Ils illustrent l’engagement scientifique puissant et original du Muséum d'histoire naturelle en termes de recherche et conservation. Si le zoo émerveille, il a aussi la force d’action d’une institution pluricentenaire, détentrice d’une solide expertise.
Le site a bien changé depuis sa réouverture. Une véranda de glycine embaume l'entrée. Le côté minéral s'est estompé. Les plantes ont poussé. Avec la conséquence que les animaux, certes plus nombreux, ont plus de possibilité pour se cacher.
L'accent est porté cette année sur le Voyage en milieux humides. Le Parc zoologique de Paris (que par raccourci je nommerai Parc) participe à une campagne européenne dédiée aux zones humides (dont je donne la définition en fait d'article pour ne pas alourdir le texte) et nous invite à explorer ces milieux entre terre et eau riches en biodiversité et malheureusement parmi les plus menacés.
Un parcours d’exploration a été mis au point à travers le Parc, avec plusieurs escales pour découvrir la diversité des milieux humides du monde et leurs espèces emblématiques. Ces écosystèmes sont en danger parce qu'environ 21% de leur surface totale a disparu depuis le XVII°. Pierre-Yves Bureau, Directeur du Parc, a souligné qu'elles représentent aujourd'hui 6% de la surface terrestre et accueillent près de 40% des espèces végétales, comme animales, de notre planète. Ils abritent 50% des oiseaux et 30% des espèces végétales remarquables et menacées.
De mon point de vue l'intention est davantage de sensibiliser que d'émerveiller et surtout de motiver à soutenir les actions vitales entreprises par le muséum d'histoire naturelle dans la préservation d'écosystèmes fragiles et ô combien essentiels.
Pour compléter, on peut se rendre à l’Aquascope, pour y voir une sélection de spécimens, en particulier des insectes, et d’objets issus des collections du Muséum national d’Histoire naturelle. L'idée était bonne mais le petit chalet est au bout du parc et finalement très décevant parce que les vitrines sont totalement à contre-jour. et que les cartels en deviennent illisibles. pourtant j'ai apprécié qu'on y présente un bec de spatule, deux visons, une musaraigne, une chauve-souris et qu'on y retrouve la cistude dont il sera question plus loin. Dehors un immense hôtel à insectes devrait permettre de voir des osmies, des chrysopes, des coccinelles …
Juste à côté, et en bordure de la vaste aire de pique-nique, un parcours pieds nus a un certain intérêt pour les enfants, leur faisant découvrir ce que sont le sable de la savane africaine, l'humus de la forêt humide, les rochers volcaniques. Evidemment on se lave les pieds à la sortie. Enfin un livret-jeu pour observer, s’interroger et explorer les milieux humides de manière ludique en famille a été conçu pour les 6 ans et plus.
Dans la mesure où le visiteur ne sera pas exclusivement focalisé sur cet aspect son parcours s'adaptera aux horaires de nourrissage qui garantissent de voir les animaux, surtout s'il vient en famille. Notre circuit suivait une autre logique et nous avons commencé par la Serre Tropicale qui, étant toujours abritée, offre d'ailleurs une protection aussi bien contre la pluie que les rayons ardents du soleil estival. Mais il y fait une chaleur humide typique de cet écosystème et là aussi la végétation s'est développée ce qui fait qu'on aperçoit plus difficilement certains oiseaux, surtout ceux qui sont en liberté. Pourtant on peut y trouver 40% des espèces présentées dans le Parc.
Strictement herbivore, il se nourrit d’algues et de plantes aquatiques et peut passer 6 à 8 heures par jour à s’alimenter, ingérant jusqu’à 50 kg de végétaux. Il est amusant à serrer un coeur de salade entre ses nageoires pour le porter à sa bouche que les soigneurs-plongeurs lui ont apporté par guirlandes. Il se régalera aussi de betteraves, de pommes de terre cuites, de céleri branche … sans perturber ses compagnons poissons qui eux sont carnivores.
Il a besoin d’eau douce pour s’hydrater. Ses vibrisses (poils sensoriels sur le museau et le corps) lui permettent de percevoir les vibrations et de s’orienter, y compris dans des eaux peu visibles ou troubles. L’espèce a fortement décliné sur une partie de son aire historique, particulièrement aux Petites Antilles, sous l’effet de pressions humaines (trafic maritime, pêche, dégradation de la qualité de l’eau, destruction des herbiers). Classée Vulnérable (UICN) et comptant moins de 3000 individus au monde, la sous-espèce est intégrée à un Programme de conservation ex-situ de l’EAZA (EEP), auquel participe le Parc zoologique de Paris, qui accueille 3 lamantins, afin d’améliorer les connaissances et les méthodes de suivi et de soutenir un projet de réintroduction en Guadeloupe.
L'apparition d'algues est favorisée dans le bassin par la luminosité et la chaleur de l'eau (24 °C). Même si ces algues font partie de l'environnement naturel des animaux, les soigneurs les aspirent régulièrement pour éviter qu'elles ne deviennent envahissantes. Au zoo comme dans la nature, les algues se développent aussi sur le dos des lamantins. Leur peau se renouvelle vite, ce qui les aide à s'en débarrasser. On peut aussi les voir entre deux repas se frotter contre les racines immergées pour "faire peau neuve".
Le Caïman nain de Cuvier (Paleosuchus palpebrosus) est le plus petit de tous les caïmans et on a du mal à considérer l'animal ci-dessus comme un adulte. Olivier Marquis, le curateur reptiles/amphibiens/ arthropodes du Parc nous explique qu'il est à l'aise sur l'arbre comme dans l'eau. C'est une espèce forestière de Guyane, qui vit dans des milieux ombragés, peu exposés au soleil, mais avec de l'eau.



