lundi 17 mars 2014

Anne le Menn expose ses gravures à la Médiathèque de Bagneux (92)

Admiratrice de Rembrandt, Anne Le Menn a découvert la gravure à l'âge de 20 ans. Elle en aurait volontiers fait son métier mais le vent qui soufflait sur les Beaux-Arts de Brest n'était pas follement sérieux dans les années 70, sans doute une conséquence des mouvements de mai 68.

Elle est entrée en fac de Sciences et elle est "sagement" devenue informaticienne dans un secteur qui avait, lui, le vent en poupe. Mais elle n'a pas oublié la gravure qu'elle continua de pratiquer, dans un cadre amateur, en suivant régulièrement beaucoup d'ateliers avec des pro ou semi-professionnels, ce qui lui a permis de continuer à progresser.

Depuis quelques années, c'est devenue son activité principale après qu'elle ait fait une formation aux métiers de la culture dans un esprit professionnel. Elle loue un espace pour y installer son atelier au 37 rue Marc Sangnier, à Bagneux, où elle a installé son atelier. Il est tout petit mais elle pourra y accueillir quelques élèves.
Aujourd'hui c'est dans le hall de la médiathèque de Bagneux qu'elle a posé sa presse afin d'initier les personnes de passage à l'art de la gravure. Beaucoup de jeunes ont découvert cet outil avec plaisir, chacun repartant avec un tirage comme celui-ci :
Anne Le Menn a retenu une vingtaine de gravures, parmi les plus récentes, pour les présenter au public dans le hall conduisant à l'espace musique, durant tout le mois de mars. Elle propose un travail dans lequel se comptent plus de portraits et de croquis que de paysages ou de nature morte.

Le rendu est figuratif, mais avec la recherche des matières et des accidents. L’envie de s’étonner et l’assurance que le résultat sera inattendu. L’utilisation des techniques à l’eau-forte, avec une prédilection pour le vernis mou favorise cette disposition. Cette méthode donne le rendu du crayon, mais sensible à tout changement que ce soit dans la concentration de l’acide ou dans son application, il varie dans ses résultats.

Certaines de ses oeuvres sont très sombres, comme la dernière de ses oeuvres, qui a été faite à l'atelier de gravure de Sceaux la Tarlatane. Il s'agit d'une évocation un peu japonisante Des vents m'ont dit de Xavier Grall, lui aussi breton, qui avait écrit ce recueil de chroniques pour l'hebdomadaire La Vie.
Une vaste portion de ciel y apparait plus clair. Anne m'a expliqué que suite à une fausse manoeuvre c'est le pot entier de résine qui s'est renversé sur une zone de la plaque correspondant au ciel. La résine sert à faire de l’aquatinte. En faisant fondre cette poudre elle s’étale mais en laissant des interstices qui permettent de faire des zones de valeurs plus ou moins foncée suivant le temps de la morsure par l’acide. Elle a voulu s'appuyer sur cette erreur et elle a bien fait.

Elle aime graver des visages et l'atmosphère des cafés-restaurants l'inspire, comme ici Le Procope, le plus ancien café parisien. J'ai reconnu aussi le Zeher tout à coté. Avoir habité le XIV° arrondissement laisse des souvenirs.
Elle nous dit "profiter de moments qui s’envolent, du temps qui passe vite, et les capturer dans des carnets de voyages pour en garder mémoire.

Gravures d'Anne le Menn jusqu'au 29 mars 2014
Médiathèque Louis-Aragon
2 avenue Gabriel-Péri , 92220 Bagneux
01 46 57 08 76

Vous pouvez la rencontrer dans son atelier de Bagneux. Il est prudent de la contacter auparavant à l'adresse anne.le.menn@wanadoo.fr

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