jeudi 8 mars 2012

Pourquoi aller au Salon de l’agriculture ? compte-rendu détaillé …

Quand on entend que le nombre de visiteurs devrait approcher les 700 000 personnes on se dit que les motivations doivent être multiples et variées.

On y va pour voir les animaux. C’est une formidable occasion d’approcher des bêtes magnifiques et d’en apprendre un maximum sur leur comportement, leur alimentation … Et d’avoir aussi un échange particulier comme un petit garçon dont la caresse sur la tête d’une brebis de Lacaune semblait destinée à apaiser le stress du bruit.

On peut y aller aussi pour voir les politiques. Pas un jour sans une visite officielle quand ce n’est pas plusieurs. On m’a dit que beaucoup de visiteurs avaient payé leur entrée et le parking juste pour tenter d’approcher le candidat socialiste. Comme il y est resté 12 heures durant, il a du satisfaire beaucoup de supporters, malgré sa petite taille qui rendait difficile les prises de vue. Me croirez-vous si je vous dis qu’on regrette l’époque où l’on voyait de loin arriver Jacques Chirac ?

On y va pour découvrir les produits de nos régions, et du monde entier. C’est l’occasion de goûter des aliments que l’on ne connait pas (ou peu) comme la pomme Juliet. J’ai appris que la Guadeloupe produisait un melon à contre saison de nos variétés métropolitaines. Le fondant de la viande rouge Blonde d’Aquitaine m’a estomaquée. La tête de veau de Jean Rozé, distribuée par Intermarché, m’a régalée et la douceur d’un lait aromatisé à la châtaigne m’a désaltérée. Le roquefort a dopé mon potentiel créatif. Vous en jugerez dans les prochains jours en découvrant les recettes que je vais imaginer.

Il y a des excès. Une dame très gourmande a avalé gloutonnement une cuillère de beurre … de karité en croyant qu’il s’agissait de crème fraiche. Ventre affamé n’a pas de nez … et n’écoute pas les mises en garde. Certains inélégants, c’est inévitable, s’empiffrent de nourriture et de boissons. En fin de journée les cohortes prenaient des allures de train en passe de dérailler. L’élocution devenait pâteuse et des visages étaient cramoisis.

On peut aussi apprendre des techniques que l’on ne soupçonnait pas. C’est ainsi que, grâce aux Cocotes Saint-Michel je sais maintenant faire un volatile en papier.

On y va pour s’informer sur tout un tas de choses, depuis le métier d’éleveur, en passant par les risques sanitaires, jusqu’à se renseigner sur des questions notariales. On peut aussi ramener des kilos de documentation sur tout et n’importe quoi. Et des livrets de recettes par dizaines.

On y va pour jouer à des quizz sur la viande, les légumes, les oléagineux, apprendre à mieux se servir du sucre …voter pour la recette la plus appétissante, pousser le cri de joie le plus étonnant. On peut aussi remplir des bons de participation à des centaines de tirages au sort sans réfléchir qu’à force de donner son adresse mail à tous les stands on saturera sous peu sa boite de réception.

On y va pour écouter des conférences, en général ludiques et bien faites. Pour reconnaître la différence olfactive entre la subtile lavande, que l’on repèrera ensuite dans le célèbre n°5 de Chanel et Mitsouko de Guerlain et le lavandin, plus vif, employé dans la parfumerie dite conventionnelle (les produits ménagers). Pour apprécier la différence entre emmenthal et gruyère français. Car l’AOP du gruyère français est en cours. C’est un enjeu important pour notre pays mais aussi pour la Suisse qui a peur que le nom ne devienne un terme générique et qui a tout intérêt à ce qu’il reste protégé. Pour apprendre à déguster un vin suivant un protocole bien rodé, toujours en toute modération.

On fabrique une crème de soins sur le stand de la Drôme. On participe à des cours de cuisine, en se mesurant parfois avec un bloggeur ou un chef confirmé en cuisinant l’Agneau Presto. On fait signer des autographes aux ex-candidats de Top chef, Pierre Sang sur le stand de la commission européenne, Benjamin Khalifa sur celui de la Vendée.On recueille des confidences économiquement intéressantes. De très bonnes rillettes du Mans sont cuisinées « dans le même chaudron » par un charcutier renommé et distribuées sous la marque Casino. Les seules qui soient réalisées avec une viande de porc label rouge s’il –vous-plait. Et c’est le charcutier qui le dit.

On y va pour préparer ses prochaines vacances et zapper le futur Salon du tourisme. Chaque région fait des efforts pour convaincre à grand renfort de cartes, dépliants et spécialités locales. Aurai-je un jour le temps d’aller visiter le Marais Vernier et de voir les vitraux de l’église de Conches (Eure) que l’on m’affirme magnifiques ?
On y va pour faire du sport (mention spéciale au parcours d’escalade des Produits laitiers), de la danse (Planète Viande), mobiliser ses cordes vocales (avec Charal), se faire photographier dans les bras d’une vache, d’un grand méchant loup, avec un corps d’ange ou de démon …

On y va aussi pour percevoir un cadeau. Autant de techniques que de personnes. Il y a ceux qui prennent tout ce qu’on leur donne, d’autres qui sélectionnent. Il y a les charmeurs, les profiteurs, les resquilleurs, les voleurs … Il faut dire que les marques rivalisent pour marquer les souvenirs. Avec des cadeaux utiles comme une manique, un porte-clé boussole pour ne pas perdre le nord en région Limousin, des cadeaux sympathiques comme un mouton porte-photo ou pense-bête en souvenir du Petit Prince.

Les plus astucieux ont imaginé le petit « truc » qui assurera une présence à l’esprit imbattable comme Mc Cain et sa pince pour fermer les sacs congélation, ou l’ardoise magnétique de la Collective du Bœuf pour noter sa liste de courses après avoir participé à une animation très réussie présentant des recettes en version ange ou démon.

Il y a bien sûr les stylos, comme toujours, presque aussi inévitables que les sacs, avec une mauvaise note à tous ceux qui emploient des matières pastiques, mêmes biodégradables. Et une bonne pour ceux qui les donnent en tissu. Je réserve le plus fin pour emballer mes saucissons et les conserver durablement au frigo, et les plus solides pour faire mes courses.

On y va aussi pour en savoir plus sur une région en particulier, comme l'Auvergne ou l'Alsace ... ce qui fera l’objet de deux chroniques particulières.

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