jeudi 31 mai 2012

Bons baisers de Manault au Théâtre La Bruyère


Un pupitre, deux chaises, une toute petite scène, qui est celle où s'est fait l'immense succès des 39 marches, couronnées, comme je l'ai entendu, par une "flopée" de Molières.

Bons baisers de Manault n'est pas à proprement parler un spectacle. Le carton annonce une quinzaine de lectures. Le soir de la première Manault Deva et François Berléand se faisaient attendre. Eric Métayer est venu sur scène justifier le retard, à cause d'une "petite chose bien précise qui ne marche pas".

Tout le monde, à commencer par lui, était surpris qu'une "simple" lecture ne puisse pas commencer à l'heure. Les fans de Manault, et ils étaient nombreux dans la salle, ont l'habitude d'entendre la jeune femme à heure fixe, le dimanche vers 13H50 sur France Inter en direct du studio 109 dans l'émission "3D journal" de Stéphane Paoli.

Ses chroniques ont fait l'objet d'un livre, sous le même intitulé, et voilà maintenant qu'elle nous les livre en live sur scène. Pour moi qui ne la connaissais pas je me suis régalée de son style, du soin qu'elle apporte à l'écriture, de son humour acéré et de sa manière d'occuper la scène. Aucun doute qu'elle est autant femme de radio que comédienne.
J'ignore ce qu'Eric Métayer, vite installé en corbeille, avec carnet de notes et stylo pour ne pas perdre une idée (et il en a énormément) aura pensé de la représentation. Certes il y eut des petites hésitations, des répliques improvisées, des clins d'oeil à la salle, mais c'était vif et drôlissime. Les rires fusèrent souvent, et de bon coeur.

Les "chutes" de chaque scénette étaient attendues comme une éclaircie après l'orage entre l'homme-type, alias François Berléand, et la femme-standard, alias Manault Deva. On devinait leur complicité pour jouer ces rôles qui ne leur ressemblent pas dans la vraie vie :
- Ah, vous êtes doux, gentil ... donc ringard !
- Vous êtes chiante, vous faites peur aux hommes !
Conseil de Manault : Soyez plus conne, ils adorent çà !
Chaque sexe en prend pour son grade. Le féminin est parfois assimilé à la pute à papa, autrement dit de la bidoche en talons aiguilles pour un prédateur. Le masculin, s'il est amateur de superficielles est "forcément" conducteur de 4x4. Quand le second prend de l'âge il vieillit, quand c'est de la première qu'il s'agit elle mûrit.

Le couple rompt par SMS, c'est peu élégant mais l'exemple est venu de très haut. N'est-ce pas le moyen employé par une certaine C... lorsqu'elle a quitté le "petit" Nicolas ? (c'est pas Manault qui l'a écrit NDLR).

Les enfants s'incrustent dans les foyers comme une plaie. Ne pas en avoir serait un bon moyen de faire des économies et d'éviter les soucis.

Le public compte les points, tranquillement à l'abri dans son fauteuil, quand soudain il risque de se sentir interpellé en entendant que l'utilisateur du portable dans les transports en commun est un exhibitionniste inconscient

Le fait qu'ils aient tous les deux leur texte à la main n'est pas un inconvénient. Cela installe une distance qui évite qu'on imagine un duo infernal. Nous sommes face à deux amis qui philosophent. Et même si parfois, ils sont à ras des bleuets on apprécie de ne pas se prendre le chou pour les comprendre au premier degré.

On reçoit ces baisers là comme on appréciait autrefois les cartes postales vantant des vacances de rêve alors qu'on savait pertinemment que les protagonistes s'étaient morfondus sous la pluie. Personne n'est dupe, mais quel bonheur. Les baisers de Manault sonnent comme des claques et on tend l'autre joue ... en espérant une reprise à la rentrée.
Bons baisers de Manault jusqu'au 21 juin 2011, du mardi au vendredi à 18h 30
Théâtre La Bruyère, 5, rue La Bruyère, 75009 PARIS
Location : 01 48 74 76 99

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