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jeudi 29 janvier 2026

Maison & objet fait le bilan de l'édition de janvier 2026

En janvier, le monde s’est retrouvé à Paris pour une édition Maison & Objet dont l'évolution a été à la hauteur des promesses et qui fut remarquée par sa programmation ambitieuse, ses scénographies immersives et la richesse de son offre, avec 2 294 marques implantées dans 49 pays différents, dont 543 nouveaux exposants, ce qui se sentait dans les allées.

Je commencerai par ce qui pourrait être considéré comme un détail mais qui n'en est absolument pas un. Julie Pradier, responsable stratégie (ci-dessus entre Guillaume Prot, le directeur du salon, et Vincent Lhoste, le directeur général) avait promis lors de la conférence de presse de clôture de la session de septembre dernier que les espaces de repos seraient multipliés.
Les visiteurs les ont manifestement fort appréciées. Elles étaient aisément repérables, bien réparties et différemment décorées, relançant le souhait d'en apprendre davantage sur les exposants qui s'impliquent dans l'animation du salon.  
Avec près de 67 300 visiteurs uniques (92 776 visites au total, témoignant de l'intérêt à venir plusieurs fois, trois fois d'ailleurs pour ce qui me concerne) les marchés italien, belge et espagnol poursuivent leur dynamique de croissance, avec une progression particulièrement marquée pour la Chine (+30 %), illustrant l’attractivité renouvelée de l’offre à l’international.

Parmi les exposants, l'Amérique latine reste peu présente et l'Afrique moins encore. Des pavillons internationaux notamment de l’Italie, de l’Espagne, de la Tunisie et du Maroc ont révélé les savoir-faire de leurs pays et soulignent que le salon est une marketplace essentielle pour soutenir le développement de leurs marques dans le domaine de la décoration et de l’art de vivre. J'ai apprécié le pavillon du Maroc mais je n'avais pas systématiquement inscrit ce type de stand dans mon parcours, ce que je me promet de faire à l'avenir.
On a vu moins d'américains et de japonais que dans le passé et l'Europe se maintient. La répartition entre visiteurs français (56 %) et internationaux (44%) tend vers un équilibre mais la France est évidemment loin devant quand on regarde les chiffres par pays : 37 000 français ont visité le salon, suivis par 4 000 italiens (l'Italie est d'une manière générale extrêmement dynamique sur le plan commercial) et même si pointe la progression chinoise ces visiteurs ne sont "que" un millier. Mais tous ont adoré se photographier devant l'emblème du salon.

Sans oublier que le salon se prolonge avec MOM (Maison&Objet And More) qui a reçu 3 millions de visites en un an par 385 000 acheteurs professionnels du secteur auprès de 6 000 marques proposant plus de 20 000 produits disponibles à l’achat pendant le salon et tout au long de l’année. MOM et sa marketplace offrent aux acheteurs la possibilité de prolonger leur dynamique d’achat en passant commande sans attendre, dans la continuité de leurs échanges avec les marques. On peut supposer qu'elle prendra bientôt encore plus d'importance.
Le parcours s’est déployé comme en 6 secteurs, Signature & Projects, Decor & Design, Fine Craft - métiers d'art, Fragrance & Wellness, Gift & Play, Fashion & Accessories. Répartie en 7 halls, l’offre a été pensée autour du thème d’inspiration PAST REVEALS FUTURE, s'incarnant dans des installations exclusives signées de différents talents de la scène contemporaine qui, souvent, on fait sensation.
J'ai consacré un article en particulier aux espaces What’s New ? In Hospitality de l’architecte d’intérieur Rudy Guénaire,
What’s New ? In Decor d’Elizabeth Leriche et What’s New ? In Retail de François Delclaux ont accompagné la découverte de l’offre en décryptant les derniers codes de ses secteurs et en donnant leur vision du lien entre passé et futur, avec parfois des exposants que j'avais déjà remarqués sur Museum Connections, un salon beaucoup plus modeste mais où on décrypte aussi des tendances.
Un autre aux deux espaces imaginés par le Designer de l’année 2026, Harry Nuriev, porté par les valeurs du Transformisme, titre de son manifeste. Une vision futuriste, à la patine silver, en réponse au thème de l’édition Past Reveals Future. Et j'ai trouvé très intéressante l'incarnation de ce credo sur de nombreux stands, ce que j'ai souligné dans un billet spécifique.
Le village Curatio, après une première édition saluée, est revenu pour une seconde saison en dévoilant 60 pièces d’un design sensible, soigneusement sélectionnées par le directeur artistique Thomas Haarmann. Un art de vivre en symbiose a pris forme au cœur du secteur Signature.

Maison&Objet est revenu à ses fondamentaux en célébrant l’artisanat d’exception et le design contemporain, au cœur de son ADN depuis plus de trente ans, ce qui s'est matérialisé par la place grandissante du secteur Fine Craft – métiers d’art.
In Materia par Elizabeth Leriche a repensé le rapport à l’objet. J'ai notamment remarque (ci-dessus : la "Variation" porcelaine/feuille d'or de l'Atelier Douarn, l'oeuvre murale what's left de Thomas Formont et le Vase rond de Cécile Gasc. Les visiteurs ont vibré au contact du bois, de la fibre, du verre, de la terre et de la pierre, tandis que le dinandier Elie Hirsch, adulé des maisons de luxe Dior, Loewe, Schiaparelli, Balmain… a dompté la matière à l’entrée du hall 5A (ci-dessous).
De nouveaux univers ont vu le jour avec le village Manufactures d’Excellence réalisé, pour cette première édition, en partenariat avec EPV, le Réseau Excellence de l’Association Nationale des Entreprises du Patrimoine Vivant. 20 entreprises d’exception se sont prêtées au jeu et ont présenté les plus beaux savoir-faire patrimoniaux français, comme ci-dessous l'Atelier du Vitrail et Jules Pansu (ci-dessous) dont j'avais admiré le travail au dernier Salon International du Patrimoine Culturel.
Je savais que Pet Square faisait son apparition au cœur du secteur Gift & Play, à travers une sélection de marques pointues dédiées aux compagnons à 4 pattes mais je n'ai pas trouvé le temps (ni l'intérêt personnel) d'y jeter un oeil.

Je n'ai pas davantage eu le loisir de suivre un talk mais rien n'est perdu car les replays offrent une seconde chance. Je trouverai de toute évidence des sujets passionnants parmi les 27 conférences qui ont été menées par des experts.

Plus qu’un salon, et comme je l'avais souligné précédemment, Maison&Objet anime une communauté internationale pour connecter, accompagner, inspirer et révéler des visions ambitieuses de l’art de vivre tout au long de l’année. On pourrait résumer ce point par la formule : A Maison & objet tu vas rencontrer des gens que tu ne connais pas et qui ne te connaissent pas … et avec qui tu pourras monter quelque chose.

Subsiste une interrogation à propos de la durée du salon en raison d'une fréquentation moins importante le samedi et le dimanche mais la question n'est pas encore tranchée et la prochaine édition est déjà annoncée du jeudi 10 au lundi 14 septembre 2026 inclus.

Enfin parmi les axes de réflexion abordés au cours de la réunion de presse de clôture il a été question de la démarche constante d'amélioration en terme de recyclage.
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Mes publications sur le salon ne s'achèvent pas avec ce troisième article. Quelques autres sont prévus pour mettre l'accent sur le développement particulier de quelques marques.

mardi 9 décembre 2025

Le Grand Tasting de novembre 2025

Je ne suis pas Le Grand Tasting Paris depuis sa création, il y a vingt ans, mais on peut tout de même considérer que je suis une fidèle de l'évènement organisé par Bettane+Desseauve.

Le duo bien connu des amateurs des oenophiles a eu l’envie de créer un festival où se réuniraient les producteurs les plus doués, les plus innovants, les plus passionnés et les plus déterminés à faire briller la civilisation de la vigne et du vin. Depuis et grâce à tous les amoureux du vin, leur festival est devenu un rendez-vous hors du commun.

A tel point que cette année, pour le 20e anniversaire, nous fûmes près de 15 000 à nous y rendre.

Si je suis restée une journée entière, j'ai dégusté en toute modération et je n'ai pas multiplié les rencontres de manière à rester plus longtemps sur chaque stand visité.

J'aurais pu oublier cette recommandation à mon premier arrêt puisqu'il s'agissait d'une marque proposant des boissons sans alcool. J'essaie régulièrement d'en goûter et je suis jusqu'à présent toujours déçue. Cette fois je pourrais presque dire que ce fut une révélation.

Fondée en 2017 à Copenhague, Sparkling Tea incarne la fusion de l'innovation nordique et du savoir-faire asiatique en matière de thé. Elle est élaborée artisanalement, exclusivement à partir d’ingrédients biologiques de premier choix et d'un assemblage pouvant contenir jusqu'à 13 thés biologiques différents combinant des thés blancs délicats, des thés noirs plus intenses et corsés, ou encore verts et oolong, qui seront infusés manuellement à différentes températures et différentes durées. On comprendra que la précision et le savoir-faire sont essentiels pour créer le goût, la texture et surtout le bon rapport tannique.

La gamme se compose de six boissons effervescentes naturellement sans alcool. Ce point est capital car très souvent les "vins" sans alcool sont des breuvages désalcoolisés. Elle est disponible sans alcool (0 %) mais aussi avec une teneur réduite en alcool (5 %), avec la promesse d'apporter une touche de raffinement à toutes sortes de moments festifs.

L'histoire a commencé pour pallier une difficulté rencontrée en 2010 par un sommelier danois Jacob Kocemba se trouvant dans l'incapacité d'accorder un dessert avec un vin alors qu'il avait à sa disposition une cave de plus de 1 700 références. Il travaillait alors dans un restaurant étoilé Michelin à Copenhague, au Danemark. La solution lui est alors venue avec un extrait de thé maison, composé d'un mélange de thés d'exception. Il a alors imaginé des thés pétillants et depuis, grâce à des centaines d'essais, il a mis au point des combinaisons qui constituent la base des différentes versions de Sparkling Tea.
Cette nouvelle boisson a rapidement rencontré un vif succès et est devenue la préférée des clients du restaurant, ce qui l'a autorisé à rêver d'en faire une nouvelle catégorie de boissons à l'échelle mondiale. Pour cela il fallait s'associé à quelqu'un qui ait une ongue expérience en développement commercial. Ce fut Bo Sten Hansen en 2017.

Ensemble ils ont fondé Copenhagen Sparkling Tea Company, et ont vendu leur première bouteille en mai 2017. La croissance est fulgurante. La boisson est désormais distribuée dans plus de 50 pays et servie dans plus de 100 restaurants étoilés Michelin à travers le monde. A Paris on peut citer celui de Pierre Gagnaire.

L'équipe était venue au salon avec trois propositions (sur les six que compte actuellement la marque) que j'ai toutes dégustées dans cet ordre : BLÅ (florale), LYSEGRØN (plus classique, fraîche et citronnée) et LYSERØD (qu'on peut qualifier de sèche) … des noms un peu complexes à mémoriser pour nous autres français. Si j'ai ma préférence il n'empêche que je reconnais le potentiel de ce type de produit qui pour moi est pour l'heure la meilleure boisson pétillante sans alcool … à égalité tout de même avec le pétillant des Vergers de la Silve. Disons que c'est une alternative très intéressante pour ceux qui ne veulent pas une boisson au goût de pomme.

J'ai été amusée de réaliser qu'à l'instar d'un vin je humais le parfum qui se dégageait et j'avais le réflexe de faire tourner le breuvage dans le verre. Effectivement, chaque version de thé pétillant possède son propre caractère unique. Par contre ils sont tous bio et vegan avec une durée de conservation de 2 ans à compter de la production. Et s'agissant de la teneur en sucre il faudra y être vigilant. Elle est respectivement de 50, 40 et 20 g/l pour la dernière bouteille dégustée.

jeudi 23 octobre 2025

Visite du Salon International du Patrimoine Culturel 2025

Pour sa trentième édition qui se déroule du 23 au 26 octobre 2025, le Salon International du Patrimoine Culturel – organisé par Ateliers d’Art de France – a choisi de célébrer l'art déco et de le faire dialoguer avec le patrimoine.

Cet objectif se concrétise dans une pièce unique, un paravent, placé à l'entrée du salon,  spécialement réalisé pour l’occasion, et qui répond au visuel officiel de l'édition. C'est l'oeuvre de trois ateliers d'excellence :  l'Atelier Camuset, Féau Boiseries et L'Atelier du Vitrail (présents sur le salon et dont il faut bien entendu visiter les stands).

Emmanuelle Andrieux a expliqué que L'Atelier du Vitrail a ajouté des miroirs pour apporter de la modernité et allié la technique  traditionnelle à celle de Tiffany en apposant des pièces d'or, faisant ainsi écho au travail de l'Atelier Camuset, fondé en 1983. Pierre-André Camuset et Clotilde Camuset ont rappelé s'être inspiré des œuvres du laqueur, peintre et décorateur Gaston Suisse, artiste majeur du mouvement Art déco. Le travail a été réactualisé en utilisant un enduit décoratif, sculpté à la main, une dorure à la feuille d’or 23 carats et enfin une usure maîtrisée en usine pour faire ressortir les reliefs et sublimer l’éclat de l’or. Guillaume Féau, dont l'entreprise est spécialisée dans son domaine depuis 1875, a réinterprété, en plâtre moulé, un bas-relief du salon créé par Jacques-Émile Ruhlmann en 1925, en palissandre, aujourd’hui exposé au Louvre Abu Dhabi. 

Stéphane Galerneau, Président d’Ateliers d’Art de France et du salon, a rappelé que le salon propose au public une immersion unique dans les métiers d’art et les savoir-faire patrimoniaux, grâce à des démonstrations quotidiennes et animations spectaculaires, constituant une occasion privilégiée pour rencontrer les artisans, observer des gestes d’exception et découvrir l’ensemble des métiers d’art et du patrimoine.

On pourra suivre 30 conférences, notamment autour de la thématique "Patrimoine & Art déco", notamment à propos de la Villa Cavrois, que j'ai le projet de visiter (article ici), mais aussi sur les enjeux environnementaux, par exemple "Le patrimoine face aux défis environnementaux" (Vieilles Maisons Françaises), les grands chantiers de restauration, avec entre autres un focus sur les coulisses de la restauration des Tours de Notre-Dame (cf. visite là), et les innovations technologiques qui façonnent l’avenir du patrimoine.

Avec 335 exposants français et internationaux (venant d'Allemagne, Chine, Italie, Pays-Bas, Suisse, Roumanie …), dont plus d'une trentaine de nouveaux, le salon offre un panorama unique d'une quarantaine de métiers d'art. Il n'est malheureusement pas possible de tout voir. Suit donc une petite sélection :

D'abord un exposant présent pour la première fois, Constant Mulet, spécialisé depuis 2021 en ébénisterie fine (qui est leur coeur de métier) et en gainerie qui fabrique du mobilier de luxe pour yachts et résidences, en faisant du sur mesure ou des petites séries, avec une équipe d’artisans passionnés travaillant à la main dans un raffinement extrême alors que tant d'autres utilisent des machines à commande numérique.

Les exemples exposés démontrent la symbiose entre ébénisterie, travail du cuir, travail de la finition et aussi l’incrustation de matières métalliques ou organiques.

L'Atelier Marcu est une Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 1990, spécialisée dans la restauration et l'entretien de meubles XVII° et XX°, qu'ils soient en bois plaqué ou marqueté, notamment Boulle. Benoit Marcu nous a montré une délicate coiffeuse en amarante avec des plaques émaillées (non photographiée), une table Ruhlmann (au centre) restaurée, ayant appartenu à la famille Rothschild. Son stand est joliment fleuri par Laure Cotelle d’Arts et Flore.
Il nous ouvre (à droite) une cave à whisky et cigares en marqueterie de paille et palissandre des Indes. Simple à première vue, il recèle des tiroirs secrets comme cette entreprise excelle à les concevoir. Il sera exposé le 10 décembre dans un hôtel de luxe londonien, à l’occasion des 120 ans de la maison Rolls-Royce, le célèbre fabricant de voitures de luxe mais aussi de moteurs d’avions et de navires.
Carpet Society (Codimat SAS) réunit les savoir-faire uniques de dix marques dans l’univers des tapis et moquettes, installées en Belgique et en France, de notoriété internationale. Son directeur artistique Julien Baruzzo nous a expliqué plusieurs techniques alors que nous avions les pieds sur un tapis refait spécialement pour la Villa Cavrois à Croix et dont on peut apprécier un gros plan sur la photo ci-dessus (à gauche). 

dimanche 5 octobre 2025

Les évolutions futures de Maison & Objet

Après avoir parlé de la Paris Design Week qui est la manifestation parisienne intra-muros de Maison & Objet axée sur le design, j'avais promis dans l'article consacré à mes coups de coeur de l'édition de septembre 2025 d'approfondir la question des évolutions à venir du salon en terme de positionnement et qui ont fait l’objet d’une conférence de presse à laquelle j'ai assisté tout en donnant le bilan de cette dernière édition. Et surtout d'une seconde conférence de presse dans la salle de bal de la Maison Baccarat, Place des Etats-Unis à Paris, et que j'ai suivie à distance, puisque je me trouvais alors au Mexique.

Je reviendrai ensuite sur l’un des débats proposés dans l’espace Cook & Share sur la complémentarité entre EPV et Origine France Garantie, et sur le point de vue de Thomas Joly, venu à la rencontre des visiteurs. 

La SAFI (qui est aussi l’organisatrice de Paris Design Week et de la marketplace MOM) a décidé d’en remanier les éditions pour mieux répondre aux attentes évolutives des professionnels du secteur. tout en restant fidèle à son ADN, qui est de révéler des visions inspirantes de l’Art de Vivre, où chaque Objet donne âme et caractère à la Maison.

Le changement de positionnement entre septembre et janvier est ainsi en cours depuis un an avec la fermeture des halls 2 et 3 pour donner une image de salon avec des halls toujours bien remplis. Il permet d’être stable sur la partie "objet" en ne changeant pas l'implantation des halls 6 et 7. Quant au Cook & Share, je rappelle qu’il n'existe pas en janvier. Blandine Sherpe a souligné combien ce secteur a connu un très vif intérêt, avec un très bon niveau d'affaires, le plus élevé depuis dix ans.

Le volume des exposants a été diminué sur la partie Maison et certains ont d'ailleurs fait le choix de n'exposer qu'en janvier, qui s’adresse davantage aux prescripteurs et au secteur de l’hospitality. En revanche le Retail (la vente au détail) restera présent sur les deux éditons car cela correspond à un besoin, pour Noël et pour l'été, ce qui est moins sensible pour les autres secteurs.

Si on cherche à qualifier "Maison & Objet" on peut dire que c'est la rencontre entre métiers d'art, création et design. On ne s’étonnera donc pas que le secteur Craft devienne encore plus important en janvier comme l’a annoncé Julie Pradier, responsable Stratégie (ci-dessus à côté de Guillaume Prot, le directeur du salon) à l’occasion de la conférence de presse de clôture de l’évènement, le lundi 8 septembre.

Elle a expliqué la légère diminution de la présence de marques internationales (qui représentent tout de même 40% des quelque 2500 exposants) par le fait des turbulences politiques : La Suisse, l'Italie, les Pays-Bas étaient là, également le Moyen-Orient mais pas l'Inde ni les USA. On sent que ces pays sont en transition et en recherche d'équilibre. La hausse des droits de douane vers les Etats-unis a généré de l’angoisse, sans pour autant réduire l’intérêt pour un sourcing en Europe. On espère que la situation sera éclaircie pour janvier.

Elle ajoute que les espaces de repos et les terrasses ont été multipliés, ce qui sera poursuivi en partenariat avec les marques. On sent nettement l’envie de recréer de l'expérience et de la mise en ambiance afin d'instaurer une vraie dynamique d'attraction.

Elle est revenue aussi sur la vison subversive du design et de la création de d’Amélie Pichard en tant que directrice artistique cette édition de septembre en nous incitant à écouter ses déclarations, notamment lorsqu’elle affirme qu’il n’y a pas besoin d'objet inutile dans la maison.

Guillaume Prot a confirmé qu’il n'y aura pas de différence de date ni de durée en septembre 2026 mais que le calendrier des sessions pourrait être modifié à partir de 2027, en démarrant par exemple le dimanche et en supprimant le samedi. Par contre les dates seront décalées d'une semaine dès 2026 pour s’affranchir de la rentrée scolaire : ce sera du 10 au 14 septembre.

Il apparait de plus en plus que Maison & Objet est davantage qu'un salon. c'est une vraie communauté qui gravite autour de l'évènement, en fabriquant des rencontres (j'en donne deux exemples plus loin). C'est le seul salon où on peut retrouver l'ensemble de ce qui se trouve dans une maison, et ceci de la manière la plus éclectique possible, de l'accessoire au textile en passant par les arts de la table … en rassemblant une communauté de plus de 2 millions de créatifs.

Fondé il y a 30 ans sur un rendez-vous entre métiers d'art et design, Maison & Objet demeure singulier, authentique, fidèle à ses racines pour continuer à accompagner, révéler, inspirer, ressentir à travers le salon mère, augmenté de 2 parcours des plus belles adresses parisiennes (Maison & Objet in the City en janvier, Paris Design Week en septembre), et une capsule muséale à Hong-Kong.
Janvier 2026 sera dédié à la nouvelle garde autour de l'excellence et du prestige, traduite par le thème "Past reveals Future". La crise écologique a provoqué une prise de conscience et une recherche de sens. On ne fait plus un produit en suivant une tendance mais en répondant à des problématiques du futur, souvent écoresponsables, ce qui donne un design incarné, le plus multifonctionnel possible, en relation avec l'Intelligence artificielle (qui ne remplacera jamais l'artisanat mais contribuera à lui donner un coup de jeune), la création en 3D … le sourcing de biomatériaux, locaux de préférence, le recours à la lowtech. Le fait main, les gestes ancestraux et l'artisanat seront à l'honneur comme l'emploi de matières nobles (céramique, chanvre, poudre de lait, vinyles, cassettes).

lundi 8 septembre 2025

Mes coups de coeur à Maison & Objet de septembre 2025

Depuis trois décennies, et deux fois par an, en janvier et en septembre, Maison & Objet s’affirme comme l’unique rendez-vous international associant la décoration et l’ameublement.

Après avoir parlé il y a quelques jours de la Paris Design Week qui en est la manifestation parisienne intra-muros axée sur le design je vais dans le présent article vous donner les coups de coeur que j’ai eus aujourd’hui au cours de la journée passée au salon.

Dans une dizaine de jours j’approfondirai la question des évolutions à venir de Maison & Objet en terme de positionnement et qui ont fait l’objet d’une conférence de presse ce matin tout en donnant le bilan de cette dernière édition.

Je reviendrai aussi sur le point de vue de Thomas Joly, venu à la rencontre des visiteurs pour discuter sur la manière dont la jeune génération peut influer sur le design de demain.

C’est alors que je parlerai de l’un des débats proposés dans l’espace Cook & Share sur la complémentarité entre EPV et la certification Origine France Garantie (qui a notamment été attribuée aux poteries d’Albi, présentes sur le salon - voir plus loin), parce que le salon est aussi une communauté en réflexion. Les rencontres sont donc essentielles et sont des composantes de l’ADN de Maison & Objet qu’il ne faudrait surtout pas minorer au profit de quelques nouveautés, même si celles-ci peuvent m’enthousiasmer en tant que visiteuse.

J’aimerais avant tout dire quelques mots à propos de Welcome Home, cette maison, volontairement inachevée, conçue par Amélie Pichard, la directrice artistique de cette édition de septembre. Il était logique de la visiter pour apprécier l’originalité de cette créatrice. Si elle est subversive en affirmant qu’il n’y a pas besoin d'objet inutile dans la maison elle nous propose une vision intéressante d’un intérieur minimaliste et fonctionnel, voulu comme une installation sous forme de scène ouverte où dialoguent les disciplines. Ce lieu exprime la complémentarité des six secteurs du salon et met en valeur le design, la jeune garde et l’écosystème qui gravitent autour de cet événement.
L’espace est scénographié comme une maison vivante, dans laquelle chaque pièce est incarnée par une marque ou un créateur comme par exemple Morgane Tschiember, en collaboration exclusive pour la fenêtre, Bosc Design qui a pensé la lumière des appliques murales (et j’irai voir leur stand dans quelques instants), ou Anne Krieg qui a réalisé la carafe-vase en céramique.
Tout était parti, il y a un an, du coup de coeur d’Amélie Pichard pour une autre céramique, conçue par Elisa Benchetrit, fondatrice du studio Blumen, qui a donné naissance à l’affiche de l’édition de septembre 2025 de Maison & Objet.
Inspirée d'un modèle original de l'artiste, la théière a ensuite été réinterprétée grâce à un dialogue avec l’intelligence artificielle, avant d’être spécialement fabriquée pour le salon par l’agence Cowboys. Surnommée Ceci n'est pas (encore) une théière, entre maison et théière, objet domestique et sculpture, elle incarne le décloisonnement et le renouveau de la création contemporaine.
Elle est en bonne place au centre de Welcome Home où on peut aussi voir des objets de Au Bain Marie sur une table triangulaire très haute, à l’instar d’un mange debout. Les objets décoratifs de cette marque ont pour moi une valeur iconique et je ne saurais manquer son stand (voir plus loin).
Dans la salle de bains, une cloison de pavés de verre peut rouler pour adapter l’espace. Et un soutien-gorge de mailles est éclairé par un cintre lumineux.
Un vieil appareil photo se fait bougeoir (par la maison Gabbois) dans le plus pur esprit d’écoresponsabilité en « créant du neuf avec du vieux » et une pile de chemises compose, au pied du lit, un pouf d’appoint imaginé par Lola Mayeras.
Commençons maintenant une déambulation -forcément partielle et partiale- par le hall 4, dédié au Cook & Share, autrement dit à la cuisine et au partage. J’y ai retrouvé avec plaisir Alexandre Dubost, PDG de l’entreprise Jean Dubost, coutelier français depuis un peu plus d’un siècle, que vous connaissez tous puisque leurs couteaux de cuisine gamme 1920 sont utilisés depuis toujours par les candidats de l’émission de M6 Le Meilleur Pâtissier.

Il présentait une nouveauté, un couteau CIRCO, de fabrication française, élaboré dans leurs ateliers, dont le manche est réalisé à partir de déchets plastiques collectés et recyclés en France. Sa seconde caractéristique est qu’il est entièrement démontable, grâce à un système de vis innovant, éco-conçu, permettant un démontage intuitif. Il existe des kits de réparation pour remplacer soi-même la lame ou le manche ce qui assure à l’objet une longévité exceptionnelle. Cet objet illustre à la perfection la philosophie prônant la récupération, en transformant au lieu de jeter.
Vous devez savoir combien je suis adepte des outils Microplane dont je ne saurais me passer. La marque présentait une boîte-râpe compacte, d’un peu plus de 1/2 litre de contenance, dont la promesse est de râper (avec une râpe gros grains, fabriquée selon le procédé photochimique original mis au point par le fabricant, il y a plus de 30 ans) et de conserver les ingrédients de manière optimale, avec un ustensile 3 en 1.
Elle permet de râper les ingrédients proprement dans un récipient avant de les servir directement à table ou de les conserver au frais, qu’il s’agisse de fromage, de fruits et légumes, de chocolat, de noix de coco … sans salir le plan de travail. Le couvercle en bois peut fermer la boite comme être utilisé pour le service en tant que plateau pour y poser par exemple un morceau de parmesan que les invités râperont à leur convenance.

mardi 25 février 2025

Une journée au Salon de l’Agriculture édition 2025

N’étant pas véritablement allée au Salon de l’Agriculture l’an dernier (j’avais juste entrevu un bâtiment en me rendant au très intéressant Salon des Fromages et Produits Laitiers) mon intérêt pour cette immense manifestation était de nouveau très vif.

D’abord, il faut rappeler que c’est un immense et formidable terrain de jeu(x) pour les visiteurs de tous âges et toutes origines comme pour les professionnels. Il comporte aussi une dimension d'apprentissage indéniable.

J’y ai consacré une journée en sachant pertinemment que je n’aurais pas l’occasion de pousser jusqu’au Hall 1, celui des animaux et des grands groupes. Tant pis. J’ai fait des choses très intéressantes. Et j’ai tout de même parcouru plus de 10 km, ce qui est une sorte d’exploit. Aller d’un bâtiment à un autre en coupant au court par l’extérieur était peu agréable en raison de la pluie. J’ai soudain compris pourquoi Aigle était partenaire de l’évènement en présentant à l'entrée du salon une botte Chambord géante de  6 mètres de haut et de près de 500 kg, soit dix fois plus grande que l'originale, fabriquée en France et à la main depuis 60 ans, dans l’usine de la marque à Ingrandes-sur-Vienne (86). Utilisée par de nombreux agriculteurs parce qu'elle est adaptée à un usage extérieur quotidien, elle est devenue un modèle icônique, best-seller de la marque.

En partenariat avec Groupama, Aigle proposait un jeu de piste à l'intérieur du SIA. Le but était de chercher toutes les bottes disséminées dans les allées pour tenter de remporter divers lots: 1 tenue complète (1 parka, 1 bonnet et 1 paire de bottes Chambord avec leur éponge lustrante), 10 paires de bottes Chambord et leur éponge lustrante ainsi que 20 casquettes. J'avoue avoir vite lâché l'affaire. On marche suffisamment sans ce défi. Et l'insolite ne manquait pas sur place.
Premières découvertes avec la Provence Côte d'Azur avec l'ail de Piolenc (que toute la journée on a confondu avec un poireau et qui est engagée dans une démarche IGP) et l'ail fumée, avec lesquelles je vais proposer plusieurs recettes dans les prochains jours. Avec peut-être, même si c'est surprenant, quelques-unes des premières fraises de Carpentras, une huile d'olive de Haute-Provence, et de la pomme Pink Lady (dont les sacs colorés colonisent littéralement les allées du SIA chaque année).
En passant en 2014 de 22 régions métropolitaines à 13 on a -je trouve- compliqué le repérage et perdu la spécificité territoriale. C'est manifeste sur le Salon de l'agriculture où il devient difficile de repérer un terroir en raison du gigantisme des espaces. Bien sûr, et il me semble que c'est une force pour elles, les régions Bretagne, Pays de la Loire, Provence Côte d'Azur, Corse (aurait-on pu oser y toucher pour la faire rejoindre la Provence ?) et l'Ile-de-France, la plus petite, n'ont pas été modifiées. La normandie et les Hauts-de France sont cohérentes.

Mais que penser de la Nouvelle Aquitaine qui en fusionne trois ? Six si on compare avec la carte des anciennes provinces françaises. Quelle cohérence peut-elle affirmer avec 12 départements et plus de 700 km du nord au sud ? Je ne pensais pas que la laiterie des Fayes qui produit l'excellentissime fromage blanc des Limousins (qui récolte le lait de 60 éleveurs dans un rayon de 60 km) se trouvait dans la même région que les Conserves Dupuy de Grand-Village Plage, sur l'ile d'Oléron, et que je vais prochainement visiter. Leur pâté de campagne est médaillé du concours agricole. Le Fagot, historiquement servi en traiteur par le boucher, avait besoin d'être ficelé, ce qui n'est plus nécessaire depuis qu'il est en verrine. L'entreprise peut toujours fabriquer ses spécialités (comme le très bon poulet au citron) en format terrine pour des repas rassemblant de nombreux convives.
Autant l'avouer : je me suis parfois égarée et il y a des départements que je n'ai jamais trouvés. Egalement des producteurs, comme Les pâtes du Vexin que j'ai pourtant goûtées à l'occasion d'une dégustation dans les allées. Il me semble que certains producteurs n'ont pas réussi à venir sur toute la durée du SIA et que donc la mention du numéro de leur stand n'était valable que certains jours. C'est ainsi que je n'ai pas félicités les producteurs du caviar d'Aquitaine enfin IGP depuis une dizaine de jours. J'avais fait un grand reportage sur le sujet en 2019.

Direction ensuite vers l’espace Grand Est, lequel justifie son nom puisqu'il s’étend sur 1 500 m² avec plus de 120 producteurs présents sur 62 stands de boutiques du terroir, des marques départementales et régionales, ainsi qu’un restaurant mettant à l’honneur les spécialités locales.

J'étais en bonne disposition pour tenter l'expérience immersive et inédite, "Dans le Noir" installée sur l'espace Grand Est. Il s'agissait d'une dégustation à l’aveugle de trois produits (mais nous ne savions pas lesquels avant d'entrer dans la boite noire) :
- des graines de chanvre décortiquées, de La Chanvrière (coopérative de plusieurs producteurs de chanvre), 
-  du fromage Chaource AOP,  fourni par Le Syndicat du Chaource
-  du jus de pomme du pays d'Othe, par les producteurs du Syndicat Cidricole du pays d'Othe 
Je n'ai reconnu que le fromage de Chaource (sans doute produit dans l'Aube car cette AOP est fabriquée aussi dans l'Yonne qui est en Bourgogne). Je n'avais jamais mangé de graines de chanvre écrasées et j'ai appris qu'on pouvait en saupoudrer les salades. J'ai été étonnée que le jus de fruit pétillant servi soit de la pomme (cela dit il était délicieux) car j'aurais pensé qu'on nous aurait fait découvrir la rhubarbe avec le Crillon des Vosges de Michel Moine… Je me suis régalée un peu plus tard dans la soirée avec un autre producteur, en dégustant des plats très originaux et ô combien savoureux comme des Boulettes de sanglier au Riesling, un Parmentier de cerf à la choucroute et oignon confit, un Tartare de chevreuil à la moutarde et herbes fraiches. 
Cour Rheoum produit un nectar de rhubarbe sans alcool mais aussi plusieurs pétillants de rhubarbe et un ratafia à partir de leurs pieds de rhubarbe qui poussent … dans les Hauts-de-France.

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