Candidater à une masse critique de Babelio c’est un peu la roulette russe. On peut cocher une dizaines de titres et n’être éligible pour aucun.L’algorithme doit tout savoir de moi et de mes séjours au Mexique puisqu’il m’a attribué Demain je serai mort d’Eric Pessan. Il a sans nul doute pris en compte mes récriminations à propos des pavés littéraires que les plages ont depuis longtemps déserté.
Je reçois 53 pages aujourd’hui! Mais c'est toute une collection qui va vite devenir tentante. Au final ce seront 2809 pages que L’œil ébloui s’est mis au défi de publier.
L’œil ébloui est une maison d’édition indépendante nantaise, créée en 2013, qui publie de la littérature /romans et nouvelles, notes et fragments, poésie… des nouveautés ou des rééditions qui visent l’éblouissement de l’œil et de l’esprit en posant sur le monde un regard sensible.
En 2024, naît la collection Perec 53, 53 livres de 53 pages à venir, consacrée au rapport du lecteur/auteur avec l’œuvre de Georges Perec. Avec, pour commencer, les écrivain·e·s François Bon, Claro, Anne Savelli, Antonin Crenn…
Éric Pessan est le numéro 13 … après Pierre Getzler avec Place Saint Sulpice qui a fait l’objet (aussi) d’une carte postale. Et comme il nous le fait remarquer avec à propos : L’action se passe à l’été 53, ce qui ne peut pas être un hasard (p. 19).
Demain je serai mort est la seule phrase connue du roman Les Errants que Georges Perec a écrit puis dactylographié entre l’été 1954 et l’automne 1956, premier roman dont il décrit en quelques lignes la trame dans ses cahiers (…) : Les Errants raconte l’histoire de quatre musiciens de jazz, blancs, qui traînent à travers le monde et finissent par mourir au Guatemala aux côtés du colonel Árbenz. Il y a un trompette, un saxo, un batteur et un bassiste.
C'est (évidemment) très bien écrit, avec de subtiles allusions à d'autres oeuvres de Perec, comme celle-ci, évidente pour moi : je songeais à composer des musiques en m’interdisant l’usage d’une note (…) pour voir si la contrainte me permettrait de composer des choses radicalement nouvelles (p. 18).
L'histoire de ces quatre musiciens est touchante et rappelle à plus d'un titre l'issue fatale des jeunes soldats exécutés au Mont-Valérien, ce que je relate à la fin de cet article. Notamment les membres du groupe Manouchian en février 1944. Mais le récit n'est pas dénué d'une forme de tendre ironie : Musicien de jazz, d’abord, communiste maintenant. J’avais tout faux. Et cela allait sans dire (p. 18).
Ce roman est bref mais dense, fortement émouvant car oui, la folie a toujours consisté à prendre au sérieux ce qui a toutes les apparences de la folie (p. 26).
Demain je serai mort d'Éric Pessan, L’œil ébloui, en librairie depuis novembre 2025

















































