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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes. A condition de cliquer doucement sur la première photo, vous pouvez faire défiler toutes les images en grand format et haute résolution, ce que je vous conseille de faire avant d'entreprendre la lecture des articles abondamment illustrés.

jeudi 14 août 2008

LA CAGE AUX LEZARDS

L’annonce du Prix du Roman des lecteurs (dont je relatais les résultats le 15 juin dernier ) avait déchaîné une petite polémique entre les partisans et les opposants. Ces derniers d’ailleurs n’avaient qu’un seul argument : trop de violence. Ils ne l’avaient pas lu en entier. Je me souviens particulièrement d’une dame qui n’avait pas pu dépasser la page 30. C’était au-dessus de mes forces, trop de cauchemars, avait-elle précisé.
J’avais fait pire : je ne l’avais pas ouvert. Le résumé avait suffi à m’en éloigner. La sélection était assez noire. Je n’allais pas ajouter du morbide à la pile qui patientait sur ma table de chevet.

La cage aux lézards avait remporté le prix. Je ne pouvais plus faire la sourde oreille, que dis-je, l’œil aveugle … tout l'été. J’ai pris mon temps, cheminant prudemment, appréciant le début, redoutant le cap de la trentaine de pages. Mais une fois entrée dans la cage, j’ai été captivée et je n’ai plus eu envie de la quitter.Fabienne Serris disait à son propos : -C'est un livre multi-dimensionnel. On peut s'attacher à trois facettes du roman : l'homme nourri de philosophie hindouiste qui meurt détaché de tout, l'évolution de l'enfant, la cruauté qui amène les gens à faire n'importe quoi. Il fallait pour cela accepter de rentrer dedans et ce n'était pas facile.

Tout en étant d'accord avec cette analyse je retiendrais Délicatesse !
Si je n’ai droit qu’à un mot pour vous décider à lire ce premier roman c’est cette qualité que je mettrais en avant.
C’est un livre qui raconte une tragédie mais l’humanité demeure. Croyez-moi il a provoqué plusieurs éclats de rire.
Quand, emprisonné dans la cage de teck, Teza attrape une fourmi, la pose sur son bras, l’arrête, lui fait faire demi-tour, se lève, fait trois pas (comment en faire plus…) et commente : je promène la fourmi … Et quand il invective les cafards : foutez-le camp, bande de fascistes, du vent ! (p.69)

Teza est le personnage principal, jeune chanteur militant et engagé des années 80, arrêté par les services secrets birmans et mis dans une prison de haute sécurité, près de Rangoon.
Le style est d’une fluidité rare. Il n’y a aucune difficulté de compréhension. Suivre les lignes du texte ne demande aucun effort. Il y a des moments magnifiques.

Comme celui où Teza fixe la porte un moment, plein d’espoir. C’est sa porte. Il efface de son grain les années de sueur (…) arrache les serrures. Il ramène le bois à la scierie, le déscie, le fait voyager à nouveau le long de pistes boueuses et collantes, demande aux éléphants de le remporter en haut des pentes escarpées. Et enfin, dans la profusion d’herbes drues et de lianes, des cris des singes et des oiseaux sauvages, il redresse le tronc qui redevient un arbre, un des arbres dans les dernières grandes forêts de teck doré de la terre, les jungles du nord de la Birmanie. (p.39)


On aura compris que la probabilité que le prisonnier soit libéré est quasi-nulle. On l’accompagne dans son travail de deuil d’une vie qui aurait pu être différente. En retour il nous permet d’entrevoir d’autres formes d’évasion. Il n’y a que les mots qui, parfois, ont ce pouvoir « comme les fourmis. Ils font leur chemin à travers les murs les plus épais, mangent les briques et se nourrissent de ce silence-même censé les étouffer » (p.87)

La première partie décrit surtout la souffrance de la faim « grande comme tous les os mis bout à bout dans un champ en friche. Multiplié par cinq. » (p.49) On pense que le plus terrible a été atteint. Mais le pire n'est jamais sur.

Le roman offre plusieurs clés de lecture :
  • dans les âges préhistoriques le lézard était un oiseau, donc capable de (s’en) voler et Teza, qui est un chanteur célèbre dans son pays, a pour surnom le Rossignol.
  • Pas de survie sans protéines. Quitte à manger des lézards …malgré l’interdiction autrefois prononcée par son grand-père de faire le moindre mal à un animal.
  • Pas de développement psychique sans amitié. Free El Salvador, le petit serviteur orphelin, héros secondaire, a un lézard comme animal de compagnie.
  • Quel est le plus difficile : résister physiquement ou psychiquement ? Quand l’obsession de manger sera satisfaite, Teza renoncera et, ce sera l’objet de la seconde partie, pour se concentrer sur le dépassement de soi.
Les métaphores sont multiples. Qui est le plus fort : le minuscule (la fourmi) ou le puissant (le surveillant sadique) ? Qui est le plus enfermé : l’araignée (derrière sa toile) ou le prisonnier (dont l’esprit est en perpétuelle évasion) ? Qui le plus sage : celui qui passe son temps à penser à l’avenir et à s’énerver au sujet du passé (le frère de Teza, qui passera dans la résistance armée) ou celui qui vit au présent (Teza) ?

L’auteur a passé deux années sur la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie parmi les exilés, les dissidents et les résistants à la dictature birmane qui sévit depuis 1962. Karen Connelly est originaire du Canada anglophone. Son regard s’attarde sur les ressorts psychologiques qui ont permis aux opprimés de résister.
Nous autres -européens- dont l’histoire est encore imprégnée des atrocités des camps nazis, pouvons entrevoir la dureté des prisons birmanes. Sauf que celle-ci semble sans limite de temps. Et sans limite de douleur.
Ne-pas-oublier de ne pas ne-pas-se-rappeler est le meilleur moyen de survivre dans la cage. N’importe quel prisonnier et presque tous les surveillants vous le diront. (p.261)

Ce que l’auteur pointe avec une intelligence d’anthropologue c’est l’apport du bouddhisme dans de telles circonstances, renforcé par une pratique de la méditation inspirée de la cérémonie du thé japonaise. La combinaison des deux permet l’accès à une concentration extrême qui n’est rien d'autre qu’une forme d’évasion et de résistance aussi.


C’est là que ce livre peut être considéré comme riche d’enseignement pour nous qui sommes -forcément- en prison de quelque chose. Le diktat du marketing est une forme de dictature, et la mondialisation notre cage.
La rébellion se dessine en filigrane. A l’instar des leçons de non-violence de Gandhi le roman démontre que l’on peut être fort sans passer par la colère : La seule façon d’arrêter une guerre est de cesser de haïr ses ennemis (p.95) On ne peut rien faire contre la violence elle-même, hormis l’endurer sans en faire partie (p.173) Mais il murmure aussi qu’il faut que l‘histoire évolue : Comme ce serait facile de s’échapper si chaque petit homme nu était un lézard ! Teza n’aurait qu’à partir par l’aération et faire ses adieux à l‘araignée au passage …

Les mots seuls pourront quitter la prison. Des mots qui seuls survivront à leur auteur.

La-may-ja-may. Çà viendra en son temps
, selon l’incantation birmane que sa mère lui répétait enfant.
Un livre magnifique empreint de sérénité.
A lire absolument !

mercredi 13 août 2008

HISTOIRE d'ILES ou ELLES





Oléron, Belle-Ile, Ré, Aix ...

Une île, c’est une promesse de dépaysement qui ne répond pas forcément à l’attente qu’on a projetée. Peu importe l’endroit, pourvu qu’on ait l’ivresse, me direz-vous …Ne croyez pas qu’il suffit de passer le pont pour connaître le nirvana. Les déconvenues sont toujours possibles et je ne vais pas les dissimuler derrière des descriptions exotiques. Vous n’allez pas regretter la terre ferme à laquelle vous êtes attachés.

Voici deux ou trois choses que j’ai apprises d’elles …
avant d'arriver là où je suis, sous mon althea, à déguster ce dessert là.

Oléron, espèce de tiret parallèle à la côte. Premier rempart pour arrêter les averses. L’avantage est que s’il pleut à bâbord il fait beau à tribord. L’île est trop large pour recevoir uniformément la pluie sur toute sa surface, et elle est suffisamment étroite pour qu’on ait le temps de faire le trajet d’un bord à l’autre en prenant le nuage de vitesse. On a fait l’essuie-glace à en avoir le tournis. Mais on a aussi glané les papillons, ces petits coquillages orangés et oblongs que maman grillait sur un barbecue improvisé. C’était le temps du camping en famille.

Plus tard ce fut
Belle-Ile
Une île entre le ciel et l’eau
, une île, sans homme ni bateau !
C’est en massacrant cette chanson de Serge Lama que nous avions abordé au Palais après la traversée du golfe du Morbihan, cramponnés à nos vélos.
Nous nous extasions alors de pas grand-chose. L’Erika n'avait pas déversé sa cargaison (1999), l'île était encore secrète, d'une innocence que le tournage de Dolmen (2004) a balayé d'un travelling.

Notre vision idyllique de l’endroit s’est brisée net : la chambre retenue pour le mois depuis le continent s’offrait au vent du large. Le cabinet de toilettes était un vrai cabinet et pas du tout la salle d’eau qu’on avait imaginée.

La sirène du premier ferry nous réveillait trop tôt le matin. Les lumières rouges et vertes des balises du port nous maintenaient éveillés tard dans la nuit. Des rafales puissantes charriaient des embruns qui eurent tôt fait de poisser nos vêtements. Des odeurs de gaz-oil s’infiltraient entre les carreaux disjoints des fenêtres. Nous avons sacrifié le matelas pour colmater les ouvertures les plus proches du lit et nous dormions sur le sommier. On se levait brisés. Mais nous gardions l’enthousiasme de notre jeunesse. Nous étions venus pour conquérir un territoire sauvage, préservé des voitures et de l’agitation. Nous n’allions tout de même pas nous plaindre !

A pieds, nous aurions bien tenu une semaine, mais à vélo, il ne nous en fallut pas tant.
Au soir du troisième jour nous avions tout découvert :

- Le banc de pierre, unique souvenir des séjours de Sarah Bernhardt au manoir du Penhouët, à la pointe des Poulains,

- L’hôtel super luxueux du Castel Clara, où François Mitterrand venait régulièrement faire une onéreuse thalasso dans les années 80,
-
Les falaises de Sauzon, le port de Locmaria , la citadelle Vauban,
-
Les aiguilles de Port-Coton, immortalisées par Claude Monet,
- Les phares,
- De vieux maraîchers qui labouraient encore leurs parcelles en poussant la charrue,

- et même la pimprenelle et l’asphodèle ...
La seule « activité » manquant à notre programme aura été de rêvasser sur la plage des Grands Sables ou sur le sable grenat de Poul Pez, abandonnés aux rouleaux, mais les bourrasques et la pluie nous dissuadaient d’enfiler le maillot de bains.


Nous eûmes tous les deux la même idée au même instant. Postés en aguets à une encablure du port, nous avons scruté les passagers que déversait le ferry du soir. Un jeune couple hésitant abordait l’île avec une confiance aussi belle que la nôtre trois jours plus tôt. Ils ne savaient pas où passer la nuit, comptant sur leur bonne fortune pour se loger. Nous les avons recommandés à notre propriétaire qui –du coup- accepta sans discuter de nous rendre le chèque de caution couvrant le mois de location.


Nous fumes les derniers à embarquer pour le dernier passage.
Un violent orage éclata pendant la traversée. La façade de l’hôtel de Vannes où nous avons posé les valises ne m’a laissé aucun souvenir. Ce dont je me rappelle avec netteté c’est de la tiédeur de la chambre, des lourds rideaux fleuris, de notre absurde joie à la perspective de regarder un film à la télévision, et surtout, surtout, du confort de prendre un bain chaud dans une baignoire propre. Me revenaient ces mots de Victor Hugo, écrits à sa fille Léopoldine, en octobre 1839,
On s’en va parce qu’on a besoin de distractions,
on revient parce qu’on a besoin de bonheur.


Quelques années plus tard nous étions de retour sur le bord de l’Atlantique. Des reportages alarmants dissuadaient d’aller à en plein été. Certains jours de juillet le temps de traversée s’allongeait tant que des enfants voyageant avec des parents inconséquents étaient morts de soif dans des voitures surchauffées. La destination nous tentait. Prudents, nous y sommes allés pour le Jour de l’An. Je n’y ai que d’excellents souvenirs malgré quelques soucis que nous n’avions pu éviter :
. La brusque déclaration de varicelle qui explosa le lendemain de l’accostage sur le corps de notre fille aînée et deux jours plus tard sur celui de son frère cadet.

. les plages interdites de baignade (on n'avait même pas le droit d'y pointer le bout d'un orteil juste pour voir. Et ramasser des galets était formellement déconseillé mais j'ai quand même tendu la main vers quelques-uns que j'ai peints ensuite) parce qu'un bateau avait fait naufrage au large avec une cargaison de détonateurs (!)

Nous n'avons rencontré ni ânes en culottes (une sorte de pantalon de Vichy à bretelles protégeait autrefois leurs pattes des attaques des moustiques alors qu'ils ramassaient le varech), ni jeunes filles en quichenotte (du temps de l'invasion anglaise elles portaient une large coiffe pour embarrasser les soldats qui voulaient les embrasser, leur signifiant kiss me not).

Mais nous avons sillonné toutes les pistes cyclables, discuté avec des cueilleurs de sel, grimpé au sommet du phare des Baleines, vérifié que la pointe bicolore du clocher d’Ars pouvait servir d’amer aux navigateurs, compté les moutons qui croquaient la bonne herbe salée, goûté les pommes de terre, le sel au goût de violette, bu de l'écume, qui est la bière blanche locale et nous nous avons été initiés à la fabrication du pain.

Nous avons aimé les maisons blanches aux volets verts, repeints chaque année avec les fonds des pots qui avaient été utilisés pour les bateaux de pêche. Le vert étant la couleur imposée pour les coques rétaises voilà pourquoi les volets étaient de cette couleur. Une seule maison dérogeait, avec ses volets rouges sang de boeuf. Mais c'était la demeure d'une artiste, chanteuse célèbre dans les années ... la mémoire me fait défaut. Et depuis, la mode est à la couleur bleue ...

Jamais deux sans trois.
Suffit donc de poursuivre le cap.
La quatrième
fut la plus paisible.

Aix
était une retraite agréable. Ses roses trémières, ses forts, ses plages sauvages ou disciplinées. Nous n'avons connu aucune fausse note. Force est de reconnaitre que je n'y ai pas vu ni fait grand chose à part cette composition de galets.

Enhardie, mon regard pouvait se poser plus loin. La Réunion m'accueillit avec un naturel charmant. Drôle de sensation que de se sentir des affinités dans un endroit qui est tout de même à des milliers de kilomètres de chez soi. Est-ce l'extrême gentillesse des habitants, l'absence de barrage linguistique, je m'y sentais bien. Son nom est tout un symbole : il signifie la capacité des peuples de multiples origines de cohabiter en bonne intelligence. Je rêve d'y retourner. J'ai tellement de voeux à faire ...

Il existe sur l'île, à chaque détour que fait la route, des niches avec des statues, toutes différentes, et toutes dédiées à un unique Saint-Expedit. M'étonnant de cette coïncidence on m'expliqua que les pratiquants catholiques avaient sollicité le Vatican. A la réception des sculptures on chercha le nom des saints. On ne trouva que celui de l'expéditeur, écrit sur chacune des faces des caisses. C'est par suite de ce malentendu qu'on crut que c'était le nom des statues. La logique va encore plus loin. Les habitants avaient une telle foi dans le pouvoir des saints qu'on jure qu'il suffit d'une prière, et d'une seule, pour que le souhait soit exhaussé. C'est ce qui s'appelle "vite expédié", justifiant ainsi doublement son nom.
Les bananes aussi, n'y portent pas toujours leur appellation habituelle. Dans cette île on les désigne communément sous le nom de "figues", j'ignore pourquoi, mais cela fait lien avec la confiture que j'ai faite il y a quelques jours.
Les hibiscus y poussent avec sauvagerie.
Bananes et hibiscus sont aisément trouvables en métropole. Pour preuve cet arbuste (qu'on appelle aussi althéa) photographié dans mon jardin et qui, en gros plan, fait aussi penser à la rose trémière.


Pour terminer, une petite douceur
pour il ou elle qui réunit des bouchées de Glace pralinée feuilletée au chocolat autour d'un îlot macaron, quelques rondelles de banane brulante (mais pas brûlée) sous un saupoudrage de cannelle, mouillées d'un embrun de rhum paille (martiniquais cette fois).


Petit conseil pour réussir la cuisson de la banane il faut garder quelques braises en fin de barbecue. Ce n'est peut-être pas appétissant mais le fruit, protégé par sa peau, est juste fondant, et sa chair sera encore ferme.

A vous maintenant de poursuivre le voyage, de le ponctuer d'une étape gourmande et de poster le tout à Claudia de Cuisine Framboise.

mardi 12 août 2008

Amar Bouzeraïd, l’écailler 3 fois médaillé

Eloignons-nous des records olympiques pour chercher si l’exceptionnel ne se cacherait pas tout près de nous.

C’est évidemment Jacques, le Chef de cuisine de l'Excelsior, qui m’a présenté Amar Bouzeraïd, que toutes les célébrités locales et internationales en visite à Nancy connaissent bien. Il n'est pas rare de voir Michel Platini (dès qu’il est de retour dans sa ville natale) faire la queue le long du banc d’huîtres de l’Excelsior, comme beaucoup de joueurs de football. Il y a quelques jours Amar a servi Carlos Henrique Dias, l'attaquant brésilien, connu sous le surnom de Kim, dont le titre de gloire est d'être vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2006 avec l'équipe de Nancy où il vient de passer trois années. Il sera prochainement transféré au Qatar mais il reste encore fidèle aux institutions nancéiennes.

Amar a remporté par trois fois les trois concours auquel il a mis en jeu le titre de meilleur écailler de France.

J’exprime ma surprise, imaginant qu’Amar n’a pas été écailler toute sa vie.
Je suis arrivé en France en 1975 : c’est inoubliable. J’étais comme un français qui découvre l’Amérique. Pour moi qui venais de la campagne ma première surprise était de compter autant de voitures que de magasins. J’ai d’abord été fleuriste pendant 8 ans puis je suis entré dans le groupe Flo. J’y ai appris le métier et maintenant je commence à recevoir moi-même des stagiaires. C’est devenu une vraie passion.

Il m’explique le déroulement des épreuves.
Il faut être le plus rapide à ouvrir une centaine d’huîtres mais il faut aussi qu’elles demeurent toutes impeccables. Le moindre éclat dans leur coquille se paie d’un point de pénalité. Il faut combiner vitesse et présentation des produits.

C’est comme une course d’obstacles : le cavalier doit franchir les barres le plus vite possible sans en faire tomber aucune ?
On peut dire cela. J’ai ouvert en 5 minutes les 100 huîtres imparties. Le palmarès s’est joué à 2-3 ou 4 huîtres près.

Que deviennent-elles après ?
Dans certains concours les participants jettent les coquilles par terre au fur et à mesure (elles sont souvent abîmées d’ailleurs) mais là elles doivent être joliment appétissantes parce qu’elles seront consommées par les spectateurs venus encourager les candidats.

Quelle est la seconde épreuve ?
On reçoit tous les mêmes fruits de mer que l’on doit présenter de la manière la plus originale possible sur un plateau. On a le droit d’apporter des éléments décoratifs. J’avais 2-3 poissons en bois verni, quelques étoiles de mer et des coraux qu’un copain m’avait ramené de voyage. C’est ce qui a fait le succès de ma présentation. Peut-être le costume aussi. Je portais la tenue Flo : pantalon blanc, tee-shirt blanc, casquette. Enfin, il faut répondre correctement à 10 questions en déjouant les pièges.

Par exemple ?
une plate numéro 4 est-elle plus ou moins grosse qu’une creuse numéro 5 ?


Là je sèche. Vous pouvez en dire plus …
Les creuses sont classées du numéro 5 (la plus petite) au numéro 1 (la plus grosse). Les plates commencent au numéro 4 (la plus petite) jusqu’au 0, double zéro, etc … voire même quintuple zéro (dite pied de cheval) pour les plus énormes.

Pourquoi dit-on que les huîtres sont moins bonnes en été ?
C’est la saison de reproduction, durant ces fameux mois sans R que sont mai, Juin, Juillet et Août. La présence de la poche laiteuse, inesthétique est déroutante pour le néophyte. Je conseille alors plutôt les huîtres plates. Parce que les œufs sont autour de la coquille et peuvent se retirer facilement. Alors que dans les creuses la poche de lait est plus fragile. Elle risque d’être percée d’un coup de fourchette et de se déverser dans la coquille.

Quelles sont les meilleures ?
La Gillardeau, sans aucune hésitation. Elle vient directement de Bourcefranc (17560), en face de l’île d’Oléron. Mais il n’y a pas de vente directe aux particuliers.

Combien de temps une huître peut-elle survivre hors de l’eau ?
Très longtemps. Certains poissonniers les gardent un mois et les vendent tant qu’elles sont encore vivantes. Ce n’est pas le cas à l’Excelsior. On ne prend aucun risque avec la fraîcheur. Jamais au-delà de 5 jours.

Y-a-t-il des clients qui ont des exigences particulières, surprenantes ?
Je me souviens d’un client qui a exigé, une nuit d’été 70 claires numéro 1. Il devait aimer les huîtres abondamment laiteuses. Un autre a commandé un plateau avec 36 clams … alors que très franchement il faut déjà un bon estomac pour en manger 2 d’affilée.

Je trouve pour ma part que les bulots ont le goût d’escargots caoutchouteux. En mettez-vous sur les plateaux ?
Tout à fait. Il faut croire que les gens les aiment puisqu’on en ébouillante 10 kilos chaque jour.

Avez-vous de grosses réserves ?
En été on se limite à 120 claires numéro 1, et 300 numéros 2. Mais en hiver le stock monte à 600 huîtres.

Cela doit peser lourd …
Entre Noël et le jour de l’An ce sont 16 Tonnes de fruits de mer qui transitent sur le banc d’huîtres installé à l’entrée du Flo.

Pas étonnant que certains soir de décembre la queue se prolonge loin dans la rue Poincaré … parce qu’un tel volume, cela doit prendre plusieurs fois 5 minutes à écailler, même si on tient une forme olympique !

lundi 11 août 2008

CHEVRE et CONFITURE ...

C’est la saison des chèvres, dépêchez vous ! C'est le meilleur moment pour les déguster (les fromages, pas les animaux ...)

Quand je suis à Nancy j'achète le fromage chez Marchand, Grande rue. Ce fromager, serré entre le Le'zart et le P'tit Cuny, deux restaurants très différents mais dont il est l'annexe, a toujours de quoi me faire craquer. Ce fut d'abord
  • un Pavé de la Place, tout frais arrivé des Vosges spécialement et uniquement pour ce fromager, estampé d'une croix de Lorraine se dessinant toute blanche, sur la croûte cendrée.
  • un Saint-Nicolas parfumé à l'essence de thym
  • et une Bonde de Gâtine à maturité qu'on me recommanda de déguster avec une confiture de figues, en l'occurrence l'extraordinaire marmelatta florentine de Chiaverini
Je vous la montre en photo parce que, étant donné son prix (12 euros 10 les 400 grammes, ce qui porte le kilo à 30 euros et 25 centimes) l'investissement est lourd. A moins de la ramener directement de voyage (il y a tant à voir à Florence) parce que j'ai vu le pot à 4 euros sur Internet.

J'adore la confiture de figues que j'achetais en quantité pour quelques sous à Tunis. Ma valise était toujours lourde d'énormes boites de conserve, calées entre les vêtements.
Un proverbe kabyle prévient que la figue ne tombe jamais en plein dans la bouche. Je ne sais pas si cela signifie qu'il ne faut pas compter sur le hasard. Quoi qu'il en soit, hier matin, au marché, le vendeur de primeur m'a vendu 3 euros cette barquette entière et il a même ajouté une poignée de fruits sur le dessus en prime. De retour à la maison je m'aperçois que ces belles figues ont caché à mon regard celles qui étaient en train de ... je n'ose dire quoi. Elles avaient dû subir un chaud et froid qui était sur le point de leur être fatal.

Il était temps d'agir. J’ai lavé puis éliminé taches et prémices de talure. Ne sont restés en course que 880 grammes de figues sur les 1200 du départ. J’ai ajouté un jus de citron, 500 grammes de sucre en morceaux et j’ai sacrifié une gousse de vanille de ma précieuse réserve ramenée de la Réunion, malgré une DLC alarmante de 1997, et j'ai laissé confire une heure ou deux.

J'utilise du sucre en morceaux parce que j’ai toujours vu ma mère, et ma grand-mère avant elle, ne prendre que cela. La lenteur avec laquelle les morceaux se désagrègent me sert de chronomètre. Quand le sucre est "fondu" il est temps d'envisager la cuisson.

Les DLC (entendez "date limite de consommation") sont une pomme de discorde avec ma famille. Je ne parviens pas à leur faire admettre que c'est une super invention marketing pour les convaincre de jeter avant l'heure. J'ai regretté amèrement ne pas avoir de super-téléphone pour enregistrer les propos de Nicolas Génot, ex-chef de produit chez Danone, m'assurer que pourvu que la chaîne du froid est respectée, il mange des yaourts deux mois après la date limite. Sans aller jusque là une gousse de vanille conservée à l'abri de l'air doit bien pouvoir rester utilisable 10 ans. Et que dire du miel retrouvé intact sous les cendres de Pompéi ????

La gousse était un peu dure, mais elle embaumait et qu'est-ce que la cuisine a senti bon pendant toute la cuisson ! J’avais oublié de couper les fruits en morceaux. Je l'ai fait en cours de route.



Au final j'ai obtenu ces trois pots.

Le résultat était à la hauteur de mes espérances. Un Ste-Maure de Touraine et du pain de tradition se sont parfaitement accordés avec.

Quand on a la recette et qu’on accepte de mouiller le torchon on a de l’or dans les doigts.

Parce que, même en arrondissant, cela revient 8 fois moins cher que de s'approvisionner chez le marchand. Et je ne mets pas le prix du billet de train dans la balance.

dimanche 10 août 2008

NI oui NI non, le jeu de l'été

Tous les coups sont permis pour faire sortir un ado de la pénombre de sa chambre ... comme le défier à un petit jeu où je me crois forte, celui du "ni oui ni non" . Rien de très original mais c'est fou rire garanti. Voici le match du jour, gagné par KO en 52 secondes, rappel des règles du jeu incluses.

A vous de battre le record qui n'est pas encore homologué olympique !

samedi 9 août 2008

DIRECTEMENT INSPIREES PAR LE CHEF DE L'EXCELSIOR







Envie de brochettes ????






Quand on rencontre quelqu'un d'exceptionnel on écoute et on en prend de la graine.

N'en déplaise à Jacques (Hildenbrand, Chef de cuisine que je vous présentais mercredi dernier), j'adore la tomate et je regrette comme lui qu'elle rende beaucoup de son jus quand on la fait cuire. En brochette c'est vite une catastrophe.

J'y réfléchissais depuis mon jardin malgré le bruit de l'appareil électrique qui taille les haies en vous vrillant les tempes. Je voyais tomber des branches entières de laurier comme s'il en pleuvait. Je déteste gâcher. Alors j'ai sauvé ce que j'ai pu pour en faire :
  • un gros bouquet qui embaume désormais la cuisine
  • des piques à brochette après avoir effeuillé les petits rameaux
  • des aromates pour les pommes de terre à la braise
  • des soutien-tomates pour les maintenir pendant la cuisson au barbecue
J'enfile le bord d'une feuille de laurier sur une pique, puis un quartier de tomate, puis je repique dans la feuille de laurier en serrant au maximum : la tomate est prisonnière d'une gouttière qui la protègera de la trop forte brûlure du feu. Si je n'ai pas assez de légumes frais (seulement des tomates et des courgettes sur la brochette en photo) je complète avec des pickles maison : oignons confits, brocolis, cerises au vinaigre ...

Vous rêvez de pommes de terre cuites dans la cendre pour vous rappeler l'ambiance feux de camp de vos vacances d'adolescent mais vous n'avez plus la patience d'attendre une heure ? Voici les Pommes de terre à la cendre version accélérée :

Je prends 2 grosses patates, que je lave et essuie. Je les entaille plusieurs fois. Je les mets à pré-cuire au micro-ondes 2 à 3 minutes. Je les emballe alors dans une feuille de papier alu où j'ai glissé trois feuilles de laurier (à ce rythme le stock va fondre comme neige au soleil) . Je les pose entre les braises. Le temps de cuire les brochettes de viande et les pommes de terre sont à point.


Pour le dessert je réaménage les brochettes de fruits de Christine avec les moyens du bord et j'ajoute une touche lorraine. J'alterne sur une pique les fruits frais du garde-manger avec des fruits au sirop (pêches ou abricots ou ananas) en variant les couleurs. Copiant les ados, j'ajoute des morceaux de guimauve, de préférence les délicieuses friandises de la maison Perrin que j'ai découverte, bien cachée derrière un grand portail métallique - 5 rue Magot de Rogéville, à Pont-à-Moussson et que je vous recommande pour vos achats de friandise de toutes sortes.

mercredi 6 août 2008

Le dîner sur la plancha de Jacques Hildenbrand, Chef de Cuisine de l’Excelsior de Nancy

Le restaurant où il officie est connu de tout le monde à Nancy, ne serait-ce que de nom, que l’on raccourcit avec familiarité. On se donne rendez-vous à l’Excel ou au Flo (la Brasserie appartient au Groupe Flo depuis 1986, -lequel détient aussi mais on le sait moins- Hippopotamus, le bistrot Romain ou la Taverne de Maître Kanter).

Fondé dans la pure tradition des cafés de la Belle Epoque, il est classé Monument Historique depuis 1976. Sa décoration intérieure témoigne du luxe de la Belle Epoque et de l’Art Nouveau. La mosaïque de l’entrée, un M sur un V rappelle sa fondation, en 1910 par la Société Moreau, brasseur de Vézelise.

Toute l’histoire de ce lieu mythique a été publiée par les Editions Place Stanislas en octobre 2007 avec les meilleures recettes du chef (L'Excelsior - Un siècle d'art de vivre à Nancy par Michel Caffier). Avec notamment le Tout nancy dont je vous confiais dans la chronique nancéienne du 13 mai dernier que c’était mon amie Christine V. qui l’avait soufflée au Chef de cuisine.

Se sentant hésitante sur le menu du dîner elle décide d’aller en discuter avec Jacques. Chacun son tour de conseiller l’autre !

Je comptais justement passer au Flo pour qu’il dédicace à Christine le livre que je lui avais apporté la veille. Voilà comment nous nous sommes retrouvés tous les trois devant un crème (café au lait).

Donne-moi une idée pour ce soir. Je voulais faire une glace au basilic. Mais avec quoi la présenter ?
Un carpaccio de melon, que tu peux aussi bien accompagner d’un sorbet au vinaigre basalmique.

Comment faire ?
Cà, faut turbiner … (la turbine est à la sorbetière ce que la Rolls est à une 2CV et dispense d'employer un congélateur)

Si je mets direct au congélateur ?
Cela le fera pas. T’auras des paillettes. Ou alors faudra régulièrement battre à la fourchette. Dommage : je n’ai plus de sorbetière à te prêter.

Quels poissons cuire sur une plancha ?
Gambas, lotte, cabillaud, sardines. Tout est possible. Il faut manger le poisson « tremblotant ». Il est sec s’il est trop cuit.

Comme légumes ?

Un émincé de poivrons, courgettes, aubergines, très peu de tomates qui rendraient trop d’eau. Aucune matière grasse. Sept minutes pas plus. Tu sers avec un trait d’huile d’olive.

J’ajoute de jolies pâtes …
Non ! Le riz se prête mieux aux mélanges et les pâtes sont trop difficiles à manger sans se salir.

Et le dessert ?
Des brochettes abricots-pêches de vigne sur la plancha. Mais tu grattes avant à la spatule …

Merci du conseil, mais pour le goût du poisson ?????
Tu démarres par les fruits. Tu les « snackes » tout simplement et tu les mets de côté. Après tu cuiras les poissons qui prendront un parfum insoupçonnable. Au moment du dessert, tu finis les brochettes au four arrosées de miel et d’épices.

Jacques doit retourner à ses fourneaux … par plus de 50 degrés de température. Il enviera Christine ce soir d’avoir la liberté de cuire sur une plancha à la fraîcheur de sa terrasse.

Epilogue : le dîner fut très réussi. Le carpaccio de melon a été dressé sur assiette avec une chiffonnade de jambon italien. Une seconde entrée était prévue (tomates tranchées fines avec mozzarella et bouquet de basilic.) Suivraient les poissons avec les poivrons. Des fromages de chèvres de Marchand puisque c’est de saison (qui mériteraient un billet spécial). Et les fameuses brochettes accompagnées d’un sorbet fraises maison.

C’est en mangeant les tomates qu’une pluche de basilic activa notre mémoire, à Christine et moi : nous avions oublié la glace au basilic qui « prenait » dans le congélateur et que nous nous étions promis de modeler en quenelles juste au moment de servir le melon. La crème glacée fut donc dégustée avec les tomates qu’elle épiça subtilement.

Semblable mésaventure a dû arriver à bien des maîtresses de maison. Je me souviens avoir fait pire oubli. J’avais cassé la tirelire et commandé deux turbots farcis chez Fauchon pour un repas de famille. J’avais mis les petits plats dans les grands et nous nous sommes régalés si bien que j'ai oublié de servir ... le plat de poissons qui m’a sauté aux yeux en ouvrant le réfrigérateur pour sortir le dessert. Je n’allais pas finir comme Vatel. Nous les avons mangés le lendemain.

Difficile d’être au four et au moulin !

mardi 5 août 2008

Le choix de Sophie, créatrice de deux Aiguilles dans la Cafetière

Je connais sa boutique depuis deux ans et je ne manque pas l’occasion de lui rendre visite à chacun de mes passages à Nancy.

Sophie Larcher a travaillé pendant plusieurs années dans l’industrie. Jusqu’à ce qu’un projet de délocalisation auquel il était prévu de l’associer ne la pousse à sauter le pas. Le virage peut sembler radical et saugrenu. Je pourrais pourtant témoigner de multiples exemples de ce qu’il faudrait mieux nommer conversion que reconversion, un mot qui sous-entend l’échec.

Tous les économistes disent que les générations nées après les années 90 doivent se préparer -mentalement et pratiquement- à exercer plusieurs métiers. Je suis donc particulièrement heureuse de rencontrer des personnes qui témoignent déjà de cette réalité. Comme Nicolas Génot que je vous présentais dimanche.

Puissent-elles donner à tous ceux qui doutent le goût du bel ouvrage et faire souffler un peu d’optimisme sur le smog de morosité qui polluerait l’esprit créatif français si on se laissait aller !

Sophie incarne la positive attitude.

L’important, dit-elle, est d’essayer pour ne pas avoir de regret. Si cela n’avait pas marché j’aurais appliqué le plan B (comprenez : nouveau tournant). C’était l’occasion de me lancer dans une activité qui me branchait vraiment, de pouvoir travailler en me faisant aussi plaisir.

Sophie, c’est une tête pensante, des mains actives. Difficile de juger si ce sont les aiguilles qui commandent ou la cafetière (tête en argot) qui décide. Les matières inspirent et guident son travail de création. Quitte à commencer un pull et à finir par en faire un chapeau !

Jamais elle n’échantillonne, jamais elle ne détricote. L’idée prend forme au fil du temps. Elle monte l’ouvrage comme un potier modèle l’argile, en enchaînant les mailles comme les perles d’un collier.
Quand elle sent qu’elle « tient le bon bout » elle ne le lâche que l’instant de noter les explications pour sa clientèle.

Sophie se nourrit de l’air du temps. Elle est informée des tendances par ses fournisseurs. Mais elle ne se limite pas forcément aux couleurs d’actualité pour faire une création. Elle me confirme que pour rester à la mode cet hiver il faudrait porter du marron et du gris, avec du violet. Je retrouve là des tons que j’avais appréciés dans le défilé haute-couture de Sonia Rykiel (lire billets du 2 mars et du 13 mars)

Le turquoise reste une valeur sûre. Me voici rassurée : l’écharpe que j’ai terminée le 23 février reste portable

De toutes façons, avoue Sophie, je suis adepte de la couleur. L’hiver est suffisamment gris …

Sa boutique a pris le ton des couleurs méditerranéennes. On peut y venir pour boire un café sans se faire « mater » et sans se sentir obligé de « consommer » de la laine.

Sophie a les idées larges. Vous pourriez apporter un bon bouquin et déguster quelques belles pages au fond de sa boutique, devant une fenêtre ouverte sur un jardin (qui n’est pas le sien mais dont elle profite de la vue) qu’elle n’y verrait aucun inconvénient.

La première fois que je suis venue, me confie Sylvia (une de ses plus fidèles clientes) j’avais amené un pull en panne. C’était pas de la laine achetée ici mais Sophie m’a montré comment m’en tirer. Depuis elle a gagné la confiance de toute la famille : mon mari vient me rejoindre le temps d’un café et ma petite chienne ne bronche pas du canapé.
Car chez Sophie on vient avec son tricot (qu’on peut laisser sur place dans un sac de consigne portant numéro) ou même avec un animal … de petit format tout de même.

Je m’étonnais, le 2 août, que ce soient les militaires qui soient les premiers clients des surplus. Méfions-nous des idées reçues : les meilleures acheteuses de fil à tricoter sont des jeunes qui travaillent dans le quartier et qui se retrouvent entre midi et deux pour faire quelques rangs en toute tranquillité, combinant la pause-café avec la pause-tricot.

L’image de la tricoteuse se décoince. On ose sortir les aiguilles en terrasse, ou dans le train. On voit que cela bouge au niveau des générations. Beaucoup d’hommes aussi –de plus en plus-, qui ignorent peut-être qu’autrefois le tricot était interdit aux femmes, sauf aux veuves qui pouvaient alors prendre la suite de leurs maris.

Et puis pas mal de personnes tricotent après être passées par des phases difficiles. Tricoter facilite le travail de reconstruction psychique. Porter ce qu’on a fait soi-même et en recevoir des compliments restaure la confiance en soi.

Sophie se souvient d’une cliente qui avait fait des écharpes en cadeau pour un Noël. Cela a changé ses rapports avec l’entourage qui a cessé de la considérer uniquement comme une dépressive. Tricoter lui apporte une sérénité essentielle et son moral s’en ressent.

D'autres ont peur de manquer. Ce sont des boulimiques qui achètent systématiquement à chaque visite alors qu’elles ont déjà plusieurs pelotes chez elles. Elles n’arriveront jamais à suivre même si elles tricotent beaucoup.

Un homme intervient dans la conversation. Je confirme : ma femme en a 15 d’avance (des sachets de x pelotes) : une équipe de rugby !
Viennent aussi des clientes qui n’ont pas tricoté depuis 15-20 ans et qui demandent une laine pas trop fine pour tricoter (vite) avec de grosses aiguilles. Elles ont en tête un numéro 4 … alors quand je leur sors du 18 … elles comprennent qu’on est passé à la vitesse supérieure. Directement de la micheline au TGV.
Les créations de Sophie sont simples et élégantes et ont ceci d’agréables qu’elles sont rapides à exécuter. Elle se souvient d’un de ses premiers modèles : un surpull asymétrique ajouré, qui se tricotait avec du 10 (déjà des grosses aiguilles) pas compliqué mais qui faisait de l’effet. Cette année j’ai encore vendu de la laine pour en faire.

Elle sort celui qui a eu le plus de succès : un gilet en mohair, composé uniquement de rectangles, dans une laine bicolore qui, une fois tricotée, génère un aspect bayadère comme si on avait alterné deux pelotes de couleur différentes. Je n’avais pas mis le modèle en vitrine qu’il était déjà vendu et je devais recommencer. Un vrai carton !

Sophie a aussi des idées pour les « petites » tricoteuses ou pour recycler les restes : des mitaines, des cache-poignets, des guêtres, une casquette ou un surcol, autant d’accessoires utiles que top tendance …

Il y a deux ans, j’avais fait ce béret que j’aimerais porter en version turquoise. Il me faut une pelote de strech que j’associerai au fil fantaisie avec lequel j’ai réalisé cette écharpe-feuille en souvenir des alpages fleuris d’Aussois.


Du strech de la couleur voulue, il n’y en a plus en rayon. Mais Sophie a conservé de son passage dans l’industrie l’habitude de gérer rigoureusement ses stocks. Après vérification informatique, il reste une et une seule pelote disponible que nous avons fini par dénicher au fond du casier





Comme on dit chez moi : « y’a plus qu’à .. s’y (re) mettre à l’ouvrage.


Deux aiguilles dans la cafetière :
5 rue Gustave Simon
54000 NANCY
03 83 39 46 70

lundi 4 août 2008

Pampelune Soup,une entrée qui se camouffle sous des allures de dessert

J’ai traversé l’Espagne il y a quelques années sous un soleil torride. Le soir, nous nous régalions alternativement de Gaspatcho, la spécialité andalouse qui n’était pas encore à la mode en France, et de Vichyssoise, une soupe glacée qui n’avait de français que le nom puisque la recette a été inventée par un Chef du Carlton de New York.

Quand Charline, l'animatrice de A Flavor Capture, a lancé l’édition numéro 9 du Sucré s’invite chez le Salé autour du pamplemousse le jeu de mots avec la capitale de la Navarre s’est aussitôt imposé dans mon cerveau surchauffé par la température estivale.

J’étais alors certaine de présenter une soupe froide même si je n’avais aucune idée de la manière de procéder.
Le soir même -il n'y a pas de hasard- je tombais sur le charmant ouvrage de Raphaëlle Vidaling : Goute-çà et épouse-moi où elle présente pile poil ce que je cherchais. C’est devenu mon « best » de l’été que j’ai rebaptisé d’un nom qui inspire le soleil, la légèreté et qui évoque aussi le nom du fruit vedette du thème de cette année.

C’est une recette comme je les aime : facile, rapide, surprenante et mariant de subtiles parfums. Une saine association puisque c’est l’occasion de manger plusieurs fruits et légumes. En outre comme il n’y a rien à cuire vous pourrez aussi bien la préparer en camping que pour un souper aux chandelles.

Les ingrédients :
  • Un pamplemousse rosé qu’il faut éplucher TRES soigneusement pour ne conserver que sa pulpe et dont vous émietterez la chair en gros morceaux.
  • Un avocat, encore un peu ferme, qui sera découpé en cubes.
  • Une banane pas trop mûre qui sera taillée en rondelles.
  • Une boite de lait de coco qui sera versée sur les fruits.
C’est fini ! Raphaëlle ajoute quelques graines de cardamone au moment de servir après quelques heures passées au réfrigérateur. J’ai mis ma touche personnelle avec une framboise et une brochette de rhubarbe confite (depuis que le patron de la Maison dans le Parc m'a expliqué la marche à suivre je cuisine la rhubarbe différemment) pour faire joli et j’ai photographié en compagnie d’une famille d’ours pour renforcer la fraîcheur de l’association. Quand on n'a pas le talent ( les clichés de Charline sont magnifiques. On sent la professionnelle) on compense avec l'humour ...


Chaque cuillerée apporte une saveur différente. On ne peut pas conclure si le sucré l'emporte sur le salé ou l'inverse. Il faut sans cesse gouter et regouter. Le lait est du velours en bouche. Je pourrais en manger un saladier entier.

dimanche 3 août 2008

SECRET STORY des SOEURS MACARONS de NANCY

Hier matin j'avais rendez-vous avec Nicolas le pâtissier, alias Nicolas Génot. Pas question de photographier pas à pas la réalisation des fameux macarons de Nancy : la recette doit absolument demeurer secrète mais son détenteur est d'accord pour me laisser assister à l'enfournement des précieux biscuits et répondre à mes questions pendant le temps de leur cuisson.

Nous avons bavardé tellement agréablement que je ne saurais dire combien de minutes il faut aux macarons pour qu'ils prennent leur joli bronzage. De ce coté là il n'y aura aucune révélation.

J'apprendrais quand même que le secret est un vrai secret et pas une question de savoir-faire (même si la technique a de l'importance comme on peut s'en douter) et qu'il doit réclamer une belle attention car monsieur Génot, qui avait fixé l'heure de notre rencontre à 11 heures n'était alors pas tout à fait prêt à faire glisser la porte de son laboratoire.

J'en ai profité pour admirer et photographier cette oeuvre, réplique de la "vraie", plus ancienne.


Ce vitrail est autrement plus magnifique que la mosaïque que je m'essaie à réaliser et dont je vous montrais l'état d'avancement hier, tout comme les macarons de Nicolas Génot n'ont en commun avec les miens que le nom. Mais, comme le dit la sagesse populaire, "même les grands ont commencé petits".

Premières surprises, le pâtissier est jeune, le laboratoire minuscule et c'est dans la solitude qu'il officie. Le meilleur moyen de garder un secret est précisément de ne pas le partager. Inutile donc de postuler comme apprenti ...

Avec une photo prise sous cet angle vous me direz qu'on ne voit pas grand chose ... C'est que l'enfournement se fait à un rythme que je n'arrive pas à fixer et que je n'ai pas de recul. Mais vous trouverez de plus belles images sur le site de la maison. Et vous y apprendrez tout sur l'histoire des macarons sur laquelle je ne vais pas revenir ici, d'autant que je l'ai évoquée dans des précédents articles où je donnais aussi mes recettes (jeudi 24 avril et dimanche 25 mai 2008)

Comme l'a si bien formulé le poète l'essentiel est toujours invisible pour les yeux.

Par contre c'est sans tabou que l'artiste répond à mes questions dont aucune ne lui semble indiscrète:

Comment vous est venue la vocation des macarons ?
Avec le temps. Mon père ne m'a pas "bassiné" avec çà. Il me laissait bricoler dans l'ancienne pâtisserie de la rue Saint-Dizier avec la pâte à tarte, sans me pousser. Puis j'ai fait des études de commerce, travaillé comme cadre chez Danone France dans le secteur de l'ultra-frais sur des yaourts. Je ne suis pâtissier que depuis 8 ans.

Quel a été l'élément déclencheur ?
Quand on a 35 ans on vous déroule le tapis rouge dans l'industrie ou la grande distribution mais à 55 ans on vous jettera sans remords. J'ai pas voulu vivre ce moment-là. Quand mon père a décidé de prendre sa retraite j'ai considéré qu'il y avait un vrai challenge à saisir. J'ai eu envie de reprendre le flambeau de ce morceau de patrimoine nancéien.

Comment avez-vous fait alors ?
Mon père m'a formé le week-end. Et puis je me suis lancé quand je me suis senti vraiment prêt. Cela fait 8 ans.

Vous qui avez-eu l'habitude des réunions, de vivre à cent à l'heure, comment supportez-vous la solitude ?
C'est toujours aussi magique. Cela reste un produit fragile. Je ne me lasse pas de mon travail, ni des macarons. Je n'en serai jamais rassasié. Je les goûte toujours. Aujourd'hui nous allons le faire ensemble.

Alors là !!!!! savourer ces petits bijoux tout juste encore tièdes. Craquants dessus, légers dedans, ne collant pas aux dents, avec juste un soupçon d'arôme d'amande amère et ce petit goût d'amandes grillées à l'intérieur.

Avez-vous parfois des déconvenues ?
Régulièrement ! Des clients se plaignent que les macarons sont trop durs et réclament du frais, alors que c'en est. Simplement le degré d'hygrométrie est capital. C'est pour cela que nos vendeuses demandent à longueur de temps quand on dégustera les produits et expliquent comment procéder. Tout est détaillé aussi sur nos boites.

On n'est pas toujours dans des conditions de dégustation aussi optimales que ce matin. Au bout de 10 jours cela reste une délicieuse friandise, pour peu qu'on les ai conservés au frais. Et même un mois dans un sachet en polypropylène. Et puis, s'ils sont devenus un peu secs, ils vont vite reprendre leur moelleux après une réhydratation en douceur au-dessus d'une casserole d'eau bouillante à travers la pellicule protectrice de papier sulfurisée portant la marque de la fabrique au verso.

Nicolas Génot ajoute malicieusement qu'en fin de compte c'est le gâteau qui décide du meilleur moment où vous allez le manger.

Et dans 20 ans ?
Je me vois toujours là, seul, à assumer les 7 heures de production, 5 jours sur 7, sauf si mon fils me succède. Il n'a que 17 ans et je le laisse tranquille sur ce point.

Ou votre fille, pour reprendre la tradition et que le secret reste dans la famille ?
C'est vrai. Mais à 15 ans on pense à autre chose sans doute. Et puis c'est un joli secret. Un secret de famille mais pas forcément de la "même" famille. La nôtre est la 4ème depuis la Révolution à le détenir. Je pourrais aussi bien le confier à une autre. L'essentiel est que perdure ce patrimoine.

Etes-vous copié ?
Sans cesse, mais jamais égalé. Avec un résultat qui ne peut pas être totalement satisfaisant. Mes concurrents conviennent que mes macarons sont plus légers que les leurs. Quand on pense que les Bénédictines, interdites de manger de la viande, mais pas de se régaler de pâtisseries et autres gourmandises, ont réussi à mettre au point quelque chose que personne n'a jamais pu retrouver c'est vraiment une revanche des faibles sur les forts.

Que dire de plus sur le produit ?
Qu'on défend le 100% naturel. Y'a pas d'secret : juste des amandes, du sucre, du blanc d'oeuf.

Vous m'avez dit que vous ne supportiez pas le gâchis. Alors quel conseil donneriez-vous à une consommatrice lambda pour utiliser les jaunes des oeufs avec lesquels elle aurait fait des macarons ? (j'ai appris depuis que cette question était souvent posée aux pâtissiers)
Tous les gâteaux, je pense. Mais si vous voulez faire de savoureuses brioches c'est l'occasion. C'est le conseil que donnait déjà mon père.

Si je puis me permettre mon grain de sel je conseillerai plutôt un sabayon ( en fouettant sur un bain-marie 5 jaunes d'oeufs, 2 cuillères à soupe de sucre en poudre et 1/2 verre de Marsala jusqu'à ce que le mélange devienne mousseux et épaississe comme de la crème anglaise). Servi dans un verre à pied, voilà un accompagnement qui s'accorderait à merveille avec le goût d'amande du macaron. Mais je ne vais pas faire les questions et les réponses...

Nicolas Génot confectionne d'autres spécialités lorraines et nancéiennes, notamment la perle de Lorraine, véritable explosion de mirabelle en bouche.

N'allez pas rue des Soeurs Macarons pour vous approvisionner. Encore que ce ne soit pas une mauvaise adresse : vous pourriez y rencontrer monsieur Génot père, qui prend sa retraite dans le vrai lieu historique où ont été conçus les premiers macarons, il y a très très longtemps, du temps où la rue s'appelait rue de la Hache.

Pour l'heure c'est au 21 rue Gambetta qu'on en prépare 1500 douzaines par semaine , tel 03 83 32 24 25 ... jusqu'à ce que peut-être la rue soit rebaptisée ... elle aussi du nom d'une nouvelle création.

samedi 2 août 2008

Aller à l'essentiel des Surplus Lorrains

Je m'étais promis d'aller marauder dans une boutique de surplus des armées que j'avais entrevue en arrivant sur Nancy par Laxou depuis l'autoroute.
Me souvenant vaguement de l'endroit (sur la droite, dans la courbe d'une rue à forte pente) il me fallut plusieurs mois pour retomber dessus par hasard.

J'aurais du me souvenir que la réalité rejoint souvent la fiction : si j'avais songé à regarder sur le plan de la ville j'aurais peut-être eu le déclic ... la boutique s'est ouverte avenue de la Libération. Difficile de rêver une adresse qui soit davantage de circonstance !

Même si le patron confesse avoir choisi l'endroit uniquement parce que ce local, éloigné du centre ville, correspondait mieux à son budget- N'empêche que son second dépôt, à Dommartin-les-Toul, est lui aussi dans une avenue mythique portant le nom du Général Leclerc. Comme quoi on peut faire du marketing sans en avoir conscience.

La profusion des articles est étourdissante. Sans être le moins du monde spécialiste (je n'ai pas fait l'armée, il n'y a plus de militaires dans ma famille depuis quelques générations et je n'ai à mes côtés personne pour me guider) je repère qu'il y a du vieux, de l'authentique et de la copie, des articles français et étrangers.

Deux charmantes jeunes filles proposent leurs conseils. Si je savais ce que je cherche !

Le patron m'assure que "tout" se vend. Mais à qui ?
  1. aux pêcheurs et chasseurs qui apprécient les tissus de camouflage. Même aux randonneurs qui souhaitent ne pas se faire repérer trop vite par les chamois qu'ils veulent approcher. Logique! Les soldats crapahutent avec du matériel qui a fait ses preuves. Alors tout campeur peut trouver son bonheur dans les surplus.
  2. aux militaires à la recherche de davantage de confort. Ils perçoivent un sac de couchage bas de gamme. Ici ils peuvent améliorer l'ordinaire avec un duvet qui leur tiendra chaud même par moins 20 degrés. et puis, les habits, ils n'en ont jamais assez. Ce sont d'excellents clients. Ils achètent les modèles réglementaires de l'armée française, y compris des costumes d'apparat pour défiler.
  3. aux collectionneurs qui chinent des objets de la seconde guerre mondiale ou des pièces provenant de surplus étrangers.
  4. aux jeunes qui vont porter leur choix sur des reproductions à la mode.



Je commence à saisir l'intérêt de la boutique. Ne pouvant rendre compte de l'éventail complet des produits je choisis de photographier deux extrêmes : une pièce de collection ...




... un casque anti-G de pilote MIG ayant équipé les avions russes pendant la 2ème guerre mondiale et qui vaut la bagatelle de ... 325 euros.





et .... l'objet le plus vendu ....

... le "tatoo", couteau multi-fonctions réglementaire de l'armée française, homologue du couteau suisse qui, pour la modique somme de 12 euros, s'accrochera à votre ceinture et vous rendra les services d'un couteau, d'une cuillère, d'une fourchette, d'un tire-bouchon, d'un décapsuleur et d'un ouvre-boîte.

Je n'ai besoin de rien mais je suis tentée par diverses choses : un sac à dos ultra-léger avec plein de poches, des gants fourrés, des chaussures de marche ...

Au final je m'équipe pour l'hiver :
  • d'une chapka en cuir kaki, doublée de fourrure pour garder les idées (et les oreilles) au chaud quand je reprendrai le vélo. Si ce couvre-chef a convenu aux gardes de l'ex-Allemagne de l'Est je devrais pouvoir m'en satisfaire sous nos latitudes.
pour l'été,
  • un short en toile de camouflage qui aurait pu être porté au Tchad par un soldat de l'armée française.
  • un chapeau de toile beige, avec aérations et jugulaire, celui-là même des soldats américains de la Tempête du Désert. Avec la moustiquaire kaki réglementaire (3 euros) dont j'ignorais alors qu'elle allait me sauver la vie quelques jours plus tard.
J'avais juré que je finirai une mosaïque datant de Mathusalem. Pendant que la machine à laver turbinait le linge sali en vacances j'ouvrais la porte du cabanon de mon micro-atelier du fond du jardin où j'entrepose surtout mes matériaux.

Un bruit d'hélice m'alarme aussitôt. Le temps que mes pupilles s'habituent au clair-obscur j'avise un insecte de 5 bons centimètres de long. Je vous passe les détails : une colonie de frelons squattait une ébauche de sculpture dont je me suis débarrassée courageusement en deux temps trois mouvements grâce à mon équipement de choc.

Comme quoi le ridicule ne tue pas. Dans des circonstances exceptionnelles il peut même faire exactement l'opération inverse.

Le tableau a bien avancé depuis le 28 juin dernier tout de même ... et c'est pas fini !

Je vais alterner ce travail avec la rédaction de "portraits" destinés à paraître dans le futur blog du Comité régional du Tourisme de Lorraine qui après quelques problèmes techniques de mise en ligne va enfin être très prochainement accessible. Les lecteurs d' A bride abattue seront invités à les lire en temps et en heure ...

La boutique des Surplus est située au 423 avenue de la Libération, à Nancy, tel 03 83 96 35 92
et 9 avenue du Général Leclerc à Dommartin-les-Toul, tel 03 83 64 11 01

vendredi 1 août 2008

TAG de juillet, REPONSE en Août

J'avais reçu en juillet un tag de Cuisine Framboise dont les billets sont des voyages à eux seuls. Malgré mon désir de répondre j'avais trop de cocottes sur le feu pour trouver le temps adéquat. Pour les néophytes, je rappelle le principe du tag :

citer la personne qui vous a tagguée, répondre à 6 questions et tagguer à son tour 6 personnes sans oublier de les prévenir directement sur leur blog.

mais à quoi cela sert-il donc ?

d'abord un tag, c'est une sorte de "coucou" bloggosphérique qui signifie à la fois "bonjour, j'aime bien ce que tu/vous faites, je te/vous encourage à continuer, je te/vous donne un coup de pouce en conseillant à mes lecteurs d'aller voir chez toi/vous ce qui s'y passe".

ensuite c'est l'occasion de découvrir d'autres univers. J'ai donc été bluffée par certaines pages des blogs taggués en même temps que le mien :

du coup cela m'a encore davantage ralentie dans ma propre réponse ... jusqu'à ce que je me dise qu'on fait ce qu'on peut, et c'est déjà bien.

après, c'est un petit exercice qui permet de faire un peu le point et de se dévoiler un tantinet en répondant aux questions posées :

1. Quel aliment aimez-vous le plus cuisiner?
Bien difficile à dire...en vérité oui vraiment. Puisqu'il faut indiquer quelque chose va pour les oeufs. Parce que cela peut se travailler aussi bien pour en faire des plats sucrés que salés, les possibilités de création sont infinies !

2. Laquelle de vos réalisations a reçu le plus de suffrages?
Je ne saurais dire ... pour tout avouer mon entourage se désole que je cuisine pas davantage pizzas, pastas et autres plats ... gras !
3. La recette que votre entourage vous réclame le plus?
Le gâteau au chocolat, que j'ai d'ailleurs récemment mis en ligne, mais je suis sûre qu'il y a mieux à faire en guise de gâteau au chocolat.
4. Votre petit-déjeuner préféré?
Ma préférence va au café avec
de la baguette fraîche, craquante, et du beurre, mais je suis capable d'aimer tous les petits-déjeuners de la terre, y compris le porridge (en Ecosse), le chocolat aux épices (en République Dominicaine) et même les harengs (en Pologne). C'est sans conteste toujours le meilleur moment de la journée.
5. Votre restaurant ou pâtisserie préférée?

M'en voudrez-vous beaucoup si je réponds : celui où je rêve d'aller ? Dans la vie courante je n'ai pas l'occasion d'aller au restaurant et n'ai donc aucune espèce de rituel en la matière. C'est lors de voyages que je découvre des restaurants et j'en garde souvent d'extraordinaires souvenirs. Comme La Coupole, boulevard du Montparnasse à paris, pour son curry d'agneau dont la recette n'a pas varié depuis 1927.

6. Votre aide la plus précieuse dans la cuisine?

Je ne suis pas trop gadget. Je dirai comme CFramboise ma cuiller en bois que dans la famille on se transmet de grand-mère en petite fille et qu'on appelle Papinette, allez savoir pourquoi ...

enfin, c'est la sélection d'autres blogs qui seront autant de maillons à la chaîne culinaire. L'usage veut que ce soit des blogs avec lesquels ont a déjà effectué des échanges parce que le tag est parfois mal perçu. Difficile pour moi qui suis "jeune" bloggueuse" et ouverte sur d'autres secteurs que la seule cuisine, de trouver 6 personnes.

Alors soit je cite les "grands noms" qui, si elles ont déjà été taguées peuvent toujours, comme en cuisine, tranformer, innover, réinventer... (pardonne-moi de te copier Claudia, ce qui en cuisine aussi se fait beaucoup. C'est parce que quand on aime ...), soit je cherche plus loin. C'est le parti que je pris et j'y ai passé un peu de temps.

Je donnerai donc :

  1. A mon goût, le blog de Nathalie Valmary, pour son charmant article sur le sujet (le tag) "tagguée par une libellule" et aussi et surtout parce qu'on a des points communs ... point de tricot bien sûr. (lire sa rubrique sur le sujet)
  2. Loumi de Croque Vie, ma cuisine, mes envies, pour ses voeux du 3 janvier 2008. Vous comprendrez en la lisant pourquoi elle ne saisira pas le tag au bond mais son dernier message est trop profond pour le laisser filer.
  3. Eric de A boire et à manger parce qu'il est bourguignon, lui aussi, et surtout pour la désopilante vidéo des frères Taloche dont j'avais oublié la drôlerie. S'il est vrai que rire vaut un beefsteack au moins vous ne prendrez pas un gramme avec celui-ci.
  4. Flo de Bretzel et café crème pour son humour et pour faire souffler sur nos blogs un peu de ce vent de folie qu'il m'est arrivé de goûter à Munich.
  5. Dr Caso de C'est pas moi j'le jure, encore et toujours pour un humour décalé, et quel décalage (horaire) puisqu'il arrive avec le vent cette fois frais du Canada.

Voilà, ce ne sera pas "fromage et dessert". Je préfère n'en citer que 5 que d'avoir les yeux plus gros que la montre. Parce qu'après, qui c'est qui va aller régulièrement lire tout çà ? Au risque de devoir lâcher le torchon comme Loumi.

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