dimanche 22 juin 2014

Le Festival Solstice joue une Noctuelle dans la Vallée aux Loups (92)

Quelle que que soit la météo, le festival Solstice est devenu le rendez-vous de la mi-juin des amateurs de spectacle vivant, qu'ils habitent ou non la banlieue sud. Et aujourd'hui, pour cette Noctuelle non stop de 16 à 22 heures, nous avons été gâtés par le programme, par le décor et par la météo.

Les spectacles ont toujours lieu dans des cadres inhabituels, une cour d'école, un stade, un parc ... Cette fois c'est l'arboretum de la Vallée aux Loups (92), que j'apprécie énormément et que je vous recommande sans réserve. En plus il est d'accès gratuit toute l'année.

Ce serait vraiment dommage de vous en priver. Voyez plutôt comme il est tentant en été (cette visite date de 2011 mais demeure d'actualité) comme en hiver (quelques mois plus tard).

Ce dimanche nous étions en toute logique très nombreux pour suivre la déambulation proposée par le Théâtre Firmin Gémier la Piscine, centré cette fois-ci sur le jonglage. Arrivant à 16 heures j'ai eu l'opportunité de suivre les 7 spectacles, de participer au pique-nique (la nappe et les boissons étaient fournies gracieusement) et d'assister à la création de Maputo Mozambique. Beau programme !

Quand je pense que certains sont restés vissés sur leur chaise ... même si le cadre est magnifique et reposant les artistes méritaient qu'on se donne un peu de mal pour aller à leur rencontre. Marc Jeancourt, le directeur du théâtre, m'avait mise en garde : tu as choisi le parcours sportif ! 

C'était vrai. Le groupe vert a emboité le pas dynamique d'une polyvolante (c'est comme cela qu'on désigne les bénévoles du festival) en se repérant à son parapluie aux ballons verts et nous avons arpenté l'arboretum en long, en large et en zig-zag tout autant que le parc de la Maison de Chateaubriand qui est de l'autre coté de la rue. Et ça grimpait ! Quelques-uns se sont perdus en route, en suivant le premier tee-shirt turquoise qui se trouvait devant eux. Bonne idée quand même de n'avoir pas choisi le jaune ou le vert comme couleur pour repérer les polyvolants de cette édition parce que les tee-shirts brésiliens étaient assez fréquents.
Commençons par le commencement avec les anglais excentriques (normal pour des britanniques que j'entends parler allemand d'ailleurs) de Stop the Drop au sourire communicatif. Les deux artistes ont serré la pince de chaque spectateur du premier rang. Cela instaure immédiatement la convivialité.
Le soleil tapait dur. Je remarque deux personnes qui doivent apprécier la fraicheur des feuilles du Gunnera, cette rhubarbe géante et brésilienne qui se plait beaucoup ici aussi.
Ces jongleurs oeuvrent en symétrie parfaite avec leurs balles, leurs valises ou leurs anneaux. Mais qu'ils se saisissent des massues et c'est le saute mouton de la mort, au ralenti et à vitesse normale, promettant une tournée générale ... que l'on boira à leur santé sur l'aire de pique-nique.
Sylvain Julien manipule les cerceaux d'une manière inouïe, sans jamais tourner en rond et nous avons été enthousiasmé par ses numéros, son humour, sa fantaisie et son talent pour raconter une histoire sans prononcer un mot.
Le cerceau tourne. Lui aussi. Je me demande comment il fait pour tourner et tourner encore si longtemps sans perdre l'équilibre.
Avec Ô comme cerço il conjugue l'art d'enmêler les anneaux avant de se lancer dans une chorégraphie éblouissante sur l'air de I will survive de Gloria Gaynor, cet air fameux qui rappelle la victoire de al Coupe du monde 1998 ... est-ce ce soleil qui nous ramène constamment au football ?
Sa sortie, très élégante aussi, évoquera la silhouette de Charlot.

On traverse l'arboretum pour monter chez Chateaubriand où nous attendent les québécois. C'est le nom de code du Trio surprise de la Cie Et des hommes et des femmes sur le festival. Nous voilà partis à l'assaut d'une pente un peu raide pour déboucher devant l'ancienne demeure de l'écrivain. Leur prestation est très chorégraphique même s'il y a tout de même un peu de jonglage.
On reste sur place pour assister au happening du Mouvement Alerte qui se présente avec un humour à prendre au vol.
Cinquante massues ont été déversées sur la table. Le jongleur s'empare de trois, jamais une de plus, ne ramasse jamais une massue tombée à terre. Il jonglera jusqu'à épuisement du stock et on peut le soupçonner de faire en sorte d'accélérer parfois le processus.
Il exprime une métaphore d ela vie: jongler jusqu'à la fin, jusqu'à la mort en quelque sorte. Il n'est pas certain qu'il reparte avec tout son matériel. Il me semble qu'on a quelque chance de retrouver une massue dans un massif de rhododendrons à l'automne prochain quand il seront un peu dépouillés.
Il faut vite redescendre pour retrouver Nicolas Longuechaud qui propose une courte pièce, très originale puisqu'elle interroge nos repères et bouscule nos représentations. L'idée est très jolie même si on est un peu perdu si on est éloigné.
C'est reparti pour un avant-dernier arrêt. On a beau presser le pas, c'est déjà commencé. Florent Lestage danse et jongle comme il respire, pieds nus, en écoutant de préférence Chopin, tout en parlant à ses canes et à ses massues. Lui aussi a un petit air de Chaplin.
L'après-midi se termine avec Still Life du Cirque Bang Bang, très fascinant sur tapis roulant.
C'est la pause, avec un pique-nique sur l'herbe, et devant la scène où vont se produire les danseurs-musiciens-acrobates-mimes de la Cie Thomas Guérineau pour interpréter Maputo Mozambique.
Je vous dirai plus tard le contenu de ce que j'avais amené dans cette boite. Disons, pour faire simple, que c'était un ersatz de baba au rhum.
Marc Jeancourt a conclu la journée en rendant hommage aux intermittents du spectacle sans qui ce petit festival de jonglerie à l'intérieur du grand festival Solstice n'aurait pas pu avoir lieu. Il nous fit remarquer avec humour avoir résolu le dilemme du "soleil dans les yeux". Ce seront les six jongleurs qui le subiront et pas les spectateurs.
La Compagnie des Jongleurs du Mozambique réunit les premiers jongleurs professionnels du pays. Ils ont été envoûtants à chanter en choeur autour d’une balle orange, avec ce spectacle où s'entrecroisaient chants traditionnels, percussions et performances jonglées.
Le principe du micro cravate qui amplifiait la résonance des balles sur les tambours était judicieux. Leurs ombres dansaient sur le mur de pierres.
Un drôle d'instrument à vent crissait dans les airs comme un oiseau.
Et pour finir ce sont des sacs plastique orange, bruissant comme des papiers de soie qu'ils ont fait voltiger en se les passant comme des balles avec beaucoup de poésie et de douceur.
Le festival Solstice se poursuit en plein air jusqu'au dimanche 29 juin.
Tous les spectacles, les Apéros-concerts et le Bal du festival sont en entrée libre.
Renseignements sur le site du théâtre. Et surtout pensez à vous programmer ce moment en juin 2015 puisque c'est désormais un rituel.

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