J’avais été touchée par l’émotion de Lancelot Cherer, auteur, metteur en scène et comédien, le soir de la remise des Molières.
Mon personnage a du mal à dire je t'aime. Moi je vous le dis très fort avant de remercier l'intermittence qui lui a permis ce pari d'écrire le spectacle.
Le spectacle affichait alors complet au Théâtre Lepic et je m’étais promis de me "rattraper" à la reprise à partir du 10 septembre 2026.
La pièce qu’il a écrite m’intéressait mais, évidemment, je voulais aussi découvrir sur scène le comédien qui avait reçu le Molière de la révélation masculine.
La distribution qui joue en ce moment est toute autre de celle de la création… mais j’ai adoré la manière de jouer de chacun des trois artistes. Ceci pour dire que si Lancelot était absent ce ne fut pas la fin du monde. Gary Guénaire m’a bluffée. J’ai adoré Inès Do Nascimento et Tristan Pellegrino n’a pas du tout démérité. Disons que si je voulais pousser l’expérience jusqu’au bout je reviendrais volontiers pour voir le trio des débuts avec Lancelot Cherer, Eugénie Thieffry et Baptiste Dupuy. Mais je n’aurais pas encore tout vu puisque ce dernier a joué en alternance aussi avec Enzo Monchauzou.
Commençons par le début. Par une évocation musicale de la Marseillaise dans une ambiance de fête foraine. Le discours d’un président de la république, tout de langue de bois (et qui fait bigrement écho à la pièce précédente, Pourquoi les gens qui sèment, qui à 19 h interpelle sur le même sujet) nous rappelle immédiatement une situation vécue il y a quelques années quand il nous a annoncé que le pays était en guerre. On nous intima alors l’ordre de nous confiner. Ce soir, Charlie, Bastien, et Guillaume, amis et marginaux, qui l’ont écouté, ont décidé de suivre une autre voie. Autant mourir en beauté devant un lever de soleil !
Ils choisissent le pique nique plutôt que la panique. Vous aurez deviné que tout dans la soirée va gentiment ou cruellement déraper. Les références se télescopent. Les fans de séries et de films d’horreur en auront tout leur soûl. Les amateurs de théâtre ne pourront pas être déçus. Je me répète mais la mise en scène (collective) des comédiens donne le beau rôle à chacun.
La catégorie "comédie dramatique" réussit rarement à combiner aussi finement le rire et le frisson, ce qui fait que certains estiment que nous assistons à un spectacle inclassable qui inaugure peut-être un nouveau genre. La fin du monde s'accompagne de la transformation des humains en zombis mais comment y voir un drame puisque, à l'origine, c'est ainsi qu'on appelle un mort ramené à la vie par la magie.
Je ne vais pas raconter davantage les aventures de tous les personnages. Je dirai seulement que chacun réagit selon son tempérament. Alors que rien n'a jamais été aussi précaire il y des gens qui poursuivent coûte que coûte. Des travailleurs qui persistent à travailler et les flics de fliquer.
La société est si solidement ancrée dans leurs esprits que l’apocalypse elle-même ne suffit pas à les en faire sortir.
Mais nous, qu'aurions-nous fait (ou que ferions-nous) en pareille situation ?
Fin, fin, fin de Lancelot ChererMise en scène Collective
Avec Eugénie Thieffry (en alternance avec Inès Do Nascimento), Lancelot Cherer (en alternance avec Gary Guénaire) et Baptiste Dupuy (en alternance avec Enzo Monchauzou ou Tristan Pellegrino).
Lumières Julien Ménard
Musiques Arthur Dupuy
Scénographie Lucie Baron
Costumes Sophie Benoit
Au Théâtre Lepic - 1 avenue Junot - 75018 Paris - 01 42 54 15 12
Musiques Arthur Dupuy
Scénographie Lucie Baron
Costumes Sophie Benoit
Au Théâtre Lepic - 1 avenue Junot - 75018 Paris - 01 42 54 15 12

