lundi 31 décembre 2012

Un hamburger pour le Réveillon, mais gourmet alors ...

Un hamburger pour le réveillon ... Vous me direz : il faut oser ! Et pourquoi pas si vous avez des jeunes à table, jeunes ... de corps ... ou/et d'esprit.

J'ai tenté l'expérience, sans même le pain idéal, ces petits buns qui sont un régal dès qu'on les fait maison, mais avec une baguette tradition franchement formidable. Succès assuré. Comme quoi c'est la démarche qui compte. Il faut dire que j'avais été encouragée par Philippe Conticini (le célèbre chef de la Pâtisserie des Rêves) que j'avais entendu dire qu'il avait fait une tarte aux pommes à tomber avec de la pâte feuilletée industrielle trouvée dans le frigo d'amis qui l'avaient invité à un barbecue.

Tout est dans l'âme que l'on met et dans le savoir-faire qu'on a acquis des expériences précédentes. Et surtout il ne faut pas avoir peur de se tromper. C'est le seul moyen de s'autoriser à progresser.

J'avais "potassé" Hamburger gourmet, un livre écrit par l'équipe du restaurant Blend, et publié par Marabout. L'ouvrage à la couverture cartonnée noire sur un hamburger en trompe l'oeil est devenu le chouchou des rédactrices des magazines à la mode en quelques semaines. J'ai intégré la marche à suivre, assimilé l'équation talon + pattie + sauce + salade + couronne. Y avait plus qu'à ...

Pattie ? Oui c'est comme cela qu'on dit pour la viande (ou le poisson) à laquelle, et c'est là un des secrets, on ajoute le quelque chose qui change tout.
J'ai choisi des petits carrés de chorizo et de fourme d'Ambert. On les incorpore avec les doigts, pour ne pas briser la chair, et on forme une sorte de creux au centre de chaque pattie pour que la cuisson soit homogène (cela ne se verra pas par la suite). Ne hurlez pas mais on sale avant de cuire, 3 minutes de chaque coté si on aime le saignant.
Pour la sauce, j'ai mélangé de la crème de moutarde Martin Pouret avec de la moutarde forte de Dijon et ajouté des rondelles de cornichons à la moitié de la préparation, celle destinée au talon, alors que la couronne recevrait uniquement les deux moutardes.
J'avais du mesclun. Et voilà le résultat, élégant car la baguette reste emblématique de la cuisine française et que le mélange de salades est raffiné, et surtout très très gourmand.

A vous de jouer en version canaille ou aristocratique .... genre royal avec foie gras ou truffes. Tous les coups sont permis.

Et si vraiment l'aventure vous effraie mais que vous voulez quand même goutez la recette, allez chez les créateurs, à savoir Blend, 44 rue d'Argout 75002 Paris, Tél. : 01 40 26 84 57. Le midi, le menu est à 15 €, difficile de faire mieux.

Attention, le 31 décembre le restaurant fermera à 15 heures alors si vous voulez vraiment un hamburger pour le Réveillon il vous faudra le faire vous-même en s'inspirant de leurs recettes. Blend ne fait pas de vente à emporter.

Hamburger Gourmet, de David Japy, Elodie Rambaud et Victor Garnier, Marabout, octobre 2012
Le restaurant Blend est ouvert du lundi au samedi de 12 h à 14 h 30 et de 19 h30 à 23 h.
Leur site : www.blendhamburger.com

dimanche 30 décembre 2012

Poursuivons la visite de Vaux-le-Vicomte dans ses décorations de fête

Hier nous étions à Vaux et je vous avais annoncé que nous pousserions aujourd'hui la porte du Grand Salon qui abrite le Sapin des paons. Cet objet fut délicat à installer et il est arrimé au plafond par sécurité.

Il fallut 5400 objets pour donner de la matière à ce géant.

Auquel il faut ajouter les figurines que l'on sort d'une grande malle pour offrir à chaque petit garçon, chaque petite fille grâce à un partenariat avec la maison Papo qui depuis 15 ans multiplie les créations de princes, princesses, dragons et chevaliers, devenant ainsi la référence dans le domaine de la figurine.


Le choix de cet oiseau est peut-être venu du tableau ornant le Cabinet du roi (voir plus loin), à moins que ce ne soit les individus qui crient dans les jardins qui ont inspiré le décorateur.

samedi 29 décembre 2012

Vaux-le-Vicomte brille pour Noël et pour les enfants

Le domaine de Vaux-le-Vicomte est toujours en remaniement. Après sa transformation en Palais du Chocolat en novembre dernier, le voilà en château des Mille et une Nuits. 

C'est difficile de l'imaginer lorsqu'on arrive par la majestueuse allée de platanes qui se dressent sur un ciel d'un azur immaculé. Enfin quand on ne loupe pas le fléchage qui est un peu clairsemé. Serait-ce parce qu'il appartient à un propriétaire privé ? C'est un peu stupide parce qu'un tel endroit participe au prestige de la France et mérite qu'on ne se perde pas en route.

Nous sommes à quelques jours de la fin de l'année. Les chevaux sont prêts à accueillir les bambins. Le vin chaud diffuse son parfum pour les grands.
Le manège est régional et c'est un vrai limonaire qui diffuse la musique.
Nous sommes maintenant habitués à voir le dôme sans les échafaudages et les bâches. Sa restauration était devenue cruciale pour la santé des toitures. Une centaine de sapins sont arrivés de Corrèze pour "habiller" la cour d'honneur qui pour le moment n'étincelle pas encore. Il est environ quatorze heures. Le soleil est au zénith et je vous emmène à la découverte des pièces du château qui sont inondées de lumières. Ce sont plus de 14500 objets qui ont été choisi par Eric Naudin, le décorateur, pour créer une féérie à la mesure de ce lieu d'exception.
C'est un rituel depuis six ans : le château est spécialement mis en scène pour les fêtes de fin d'année et la magie se poursuivra jusqu'au 6 janvier. Dès l'entrée l'effet est saisissant et l'oeil ne sait sur où se fixer.

vendredi 28 décembre 2012

Laurent Beretta ... Illusionniste au Théâtre Trévise


(mise à jour le 1er février 2013)

Quand nous disons magicien, Laurent Beretta répond illusionniste. L'artiste aime le mot juste. A tel point qu'il a donné ce titre à son spectacle.

Je suis allée le voir au Théâtre Trévise, un lieu qui accueille principalement des humoristes et des magiciens. Il s'y produit pour deux soirées exceptionnelles, aujourd'hui, et demain ... mais ce n'est pas un tour de passe passe. Il y réapparaitra à partir 29 Janvier, tous les mardis soir à 19h50 et jusque fin février 2013.

Le spectacle commence par des numéros plutôt "classiques" avec une corde qui se noue et se dénoue selon la bonne volonté du magicien et qui lui obéit à l'oeil et au doigt. Laurent Beretta n'est pas encore sur scène mais voir mimer un coup de pistolet par un de ses confrères m'a amusée, rapport au patronyme de l'artiste évidemment, juste avant d'entendre les pulsations cardiaques de l'homme.

Une des plus belles images se produit ensuite avec cet envol de papiers déchirés. Parce que c'est ce qu'on attend en premier lieu d'un tel moment : qu'il nous fasse rêver. Laurent s'y emploie à merveille sans avoir besoin de convoquer des colombes ou des lapins. Il a par contre une charmante alliée avec qu'il fera surgir l'espace de quelques danses.
Les émotions sont le moteur d'une réflexion que Laurent Beretta nous soumet en s'appuyant sur sa propre expérience. Il nous confie qu'il a entrepris des études de finances internationales à Boston où il est devenu manager dans le magasin de magie le plus en vue de la Cote Est. Mais une fois soutenu le prestigieux diplôme de MBA, il rentre en France pour finir son cursus dans une école de commerce. Il aurait pu continuer sur cette lancée. C'était compter sans le pouvoir d'Oscar Wilde, un écrivain qui a beaucoup écrit sur le jeu des apparences et qui deviendra son mentor en quelque sorte. Laurent rêvait de devenir magicien. Il se focalisera désormais sur cet objectif. Il recevra le Grand prix des Magic Stars de Monaco en 2004.
Laurent Beretta s'entraine tous les jours depuis l'âge de 10 ans à manipuler les cartes ou à répéter ses tours. Cracher une guirlande de lumières, faire surgir un sapin de Noël ou traverser les miroirs sont pour lui du domaine du possible.
Il sait transformer le papier journal en parapluie sur une jolie musique d'Erik Satie qui tourne à l'orage.
Une fois lu, le journal deviendra courtepointe ou tenue de soirée pour la danseuse Isadora Le Chapelain.
Il aurait pu continuer longtemps (je le cite) "à faire son intéressant avec de la magie, de la musique et de la chorégraphie" mais il avait envie d'autre chose. L'artiste ne veut pas choisir entre danse, littérature et illusion, alors il fusionne les trois disciplines pour nous offrir sa vision personnelle de l'illusionnisme. Il n'hésite pas à rompre avec les schémas classiques. Avec lui, le public devient actif, tous les spectateurs sans exception.

Persuadé que chacun d'entre nous a (au moins) un rêve en sourdine, il se propose de nous donner le coup de pouce nécessaire pour déserrer nos freins. Isadora et Mathieu descendent dans la salle éclairée pour l'occasion et nous distribuent papiers et stylos.
Personne ne rechigne. A croire que le magicien a vu juste. Par contre c'est un peu long et laborieux parce qu'il y a beaucoup d'enfants et que les explications doivent être dites et redites. L'atmosphère est détendue. Nous sommes de bonne volonté mais on se trompe dans les manipulations. Nous n'avons pas l'entrainement ... alors je vous donne le texte de l'exercice pour que vous vous y prépariez.
Ne dites pas qu'il n'y a pas un truc, grand ou petit, que vous rêveriez de faire ! Ne vous plaignez pas de ne pas avoir de chance, de craindre la moquerie ou de remettre à plus tard. Laurent Beretta définit la chance comme la rencontre entre la préparation et des circonstances. Il se charge de vous conditionner pour vous convaincre de ne jamais abandonner. Car il faut, quoiqu'il arrive, être maitre de son destin.
Vous l'avez peut-être vu à la télévision. Laurent Beretta a participé à de nombreuses émissions, comme le Plus grand Cabaret du monde, Vivement dimanche et même Incroyable talent juste avant son spectacle à Bobino en décembre 2011.

C'est au Théâtre Trévise qu'il avait créé la première version de Paradoxes. Il fait évoluer en permanence Illusionniste et il est probable qu'il sera différent encore quand il se réinstallera ici avec armes et bagages (c'est fou le nombre de malles qu'un magicien emporte avec lui).
Pourtant tout semble simple, même de se tenir assis à cinquante centimètres d'une chaise.  L'illusion créée par Laurent Beretta est un peu à l'instar de la vie, un point de vue. N'hésitez pas à partagez vos propres humeurs sur sa page Facebook. Chacun est, à ses yeux, un être exceptionnel.
Illusionniste, de et avec Laurent Beretta, vendredi 28 et samedi 29 décembre 2012 à 17 heures au Théâtre Trévise, 14 rue Trévise, dans le 9ème arrondissement de Paris. Reprise à partir 29 Janvier, tous les mardis soir à 19h50 et jusque fin février 2013.
Toutes les informations sur son site : wwww.laurentberetta.fr
2013 commence bien pour les membres du blog avec deux invitations à gagner si vous me dites quel est l'écrivain qui a inspiré à Laurent Beretta sa carrière d'illusionniste.
Pour départager les gagnants, précisez combien de fois il a été invité dans l'émission de Patrick Sébastien le Plus grand cabaret du monde. J'attends vos réponses à l'adresse abrideabattue@orange.fr.

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Le gagnant est Eric N. qui a répondu Oscar Wilde à la première question et 4 passages dans le plus Grand Cabaret du monde.

C'était la réponse la plus proche de la réalité. Laurent Beretta a enregistré 5 séquences dans l'émission de Patrick Sébastien. Bravo !

jeudi 27 décembre 2012

Thérèse Desqueyroux sera le dernier film de Claude Miller


Thérèse Desqueyroux est tiré du roman éponyme de François Mauriac publié en 1927. Il y eut une première adaptation en 1962, avec Emmanuelle Riva et Philippe Noiret dans une réalisation de Georges Franju.

Et depuis cinquante ans, rien ...! L'histoire était quasiment tombée dans les oubliettes. Claude Miller annonçait pourtant régulièrement à ses intimes qu'il avait le projet d'en faire un film. Il estimait que le texte et la figure féminine étaient restés modernes. Il reconnaissait en tout cas les femmes d'aujourd'hui dans la problématique à laquelle se heurtait Thérèse. Et surtout, il comptait bien restituer le climat d’ambiguïté qu'il avait tant apprécié dans le roman, souhaitant mettre le spectateur au travail pour rentrer dans le film.

Il avait choisi le parti-pris de raconter l'histoire de manière chronologique, sans procéder par flash-backs comme l'avait voulu l'écrivain. Il donne ainsi davantage d'importance à la psychologie des personnages qu'à leurs péripéties.

On perçoit des gazouillis d'oiseaux dès les premières images, presqu'immédiatement suivis de bruits de bouche. Les dents croquent dans le chocolat, dans une pomme. Arrivent des bruissements d'insectes, le craquètement des arbres, des claquements d'ailes. Anne et Thérèse se poursuivent à vélo dans la forêt landaise, animées par l'insouciance de l'adolescence. Nous sommes en 1922, dans un lieu-dit joliment nommé l'Espérance.

Le piano surgit après plusieurs minutes, signalant qu'on est entré dans la fiction. Et crac Anne tord le cou d'une palombe en proférant une prophétie sans s'embarrasser du futur : il t'épouse mon frère !

Avril 1928, Thérèse Larroque fait sa déclaration à Bernard Desqueyroux : je vous épouse pour vos pins et vous n'avez pas honte ? Ce qu'il faudrait traduire par une mise en garde : attention, je ne suis pas amoureuse de vous ... Mais Bernard a l'insouciance des jeunes hommes fortunés et de bonne famille. Il s'amuse de cette jeune fille qui réfléchit trop. Il y a tant d'idées dans cette tête !

A cette époque, on arrange les mariages pour réunir les terrains et allier les familles. Thérèse attend autre chose de cette union. Elle voudrait que son mari la délivre de ses pensées et la sauve de tout ce désordre qu'elle a dans la tête. Elle se glissera quand même avec bonne volonté dans le rôle qu'on lui demande de jouer. Qu'importe si le mariage prend des allures d'enterrement, sans musique, avec une avancée à pas comptés comme seuls les croque-morts savent le faire.

Bernard ne sera pas à la hauteur. Il est hypocondriaque et serait bien en peine de se préoccuper des angoisses existentielles de son épouse. Elle est enceinte en octobre. Thérèse ne sera pas plus chanceuse avec son enfant qui préférera toujours sa tante. La jeune femme parait pourtant solide. Sa force masque un manque de volonté. Elle agit en quelque sorte comme téléguidée par son mari tant son désir de vivre "sa vie" ne peut s'exprimer.

Le jeu des comédiens est intense, riche d'une grande épaisseur de non-dits. Gilles Lelouche est touchant, parfois désarmant de candeur, Anaïs Demoustier est pétillante, débordante d'énergie et Audrey Tautou joue la grande mystérieuse.

L'ennui la pousse au crime. C'est aussi bête que cela. Elle voudrait tant qu'il se passe quelque chose ! Le paysage est magnifique mais ça ne suffit pas à remplir ses journées. Il se plaint sans cesse alors qu'il est en parfaite santé, consulte un spécialiste qui prescrit de l'arsenic. Il prend ses gouttes avec une application exaspérante. Elle le prévient. Il ne l'entend pas. Elle ressent un tumulte intérieur qui menace de la détruire mais elle ne dévoile rien de ce qu'elle pense. En somme, il gagnerait à se taire un peu et elle devrait se livrer davantage.

Certes, son geste est condamnable même si la caméra la filme avec tendresse. Plus tard, au moment où la culpabilité éclatera Thérèse donnera comme seule explication : c'est toi qui m'en a donné l'idée ...

Claude Miller a impressionné son équipe par son courage puisqu'il allait à Bordeaux le matin en radiothérapie, revenait tourner l'après-midi. Il a juste eut le temps d'achever le film sans que l'on sache s'il avait conscience que ce serait le dernier. Il n'a évidemment pas eu le loisir d'exprimer ses intentions à l'égard des personnages mais on comprend qu'il aurait assumé son parti-pris positif. Pour des raisons qui dépassent sans doute le féminisme qu'on lui connaissait. Claude Miller était un homme d'engagements. Il était le parrain du festival Paysages de cinéastes de Chatenay-Malabry (92) dont j'ai beaucoup rendu compte sur le blog.

Thérèse Desqueyroux a été présenté hors compétition au Festival de Cannes quelques semaines après sa mort. Je l'ai vu dans la salle du Rex qui porte son nom et comme tous ceux qui étaient là ce soir-là je suis repartie avec mes interrogations. La haine de la bourgeoisie et des conventions exige-t-elle autant de sacrifice ?

mercredi 26 décembre 2012

Un autre Noël ... au Quai Branly

L'opération commence aujourd'hui et va se poursuivre jusqu'au dimanche 6 janvier 2013. C'est la septième année consécutive que le musée du Quai Branly renouvelle son engagement auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et Aviation sans Frontières, pour permettre aux enfants qui vivent dans les camps de réfugiés de passer un autre Noël.

Chaque enfant est invité à apporter un de ses jouets (en bon état) et d'ajouter un petit mot pour le destinataire. En échange de ce don, il participera à un atelier de fabrication et repartira avec le jeu qu'il aura fabriqué. L'atelier est en accès libre et gratuit, dans la limite des places disponibles.

Après les vacances, l'opération se poursuit avec des classes. Il en va ainsi depuis l'ouverture du musée. C'est ainsi plus de 9500 enfants qui ont été concernés. Cela commence à se savoir. Une dame est arrivée hier avec un caddy plein à ras bord du fruit de la collecte qu'elle avait faite dans son immeuble.

Chaque année le jeu est différent, et le pays destinataire aussi. Il y eut le Tchad, le Liberia, le Kenya, la Tanzanie, des orphelinats et des écoles qui "manquent de tout". Ce devait être le Pérou cette fois ci mais l'urgence a voulu que ce ce soient les enfants syriens réfugiés en Turquie qui soient les bénéficiaires de cette édition.
Parce que c'était initialement le Pérou qui était prévu c'est un jeu de ce pays qui est réalisé en atelier. L'ukuku est une sorte de jeu de dames, avec des pions qui là-bas, sont des petits cailloux ou des bouchons. Le jeu peut être tracé sur le sol avec un bâton ou sur le trottoir avec une craie. On pourrait l'importer dans les cours de récréation où les enfants s'ennuient trop souvent.

Musée du Quai Branly, 37 quai Branly, 75007 Paris
01 56 61 70 00 ou www.quaibranly.fr

mardi 25 décembre 2012

Les gaufrettes de Noël


J'aurais pu les appeler autrement mais c'est aujourd'hui que je me décide à en retrouver la recette et à me lancer dans l'utilisation du fer à gaufres de ma grand-mère. 

Une façon très personnelle de partager cette journée avec celle qui n'est plus là depuis des lustres et qui me manque toujours autant. L'un d'entre vous sait-il quel est l'abruti qui a dit que les cimetières étaient pleins de gens qui se croyaient indispensables ?

Il a fallu gratter le moule, rouillé, bien frotter, vaincre les appréhensions du style est-ce bien raisonnable, bon pour la santé, etc ...

Trouver une recette. Une, parce que je n'avais guère d'espoir de retrouver celle de ma mémé. Seul indice : je me souvenais qu'il y avait de la crème fraiche. En soupesant ... le pour et le contre ... comparant les proportions ... car je ne voulais pas un résultat trop gras ni trop sucré je me suis arrêtée sur cette combinaison :

250 g de farine, 50 g de sucre en poudre
1 pincée de sel
2 oeufs
12,5 cl de lait
125 g de crème fraîche
75 g de beurre

J'ai suivi l'ordre préconisé : farine, sucre et sel. Puis les jaunes, le lait, la crème et le beurre fondu.
C'était un peu étrange comme procédure et l'injonction "délayez pour obtenir une pâte lisse" ne fut réussie qu'avec le concours acharné d'un appareil un peu moins vieux que le gaufrier, mais âgé tout de même de plus de 40 ans, lui aussi rescapé de plusieurs déménagements. Nul besoin d'insister sur mon penchant pour le vintage.
Observez l'étiquette presque décollée Moulinex. Et cette mention 220 volts, attestant qu'alors il y avait encore des appareils fonctionnant sur le 110. Une époque révolue bien sûr.

Changement de paire de fouets pour battre les blancs en neige. Par contre je sais les incorporer à la préparation selon les règles de l'art.
Je m'attendais à ce que les premières gaufrettes soient immangeables. Ce fut le cas. Il fallait du temps pour que le moule soit à bonne température. Le bon point est que je n'ai jamais eu à remettre d'huile. Une fois chaud "à coeur" il s'est comporté comme un moule en teflon ou assimilé. Quand je pense que cela fait des lustres que je n'osais pas me lancer dans l'aventure ... Il faut dire que les plaques électriques n'étaient guère engageantes, mais avec le gaz c'est tout de même plus commode.
Les premiers essais ont quand même failli me décourager. Çà débordait de partout. C'était long à cuire.
Je n'avais pas idée du temps à consacrer à chaque face Un peu agacée par la lenteur de l'opération, je suis retournée au blog pour écrire la recette, estimant que je pouvais faire deux choses à la fois, comme souvent.
Très vite la cuisson s'est s'accélérée sans prévenir et j'ai eu la surprise d'ouvrir le gaufrier sur une galette toute noire. Les suivantes furent elles aussi sur-cuites. Vous ne direz pas que je ne vous ai pas prévenu.
Maintenant que vous avez le coup de main pour éviter les débordements, que vous évitez la carbonisation, le prochain défi sera d'obtenir le même niveau de cuisson (la même couleur) sur les deux faces. Et toujours le même challenge : ne pas goûter systématiquement chaque fournée ... si vous voulez faire partager la gourmandise à vos amis.
Juste avant la fin, quand il n'y aura presque plus de pâte, restera un ultime cap, celui de sortir des galettes parfaitement carrées. Là j'imagine qu'il faudra plusieurs Noëls.
Ce fut un bon goûter. Certains les mangèrent avec une salade de fruits. d'autres avec des confitures. Celles de Raphaël sont un délice. J'hésite entre framboise-cardamone, et thé-poire-coing. Je ne dirais pas quand même que mes galettes avaient le goût de celles de ma grand-mère. Je n'en espérais pas tant d'ailleurs.

Quand on cherche, on trouve. J'ai remis la main sur la recette originale et je vous dirai bientôt si cette version est préférable à celle que j'ai expérimentée. Parce que se gaufrer sur des gaufrettes c'est un peu ballot, non ?
On trouve les confitures à l'Epicerie de Bruno ... qui ne fait pas que des poivres et des piments ...

lundi 24 décembre 2012

Les choix secrets d'Hervé Bel chez Jean-Claude Lattès

Les choix secrets appartiennent à ces livres qu'on démarre sans y prendre garde et qu'on ne lâche pas. C'est puissant, terrifiant, dans la même veine que Le vase où meurt cette verveine que j'ai chroniqué l'été dernier.

Marie allait faire quelque chose, mais quoi ... André se tient debout, dans son dos, respiration haletante, reproche vivant. Elle sait qu'il la trouve ridicule et cela l'empêche de se concentrer. Lui ne semble se douter de rien : bonne nuit, ma petite poule. Comme si les heures à venir pouvaient être autre chose qu'un voile épais dont il allait falloir se défendre.

J'en ai connu des Marie et des André, qui n'ont pas toujours eu le malheur de donner la réplique. Hervé Bel scrute l'intime du couple avec un oeil policier qui voudrait à tout prix trouver un coupable.

Est-ce sa faute à Marie si un rien l'effraie ? Le futur n'est promesse que de danger. Les soucis ne manquent pas, les petits, les vrais, comme cette tuile qui est tombée l'autre nuit et qu'il va bien falloir faire réparer, et surtout la peur de la mort, aussi inquiétante que la vie qui reste à ... à subir, à redouter, à apprécier ... comme si on pouvait.

La mémoire de Marie avance cahin-caha, zigzagant entre le passé et le présent pour éviter de songer à ce qui va arriver. On revit avec elle les épisodes qui ont incurvé son chemin de vie et nous, lecteurs, attendons la révélation fracassante.

André le lui a promis : quoique tu fasses, je t'aimerai toujours (page 33).

Excès de romantisme, manque de confiance en soi, dépression latente, toujours est-il que Marie, toute sa vie, sera persuadée d'être seule à détenir la vérité. Ses jugements seront sans appel. Elles les pose comme des constatations, et son comportement en découle.

On assiste, impuissant, à leur descente aux enfers, en frissonnant au détour d'une petite phrase qui évoque le souvenir d'un parent heureusement lointain, ou tristement proche qui pourrait, lui aussi, basculer en entrainant l'autre dans sa chute. Mais on ne referme pas le livre, non, jamais, trop fasciné pour s'arrêter.

Les choix secrets d'Hervé Bel chez Jean-Claude Lattès, août 2012

samedi 22 décembre 2012

Rex, ma tortue, un album de Colas Gutman dans la collection Chut !


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J'ai appris au Salon de Montreuil que l'Ecole des loisirs avait une collection spécialement destinée à être écoutée ... une autre manière de découvrir la littérature jeunesse.

Bien entendu elle est précieuse pour les mal voyants mais elle permet aussi aux petits d'aborder les albums en toute indépendance par rapport aux adultes quand ils ne savent pas encore lire tout seuls ou qu'ils en ont la flemme, ou qu'ils ont envie qu'on leur raconte l'histoire parce que c'est tout de même un plaisir énorme.

C'est la voix de Céline Millia qui m'a fait découvrir Rex, ma tortue, de Colas Gutman. L'auteur est facétieux, je l'ai déjà écrit. J'anticipais que l'aventure d'une tortue contrainte de faire le chien allait être assez savoureuse d'autant que je connais l'aversion de l'homme pour ... les chiens précisément (seul le labrador aurait grâce à ses yeux) même s'il est en train de terminer son prochain livre avec cet animal comme héros.

En résumé, c'est l'histoire d'un petit garçon qui ayant demandé un chien pour son anniversaire, découvre une tortue à l'intérieur du paquet-cadeau et qui estime alors que cet anniversaire est le pire jour de sa vie. À moins que... la tortue accepte de satisfaire son fantasme et puisse jouer à être un chien ?

Colas Gutman a "démarré" en 2006 avec Rex ma tortue. Son actualité s'est accélérée depuis deux ans. Il travaille toujours la question de savoir qui on est ... C'est le thème de l'Enfant, qui se prend en pleine figure l'interrogation d'un mouton : t'es quoi comme animal ? Et tu sers à quoi ? Car c'est une chose de savoir qui on est, c'est un gouffre que d'explorer les questions existentielles.

Colas s'y emploie avec humour quels que soient les personnages : une tortue, un enfant, une adolescente. Cette année avec les Vingt-cinq vies de Sandra Bulot il s'adressait cette fois à des jeunes un peu moins jeunes et qui ont l'habitude de communiquer par mail.

Il alterne joyeusement avec les petits qui s'amuseront davantage du tempérament de La princesse aux petits doigts ... dont le serviteur et un certain monsieur Mon Chien et qui deviendra bien plus que cela... Voilà un petit livre qui lui aussi mériterait d'entrer dans la collection Chut !

J'y ai trouvé beaucoup de "grands classiques" : Ranelot et Bufolet d'Arnold Lobel, Joker de Suzie Morgenstern, Pas de baiser pour Maman de Tomi Ungerer (dont l'actualité est énorme en ce moment avec la sortie de Jean de la lune au cinéma et d'un film autobiographique), le Cabanon de l'oncle Jo de Brigitte Smadja, le Journal d'un chat assassin d'Anne Fine, le Hollandais sans peine de Marie-Aude Murail, les Grandes questions d'Agnès Desarthe. Que des livres que les parents d'aujourd'hui ont dû lire il y a quelques années et qu'ils auront plaisir à réentendre avec leurs enfants.

Il y en a d'autres, plus récents comme Minuit-Cinq de Malika Ferdjoukh ou Mon petit coeur imbécile de Xavier-Laurent Petit, lu par Alice Butaud, et qui a reçu le Prix Lire dans le noir 2012.  Et je ferai bientôt attention au nom du lecteur comme j'ai appris à le faire avec celui du traducteur.

On peut y penser pour agrémenter les trajets en voiture à la veille des vacances. Il parait qu'il y aura des bouchons. Alors autant faire de bonnes provisions !

Rex, ma tortue, de Colas Gutman, lu par Céline Millia, Ecole des loisirs, collection Chut ! mai 2012
L'Enfant, collection Mouche, Ecole des loisirs, septembre 2011
Les vingt-cinq vies de Sandra Bulot, collection Medium, Ecole des loisirs, septembre 2012
Deux sites : celui de Chut !  http://chut.ecoledesloisirs.fr/ et celui de Lire dans le noir http://www.liredanslenoir.com/

Photo d'Alice Butaud signée Charlotte Bouvier

vendredi 21 décembre 2012

OBO, une nouvelle boisson sans alcool

J'ai découvert ce nouveau soda au Salon du Blog culinaire de Soissons. Je l'ai trouvé original et très agréable. Je l'ai depuis fait gouter à des jeunes de mon entourage et c'est ou l'un ou l'autre : on adore ou on déteste.

Il me semble que pour ceux qui assureront le rôle de chauffeur, une de ces prochaines soirées de Réveillon, cela vaut le coup d'essayer au moins comme boisson de substitution ... avant de l'adopter si on l'aime.

C'est la création d'une toute petite entreprise, française, installée à Angoulême, et qui ne manque pas d'énergie pour faire connaitre leur bébé. C'est en quelque sorte le descendant du culte du Obo, toujours pratiqué sous un ciel perpétuellement bleu par les habitants de la région du lac Baïkal, dans le respect de la nature, avec des préceptes forts mais simples tel que tu ne cueilleras pas la plante, mais la fleur ... C'est donc "naturellement" que le slogan de la marque est "Be Obo, Be nature".

Il va de soi que cette boisson ne contient ni conservateurs, ni colorants artificiels. Sa teneur en sucre est faible. On reconnaitra des saveurs de réglisse, de citron, d'épicéa, d'eucalyptus et de pamplemousse, au milieu de bulles très fines.

Obo est un nom qui se prononce à l'endroit comme à l'envers, et pareillement dans le monde entier. La canette évoque l'âge de glace. Le mammouth séduira les petits. Les couleurs or, noir et rouge attireront les grands. On peut la boire (presque) sans modération, à condition de ne pas l'accompagner de plats trop gras ou trop sucrés, selon les recommandations d'usage qu'il faut suivre, même si on finit par ne plus les entendre. Un seul conseil : je trouve que la boisson gagne à être servie glacée. Logique pour un breuvage inspiré par la Sibérie. !

Plus d'informations sur le site de la marque : http://www.obodrink.com/

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