 domaines alsaciens furent présents.
Ce sont en particulier ces axes qui ont été développés dans la co-intervention de Philippe Bouvet, Directeur Marketing du CIVA et de Thierry Fritsch en rappelant en introduction que la crise n'est pas une fatalité et que la remise en cause doit être accueillie comme une évolution normale en reprenant l'exemple de la formidable évolution du marché du pain. Le CIVA a tiré enseignement de tout cela en intégrant les nouvelles données dans sa communication.

Pour la première fois un alcoolier français admet que "si ses vins sont conçus avec finesse ce n'est pas pour les boire avec excès" ou encore que "si on a 51 grands crus ce n'est pas pour les boire dans la même soirée". Ces messages courts sont à la fois informatifs, qualitatifs, sérieux et humoristiques.

dimanche 22 février 2026

Des enfants uniques de Gabrielle de Tournemire

Ce n’est évidemment pas le premier livre que je lis sur le thème du handicap. Ils ont trop souvent un côté donneur de leçon qui devient vite insupportable. Gabrielle de Tournemire n’est pas dans cette posture. Et pour un premier roman, il est vraiment remarquable. 
Hector et Luz sont amoureux depuis l’adolescence mais ils sont incompatibles aux yeux du monde. Redouté par leurs familles respectives, empêché par la société, il n’a nulle place où s’installer. Hector et Luz sont handicapés et, visiblement, leurs cœurs ont des raisons que les autres font mine d’ignorer. Malgré tout, par leur force et la grâce des rencontres, celle de Carlo notamment, leur éducateur, un couple se construit et ensemble ils vont chercher à abattre petit à petit les obstacles, dont celui, si tenace, de l’infantilisant regard de l’autre.
Il est devenu de bon ton de les évoquer comme des enfants "différents". L’auteure les qualifie plus positivement en parlant d’eux comme des enfants uniques, ce que sont d’ailleurs tous les enfants. Hector est cet enfant unique au monde, béni ou maudit, qu’importe, mais né sous des auspices un peu particuliers (p. 44) et, précisant l’opinion de la mère, elle ajoute : c’était son avis, elle qui depuis longtemps ressentait le besoin de donner un sens à la vie de son fils, de remplir sémantiquement sa différence.

Les mots employés par Gabrielle de Tournemire ne sont jamais anodins. Apprenant que les statistiques affirment qu’aucun de ces enfants n’est plus malheureux qu’un autre cette maman craque en devinant que c’était donc un malheur (p.45). Mais ces parents vont en quelque sorte prendre le problème à bras le corps, multipliant les exercices de toutes sortes, sans relâche et avec autant d’attention que d’amour. Le programme nous est décrit en détail mais, là encore, en termes choisis. En voici un exemple à la fin d’une séance de natation : on eut dit qu’il prenait sa respiration sous l’eau pour ne pas se noyer dehors (p. 58). Plus loin, on lira que Luz respirait fort comme si chaque respiration était un grand verre d’air pour faire passer la pilule (p. 212). Le moins qu’on puisse conclure est qu’effectivement il s’agit d’enfants différents et d’une écriture qui détone.

Rebecca et Stéphane s’acharnent avec douceur à garantir à leur enfant spécial la vie la moins spéciale possible… combler les lacunes pour qu’il arrive au niveau zéro, au niveau de la mer, effacer autant que faire se peut, la différence et ses répercussions. Ils le souhaitaient capable, dans le futur, d’une existence autonome (p. 60). Et pourtant on verra que à force de vouloir faire d’Hector un adulte normal ils le privaient de son enfance (p. 75).

N’est ce pas ce que souhaitent tous les parents pour leur progéniture ? Eux peut-être avec davantage d’acuité. La tâche n’est pas facile malgré un protocole exigeant. Le lecteur constate qu’Hector ne coche pas toutes les cases, comme on le dit vulgairement, mais qu’il avance cahin-caha son bonhomme de chemin, aidé en cela par son "éduc" Carlo. Arrivent deux évènements perturbateurs, le changement d’établissement et la rencontre (amoureuse) avec Luz, elle aussi enfant unique, mais différemment de lui.

Luz a ceci de différent qu’elle n’est pas "unique" dans le sens employé communément. Elle a trois soeurs mais elle est Luz, leur luciole, et l'ainé, ce qui n'est pas anodin. A l’inverse aussi d’Hector son état de santé ne s’améliore pas. Mais ces deux-là s’accordent à la perfection et leurs familles devront s’adapter.

Les péripéties s’enchaînent au fil des années. Tout nous est raconté dans la langue un peu unique elle aussi de Gabrielle de Tournemire, qui choisit ses mots comme une artiste fleuriste composerait ses bouquets. Elle réussit à maintenir le suspens jusqu’à la dernière page, nous faisant douter de langue manière dont vont tourner les choses.

Sans être autobiographique ce texte est malgré tout grandement inspiré des constats que l’auteure a pu faire au cours d’une année passée dans un foyer d’hébergement pour adultes en situation de handicap. Elle a dû y assimiler aussi beaucoup de choses sur l'aspect administratif. Il ne faudrait pas opposer être capable à être incapable, mais penser "être autrement capable" (p. 197). On apprend que c’est la nouvelle terminologie de la Croix-Rouge après avoir compris que le terme d’handicap était à lui seul un handicap. Plus loin Luz, qui ne saisit pas les mots dans leur entièrement retiendra la syllabe cap dans ce qu’elle inspire de positif.

Ils ont des "rêves d’ordinaire" mais ça, pour des handicapés, c’est précisément le plus difficile à atteindre. L'illustration de couverture est fort bien choisie avec ce magnifique tableau de Chagall intitulé La Promenade, peint juste après la Révolution d'octobre en 1918 montrant Bella Rosenfield s'élevant dans le ciel en y entrainant le peintre.

J'ai régulièrement pensé au très beau film Mon inséparable, et aussi à Un p'tit truc en plus d’Artus, où là aussi le thème de l’amour entre handicapés est au coeur de la narration.

Nous suivons quatre couples sur de nombreuses années. Les parents d'Hector, Stéphane et Rebecca, ceux de Luz, Esteban et Louna, bien entendu Hector et Luz, mais aussi Carlo et Véronique. L'accent est régulièrement porté sur les parents, qui chacun réagissent différemment. Etre handicapé, pense Esteban, c’est apprendre sans cesse à se contenter de moins (p. 212). Le père parlera à coeur ouvert à sa fille. Il raconte, avoue, demande pardon à propos les craintes qu’il a eues au moment de sa naissance, avec des mots vrais, sans se donner le beau rôle : je suis parti dans le bar d’en face. Jamais, jamais je n’aurais cru que tu vivrais tout ce que tu vis. Tu es un miracle (p. 213).

La poésie n'est jamais loin dans ce roman, à petites touches qui sont autant de clins d'oeil, soulignant par exemple la certitude que les petits poissons dans l’eau nagent aussi bien que les gros (p. 84) quand Hector monte sur le podium.

Des enfants uniques de Gabrielle de Tournemire, Flammarion, en librairie depuis le 27 août 2025
Sélection du Prix des lecteurs de Vallée Sud Grand Paris 2026 - Catégorie romans français.

samedi 21 février 2026

Les vins de Campanie sur Wine Paris

Quiconque aura traversé le hall 5 dédié à l'Italie sur Wine Paris aura compris que ce pays avait l'intention de frapper les esprits.

Les stands y étaient vastes, très colorés, mettant en avant des bouteilles dont les étiquettes bouleversent les codes de sobriété auxquels nous avons l'habitude. Mais surtout on remarquait que les régions étaient venues en force, pour présenter leur production de manière regroupée et cohérente, ce qui ne veut pas dire qu'un néophyte aura pour autant une compréhension exacte de la situation sachant que l'Italie compterait plus de 700 différents cépages, même en focalisant uniquement sur les DOCG, caractérisant le label le plus prestigieux, qui représente moins d'une centaine d'appellations.

Outre les distinctions Vin de table, IGT, DOC et DOCG (la plus prestigieuse et la plus stricte) dont les termes évoquent des qualités mais pas des goûts, il y a tant de régions productrices qu'il m'est impossible d'appréhender le marché italien de manière aussi précise que je peux le faire pour les terroirs français. Saurais-je distinguer dans une dégustation à l'aveugle Chianti, Malbrusco, Lacryma Christi, Etna, Barolo, Marsala, Malvasia, Valpolicella ou Prosecco ?

On m'avait donné rendez-vous sur le stand Casa Campania pour découvrir le projet Campania Wine, qui réunit, au sein d’un groupement, les quatre Consorzi de Tutelle suivants : Sannio Consorzio Tutela Vini, Consorzio Tutela Vini Vesuvio, VITICA – Consorzio Tutela Vini Caserta et Vita Salernum Vites, représentées à Paris avec 26 entreprises.

J'y ai dégusté des cuvées que j'ai vraiment appréciées mais il faudra sans doute plusieurs moments de dégustations pour mémoriser les caractéristiques de tel ou tel cépage (inconnu en France) et de telle ou telle appellation, et bien entendu en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Voici en images, chacune de mes découvertes, dans l'ordre de la dégustation.

Le Fiano est un cépage blanc cultivé principalement dans la région de Campanie, dans le sud de l'Italie. Il est réputé pour produire des vins au profil aromatique distinct et complexe, souvent décrit comme ayant des notes de miel, d'agrumes et de fruits tropicaux, avec une pointe de minéralité.

Fiano Di Avellino de Tenuta Scuotto est un vin blanc frais à la couleur jaune paille. Il est très sec, vieillira très bien en raison d'un excellent potentiel, en toute logique car il est classé DOCG. Intense au nez avec des notes de noisette et d'agrumes, il est frais en bouche, avec des notes cette fois de poires mures et se mariera parfaitement avec des crustacés.

Fiano di Avellino DOCG est une appellation de vin blanc, située dans la province d’Avellino dans la région de Campanie. Il est considéré comme la plus belle expression du cépage blanc Fiano. Avec le Greco di Tufo DOCG, c’est l’une des meilleures appellations de vin blanc d’Italie.

Situé en plein cœur de la Campanie et à environ une heure de route à l’est de Naples, Avellino est une région viticole vallonnée et rustique. Elle est presque éclipsé par toutes les autres grandes régions viticoles des collines au-dessus de Naples et elle doit certainement rivaliser pour attirer l’attention des amateurs de vin et des touristes.

Le territoire est principalement vallonné et compte de nombreuses forêts qui offrent les changements de température nécessaires à la vigne pour développer la belle acidité qui la distingue. Les rendements sont très faibles et les vignes sont très soignées. Le vin est ensuite élevé sous bois ce qui lui confère une finale longue et élégante.

Ce vin était apprécié au Moyen Âge. L’histoire raconte que Charles d’Anjou, roi de Naples, était tellement amoureux de ce cépage qu’il fit planter 16 000 vignes de Fiano dans les vignobles royaux. et c’est toujours l’un des acteurs clés du succès de l’industrie viticole moderne de Campanie.

Tenuta Loffredo est un vin rouge élevé en viticulture conventionnelle. Le cépage employé est le piedirosso qui donne des vins rouge rubis intense, ayant du corps, alcooliques et légèrement tanniques sans être trop corsé. Il est connu aussi sous le nom de palombina ou "pied de pigeon".

Le Piedirosso Campi Flegrei est un vin caractéristique et harmonieux, présentant une robe rouge rubis aux reflets grenat. Au nez, il dévoile de légers arômes de poivre et de géranium, accompagnés de cerise et d'une subtile touche de maquis méditerranéen. En bouche, il est frais, minéral et vif, avec d'agréables notes florales et de fruits murs de prunes, de pruneaux voire de mûres. J'ai remarqué une note à peine fumée qui provient du terroir volcanique.

Voici maintenant deux vins du domaine Donnachiara avec d'abord un Taurasi DOCG de Montefalcione. Le Taurasi tire son origine du mot latin "taurus", signifiant taureau, symbole de force, de fertilité et de virilité. Le Taurasi DOCG est aujourd’hui le vin le plus connu et le plus respecté de Campanie, en raison de sa pleine structure, mais aussi de son excellent potentiel de garde, grâce à sa forte teneur en tanins mordants, résultant de sa vendange très tardive, lui valant parfois le surnom de Barolo du Sud, avec lequel il présente certaines similitudes.

J'ai apprécié ce vin pour le soyeux de ses tanins.

Sa robe est couleur rubis aux reflets violets. Son bouquet intense révèle des notes de mûre, de prune, de cerise, de cacao et de café. Chaleureux, sec et souple en bouche, il offre une structure élégante et une excellente persistance, sublimant l'expérience aromatique.

Le cépage est un 100% aglianico, cultivé traditionnement en Campanie, dans les Pouilles et le Molise et qui a été récemment introduit en Australie, car il est particulièrement adapté aux climats très ensoleillés.
L'étiquette représente le profil stylisé d'un visage féminin, en hommage à la lignée de Chiara qui reprend les rênes de la grand-mère maternelle de l'actuelle chef d'entreprise.

Taurasi répond à un cahier des charges moins exigeant que le Taurasi riserva, essentiellement en relation avec le vieillissement et le titre alcoolique que j'ai gouté en second lieu.

Le Lacryma Christi du Vésuve DOC Vigna del Vulcano est un vin blanc produit par le domaine Villa Dora, une petite exploitation viticole située à Terzigno, sur les pentes du Vésuve. Cet assemblage blanc associe deux grands cépages autochtones de la région : le Coda di Volpe et le Falanghina.

Le résultat est très intéressant en raison d'un élevage d'environ huit mois sur lies fines en cuve inox. Le vin qui en résulte présente une robe jaune paille.

Le nez révèle d'intrigantes notes d'agrumes, des nuances florales de camomille et d'herbes aromatiques comme le thym, ainsi que de délicates touches de fruits secs.

La bouche est intense et fraîche, avec une touche minérale et une longue finale. Il s'accorde idéalement avec les plats de poisson, les fritures et les grillades, et se marie également à merveille avec un savoureux risotto aux fruits de mer.

Bien entendu l'étiquette est surprenant mais tout à fait caractéristique du travail graphique audacieux qui se remarque sur les cuvées italiennes.

Les Cantine Russo sont situées au pied du plus grand volcan actif d’Europe, sur le versant nord-est de l’Etna. Les vignobles s’étendent entre 650 et 1000 m d’altitude, dans une zone sèche et bien aérée, avec des variations de température notables entre le jour et la nuit pendant la période de maturation des raisins. Le substrat volcanique caractérise les vignobles selon la commune dans laquelle ils se situent.

Et voici pour finir Enia dont le nom a été donné en hommage encore une fois à une femme, Eugenia, la dernière de la génération russe, dont la signification est "bien né" tout autant que "noble esprit" et de fait ce vin répond à l'attente en combinant force et élégance.

Elaboré avec le cépage Aglianico qui est considéré comme un des plus anciens, donne habituellement des rouges robustes, corsés, avec des arômes de fruits rouges et noirs, des notes épicées et une acidité élevée. Mais il est ici vinifié en blanc, en bousculant les codes.

Après les vins du Barolo et de l'Etna, puis du  Consortium Asolo-Montello, et avant ceux du Consorzio Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG et bientôt du Valpolicella, la Campanie s'est affirmée sans conteste comme une région comptant en Italie. 

vendredi 20 février 2026

Ypseli, une taverne, un traiteur, une épicerie fine, une cave à vins … et un livre

C’est toujours avec émotion que je me rends à l’invitation d’une ambassade.

Il y a deux semaines la représentation diplomatique de la République hellénique auprès de la République française rassemblait aussi bien des convaincus que quelques personnes ignorant tout de la cuisine grecque mais prêtes à la découvrir.

Symeon Kamsizoglou a parcouru le pays avec sa femme Delphine, de Thessalonique à Athènes en passant par Corfu, la Crète, les Cyclades, Metsovo et Meteora. Pendant deux ans ils ont recherché les meilleurs producteurs, vignerons et artisans. Ce périple, ponctué de rencontres et découvertes, aboutit en 2025 à la création de leur maison dédiée à la gastronomie grecque, Ypseli, ainsi qu’au livre éponyme.

Celui-ci, dont la couverture inscrit clairement l’ouvrage dans l’univers de la péninsule grecque, est autant un guide de voyage qu’un recueil des recettes qui incarnent l’art de vivre et la cuisine de ce pays. Ypseli incarne un certain art de vivre.
Il est de coutume, au cours d’un tel moment, de partager un verre et de grignoter quelque chose. Symeon et Delphine étaient venus avec quelques-unes de leurs spécialités, tout juste sortis de leurs cuisines, des feuilles de vigne farcies (dont la saveur est loin des dolmas qu’on a l’habitude de consommer en conserve), des beignets de potimaron, inspirés par la recette classique des beignets de courgette (p. 68 du livre), à plonger avec gourmandise dans un le tzatziki frais (p. 64) et d’appétissants plateaux de spanakopita, une délicieuse tourte fondante aux épinards, qui n’a pas été réalisée avec de la pâte filo mais quelque chose qui évoque plutôt le croquant de la pâte brisée de nos quiches lorraines. Une variante, appelée hortopita nous est donnée p. 252.
C’était simple et authentique, ce qui n’est pas si fréquent. Ces plats ont été accompagnés, au choix, et en toute modération parce que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, par un vin blanc et un rouge, grecs bien entendu.
Le mot taverne nous intrigue parce que pour nous, français, il ne correspond pas à une réalité moderne alors qu’en Grèce il est aussi patrimonial que le serait le terme de guinguette, même s’il n’en existe plus guère d’authentique dans notre pays.

Ce sont les gaulois qui ont imaginé des lieux où ils pourraient écouler leurs vins. Et ce furent les premières tavernes. Plus tard on commença à y servir à manger comme dans les auberges.

Les auteurs ont voulu mettre en valeur la gastrotaverna, qui pourrait peut-être correspondre au mouvement qui a désigné l'évolution de la cuisine servie dans les bistrots français sous le terme de bistronomie, à ceci près que les établissements mis en valeur dans Ypseli sont restés simples dans la présentation de leurs plats.

Le mot résonne comme un nom de code, un sésame magique, ouvrant les portes d'un monde de saveurs authentiques. On y trouve la recette du meilleur caviar d'aubergine (p. 46) qu'on aura malgré tout du mal à reproduire, faute d'avoir des produits d'aussi bonne qualité (comme pour faire une vraie salade grecque, p. 62) mais on aura appris que le secret est dans l'égouttage et le repos.

Le poulet dit "à la grecque" n'est pas éloigné de celui que ma mère cuisinait le dimanche, bien qu'elle n'ajoutait pas d'huile mais du beurre, ce qui me fait penser qu'une de mes amies grecques m'a confié avoir découvert cet ingrédient seulement à son arrivée en France.

Il y a plusieurs manières de cuisiner les gros haricots. Sans avoir exactement la même variété il me semble que les haricots de Soissons (délicieux) pourront faire l'affaire. Les frites sont toujours découpées "en coin de rue". Il faut le coup de main pour garder un côté bombé et un côté plat avant de la couper en faisant des angles.

Je pense que je n'aurai jamais le bonheur de déguster une moussaka comme celle qui est décrite p. 108 à moins que celle qui est servie dans le restaurant de la rue de Réaumur s'en approche. Ce que je sais c'est que chaque cuisinier a sa manière d'assaisonner les ingrédients si bien que le plat n'a pas exactement le même goût selon les équipes, et c'est ce qui participe à l'authenticité de la cuisine.

L'ouvrage se feuillette en prenant le temps de rêver, aux saveurs, aux odeurs, en s'imprégnant progressivement de la spécificité de cette cuisine. C'est un voyage dans l'espace et dans le temps, suggéré par les superbes images de Stanislaw Boniecki qui a travaillé en argentique, ce qui donne à ses clichés un grain tout particulier.

J'ai beaucoup apprécié la présence de plusieurs index, par lieux, par nom de recettes et par ingrédient, ce qui facilite grandement le repérage.

Cette approche de la culture gastronomique grecque est bien entendu à concrétiser en se rendant chez Ypseli dont voici quelques photos.

jeudi 19 février 2026

Double Plouf et Patatras … avec Philippe Corentin

Nouvelle journée, jeudi 19 février, à l’Ecole des loisirs, à fouiller le patrimoine littéraire, cette fois celui d'un des plus singuliers et des plus libres, multipliant les irrévérences avec une fantaisie provoquant le pardon et forçant l’admiration.

Les amateurs de littérature jeunesse auront compris qu'il s'agit de Philippe Corentin, un auteur "renversant" que j'avais rencontré le mercredi 31 octobre 2012.
L’équipe s’est appuyée sur l’excellente et rarement si complète exposition que lui avait consacré le Musée de l’Illustration Jeunesse (MIJ) de Moulins (Allier), intitulée Scrogneugneu, enrichie par les fonds de l’Heure Joyeuse que conserve la Médiathèque Françoise Sagan, un havre de paix et de découverte, proche de la gare de l’Est, que je recommande chaudement. J’y étais d’ailleurs déjà venue à propos de la publication de Bonjour Tristesse en bande dessinée.

Après Moulins, Paris consacre donc une très grande exposition à Corentin sur plusieurs étages de la médiathèque Françoise Sagan que nous ont présentée Hélène Vallotteau, responsable jeunesse et patrimoine de l'établissement et Binh Chaumont amie de Philippe et de son épouse Michèle (ci-dessous à droite) qui y a apporté tout un repas d'ingrédients mystère que sont les jeux qu'elle a conçus à partir des albums et dont les enfants (et les parents) peuvent s’emparer.
Auparavant nous avons eu le bonheur et la chance d'écouter la grande spécialiste Yvanne Chenouf (ci-dessus à gauche) présenter les caractéristiques de l'oeuvre de Corentin qui pour elle est un des auteurs les plus libres, les plus singuliers et dont l'humour est irrévérencieux permettait de désarçonner son interlocuteur à coup sûr, ce dont il était très fier.

Et ça commence quand on l'interroge sur sa biographie qui sera vite expédiée. Né dans les années 40, en région parisienne, il passe son enfance à Quimper, fait des études qui sont qualifiées de très secondaires ... En 1968, ses premiers dessins sont publiés dans "L'Enragé". Il a collaboré à "Elle", "Marie-Claire", "Jardin des Modes", "Vogue"... avant d'arriver aux albums pour enfants.

C'est un auteur renversant à double titre : tomber par terre et être ému. Le poème Dans Paris de Paul Eluard lui correspond à merveille (voir en fin d'article). Le poète y joue avec les éléments comme avec un château de cartes ou les cubes d'une pyramide construite par les enfants. Tout va tomber dans un ordre logique, anticipante, et réjouissant.

C'est représentatif de ce que fait Corentin en ce sens que tout rate chez lui.
 Pipioli le souriceau estime que ce qu’une hirondelle fait il peut le faire, mais il choisit comme modèle l’oiseau le moins migrateur qui soit, un merle qui s'appelle Zigomar, et qu'on retrouve dans plusieurs albums.

Quand on chante Joyeux anniversaire c’est la partition de Malbrough s’en va en guerre qui est dessinée (dans Patatras). Il bouleverse l'ordre familial mais ne rigole pas pour autant avec les traditions. La mère confirmera systématiquement la cohérence du monde. On ne change pas ce que la nature nous a donné.

Il venait du dessin politique et érotique et trouva malgré tout sa place à l'Ecole des loisirs, même si Ungerer était déjà là. Il y entre avec Mademoiselle-tout-à-l’envers, orpheline de deux parents tués par crime. Chiffonnette est une cousine d'Amérique qui arrive dans la famille des deux souriceaux Trottinette et Totoche, des noms qui viennent de l'univers de la Bande Dessinée. Comme Cosette et Gavroche. Ni chauve, ni souris, elle a par contre le museau chiffonné et n'est pas comme tout le monde, jouant un peu la vamp (comme vampire).

Mais quel est le vrai monde ?
 Pas d’ironie sans conflit de valeurs, démontrant qu’un autre ordre est possible. Par exemple rejoindre l’Afrique, avoir un dessert, ce que réclame un personnage, fourchette à la main, goûter une petite fille.

Corentin a un frère jumeau, Alain Le Saux, également auteur jeunesse, dont il ne porte pas le même nom. La gémellité traverse l’œuvre (un des albums est Les deux oiseaux). Tout le monde est dans l’inconfort de sa position et les obstacles au changement sont multiples :
- une erreur de calcul dans l'Afrique de Zigomar (comme Colomb), 
- la question de l'offre et de la demande,
- l'instabilité du désir qui est débordant.

Quand le point de vue change, le monde change.
 Alors on conclut de nouvelles alliances : Chien/lapin, lapin/loup, Grenouille/merle/souriceau. On cherche à régler le problème par la métamorphose mais les choses ne se font pas par simple bonne volonté. Il faut suivre une formation, ce que fait le lapin pour guider Le chien qui voulait être chat. Il faut accepter de s'ouvrir aux autres, de jouer, lire, bouger, se remuer. Malheureusement Biplan, le moucheron rabat-joie ressasse Je sais pas quoi faire. Qu’est-ce que je peux faire ? Comme le demande Anna Karina et le crocodile lit dans son bain comme Belmondo, toujours dans Pierrot le fou le film de Godard.

On remarque une autre allusion au cinéaste dans Zigomar n’aime pas les légumes, quand les oiseaux se posent sur la branche à bout de souffle. Il y a une forte inter-conicité chez Corentin. Un petit être tenu dans un gros poing poilu évoque King-Kong. Une chute dans le ruisseau, voilà Gavroche, les pieds battant l'air et c'est l'Icare de Bruegel. Des volailles en panique, une haie d'honneur de lapins, c'est l'hommage à Rabier. La tête du Père Noël sur un plateau, c'est Saint Jean-Baptiste du Caravage ...

On deale beaucoup chez Corentin qui semble prôner la pédagogie du détour. (Zygomar n’aime pas les légumes).

Il aime mettre en scène des rois (des légumes, des gâteaux) qui peuvent tout aussi bien être un loup ou un escargot, pourvu de porter une couronne, et des reines de carnaval comme la reine des fourmis. Il s'inspire du discours du Dictateur de Charlie Chaplin en 1940. Nous pourrons tous être heureux mais nous avons perdu le chemin.

Il met en garde. On ne s’assoie pas à la table d’un loup. On ne joue pas avec le feu. C'est le propos de Mademoiselle Sauve-qui-peut.

Il nous fait entrer dans l'histoire, comme au théâtre, par une interrogation : dis, maman pourquoi ... ? ou bien bille en tête par une affirmation : voilà, c'est l'histoire de ... en détournant ensuite les personnages principaux des contes (le père noël, le petit chaperon rouge, le loup), c'est encore l'histoire d'un ogre, mais celle-là elle est rigolote.

Ses héros portent des noms de personnages de dessins animés : Pipioli Pissenlit, Zigomar, Scroneugneu, Trottinette, Totoche, Routoutou, Bouboule, Baballe, Machin Chouette, Loustique et Chiffonnette ... Ils sont aussi sympathiques lorsqu'ils n'ont pas de patronymes comme la Mère Souris (avec des majuscules tout de même) ou la grenouille qui parfois même se contente d'être spectatrice muette de l'aventure, comme dans Plouf !
Dans un second temps, Hélène Valotteau et Binh Chaumont ont dialogué pour donner le cadre de l'exposition dont elles sont les deux commissaires.

Bin explique que l’idée de fabriquer des jeux à partir des albums a germé en 2020 dans son tout petit appartement pendant le Covid avec aussi un travail de marionnettes.
 Chacun tient dans une palette et il y en a une par album.

mercredi 18 février 2026

Le consortium des vins Asolo Montello

Je reviendrai sur la (très) impressionnante présence des vins italiens sur Wine Paris. Mais tout d'abord je voudrais m'attarder un peu sur le consortium des vins Asolo Montello. 

Fondé en 1985, le Consorzio Vini Asolo Montello est un point de référence et un catalyseur pour les initiatives visant à valoriser, protéger et promouvoir les appellations d'origine contrôlée (AOC) Asolo Prosecco et Montello (Montello DOCG et Montello Asolo DOC) dans la province de Trévise où les douces collines d'Asolo offrent un cadre enchanteur aux visiteurs et un terroir idéal pour la viticulture. 

On peut en apprendre plus sur le site de l'appellation mais qui est en italien.

Nous sommes dans le nord-est de l’Italie, à moins de 100 kilomètres de Venise, et il s'agit de la plus petite appellation du Prosecco au monde. De dimensions certes modestes, cette région se distingue par une élégance discrète, où se rencontrent harmonieusement beauté, art et internationalité.

Asolo, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, en est le symbole. C'est un village fortifié, considéré comme l’un des plus beaux d’Italie, dont l’identité est profondément ancrée dans le Moyen Âge. Il fut apprécié dès le XVe siècle par la reine de Chypre Catherine Cornaro, puis par l’actrice Eleonora Duse. De grands voyageurs comme Robert Browning, Freya Stark ou Ernest Hemingway y trouvèrent un refuge paisible après avoir parcouru le monde.

Fort de 475 membres (viticulteurs, vinificateurs, embouteilleurs) répartis sur 18 communes, le Consortium s'est doté en 2020 de deux marques distinctes afin de cibler ses actions de manière spécifique : Asolo Prosecco (et la marque associée Consorzio Asolo Prosecco), utilisée pour la commercialisation de l'Asolo Prosecco, et I Vini del Montello (et la marque associée Consorzio I Vini del Montello), utilisée pour la commercialisation des vins des deux appellations Montello DOCG et Montello Asolo DOC.

Son action et la forte cohésion entre les producteurs locaux ont permis d'obtenir des résultats notables, notamment la reconnaissance de l'AOC DOCG (Appellation d'Origine Contrôlée et Garantie) pour l'Asolo Prosecco et le Montello, ainsi que pour la sous-zone Venegazzù. Les chiffres de productions sont impressionnants avec en 2024 :
• Asolo Prosecco Docg : 32 450 000 bouteilles (pour une superficie viticole de 2 271 hectares)
• Montello Docg : 25 400 bouteilles
• Montello Asolo Doc : 473 500 bouteilles 

J'évoquerai plus loin le Recantina qui est cultivé sur un terroir minuscule et qui constitue une sorte de rareté. Mais commençons par l'Asolo Prosecco qui est un vin effervescent, qui se distingue au nez par un bouquet floral et fruité, enrichi d’une subtile et rafraîchissante note végétale. En bouche, il est souple et équilibré, avec une fraîcheur vive et une finale est sèche et persistante. On peut y reconnaître des notes d’agrumes, de citron et de cédrat, accompagnées de nuances fines de miel, ainsi que des arômes typiques de pomme mûre et de fleurs d’acacia.

Vous aurez deviné que ce vin fruité et léger ne sert pas qu'à "allonger" le fameux cocktail orange … Ce qui surprend le plus au premier abord est la couleur du breuvage, presque aussi clair que de l'eau et qui est la "marque" du cépage utilisé, le GleraÀ l'origine, ce cépage était connu sous le nom de Prosecco (plus précisément Prosecco Tondo).

J'ai dégusté, en toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, les vins de 5 domaines en appellation DOCG qui n'est accordée qu'aux meilleurs :

En premier lieu le Giusti, extra brut, sans sulfites ajoutés, sans dosage.

L'entreprise a été fondée en 2000 par Ermenegildo Giusti pour faire découvrir les collines de Montello qu'il considère comme l'égale du paradis. Cette famille y possède plus de 120 hectares répartis sur 10 domaines.

On y trouve le célèbre domaine de l'abbaye Saint-Eustache et la nouvelle cave durable, véritable hommage à Montello. La qualité et le respect de l'environnement sont la priorité absolue de l'entreprise, qui cultive également un sens aigu de l'hospitalité et s'efforce de faire vivre à chacun une expérience incomparable lors de la visite de ses domaines.

Bedin est un domaine viticole familial situé au nord-ouest de Trévise, au cœur de la zone de production du Prosecco DOC et au sein de la plus petite sous-région d'Asolo Prosecco Superiore DOCG.

Depuis sa fondation en 1948, le domaine Bedin n'a cessé de se développer et d'évoluer. L'engagement de la famille envers l'élaboration de vins s'étend sur sept décennies et trois générations. Ils sont engagés dans une viticulture durable et certifiés SQNPI. Chaque étape du processus, de la vigne à la bouteille, est réalisée au domaine et supervisée par la famille afin de garantir le respect des plus hauts standards de qualité.

L'entreprise commercialise 3 millions de bouteilles par an. Celui que nous avons dégusté est très équilibré en terme d'acidité et particulièrement parfumé.

Ce sont trois frères, Enrico, Matteo et Davide Bresolin, des jeunes vignerons indépendants et passionnés, qui cultivent les vignes de Bresolin Bio depuis 2012, année de la création de cette entreprise familiale, certifiée FIVI.

Ils aiment et respectent leur terroir. Leurs vignes sont proches des bois où vivent chevreuils, sangliers et oiseaux sauvages. Le respect absolu de la biodiversité de leur terre était essentiel pour eux, justifiant leur choix en faveur de l'agriculture biologique depuis 10 ans.

Leur vin pourrait être qualifié de "haute couture". Nous avons dégusté un extra dry qui explosait d'arômes de fleurs blanches.
Dal Bello est un producteur historique de Prosecco Superiore. Leurs 50 hectares de vignes s'étendent sur les collines verdoyantes d'Asolo depuis 2009. Il incarne un domaine viticole et des générations de vignerons passionnés, qui perpétuent les traditions ancestrales tout en les intégrant aux innovations actuelles.

Leur terroir et leur attachement séculaire à cette région d'Italie remonte à 1906, date à laquelle la famille Dal Bello a débuté son activité agricole, expliquant leur haut niveau d'expérience. Leur production actuelle dépasse le million de bouteilles.

Leurs vins sont régulièrement récompensés par les concours internationaux les plus prestigieux, tels que Vinitaly 5 Stars, IWSC, Falstaff et Decanter. On peut être surpris par l'étiquette de ce prosecco qui pourrait suggérer qu'ils sont détenteurs de l'appellation puisque son nom s'affiche en très grand et en lettres dorées, très élégantes au demeurant, à l'image de l'extrême finesse de ses bulles.

On imagine parfaitement le demi-sec avec un gorgonzola ancien.
Enfin Bele Casel est un domaine viticole familial situé au cœur des collines d'Asolo. La tradition agricole familiale, alliée à une approche moderne et durable de la vinification, constitue le fondement de leur philosophie en s'emparant de la mission de valoriser l'identité du terroir d'Asolo par la production de vins de grande qualité qui expriment l'authenticité du Glera et d'anciens cépages locaux.

mardi 17 février 2026

Les Mots, nouvel album d'Isild Le Besco

J'ai pu écouter Les Mots, le nouvel album d'Isild Le Besco dont la sortie est annoncée pour la fin du mois de mars.

Isild Le Besco, née le 22 novembre 1982 à Paris, est une actrice, scénariste et réalisatrice française, soeur de Maiwen. Issue de la scène théâtrale, elle est révélée au cinéma en 2000 dans le film Sade de Benoît Jacquot.

Elle a convaincu une dizaine de femmes de la rejoindre : Émilie Dequenne, Josiane Balasko, Sandrine Bonnaire, Judith Chemla, Maria de Medeiros, Marianne Denicourt, Laëtitia Eïdo et Léonor Graser.

Elle a proposé à chacune un de ses textes à l'écriture singulière, s'en réservant un, afin de porter ensemble une parole féminine libre et sans artifice. Le résultat est un album intime et profondément incarné, à la croisée de la musique, de la poésie et du jeu théâtral.

Il est question d’amour, de rupture, de liberté, de reconstruction et de douceur retrouvée.
Les textes alertent sur des thématiques fortes : quitter la violence, se libérer de l’emprise, réapprendre à aimer, habiter son corps, trouver sa maison intérieure. 

La musique d’Andréel, épurée et organique, laisse toute sa place aux voix, mais aussi aux silences. Elle se déploie dans une grande économie de moyens : pianos dépouillés, motifs répétitifs, textures discrètes, silences assumés. Elle ne cherche jamais à illustrer, préférant accompagner le texte, soutenir la respiration, révéler l’émotion. Chaque chanson semble suspendue, proche de l’oreille, presque chuchotée pour faire de la chanson un espace de réparation.

L'album commence avec ce qui me semble être le meilleur. La voix de Josiane Balasko est pure, droite et très touchante.

Prévu pour le 27 mars 2026, cet album choral s’annonce comme une œuvre profondément littéraire et musicale.

lundi 16 février 2026

Master-class pour comprendre la démarche transversale des caractères de Champagne de Vignerons à Wine Paris 2026

Wine Paris offre une pléiade de conférences de presse, de rencontres et de master-class qui sont toujours passionnantes.

J'en ai suivi plusieurs cette année, certes au détriment de temps de découverte dans les allées mais qui me permettent d'approfondir mes connaissances.

Le nom du conférencier guide souvent mes choix. Comment résister lorsqu'il s'agit de  Geoffrey Orban qui est selon moi, puisque j'ai déjà eu la chance de l'écouter, un très grand expert en champagnes. Me croirez-vous quand je vous dirai qu'il déguste 2000 champagnes par an ?

Il animait et commentait, le lundi 9 février, une dégustation comparative de six cuvées élaborées en monocépage de Chardonnay, Meunier et Pinot noir, mais présentant des Caractères différents. Il s'agissait de vignerons présents au salon, sous la bannière collective du syndicat Champagne de Vignerons qui existe depuis 25 ans et qui réunissait cette année 91 producteurs, vignerons et coopératives, sur près de 700 m² au troisième étage du hall 7. Chaque participant bénéficiait d’un stand individualisé par un grand portrait en noir en blanc facilitant le repérage, particulièrement complexe cette année (encore !) sur le salon avec nombre d'aberrations et de ruptures dans l'ordre alphabétique. Peut-on raisonnablement espérer un marquage au sol ?

Sachant que 90% des bouteilles de champagne sont vendues sous la mention "brut sans année" et même si seulement 40% de la production est commercialisée sur le marché français (que al profession voudrait au demeurant dynamiser), il était devenu capital de déterminer un outil de repérage utilisable aussi bien par les vignerons que les prescripteurs, voire les consommateurs puisque les mots employés parlent au plus grand nombre. Ainsi est née la classification des Caractères Vif, Fruité ou Intense qui s’affichait également dans les allées et sur chaque cuvée des vignerons participants.

Le but est de donner des clés pour s'y retrouver dans l'immense diversité. Il y a 319 terroirs sur 5 départements. Trois cépages sont majoritaires et occupent chacun quasiment un tiers des vignobles. Ce sont le Chardonnay, un raisin blanc, léger et vif, frais et parfumé, et deux raisins rouges à jus blanc, le Pinot noir et le Pinot meunier, plus fruités, plus ronds, plus puissants et plus charpentés. 

Sont aussi permis au sein de l'AOC cinq autres cépages qui entrent dans la composition de certains vins : Arbane, Petit Meslier, Chardonnay Rosé, Pinot Blanc et Pinot Gris mais d'autres sont attendus dans le futur.

Il existe aussi une diversité dans la vinification selon qu'on emploie des cuves inoxydables, des futs de chêne, avec ou sans fermentation malolactique. Egalement dans l'assemblage, le temps d'élevage (souvent entre 24 et 38 mois) et bien sûr le dosage, ou son absence.

On pourrait comparer deux Chardonnays, de la même année, 2022, provenant tous deux de la Côte des Blancs, élevés en futs 24 mois et dosés à l'identique à 3 grammes et dont le profil sensoriel sera nettement différent, l'un vif, l'autre fruité.
Commençons donc par ce cépage avec deux cuvées de vignes poussant sur de la craie de la Côte des Blancs : le Doyard-Mahé, 2015 dosage 4 grammes et le Marcel-Moineaux Derrière-Portelaine 2009, dosage 3 grammes, qui sont deux millésimes solaires.

Avec le premier on ressent le calcium, une fraicheur presque mentholée. Carole Doyard gère ce domaine familial où elle représente la 4e génération. Elle pratique la vinification en cuve inox, avec une maturation de 60 mois en cave. Elle confirme rechercher le côté salin, frais iodé et avoue être "folle de l'huître Gillardeau".
Nous allons cocher les adjectifs iodé, frais, minéral, salin, tendu (tous caractérisant le vif) et seulement un de la liste du fruité (charnu).

L'attaque du second est vive. La fraicheur est bien là mais la bouche se détend pour laisser arriver des notes d'épices, de noisettes grillées. Nous avons là aussi un domaine familial dont Thibault est lui aussi la 4e génération. C'est un cœur de cuvée en cuve inox sans fermentation malolactique, avec une maturation de 14 ans en bouteille. Si les vignes sont là aussi sur de la craie celle-ci est plus grasse.
Cette fois on ne cochera que frais dans la première colonne (vif), charnu dans la seconde (fruité) et une majorité dans la troisième (intense) : boisé, charpenté, épicé, évolué, patiné, vineux.
Comparons maintenant le Champagne Moutardier, pure Meunier brut nature avec le Beaumont des Crayères Grand Meunier qui tous deux apparaîtront selon la même dichotomie, vif pour le premier, fruité pour le second.

William, qui dirige l'exploitation avec son frère Simon, explique que le meunier n'es pas un cépage facile parce que le raisin évolue très rapidement. Le vin est assez fragile, délicat, très sensible à l'oxydation. De ce fait cette cuvée n'est réalisée que sur les belles années. Celle-ci de 2019 est un millésime très solaire, non dosé. La vinification s'effectue en cuve inox et fut avec une maturation de 60 mois en cave. Les vignes poussent sur 50 cm d'argile, au-dessus d'un calcaire qui se fait nettement sentir.
On va surtout cocher des adjectifs de la liste vif : dynamique, iodé, floral, pulpeux, salin, un peu de fruité (agrume, mandarine, kumquat, fruit de la passion). Il est très cristallin, épuré.

Gauthier Quatrevaux, Chef de Cave de Beaumont des Crayères, qui est une Union de Vignerons fondée en 1955, regroupant 200 vignerons, indique que cette cuvée n'est pas un millésime mais un assemblage à 28% de 2019 et 72% de 2018. La vinification a lieu en cuve inox avec une maturation de 62 mois en bouteille et un dosage à 4.
Nous cocherons frais et fruité. Les éléments siliceux picotent la langue mais le côté argileux domine rapidement. Il est charnu, opulent, rond, entre suave et velouté.
Et maintenant deux 100% Pinot noir, le Champagne Paul Déthune Les Crayères 2017 de la Montagne de Reims, et le Champagne Edouard Duval Noir d'Eulalie de la Côte des Bar.

Le premier a un joli profil. On retrouve le calcium. Il est assez droit, France mais avec un côté boisé. Sophie Déthune nous indique une vinification et un élevage en barriques neuves champenoises de 205 L, une maturation de 7 ans en cave et un dosage à 5.
On cochera surtout du vif, notamment iodé en raison d'une odeur marine de plancton (alors que l'iode n'a pas d'odeur), franc, floral de belles fleurs blanches et un peu de l'intense, notamment boisé mais qui s'estompera en mâchant et on ne trouvera pas d'onctuosité.

Le second est un domaine familial  dirigé par Edouard qui est la 3ème génération. Cette cuvée est un assemblage à 74% 2017 - 26% 2016 et 2015 dont 33% élevage en demi-muids et une maturation de 6 ans en cave avec un dosage à 4.
La puissance aromatique du Pinot noir s'exprime totalement. Il occupe l'ensemble du palais. On sent à peine le bois, surtout le calcaire argileux et la marne. il est ample, charpenté, un peu évolué, un peu vineux, bref … intense.
Si tous ces champagnes sont quasiment de la même couleur on voit bien que cette master-class est éloquente.

dimanche 15 février 2026

Mon vrai nom est Elisabeth, roman d’Adèle Yon

Mon vrai nom est Élisabeth m'est arrivé avec la promesse qu'il s'agissait de la révélation de la rentrée littéraire. On aurait pu au moins mentionner "une des" par courtoisie pour les autres …

Adèle Yon a choisi la voie de l’exhaustivité pour restituer la vie de son arrière-grand-mère dite "Betsy" (1916-1990) longtemps considérée schizophrène par la famille, en particulier par son époux, soutenu par son beau-père. Cette femme subit des épisodes de coma diabétique (des cures de Sakel), des électrochocs, une lobotomie et dix-sept ans de longs séjours en asile psychiatrique, censés la remettre dans le droit chemin, c’est-à-dire ne plus déranger personne par sa personnalité atypique et exubérante, laquelle faisant sans doute trop d’ombre à son macho de mari.

Les faits se sont déroulés il y a un siècle, ce qui n’est tout de même pas très ancien. Cette situation n’est pas un cas isolé. Manifestement des centaines et des centaines de femmes ont subi des sévices (comment dire les choses autrement ?) identiques aux Etats-Unis comme en France.

Dans ce livre lourd de près de 400 pages, Adèle Yon relate le moindre détail, allant jusqu’à nous préciser qu’une de ses interlocutrices ne voulait pas consommer les macarons qu’elle avait apportés en remerciement mais qu’elle en prit néanmoins un, à la framboise. Franchement, était-il indispensable de "tout" nous dire ? Le récit aurait de mon point de vue rien perdu de sa puissance s’il avait été resserré. La profusion d’éléments (dont on pense parfois qu’ils ne sont là que pour nous perdre ou servir de caution inutile) m’a plusieurs fois rebutée. J’avais dès le début compris l’essentiel de la problématique et bien que je trouve ce destin horrible je n’avais pas envie qu’on m'en fasse suivre toutes les circonvolutions.

J’aurais préféré qu’on tente une analyse sociologique. Qu’on essaie de décortiquer ce qui dans cette famille, a pu permettre de justifier cet enchaînement se concluant par le suicide du dernier fils alors qu’il avait été un chercheur émérite auquel on doit l’invention du Minitel et dont la fin nous est racontée dans le premier chapitre.

J’ai aussi été très dérangée par la différence de typographie entre les retranscriptions des correspondances et des entretiens (qui apparaissent à la limite du lisible comme si le temps les avait quasiment gommé) et le reste du texte, imprimé à l’encre noire mais dans une casse très petite, rendant la lecture là encore ardue bien que pour une raison différente.

Adèle n’a pas connu cette arrière grand-mère mais elle ne remet pas de prime abord en cause la folie dont on l’accuse (car c’est de cela qu’il s’agit) et craint que ce malheur soit héréditaire, la conduisant à s’interroger (p. 38) à propos de mes émotions, qui, bien souvent, me mettent hors de moi et dont je ne sais que faire. Les questions à sa grand-mère buttent sur la constatation que c’est très triste mais qu’il vaut mieux ne pas en parler (p. 38).

J’aurais envie, en refermant le livre de condamner cette famille qui a préféré le silence à la remise en question.

Dès ses premières lettres, tout en lui faisant mille promesses, André ne s’engageaitpas auprès de sa fiancé à exhausser tous les désirs : il est possible que parfois je refuse, en donnant les raisons de mon refus (p. 68). A l’inverse, le grand-père confiera que la lecture de cette correspondance lui aurait en quelque sorte mis la puce à l’oreille tant il lui donnait des ordres en matière de lecture, et de toutes sortes d’engagements qu’elle devra satisfaire une fois mariée (p. 78). La pauvre se débat sans imposer sa volonté, si ce n’est entre parenthèses en précisant après la signature du surnom qu’il lui a imposé, Betsy (savez-vous que mon vrai nom vrai nom est Elisabeth ?) p. 118

Le 21 juillet 40, la pauvre écrit : ce qu’il y a d’épouvantable est que je serai bien obligée de me plier à ce que vous me direz (p. 134). Elle tentera dans les lettres suivantes de l’implorer de tenir compte de ce qu’elle désigne sous le nom de "tempérament" mais on devine qu’il n’en fit rien.

On suppose qu’elle était folle (le mot est dit) amoureuse de ce mari qui pourtant la maltraitait, lui faisait enfant sur enfant, ce qui aggravait son état, la trompait, et se débarrassait d’elle avec la complicité du corps médical, ce qui d’ailleurs n’est pas une rare puisque dans presque tous les témoignages que j’ai pu récemment lire sur des situations de viol ou d’inceste on retrouve la même "combine" pour sauvegarder la gente masculine.

En juillet 43 elle tente encore de lui "expliquer ce qu’est une femme". Et ce sera une nouvelle fois en pure perte. Face à ces mots qui sonnent vrai on découvre des feuillets intitulés Méditation, signés d’André qui semblent étrangement faux.

Adèle Yon pousse les recherches outre-atlantique pour explorer les techniques de lobotomie. L’usage du pic à glace (p. 198) à partir de 1946 et ans une sorte de roulotte chirurgicale itinérante est purement incroyable de monstruosité. J’ignorais tout cela. Pour moi les actions de lobotomie, que j’ai toujours trouvées d’une violence inacceptable, avaient lieu sous un minimum de contrôle médical. Tout comme l’usage des electro-chocs. Et je sais bien que cela s’est poursuivi longtemps puisque Nikki de Saint-Phalle en fut elle aussi victime, sans doute par excès, elle aussi, de "tempérament".

Elle nous avait annoncé que sa thèse portera sur les double fantômes (p. 94). Puis en 2021, peut-être par saturation, elle décide de tout arrêter pour se consacrer à la cuisine. Mais pas n’importe laquelle puisqu’elle nous raconte, toujours avec un sens inouï du détail, comment elle découpe une carcasse de porc (p. 210), avec une précision … chirurgicale ou du moins anato-pathologique.

Bien sûr il y a des informations à savoir et qui sont très intéressantes, comme la nécessité légale de trois avis médicaux en cas d’internement (p. 250), le fonctionnement des archives et de façon plus factuelle sur la manière dont on vivait dans un hôpital psychiatrique comme celui de Fleury-les-Aubrais. Pour l’anecdote, car moi aussi je peux m’y risquer, on menaçait quand je travaillais à Orléans, d’envoyer les récalcitrants à Fleury et plus loin j’ai été étonnée de découvrir le rôle du Docteur Le savoureux, grande personnalité de la ville où je vis désormais. De même, la référence à Jane Eyre ou Rebecca est relativement fréquente lorsqu'on veut évoquer la question du double féminin fantôme, que ce soit en littérature comme au cinéma. La dernière dont je me souvienne figure dans le livre de Michel Moatti.

Le dernier chapitre (p. 375) est bouleversant parce qu’à ce stade on sait tout ce qui s’est passé et qu’on y lit un déroulé différent, raconté du point de vue d’Elisabeth et qui est déchirant. Puisse cet ouvrage, multiplement récompensé, apaiser son autrice !

La couverture du livre est la reproduction d'Autoportrait avec des icônes, une huile sur toile de Elené Shatberashvili, artiste née en Géorgie en 1990, ayant grandi dans la Géorgie post soviétique et partageant sa vie entre la France et la Géorgie.

Mon vrai nom est Élisabeth d'Adèle Yon, aux Éditions du sous-sol, en librairie depuis le 6 février 2025
Prix essai France Télévisions 2025, Grand prix des lectrices de Elle dans la catégorie Non-Fiction, Prix Régine-Deforges, Prix littéraire du Nouvel Obs, Prix littéraire du Barreau de Marseille.

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