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jeudi 28 mai 2020

Les Mallorcas de Philo

Chacun son défi. Voici celui que je m'étais lancé en prévision du Top chef d'hier soir et que je vous raconte aujourd'hui.

Il consistait à m'approcher des Mallorcas dont Philo avait publié la recette sur son blog.

Je suis comme mon amie Philo. Je me mets des recettes sous le coude en me promettant de les réaliser un jour. Cette fois je n'ai pas différé parce, hasard ou nécessité, je suis parvenue à trouver l'ingrédient indispensable à cette (simple) recette : de la levure sèche.

J'ai donc pu me lancer dans la confection de ces pains de Majorque qui ne nécessite pas de pétrissage. Malgré leur nom, et c'est mon amie qui me l'a appris, ils sont originaires de Porto Rico. Leur avantage est d'être vraiment peu sucrés, surtout si comme moi on se dispense de la dernière étape consistant à les saupoudrer de sucre glace (lequel sucre est le plus sucré au monde).

Elle les recommande pour le petit-déjeuner ou pour le goûter mais je les ai directement appréciés en dessert, en accompagnement d'un fromage blanc à la menthe. Vous trouverez les proportions en fin de billet. Voici comment comment procéder :

D'abord on recouvre la levure sèche d'un peu d'eau tiède et on laisse reposer dans une coupelle environ 5 minutes jusqu'à ce qu'il soit mousseux.

On mélange dans un saladier le lait, le beurre fondu, le sucre, le sel, les jaunes d'oeuf et l'extrait de vanille puis on ajoute la levure. On remue au fouet jusqu'à ce que le tout soit homogène.

On ajoute ensuite la farine graduellement en mélangeant la pâte à la cuillère en boisson la spatule jusqu'à obtenir une grosse boule qui se détachera de la paroi. On couvre avec un torchon propre et on  laisse la pâte lever pendant 1h30.

Il faut alors la dégonfler (la malaxer quelques instants, sans pour autant la pétrir puisque c'est inutile). est venu le temps de l'abaisser au rouleau sur un plan de travail fariné, autant que ce peut en rectangle, sur une épaisseur de 3 mm. On badigeonnez ensuite la pâte de beurre fondu.
Vous remarquerez que j'ai utilisé une roulette dentelée pour alors la découper en bandes dans la plus grande longueur. Philo parvient à en faire une douzaines. les miennes sont irrégulières mais ce ne fut pas un désagrément car, une fois cuites, ces mallorcas satisferont différent appétits.

On roule chaque bande en spirale et on les dispose en les espaçant sur une plaque de cuisson chemisée ou une feuille spéciale d'Exopat comme la mienne. On couvre et on laisse lever pendant une nouvelle heure. Leur volume va sensiblement augmenter.
On préchauffe le four à 180° pour faire cuire les mallorcas pendant 12-18 minutes ou jusqu'à ce qu'ils soient légèrement dorés. les saupoudrer de sucre glace après refroidissement les rend plus élégants mais ce n'est pas une étape que je retiens.

mercredi 25 septembre 2019

La Boulangerie du Marché d'Arnaud Dumontel

Arnaud Delmontel est une référence depuis 20 ans et n'a cessé d'innover et d'évoluer. Après avoir conquis la Butte Montmartre avec quatre établissements il s'est déplacé pour en ouvrir un cinquième dans un quartier qui a lui aussi l'esprit de village qu'il apprécie tant, le marché Aligre.

Les travaux ont été terminé fin août mais je n'y suis allée que récemment. L'intérieur a subi un beau coup de frais et le laboratoire a été modernisé mais la façade est restée avec ses décorations originales et charmantes, évoquant les Glaneuses de Jean-François Millet. Et c'est lui-même qui a usé d'huile de coude pour leur rendre leur éclat.

Il a choisi de l'appeler tout simplement La Boulangerie du Marché car elle se trouve en bordure de la célèbre halle, au 1 Rue Théophile Roussel.

Il y privilégie comme à son habitude depuis 2016 des farines 100% biologiques et françaises, provenant des Moulins Viron qu'il emploie dans une large gamme de pains spéciaux qu'il réalise avec du levain naturel, ce qui permet d'avoir un produit plus digeste tout en garantissant beaucoup d'arômes.
Mais il a aussi pour l'occasion décidé de créer un nouveau pain de partage (puisqu'il est vendu à la coupe), le pain des copains, un nom évident puisque le copain est celui avec qui on consomme son pain. Il a composé un assemblage de farines de grand épeautre, blé de tradition et sarrasin, légèrement pétri et longuement fermenté. Il révèle des arômes de fruits secs et des notes un peu crémeuses. J'adore la croute caramélisée et croustillante.
Malgré ma gourmandise j'ai réussi à le conserver quelques jours parce que je voulais vérifier sa tenue, et elle est parfaite.

samedi 10 février 2018

Du pain riche en omégas 3 avec Mon Fournil

Cela faisait un moment que la machine se reposait. Il était temps de la réveiller.

La préparation de Mon Fournil à l'épeautre et aux graines de chia m'en donne l'occasion.

Attention, bien qu'il ne s'agisse pas de farine de blé elle ne sera pas exempte de gluten, je le précise pour ceux qui ont de réels problèmes de santé.

Sa richesse en acides gras Omega 3 permet de maintenir une cholestérolémie normal.

100g de ce pain permettront de couvrir 80% des apports nutritionnels conseillés en Omega 3. Cette farine est également riche en fibres et source de protéines.

samedi 2 septembre 2017

Stéphane Vandermeersch, le boulanger pâtissier roi du kouglof

La première fois qu'on croque dans une bouchée d'un kouglof réalisé par Stéphane Vandermeersch est inoubliable.

Je me souviens de cet instant, dans la Brasserie Bofinger, le soir de la présentation de la dernière édition des Guides Pudlo Alsace et Lorraine.

Fondant, moelleux, parfumé ... une surprise éblouissante qui surpassait de très loin tous ceux dont j'avais pu me régaler lorsque je vivais en Alsace.

J'ai voulu en connaitre la provenance et ô surprise cette splendeur sortait du four d'un boulanger installé à Paris, dont j'ai fait la connaissance le soir-même avec bonheur.

Je suis allée le rencontrer avenue Daumesnil, dans l'atelier qui jouxte sa boutique, presque sous la bénédiction de la statue dorée de la porte du même nom, depuis 1999.

Des prix à foison
Stéphane Vandermeersch a reçu de multiples distinctions. Sa galette des rois a été plébiscitée par le Figaro en 2001. Il a été classé 1er par le Figaroscope en 2009 pour son millefeuille. Il fut labellisé "Meilleure Boulangerie de Paris" par l’émission La Meilleure Boulangerie de France sur M6 en 2013 et ses kouglofs sont salués par toute la profession. Il a été élu boulanger de l'année par Gilles Pudlowski en 2015. Les récompenses sont régulières, et amplement méritées.

Ancien collègue de Christophe Michalak, Arnaud Lahrer ou encore Claire Damon...
Vandermeersch est un nom flamand et pourtant le boulanger est normand, originaire de Pont-Audemer. On aimerait écrire qu'il est tombé dans le pétrin tout petit (il avait une tante boulangère) mais la légende n'est pas validée. Comme beaucoup de jeunes il a subi une orientation par défaut. La boulangerie n'était pas une vocation. Il commence l'apprentissage chez un certain monsieur Blanc, qui fut un excellent maitre puisque Stéphane ne garde de cette période que d'excellents souvenirs. Il peut alors poursuivre chez sa tante à Evreux, rue de la Harpe.

Une rencontre sera déterminante l'année de ses 27 ans. Elle se passe lors d'une démonstration à Villepinte, où Pierre Hermé réalise des biscuits pour la maison Fauchon (où il sera 14 ans chef pâtissier). L'homme était peu bavard, Stéphane pas davantage, mais il ose exprimer son souhait de travailler auprès de lui. Le pâtissier lui tend sa carte de visite en suggérant d'envoyer un CV.

jeudi 16 février 2017

Benoît Castel en toute liberté et bientôt pâtissier boulanger en toutes lettres

Benoît Castel est breton. Il est arrivé ici pour un an et cela fait vingt-six ans qu'il régale la capitale. Sans jamais cesser d'innover et de remettre en cause les codes.

Il est maintenant installé au 150 rue de Ménilmontant dans une boulangerie qui pourrait être classée monument historique car c'est là que Bernard Ganachaud, inventa en 1960 la fameuse "flûte Gana". Anecdotique ? Pas vraiment quand on sait combien la flore d'un lieu a toute son importance dans le processus de fabrication.

Quand il a créé la boulangerie Liberté des Galeries Lafayette Haussmann, pendant plusieurs mois le pain était bon mais sans âme. Nos grand-mères le savaient bien. Je ne vais pas vous raconter la Soupe de la mamée de Jean-Pierre Chabrol concluant que si on veut manger une bonne soupe il faut venir chez elle au lieu de s'échiner à reproduire la recette. On a tous expérimenté la déception de la fadeur d'un plat reproduit à la maison et qui avait pourtant enchanté nos papilles dans un autre cadre ....


Benoît Castel est d'abord pâtissier alors l'établissement s'appelle "pâtisserie-boulangerie" dans cet ordre là.

Il a débuté à Rennes où il a fait son apprentissage chez Duchesse de Bretagne, une pâtisserie-confiserie-chocolaterie avant d'arriver dans ce même XX° arrondissement dans la pâtisserie de l'Eglise aux cotés de Jean-Claude Vergne. Il est passé ensuite par des maisons honorables, comme le salon de thé le Valentin, passage Jouffroy, où il dit avoir beaucoup appris. Il a eu la chance de travailler sous les ordres d'Hélène Darroze, à l'ouverture de son restaurant. En 2003 il intègre le groupe Costes et plus tard la grande Epicerie.

vendredi 23 septembre 2016

Chambelland, boulangerie ... mais aussi pâtisserie !

On commence à nous présenter des gâteaux de fête dans la perspective de Noël et de la saint Sylvestre. J'en ai déjà goûté mais je trouve le sujet un peu prématuré alors que nous avons ces jours-ci quelques superbes après-midis.

Vous devez avoir encore envie de flâner en terrasse. Il y a un petit coin de Paris qu'on appelle Popincourt, et qui ressemble à une place de village, où s'attabler en extérieur pour savourer une pâtisserie est devenu trsè tentant. cela se passe exactement au 14 rue Ternaux dans le 11ème arrondissement.

L'endroit s'appelle Chambellan et coté dessert j'y ai dégusté une tarte au citron, avec un appareil crémeux sur fond de pâte sablée, ni trop acide ni trop sucré, très léger, surmonté d'une meringue aérienne. Pas de gluten dans les assiettes et c'est rudement bon !
La boulangerie a fait le le pari de panifier des recettes exclusives à base de farine de riz et autres céréales naturellement sans gluten. Toutes les matières premières sont non-traitées après récolte ou issues de l’agriculture biologique. Les céréales utilisées sont naturellement sans gluten et écrasées par les boulangers eux-mêmes depuis mai 2014 dans leur propre moulin, installé en Haute-Provence, à proximité de leurs producteurs. Cela va de soi mais toute la gamme Chambelland est pétrie et cuite dans leur fournil.

Les deux créateurs, Nathaniel Doboin et Thomas Teffri-Chambelland, n'aiment pas qu'on parle d'eux en pointant qu'ils font du pain "sans" gluten. Ils préfèrent une vision positive insistant sur leurs points forts. En particulier la recherche d'un riz optimal.
On ne trouve pas de baguette ni de miche dans leur boulangerie. Tout est moulé dans des plaques à la manière de gâteaux de forme rectangle et le client fait couper la part correspondant à son appétit.
Beaucoup de pains aux graines, et mêmes aux fruits, à la texture dense, un peu humide. On propose même des sandwichs avec à l'heure du déjeuner. Il faut tester ... d'autant que, j'allais oublier de vous le dire : ils font aussi des gâteaux de fêtes, mais sur réservation au moins deux jours à l'avance.
Chambelland
14 rue Ternaux 75011 Paris
Ouverture du mardi au dimanche de 9h à 20h
01 43 55 07 30

dimanche 15 mai 2016

Une pizza à l'épeautre

J'ai toujours "pour dépanner" de quoi faire une pizza parce que tant qu'à faire de manger ce type de repas je préfère la préparer moi-même que réchauffer un truc surgelé même s'il y en a sans doute d'excellentes.

J'ai déjà eu l'occasion d'employer les préparations Mon Fournil. Ce soir ce fut la pâte à pizza à l'épeautre Bio.

Le sachet dose est conçu pour 2 pizzas (rondes précise l'emballage mais on peut la faire  en carré ou en losange ... il y a des mentions comiques parfois ...). Il est tout à fait possible de peser la moitié pour ne faire qu'une seule pizza. Cela m'est arrivé plusieurs fois.

Mélanger le demi-sachet à 100 ml d'eau et 1 cuillère à soupe d'huile d'olive est à la portée de tous. Dans l'idéal il faut laisser reposer à l'abri de l'air avant d'étaler (de la forme souhaitée).

Comme garniture j'ai cette fois préparé un coulis à base d'oignons et de grosses tomates cerise. Elles sont plus parfumées que les tomates classiques. J'ai ajouté sur la pâte des morceaux de mozarella et des tranches de tomates fraiches, puis des olives noires.

Après 20 minutes de cuisson th 7 (mais on pourrait faire un peu moins) quelques feuilles de basilic frais et des câpres à queue dont je raffole, il n'y avait plus qu'à déguster. Une assiette de jambon complétait le repas.

Avantages : la farine est Bio, et contient moins de gluten qu'une farine classique (mais elle n'est pas garantie sans gluten). Seul bémol : l'épeautre donne un goût un peu sucré avec lequel il faut composer en terme de garniture. Peut-être en allant carrément dans une version sucrée de la pizza.

vendredi 6 mars 2015

Faire son pain bio multicéréales

J'avais dans mes réserves une des préparations de Mon Fournil que j'ai testée dans ma machine à pain il y a quelque temps. Je n'avais pas été très satisfaite du résultat.

J'avais pourtant suivi les recommandations du mode d'emploi, simples au demeurant. Il suffit en effet d'ajouter de l'eau et d'enclencher le programme 1.

Ne supportant pas de rester sur un échec j'ai récidivé un peu plus tard en ajoutant ma touche personnelle : l'équivalent d'une cuillère à soupe de beurre à température ambiante.
Cela change tout. Je me suis régalée avec ce pain bio multicéréales et l'opinion de tous ceux à qui je l'ai fait goûter à été la même. La croute est croquante. On sent bien les graines de tournesol et de lin. Son petit goût de levain est très agréable.

L'association de blé, seigle et avoine est bien pensée. 
J'ai mal résisté à la gourmandise de me trancher une part pour la dévorer nature, une autre avec du beurre, une troisième avec le Caprice des Dieux, en version fromage frais à la texture fondante, élu Saveur de l'année, un soupçon de Citrus Pepper de Saravane et des graines de sésame à la prune Ume de Terre Exotique. C'est divin.
J'avais précédemment testé le fondant bio au chocolat, lui aussi de Mon Fournil bio et sans gluten.

C'est décidément est une marque que je retiens. Mon prochain test sera probablement la préparation pour cookies aux flocons d'avoine et pépites de chocolat parce qu'elle est elle aussi sans gluten. Ce n'est pas que je sois intolérante mais il me semble que réduire l'apport de gluten ne peut qu'être bénéfique pour la santé.

Il faudra que je tente de faire du pain sans gluten avec les farines de Mon Fournil. Existent actuellement maïs, sarrasin, châtaigne et riz complet ... mais j'ignore encore quelle combinaison pourrait marcher car, évidemment elles sont difficilement panifiables ... mais rien n'est impossible.

lundi 12 janvier 2015

Pain(s) brioché(s) ou pas la question mérite d'être posée

Les soldes ne se limitent pas aux vêtements. Vous allez voir ces jours ci les prix de plusieurs denrées alimentaires divisés par deux. Les chocolats bien sûr mais aussi le saumon et le foie gras.

Pour ce dernier se pose toujours la question du pain. Ce n'est pas systématiquement le pain de mie qui convient le mieux. J'ai suggéré une tranche de campagne pour supporter un marbré de foie gras et magret de canard fumé, une des dernières recettes de Comtesse du Barry que j'avais gouté en novembre 2014.

Mais si vous tenez à un pain de mie celui que Harrys a conçu spécialement pour le foie gras est tout bonnement parfait tant il est fondant et brioché. S'il vous en reste il sera délicieux au petit déjeuner avec une gelée de framboises.

La gamme "Beau et Bon" comprend aussi une variété complète qui s'entend avec les fromages et une version gourmande aux céréales que j'apprécie avec le saumon.
Par contre c'est avec des huitres que j'accorde celui qui est destiné à ce poisson. Taille, texture et goût me conviennent tout à fait.
Avec un jus de citron ou du vinaigre à l'échalote sur les fruits de mer et puis sur le pain, du beurre (breton) et des oeufs de lumps. Si on a la chance de déguster en bordure de mer c'est encore mieux mais cela reste très bon quand même de retour en région parisienne.
A cette occasion j'ai détourné l'usage des fromagettes Jean Dubost que je trouve idéales pour saisir la chair de l'huitre. Assorties aux tartineurs et aux cuillères moka elles sont tout à fait tendance.
Pour accompagner, je recommande un Tokay hongrois, en toute modération malgré tout. J'ai déniché celui ci chez un couple de cavistes remarquables, installés à Pont-Aven. Leur boutique s'appelle la Part des anges et je la présente dans un article où je parle de cette ville à l'atmosphère délicieuse.
D'ici là régalez vous. Il en faut parfois peu pour être heureux ...

mardi 5 novembre 2013

Rodolphe Landemaine, boulanger d'exception

Rodolphe Landemaine a été pâtissier avant d'être boulanger mais son pain est tellement "incroyable" que je lui attribue avant tout ce métier qui demeure encore trop le parent pauvre de la gastronomie. D'ailleurs ne dit-on pas dans le jargon la "boulange" pour désigner cet univers ?

Je vous montre sans attendre sa spécialité (ci-contre) que j'ai failli engloutir dans le métro ...  C'est le pain fétiche de la maison, qui porte le nom de chaque boutique (on l'appelle le Clichy rue de Clichy), façonné de façon anarchique. La forte hydratation de la pâte accentue l’alvéolage de la mie et favorise le développement des arômes.
Vous auriez-vous les regards gourmands qu'on me lançait ... mais personne n'a osé répondre positivement à ma proposition de goûter. Le pain n'est pas encore un produit glamour. Les gens ne savent pas ce qu'ils perdent.
Enfin pas tous, parce que les clients de Boco apprécient le pain qui est livré quotidiennement par la Maison Landemaine, excellent même si ce n'est pas le Clichy (ou le Martyrs) que j'ai dévoré sans délai.  C'est d'ailleurs par cet intermédiaire que j'ai fait la connaissance de Rodolphe.

Les restaurants apprécient ce pain d'antan pour son goût acidulé, sa mie dense, sa croûte épaisse très caramélisée. Il est fabriqué avec un levain naturel plus acide, qui se conserve plusieurs jours.

L'homme est un peu "à part" dans l'univers. A plus d'un titre. De par sa formation, puisqu'il a passé un Bac scientifique. Il aurait pu devenir ingénieur des Eaux et Forêts ou botaniste. Rien ne le prédisposait à travailler dans la gastronomie. Il ne vous racontera pas la légende du petit garçon qui léchait la cuillère en bois de sa mamie en rêvant un jour de cuisiner pour les têtes couronnées.
Par contre il avait la volonté d'entreprendre et n'était pas attiré par de longues années d'étude. Il a estimé avec sagesse que rien ne vaut un "bon" métier manuel. Cà aurait pu être l'ébénisterie ou la charpenterie. Son père lui souffla un jour que la boulangerie était un secteur porteur. Rodolphe s'informa, comprit qu'il pourrait très vite s'installer et suivit le conseil paternel avec pragmatisme.

Le succès n'est pas arrivé par hasard. Quand Rodolphe dit avoir travaillé 15 heures par jour, 7 jours sur 7 pendant 10 ans on le croit aisément. Son parcours le confirme et il demeure loin des projecteurs qui hypnotisent les pipoles.

Parmi les relations paternelles il y avait en effet Monsieur Valadon qui n'est pas "que" boulanger à Pontoise, mais aussi Président de la Fédération de la Boulangerie, Pâtisserie & Chocolaterie auprès de qui Rodolphe effectuera ses deux ans d'apprentissage après le Bac Pro Alimentation, histoire de ne pas se spécialiser trop vite. Il enchaine ensuite avec les Compagnons du devoir pendant 3 ans, à Paris, Bruxelles et Reims, aux côtés d'artisans passionnés. Puis Ladurée auprès de Pierre Hermé pendant 2 ans, Paul Bocuse à Lyon, le restaurant gastronomique Lucas Carton (aujourd’hui Senderens), l’hôtel Bristol ou encore le traiteur Raynier-Marchetti.

Il s'installera d'abord en gérance dans le quartier de Tolbiac, en 2004, et à seulement 26 ans. Il s'accordera ensuite  une année sabbatique et puis fera ce qu'il appelle "le grand saut". Il avait effectué un stage dans la maison Feyeux, à l’enseigne des Poilpré, 56 rue de Clichy. Si bien que lorsqu'il appris que cette boulangerie de la rue de Clichy était à reprendre il sauta sur l'occasion, en ayant à coeur de remonter la boutique tombée en désuétude, ce qu'il fait avec sa femme Yoshimi Ishikawa, début 2007. La recherche de qualité y est quotidienne, avec intransigeance. Cela se joue à une cinquantaine de détails. Mais c'est le prix pour un succès grandissant qui a permis de doubler le nombre de collaborateurs en deux ans. Ils sont 140 à travailler dans les diverses Maisons Landemaine.

C'est dans le 9ème arrondissement que se trouve aujourd'hui le laboratoire Landemaine. Les sous-sols de la boutique commencent à être insuffisants et il est probable que la croissance passera par un déménagement.
Chacun s'affaire. Au salé, comme avec cette superbe tarte aux belles feuilles d'épinards, qu'au sucré. A commencer par les macarons. Plus de quinze nationalités travaillent de concert. Shiaru est née au Japon où elle a découvert la pâtisserie. Le stage de pâtisserie qu'elle a effectué en 2006 à l’ouverture de la première boutique Landemaine rue de Clichy a été concluant. Elle repart au Japon mais revient deux ans plus tard comme ouvrière d’abord puis comme adjointe du responsable ensuite.

Rodolphe Landemaine est fier de faire marcher l'ascenseur social. Il accueille les stagiaires en leur rappelant qu'il était à leur place il y a dix ans. "Le monde vous attend" leur promet-il ... à condition de ne pas ménager ses efforts.
Un peu plus loin ce sont des mignardises qui vont bientôt être livrées à un cocktail. Et bien entendu tous les gâteaux qui sont en boutique.
On y trouve le Montblanc que Rodolphe avoue être son dessert préféré. Il est bien sûr aux marrons, mais préparé à la façon japonaise : un biscuit noisette meringué, une crème aux marrons, des morceaux de marrons confits et une crème fouettée légère. Pour un résultat moelleux et légèrement craquant.
Mais aussi des tartes plus rustiques, dans des boites carrés, qui évoquent un fromage normand, en toute logique puisque le pâtissier est originaire de la Mayenne.
Selon les boutiques on trouvera, à coté des fondamentaux (une très bonne baguette tradition, la tourte de seigle, le pain d'antan et le pain maison) d'autres spécialités qui seront spécifiques. Le pain sportif est proposé rue des Martyrs. Pour manger du pain figue-citron il faudra monter rue de Clichy.
Les pains sont fabriqués dans chaque unité et le goût peut varier d'une boutique à l'autre parce que la flore naturelle du fournil a son importance.
La viennoiserie a toute sa place ... et bien entendu aussi les gâteaux de voyage sur lesquels Le Meilleur pâtissier a mis le focus dans sa première émission.

On trouve aussi des chocolats, et des sorbets artisanaux. Mais le plus étonnant fut, lors de ma visite, la découverte de l'intense activité d'une équipe de pâtissiers déjà à l'oeuvre pour les galettes des Rois. Il faudra en faire 10 000. Ce n'est pas en une semaine que ce serait possible.
Les fèves attirent mon attention. Ce sont des personnages de la série Monsieur Madame de Roger Hargreaves, des petits livres publiés chez Hachette Jeunesse et adorés des enfants depuis des années.
Je n'ai pas interrogé Rodolphe Landemaine sur ce choix mais je trouve que Monsieur heureux lui convient bien. 
Avec 7 boutiques parisiennes, une école de boulangerie, joliment appelée Ecole Levain d'Antan à Tokyo (Japon), le boulanger fait la démonstration que son secteur d'activité est réellement porteur.

Les Maisons Landemaine parisiennes :
123 rue Monge, 75005 Paris
56, rue de Clichy, 75009 Paris, 01 48 74 37 64
26 rue des Martyrs, 75009 Paris, 01 40 16 03 42
130 rue de la Roquette, 75011 Paris (le pain s'y appelle le Voltaire) 01 43 79 98 03
136 rue de la Roquette, 75011 Paris
121 rue de Charonne, 75011 Paris, 01 43 71 33 06
41 rue Oberkampf, 75011 Paris
28 boulevard Beaumarchais, 75011 Paris
2 rue Crozatier, 75012 Paris
4 rue du Poteau, 75018 Paris, 01 42 64 87 78
210 rue des Pyrénées, 75020 Paris

samedi 31 décembre 2011

Pain aux poireaux pour le Réveillon

Un pain maison aux poireaux, voilà un accompagnement original pour le saumon ce soir ... ou une autre fois ...

On met dans la cuve de sa machine à pain dans l'ordre :
250 ml d'eau
10 grammes de beurre
2 cuillerées à soupe de sucre
1 cuillerée et demie à café de sel
250 grammes de farine spéciale pain (type 55)
150 grammes de farine de seigle
1 sachet de levure boulangère spéciale pains
programme pain complet

Au bip on ajoute 150 grammes de poireaux revenus dans du beurre et 2 cuillères à soupe de graines de lin

J'ai servi avec un assortiment de plusieurs poissons fumés, un joli vin, et allumé une bougie merveilleusement odorante de Nuit d'Ivoire.

Et puis, s'il vous en reste vous pourrez toujours le servir avec un bouillon de légumes qui compensera les excès des jours précédents. Et pour davantage de goût, parce qu'on n'est tout de même pas puni, je vous conseille de le toaster légèrement.

Autres recettes de pain sur le blog en 2009 : le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix), 20 avril (pain châtaigne et graines de lin), 22 avril (brioche du Diable rouge au chocolat blanc), 7 mai (pain au curry et graines de lin), 9 mai (pain au cumin et à l'oignon), 21 mai (pain à l'anis vert et au miel), 9 juin (pain à la feta et au basilic), 29 juillet (pain à la moutarde et au miel), 31 juillet (pain cévenol au cacao), 11 août (Brioche des Reines)

En 2010 : le 7 octobre pain de seigle aux dattes, le 11 octobre pain d'épices, le 18 octobre pain aux graines, le 29 octobre pain aux noix

mardi 11 octobre 2011

Des pains en un tour de main avec Francine

Je n'ai passé qu'un bref moment à Bercy dans le cadre de Cuisine en fête, non pas que la manifestation ne soit pas digne d'intérêt mais je dois avouer que, même en courant, je n'ai pas le temps de tout faire.

C'est donc avec grand plaisir que j'ai accepté de tester les nouvelles farines Francine. J'apprécie de faire mes propres préparations pour déguster des pains qui ne sont pas ceux de "tout le monde". Mais cela demande de l'organisation et de prévoir en amont les ingrédients qu'il faudra avoir sous la main le jour J.

Jusqu'à présent j'avais hésité à employer des mélanges tout faits, sauf à ce qu'ils proviennent de moulins artisanaux et dont les recettes sont venues régulièrement enrichir la catégorie "pains".

J'avais malgré tout expérimenté le pain paysan de Lidl alors que, et c'était un pur hasard, la marque était en pleine tourmente médiatique.

J'espère que le contexte est suffisamment paisible pour que vous, lecteurs, ne voyez aucune relation de cause à effet à mon présent compte-rendu concernant cette fois des farines qui on été conçues par une grande marque, leader dans le domaine.

J'employais pour la première fois des recettes avec levure boulangère incorporée où il suffit de rajouter de l'eau. Le sachet étant conçu pour 2 pains j'ai d'abord voulu le tester sans ajouter aucun ingrédient pour en apprécier le goût nature. Rien n'empêche ultérieurement assaisonner en quelque sorte la préparation du Pain Bastide avec des feuilles hachées d'origan ou de basilic.

Ce mélange de farine de blé, de semoule de blé dur et de gluten de blé confère une douceur méditéreannéenne au résultat, aussi bon nature qu'avec un beau miel.

Ma préférence va néanmoins sans conteste au Pain Milgrain dont les graines de pavot sont nettement visibles et savamment dosées.

Cette préparation contient du lait en poudre. Doit-on y voir le secret de sa mie, proche d'un pain viennois ?

Je me souviens d'un slogan publicitaire prônant qu'essayer c'était approuver et je trouve qu'il s'applique parfaitement à la situation. Alors j'ai poursuivi avec une farine à pain sans levure.

Mon choix se porta sur le Pain de Campagne (un mélange de farine de blé, farine et son de seigle, gluten de blé, levain de seigle). Son goût typé, mais pas trop, s'accorde avec les fromages et les charcuteries.

Dans quelques jours je poursuis avec les préparations dites "Inratables", le temps de lancer les invitations.

Pour en savoir plus ... le site de Francine

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