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mercredi 12 août 2026

Le corset, film d’animation de Louis Clichy, et bientôt un livre d'Emmanuel Villin

Le corset est un film d'animation réalisé par Louis Clichy dont la sortie nationale est programmée pour le 14 août 2026. Ce sera aussi un livre jeunesse, écrit par Emmanuel Villin, qui sera en librairie deux mois plus tard.

Il est donc très probable que la majorité du public verra le film avant de lire l'ouvrage alors que j'ai suivi la démarche inverse parce qu'il a été présenté en avant-première de la rentrée littéraire par L'école des loisirs. Cependant je ne parlerai que du film aujourd’hui.

Louis Clichy est né en 1979. Il s'est formé à l'animation à l'Ecole des Gobelins. Il a commencé sa carrière comme animateur chez Pixar sur Wall-E (2008) et Là-haut (2009). Il a scénarisé et coréalisé ensuite Astérix: Le Domaine des Dieux (2014) avec Alexandre Astier, récompensé par le César du meilleur film d'animation, suivi par Astérix: Le Secret de la potion magique (2018), si bien que Le Corset est son troisième long métrage.

Le Corset est son premier long métrage personnel en tant que réalisateur et il y affirme un style très personnel, caractérisé par un dessin au trait et à l'encre qui renoue avec Mange et À quoi ça sert l'amour, ses premiers courts métrages.
Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe ne cesse de pencher… et tombe. Il doit porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il se passionne alors pour la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible… 
Je n’ai pas trouvé que le film s’adressait spécifiquement au jeune public (alors que le livre est davantage ciblé). On suit la vie quotidienne dans une exploitation beauceronne à partir des années 80 (la photo de classe est datée 86-87) qui ont vu s’accélérer de profondes transformations du monde agricole déjà amorcées dans la décennie précédente. Jusque là beaucoup de personnes venaient directement chercher leur lait dans les fermes. On y pratiquait l’élevage de plusieurs types de bétail, moutons comme vaches, comme nous le montrent les premières images et bien entendu celles-ci étaient traites à la main, ces mêmes mains qui équeutent les haricots verts du jardin en suivant le très populaire jeu radiophonique, la valise RTL. Les tâches agricoles sont partagées par les membres du clan si bien que la coopérative a pu prendre une place "naturelle" dans l’organisation de l’économie rurale. Une forme d’industrialisation s’est imposée avec la promesse d’un confort de vie grâce aux machines, aussi bien dans l’habitat (qui s’équipera du lave-vaisselle promis à la mère de famille, d’une télévision grand écran et d’une véranda) que dans la vie professionnelle. Les agriculteurs ont été convaincus d’abandonner les activités les moins lucratives au profit de la monoculture.
La Beauce est devenue le grenier à blé de la France, avec des champs à perte de vue, qu’il fallait cultiver avec de grandes doses d’engrais et des machines toujours plus puissantes, poussant les cultivateurs à s’endetter toujours davantage, au bénéfice de l’industrie chimique et des grosses coopératives, avec pour autre désastre (mais le film n’en parle pas vraiment) la pollution, l’appauvrissement des sols et l’épuisement des nappes phréatiques. On voit juste que l’on sacrifie un arbre centenaire parce qu'il gêne aux manœuvres des engins agricoles...

Un des angles du film témoigne de ces fausses promesses d’enrichissement et on sait aujourd’hui combien le monde agricole est marqué par les faillites avec un taux de suicide très élevé. Un autre thème est celui de l’évolution d’un petit garçon sensible et courageux, mais chétif, prénommé Christophe et dont le corps semble la métaphore de ce monde qui part de travers. On va vite comprendre que l’enfant va devoir porter un corset pour poursuivre son développement correctement sa croissance.

Louis Clichy s’est inspiré de ce dont il se souvenait de la vie agricole en Beauce, où son père était agriculteur et où il a vécu durant ses dix premières années. Et de sa propre situation puisqu’il a dû lui aussi être équipé d’un appareil, et qu’il en porte encore un maintenant. Il réussit à faire de cet engin de torture un objet qui permettra au petit garçon d’accéder à l’imaginaire et de "renverser la situation" à chaque fois qu’elle est insupportable. Il envoie valser les problèmes en inclinant la tête. Plusieurs séquences donnent lieu à des épisodes de réalisme magique très réussies comme celui où l’enfant déclenche un ouragan de colère sur la musique de la chanson de Stéphanie de Monaco. Elles sont évidemment plus spectaculaires sur le grand écran qu’au cours de la lecture.

Outre l’originalité avec laquelle ce thème du handicap est traité j’ai été touchée par la beauté des paysages dont je connaissais la platitude génératrice d’ennui, ce qui explique sans doute qu’ils soient rarement le décor de films tournés "à la campagne". Ce sont essentiellement des champs à perte de vue, très peu d’arbres, des fermes carrées, très fermées (pour se protéger du vent, mais qui coupent les habitants d’une certaine vie sociale). Sous le pinceau du réalisateur, ces paysages se chargent d’une dimension onirique et mélancolique inhabituelle. Si bien qu’en traversant cette région pour me rendre en vacances je l’ai trouvée moins monotone que d’habitude. Et je n’avais jamais remarqué jusque là combien elle était striée de lignes à haute tension. Peut-être parce que maintenant il y a aussi pléthore d'éoliennes qui attirent davantage l'attention le long de l'autoroute mais elles n'existaient pas à l'époque.
L’usage de l’encre de Chine et de l’aquarelle avec des teintes sépia et une palette incluant des violets et des orangés apportent une dimension mélancolique plus intéressante que le strict noir et blanc. Les champs à perte de vue sont bien mis en valeur, soulignés par une ligne d'horizon très nette. De plus l'aquarelle met l'accent sur la lumière dans l'image et assure la spontanéité du geste en évitant l'effet "coloriage". Louis Clichy illustrera le roman, mais par contre en noir et blanc.

La famille m’a semblé très représentative de ce monde où il est inhabituel -voire interdit- de manifester ses sentiments (une grande partie de mes oncles et tantes est issue du monde agricole et toute mon enfance a été marquée par la devise de mon père affirmant qu’un témoignage de tendresse était une preuve de faiblesse). On est dur au travail quel que soit le prix à payer et on verra que le père de Christophe s’impose la même règle, mettant sa santé en péril. On notera qu’il a du renoncer à sa passion pour le bricolage et la réalisation d’objets en bois, au motif que dans la vie on n’a pas toujours le choix. Lui aussi évoluera au fil du temps. L’admiration qu’il porte à son fils, à la toute fin, est très touchante (et se remarque particulièrement dans le film).

mardi 4 août 2026

Gaufres à la banane sans sucre et sans beurre

Je récupère souvent des bananes parce que le commerçant ne veut pas garder en rayon des fruits trop murs. Elles se conservent encore longtemps dans le bac du réfrigérateur mais je trouve que leur utilisation idéale est de remplacer la matière grasse et le sucre dans une recette (environ 100 grammes de beurre et 40 de sucre si la préparation compte 2 œufs).

Double avantage puisque ce sont ces ingrédients qui font grimper les calories et l’indice glycérique. Si on a un souci avec le lactose on peut aussi substituer le lait de vache par un lait végétal.

Et puis c'est plutôt festif comme dessert, même en période estivale, y compris quand les enfants ne sont pas là. Il n'y a pas d'âge pour se régaler !

Voici donc la recette des Gaufres à la banane sans sucre et sans beurre avec :
- 2 bananes mûres (environ 200 g de chair) 
- 2 oeufs 
- 150 grammes de farine, de préférence semi-complète 
- 100 ml de lait de vache ou de lait d’amande sans sucre ajouté 
- 1cuillère à café de levure chimique ou de bicarbonate 

Malaxer les fruits à la main avant de les éplucher pour faciliter leur écrasement à la fourchette (si les fruits ne sont pas suffisamment murs) et incorporer les œufs entiers.

Ajouter la farine et la levure. Terminer par le lait. Il ne doit pas rester de grumeaux. On peut utiliser un mixeur.
Dans un gaufrier préchauffé 3-4 minutes (l’allumer et le laisser fermer). et (si nécessaire) un peu beurré/huilé, si les plaques ne sont pas anti-adhésives, placer 2 petites louches de pâte. J'avais récupéré un appareil un peu vintage mais qui fonctionne encore parfaitement.

Laisser cuire 3-4 minutes sans ouvrir jusqu’à ce que la vapeur ne s’échappe plus. Et voilà le résultat : une quinzaine de gaufres (format rectangulaire) avec ces proportions.

Ayant sous la main cette "fameuse" pâte à tartiner Nocciolata et de la crème fouettée nous nous sommes offert le dessert gourmand par excellence, celui avec lequel les baigneurs nous narguaient à chaque retour de plage mais je ne prétendrai pas qu’on était dans une démarche "healthy" comme le promettait la recette.

Nous n'avons pas tout dévoré. Les dernières ont été conservées dans une boite et réchauffées tout simplement au grille-pain. Elles sont redevenues croustillantes et ont été dégustées au petit-déjeuner.

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