Publications prochaines :
dimanche 18 octobre 2026
Les Misérables, adaptés et réalisés par Fred Cavayé
samedi 17 octobre 2026
Jalisco, le Mexique autrement
Je croyais bien connaitre l'Etat de Jalisco où j'ai voyagé en 2020 (en allant de Guadalajara à Tequila, Sayulita et Puerto Vallarta en janvier 2020) mais j'ai découvert de multiples autres richesses au cours d'une soirée qui se révéla aussi bien une expérience gastronomique que patrimoniale, organisée conjointement par Jalisco et Aeroméxico.
Pardonnez moi d'insister mais l'immense sombrero des Mariachis n'est pas là pour faire joli. C'est un des éléments du traje de charro (le costume du cavalier de l'époque coloniale) fabriqué à l'origine en feutre de laine épais ou en poil de lièvre rigide, si solidement qu'il protégeait le cavalier des branches d'arbres ou amortissait les chocs en cas de chute de cheval. C'est après la Révolution mexicaine (au début du XX° siècle) qu'il s'est orné de broderies de fil d'or ou d'argent, comme on le connaît aujourd'hui.La richesse patrimoniale de Jalisco est telle qu'une soirée ne suffit pas à aborder tous les sujets. Je vous souhaite de vous rendre sur place car rien ne vaut d'aller à la rencontre des habitants pour en comprendre les coutumes et le mode de vie. La chose est désormais rendue plus facile avec la création d'une nouvelle liaison aérienne directe entre Paris et Guadalajara (la capitale de cet Etat), à raison de trois vols hebdomadaires.
Un cocktail de bienvenue fut proposé en début de soirée, à consommer entièrement toute modération sachant que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Soit la classique Margarita, soit une Paloma à la fraise qui fut mon choix parce que ça me rappelait de multiples souvenirs et que cette boisson n'est pas fréquente en France.On pouvait aussi découvrir l'Agua de Jamaica, une infusion florale d'hibiscus très populaire au Mexique (et en Afrique sous le terme de bissap).
Plusieurs spécialités culinaires ont circulé entre les invités, là encore typique de la cuisine traditionnelle que l'on consomme dans cet Etat, mais revisité en bouchées pour convenir à une soirée. Il y eut un Ceviche de poisson très parfumé, avec comme il se soit quelques pluches de coriandre. Un petit pain garni de porc arrosé de sauce tomate, rappelant, en version réduite, la Torta Ahogada caractéristique de la cuisine de rue de Guadalajara.
vendredi 16 octobre 2026
40 ans d'histoire de la mode au Musée des Arts décoratifs
Me revoici au Musée des Arts décoratifs pour une autre exposition (je vous recommande celle qui est consacré à la haute couture thaïlandaise qui ferme prochainement) pour célébrer le quarantième anniversaire du musée des Arts de la mode, institution sœur puis partie intégrante du musée des Arts décoratifs.
L'ordre d'apparition des silhouettes n'est pas chronologique. La première à nous accueillir est l'ensemble Bohemian, Lady San (kimono, robe) de John Galliano, Paris, haute couture printemps-été 1998 en satin faconné, vison, lamé et crêpe satin.
Juste à côté la robe, en crêpe de soie, taffetas de soie, jersey de fibres synthétiques, qui a sans doute le plus marqué l'histoire du cinéma et qui restera la tenue la plus iconique de Mireille Darc. Elle la porta gracieusement dans le film Le Grand Blond avec une chaussure noire (Yves Robert, 1972). Très sage vue de face, choquante quand l'actrice tourne le dos à la caméra, ce que le visiteur est invité à faire pour apprécier le vertigineux, et jusque là insoupçonnable, décolleté laissant voir la naissance des fesses. On notera la demi-ceinture de chaine ajoutée par le couturier Guy Laroche pour maintenir le tissu sur les hanches.
Remontons dans le temps avec une robe à la française, en taffetas de soie chiné à la branche, datant de 1760, qui incarne l'élégance du XVIII° siècle, portée sur des paniers élargissant les hanches et un corps à baleines, ancêtre du corset. Elle a été montrée au public dans la première exposition du musée des Arts de la mode, en 1986. Intitulée Moments de mode, celle-ci retraça l'évolution de la silhouette de la fin du XVI° siècle aux années 1940.
A sa gauche, le velours de soie noir dans lequel Thierry Mugler tailla la robe Embarquement immédiat fait autant sensation que celle de Guy Laroche pour le défilé haute couture automne-hiver 1987-1988.jeudi 15 octobre 2026
Masterclass sur les AOC Beaumes-de-Venise
Margot, l'ultra dynamique, tout autant que compétente, fondatrice de Rouge aux lèvres avait organisé ce soir chez Archives (6 rue de l'Ouest- 75014) une Masterclass présentant le travail de vignerons qui font bouger les lignes des appellations Beaumes-de-Venise.
Margot a effectué d'abord, et en toute logique, une présentation de la situation géologique. Elle a levé l'ambiguïté du nom qui n'a rien à voir avec l'Italie. Il résulte de la combinaison de "Beaumes", qui signifie grotte en provençal parce qu'il y a de nombreuses cavités creusées dans la roche, et "Venise", qui est une déformation linguistique de "Venisse" (le Comtat Venaissin, ancien territoire papal dont faisait partie le village). Les vignes bénéficient du souffle du mistral qui leur évite bien des maladies.mercredi 14 octobre 2026
L’Ecole des femmes mise en scène par Robin Renucci
Je suis allée voir L’Ecole des femmes mise en scène par Robin Renucci avec un peu d’inquiétude. Allais-je aimer cette version et que pourrais-je en dire de positif après avoir été si enthousiaste à propos de celle de Frédérique Lazarini il n’y a pas six mois ?
Arnolphe (François Morel) réagit en se défendant et avec une certaine agressivité, perçue plus ou moins par le public. Ici, à Antony, son comportement a été compris au second degré, et le rire l'a emporté sur l'indignation alors que j'ai entendu dire que ses tirades furent souvent huées lors des représentations aux fêtes nocturnes du château de Grignan l'été dernier. Il faut dire que le comédien aura été souvent très proche des spectateurs, les prenant en quelque sorte à témoin, et parvenant habilement à les amadouer.
Les costumes de Benjamin Moreau s'inspirent de l'univers du néoréalisme italien et ont été coupés dans des tissus dont les teintes s'accordent avec le décor. On remarquera que la tenue d'Agnès (Juliette Cahon) est sans doute celle qui évolue le plus, symbolisant sa libération du carcan éducatif imposé par son tuteur.mardi 13 octobre 2026
Lancement du 42e Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis

- Pierre et le Loup de Prokofiev
Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis
26 nov. –1er décembre 2027
Tél. : 01 55 86 86 77
Adresse administrative du SLPJ : 3 rue François Debergue, 93100 Montreuil
lundi 12 octobre 2026
C’était çà ou mourir de Thélyson Orélien
Voilà, je referme C’était çà ou mourir et sincèrement, la lâcheté de l’éditeur canadien est tellement minable que j’aurais aimé vous dire que c’est un grand roman. Mais, je ne le peux pas.Oh, comme j’aurais aimé que Thélyson Orélien fasse une déclaration audacieuse au cours d’une conférence de presse de clarification en déclarant qu’il avait voulu démontrer qu’un grand juré pouvait être berné à l’instar des autorités chargées de freiner la progression des migrants. Il y avait matière, en se situant dans la lignée de celui qui avant lui avait déjà réussi à leurrer tout le monde, à savoir Emile Ajar, ou si vous préférez Romain Gary.
Il a bêtement fui et du coup laissé le champ libre aux loups qui ont tous hurlé entre eux.
Mon principal reproche, en terme littéraire, c'est l'absence de suspens, à l’inverse par exemple d’Adeline Dieudonné qui, tout en révélant l’issue fatale de Dans la jungle, réussit à maintenir son lecteur en alerte constante. Le titre du canadien annonce et prévient que l’exil sera réussi, et il l’est.
La traversée du Brésil sur près de 6000 km "tient" en deux pages et il n'est pas cohérent qu'il soit passé par Teresina si la traversée a bien commencé à Recife où il écrit avoir volé le fameux sac Carrefour (p. 103),lequel d'ailleurs m'a fait pensé à celui dont le personnage principal de Homère Kebab ne se départit jamais, tant il est vrai -effectivement- que tous les migrants voyagent avec des sacs en plastique.
Je connais très bien le Mexique et je n’ai pas retrouvé la moindre évocation sensible de ce qui fait la spécificité de ce pays et qu'il dit pourtant être mythique (p. 118). L’extrême bienveillance des habitants, les survivances des croyances indiennes, et surtout les couleurs qui y sont éclatantes. On ne peut pas l’avoir traversé sur plus de 3000 km sans avoir été frappé par ça.
J’ai débusqué des incohérences dans le fond (comment se fait-il qu'il dispose tout à coup d'un téléphone portable pour télécharger une application afin de pouvoir entrer aux Etats-unis ?), comme dans la forme, des répétitions incongrues (et qui ne sont pas de l’ordre de la poésie). Certes il y a de belles formulations. La jungle du Darién qui se trouve à la frontière entre la Colombie et le Panama est une route migratoire très périlleuse empruntée par des centaines de milliers de personnes cherchant à remonter vers le nord et il est vrai que ce que j'ai lu m'a glacé le sang. Francesco, un autre migrant, la qualifie de "purgatoire". Pas l'enfer parce qu'en enfer, tu sais que tu es mort (p. 141). Malheureusement Thélyson emploie plusieurs fois par la suite cette même métaphore en écrivant à propos d'une autre zone que "Et là, l'enfer a démarré" (p. 157), puis "Et tu marches vers l'autre enfer" (p. 166).
Vous me direz que ce sont des détails, sauf que ce mot, enfer, n'est pas anodin et ne doit pas être employé sans intention particulière. Et surtout pas par un personnage qui s'exprime à la première personne (laissant entendre qu'il a vécu ce qu'il relate) en s'adressant à son lecteur en le tutoyant. Thélyson épilogue qu’il a eu recours au récit de migrants pour composer son ouvrage qui n’est donc pas tant que çà une oeuvre personnelle de fiction.
Quand on le lit en sortant de la projection des Misérables, c’est vraiment pas de chance. Thélysson n’est pas Victor Hugo, n'en déplaise à Luz qui, invité comme Thélyson Orélien dans l'émission de la rentrée littéraire de septembre 2026 animée par Augustin Trapenard, s'enthousiasme à les comparer. Je prends le pari que son "oeuvre" ne traversera pas les siècles.
Les Goncourt se sont faits avoir par le fond, qu’ils ont privilégié à la forme dans un premier temps. Ils avaient entre les mains une histoire qui "méritait" le Prix, et puis ils l’ont conspué précisément pour… la forme.
Mais au fait qui a débusqué le pot aux roses ? Un délateur courageuse anonyme.
En attendant, c’est un succès, quoique un peu relatif, avec 100 000 exemplaires vendus contre 200 000 pour Je voulais vivre d'Adélaide de Clermont Tonnerre (publié lui aussi aux Éditions Grasset), et qui fut Prix Renaudot. Conclusion, beaucoup en parleront sans avoir fait l’effort de le lire.
Quant à la question de la preuve de son écriture par une IA en raison de la présence de métadonnées dans son fichier numérique on peut prédire que les prochains utilisateurs seront plus malins.
Pour finir, je donne aujourd’hui la parole à cet auteur, que j’ai retranscrite de son interview à La grande librairie dont il est question plus haut : C’est pas mon histoire autobiogaphique très directe mais je peux dire en quelque sorte que c’est mon histoire dans l’émotion parce que j’ai vécu une forme d’exil, peut-être pas de la même manière. C’était peut-être (il emploie le passé et non le présent et vous remarquerez que sa syntaxe n'est pas des plus élégantes) mon histoire qui rencontre l’histoire d’autres gens.
Revoir l'émission en replay apporte un éclairage particulier. Ce livre est un évènement, disait Yannick Haennel (encore un nom donné pour le Goncourt). Ça n’a jamais été écrit avant. Quand il y a une langue comme ça pour dire l’indicible alors la langue n’a pas le dernier mot.
Livre prodigieux, commentait Amélie Nothomb qui ajoutait c’est un tour de force. Hugolien disait Luz on a besoin d’un livre comme le vôtre pour se sentir ensemble.
C’est une grande chance de voir émerger une plume comme la vôtre, concluait Trapenard.
Comment se sentent-ils tous aujourd'hui d'avoir à ce point été bluffés ? Anne Godard, invitée elle aussi ce soir là (et elle aussi en lice pour le Goncourt), a prudemment refusé de faire le moindre commentaire quand je l'ai rencontrée quelques jours plus tard pour son livre Nous aussi.
Il faut peut-être aussi rappeler que c’est le très réputé Olivier Nora qui est à l'initiative de la venue de Thélyson Orélien chez Grasset. Il a personnellement négocié les droits pour la France auprès de la maison d'édition québécoise Boréal. Savait-il alors que son propre contrat allait être révoqué ? Aurait-il cherché à jouer un bon tour à ses patrons ? Car il est difficile de croire qu’un homme de son expérience n’ait pas remarqué les failles dans l’écriture. Evidemment, au moment du départ d’Olivier Nora, l’écrivain québécois avait affirmé publiquement son soutien à l’éditeur.
Avoir plaidé une cabale raciste et haineuse liée à ses origines haïtiennes n’a pas aidé à asseoir la défense de Thélyson Orélien lorsqu’il a bien été obligé de convenir qu’il avait d’une part effectué de multiples plagiats auparavant et que d’autre part il avait effectivement utilisé l’IA. Qui pourra le croire quand il affirme que ce ne fut que partiellement ?
Toujours est-il qu'il y eut un avant et qu'il y aura un après. Le monde de l'édition, déjà fragile, n'avait pas besoin d'une telle tempête.
C’était çà ou mourir de Thélyson Orélien, publié le 9 mars 2026 aux édition du Boréal (Canada) et le 19 août 2026 chez Grasset
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Thélyson Orélien a quitté Haïti en 2010, à la suite du violent séisme qui a frappé le pays en janvier de cette même année et a détruit sa maison familiale. Ses proches et des membres de sa famille (notamment un grand-oncle) déjà établis au Canada l'ont aidé à effectuer les démarches et obtenir un visa ainsi qu'un titre de séjour.
Il a rejoint le continent nord-américain par les voies régulières de l'exil légal, en transitant d'abord par la République dominicaine, puis par les États-Unis, avant d'arriver à sa destination finale au Canada (s'installant dans un premier temps à Montréal, au Québec).
dimanche 11 octobre 2026
Cuire un gâteau dans un Airfryer
J'ai déjà dit il y a quelques mois tout le bien que je pense de l'Airfryer pour cuire des légumes, et griller de la viande. L'appareil étant "un peu" encombrant je trouverais dommage de ne pas savoir l'utiliser pour les desserts. Les premières tentatives, le l'avouais dans cet article, n'étaient pas concluantes.samedi 10 octobre 2026
Haute couture et tradition à la Cour de Thaïlande au musée des Arts décoratifs
Je ne suis pas particulièrement attirée par les robes de princesse mais lorsqu’elles sont le résultat d’une alliance entre tradition, patrimoine et créativité je ne peux qu’écarquiller les yeux et saisir la chance que nous offre le musée des Arts décoratifs de présenter La mode en majesté.Elle met aussi en lumière plus de trente années de collaboration entre Sa Majesté la Reine Sirikit et le créateur de mode Pierre Balmain, ensuite avec son successeur Erik Mortensen, poursuivies avec Dior et Valentino, et bien entendu toujours la maison de broderie Lesage.
Après avoir hésité à mentionner la composition des modèles qui m’ont le plus séduite j’ai choisi de les faire figurer sans trop de commentaires puisque ni vous ni moi ne sommes spécialistes. L’essentiel à retenir est qu’ils sont en tissus précieux, principalement une soie, souvent richement brodés de fils métalliques, perles et sequins.

En voici (à gauche) un exemple datant de 1983 où l’écharpe a été totalement réinventée par le grand couturier Erik Mortensen (danois, 1926-1998) pour Balmain et qui fut portée par S.M. la reine Sirikit lorsqu'elle présida, en compagnie de S.A.R le prince Philip duc d'Edimbourg, un gala de charité en faveur du World Wildlife Fund à l'hôtel Oriental de Bangkok, le 13 octobre 1983.
Sur cette autre tenue, plus récente (à droite), la création est une nouvelle fois très nette, associant tradition et modernité, abandonnant l’écharpe mais maintenant la ceinture. Nous sommes en 2022 et elle a été faite par Tirapan Vanarat (thaïlandais, né en 1950) pour TIRAPAN, en soie unie, brocart de soie, fils métalliques, et perles.
Elle a été portée par S.M. la reine Suthida lorsqu'elle accueillit les chefs d'État et de gouvernement, au cours de la réception royale donnée dans le cadre du 29 ème sommet de l'APEC, dans la salle du trône Chakri Maha Prasat du Grand Palais (Bangkok), le 18 novembre 2022.
vendredi 9 octobre 2026
Dîner autour des Champagnes Vaucelle à La Bonne Franquette
Une fois les vendanges terminées avec satisfaction malgré le stress du contexte climatique (et je rappelle qu'il est interdit d'arroser en Champagne), Thomas Cheurlin a voulu inviter ses clients à une dégustation des principales cuvées de Champagne Vaucelle (mais il y eu quelques autres surprises au cours de la soirée) et a eu la gentillesse de faire signe à quelques journalistes pour l'occasion.
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L’académie des Beaux-arts a inauguré une nouvelle exposition, très artistique tout autant qu’émouvante, intitulée Ukraine, le mal qui rest...
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