samedi 30 juillet 2016

La Satrouille à Cherbourg (50)

Hier je vous faisais visiter la Saumonerie Granvillaise qui s'approvisionne en saumons du coté de Cherbourg (même si elle se fournit aussi en Ecosse).

Je suis aujourd'hui dans cette ville dont j'apprends que la grande spécialité est la pêche aux céphalopodes (seiches, calamars, encornets...).

On me dit qu'une grande partie des seiches cuisinées en Italie ou en Espagne proviennent en fait du Cotentin.

En pâtois normand les sauticots sont des crevettes grises, et les vignots des  bigorneaux. Le mot satrouille désigne tout animal ressemblant à une pieuvre et on m'a recommandé ce restaurant discret, pour son ambiance bistrot sur le port de Cherbourg et surtout la qualité de ses produits.
A l'instar du Comptoir Gourmand de Granville, la liste des fournisseurs est fièrement affichée. Et si le patron annonce des tagliatelles fraîches vous pouvez être certain qu'il les a faites sur place. 

Il est heureux de travailler les meilleurs légumes de ses amis maraîchers (Thierry et Patricia Neel, Annie Bertin) dont j'apprendrai qu'ils sont venus déjeuner aujourd'hui, histoire de se régaler eux aussi de leurs produits.

La formule déjeuner est à un prix imbattable et change tous les jours, en fonction du marché, des saisons et de l’inspiration du chef. Mais si on se laisse tenter par des spécialités régionales (à force d'entendre vanter le homard j'avais de plus en plus de mal à résister) il faut se tourner vers le menu qui est à 35 € ... enfin 40 puisque le demi-homard est à supplément.

J'avais très envie de seiche. Il n'y en avait pas mais on m'a assuré que le calamar c'est pareil en meilleur. Va donc pour ce céphalopode qui m'arrive assaisonné d'ail et de persil. J'aurais pu choisir une Salade de tourteau et mesclun d’Annie Bertin ou 6 huîtres de Saint-Vaast-la-Hougue, un petit port du Cotentin. Mais on ne peut pas tout goûter.
Franchement ce calamar est bon, même très bon, sans rapport avec le caoutchouc que j'ai pu goûter jusque là. On voit que l'animal a été préparé frais et entier car je remarque des petites tentacules.
Après les Calamars sautés à l’ail et au persil on dépose sur ma table un curieux équipement mais adéquat adéquat : immense bavette, sorte de casse noix et griffe spéciale ... Et je constaterai que tous les restaurants font de même avec plus ou moins d'attention. On peut aller jusqu'à nouer la serviette autour du cou des clients.
J'ai demandé un Demi homard bleu rôti sous le grill et beurre citronné, et le voici avec son écrasée de pommes de terre. 
C'est à la fois exceptionnel et simple. Ne vous avisez pas de demander au patron si son homard est canadien. Il est bien entendu local, comme presque tout ce qu'il sert ( le fromage du jour était un morbier, forcément pas régional mais garanti fermier néanmoins). D'ailleurs le vivier est un peu vide en fin de service mais tout à l'heure le poissonnier livrera une vingtaine de bêtes ... Comme tous les jours.
C'est le moment du dessert. Au choix un fromage fermier, des profiteroles ou le dessert du jour : une crème brûlée au safran, ni trop ni pas assez et  ce n'est pas facile de doser cet épice. Il colore en jaune ( safra signifie jaune en arabe) et donne une légère amertume. La couche de sucre est mince et craque sans difficulté. Et comme la crème est dans une tasse haute elle est fondante.
Michel Briens (et Lina) cuisinent surtout des poissons et des légumes. Proposant une carte courte (avec quand même une viande pour les irréductibles) parce que quand on fait du frais on ne se perd pas dans une multitude de plats. Ils travaillent à cuisine ouverte, surveillant les réactions de la salle avec discrétion. Peu expansif mais prenant le temps de discuter si on vient le saluer, Michel parle volontiers de son métier.

La Satrouille 26 Quai Caligny, 50100 Cherbourg-Octeville
Fermé le lundi 
Téléphone : 02 33 43 13 76
Formule déjeuner 14€ Entrée et Plat ou Plat et Dessert
restaurant.lasatrouille@gmail.com

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