Stéphanie Tesson, directrice du Théâtre Poche Montparnasse, est à l’origine de cette aventure. Ensemble ils ont parcouru les textes de jean Giono pour finalemetn retenir celui là, pour son côté fantastique, mais aussi parce que la nouvelle permet d’interpréter les différentes péripéties imaginées par l’écrivain.
Certes, la mise en scène est davantage une mise en espace (d’ailleurs personne ne s’en arroge la paternité) mais l’interprétation prime. Quand on est dans l’univers du conte, nul besoin d’artifice pour faire exister les personnages.
La musique de l’accordéon d’ Olivier Depoix se superpose sur le chant des cigales à mesure de l’entrée des spectateurs qui sont en quelque sorte conviés à prendre place dans un café, quelque part en Provence.
Jean Giono a écrit à partir de ses souvenirs d'enfance à Manosque au début du XX° siècle et Maxime Lombard a eu la chance de l’entendre dans le café de son grand-père. Son interprétation est naturelle et son accent provençal participe à l’ambiance.
Evidemment les mots sont magnifiques, écrits par la plume d’un poète qui savait merveilleusement restituer l’atmosphère un peu oppressante des fêtes de village quand l’alcool et la chaleur, faisant tourner les têtes, permettait d’oser régler ses comptes.
Cette époque a ceci de commun avec la nôtre que la météo est une source constante d’inquiétude. On craignait un orage le soir de la fête votive. On se méfiait, mais allez donc arrêter l’eau … interroge le conteur qui décrit le souffle du vent et le ciel obscurci de nuages pesant sur l’assemblée comme une main.
Le comédien peut bien sourire. On comprend qu’il évoque un mystérieux perturbateur qui a décidé de mettre en garde les convives sur la nécessité de respecter la nature, en l’occurrence ici les animaux qui sont des êtres vivants et surtout pas des souffre-douleurs. Il le fait par le biais d’une fable dans laquelle un bûcheron, par jeu, maltraite une colombe. Pour le punir, l’homme qui sait parler le langage des colombes à un oiseau qui lui répond de sa voix triste, sèmera le désordre, l’excès et le chaos, transformant la traditionnelle et joyeuse fête du village en une orgie obscène qui exaltera les instincts bestiaux des hommes.
Si le titre de la nouvelle fait référence à Pan, le fils d’Hermès, c’est parce qu’il est le dieu grec de la nature, de la chasse et de la musique, ainsi que le protecteur des pâturages, des bergers et des troupeaux. Il était donc logique de le choisir pour rendre justice à une colombe maltraitée, qui plus est symbole de la paix et qui, naturellement est présente sur la très belle affiche du spectacle.
Pan est capable d’une colère effroyable, susceptible de provoquer la "panique" pour désigner une terreur soudaine et irrationnelle. Et c’est bien ce qui nous est décrit ce soir là.
Et comme un bonheur n’est jamais seul, une seconde lecture nous fut offerte, Jofroi de la Maussan, tirée du même recueil, Solitude de la pitié, publié en 1932 aux Editions Gallimard. mais il est plausible que lundi prochain ce sera un autre texte en seconde position.
Jean Giono avait l’habitude de réunir famille et amis pour des lectures de ses textes. Maxime Lombard fait revivre ce rituel, où l’écriture, portée par l’accent du pays se fait musique, tout en offrant un conte d’avertissement qui résonne avec les préoccupations écologiques contemporaines alors que l’accordéon présent tout au long du récit, joue un air traditionnel de tarentelle.
Prélude de Pan de Jean Giono (in Solitude de la Pitié, 1932, Éditions Gallimard)
Lecture interprétée par Maxime Lombard
Lecture interprétée par Maxime Lombard
Création musicale et accordéon : Olivier Depoix
Lumières : Dorian Mjahed-Lucas
Photographies : Sébastien Toubon
Photographies : Sébastien Toubon
Du 31 août 2026 au 2 novembre 2026
Le lundi, le lundi seulement à 21 heures
Au Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse - 75006 ParisAu Théâtre de Poche-Montparnasse
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