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dimanche 23 mars 2014

Le Salon du Livre 2014 ...


(mise à jour le 11 mai 2014)

Dimanche soir, le Salon du livre s'achève et le bilan est semble-t-il très positif. Il suffit de jeter un oeil sur les étagères qui se sont vidées. Les piles ont fondu.

Rien d'étonnant. J'ai vu des dizaines de fans, un livre à la main, faire le pied de grue pour quelques secondes de partage avec leur auteur préféré.

Ce qui était amusant c'était d'écouter les petites phrases. Entre celui qui n'a pas reconnu une figure ultra médiatisée, cet autre si déçue que sa "vedette" ne ressemble pas (ou plus) à la photo qu'elle préfère renoncer à la dédicace ("Ah, ça, mieux vaut l'image !"), ou celle-ci qui ne cherche qu'à se photographier à coté d'une figure emblématique du show business, pour dare dare poster sur les réseaux sociaux, quitte à s'infiltrer de force dans une conversation, et surtout ne même pas faire semblant de s'intéresser à la personne en tant qu'auteur. Lire son livre ? On n'y pense même pas.

Vous aurez compris que tous les visiteurs n'ont pas des motivations littéraires. Cette année était un peu spéciale pour moi. J'y suis allée pour voir et revoir les auteurs que je connais (et réciproquement) et ce ne sont pas nos conversations que je vais déballer ici. Ces moments de partage, en particulier le soir du vernissage, sont des instants privés.
Je suis heureuse d'avoir pu voir ou revoir des personnes dont j'ai chroniqué les romans ces derniers mois comme Ariane Bois, Véronique Olmi dont le prochain titre sortira en janvier, Philippe Mathieu, Cookie Allez, Caroline Sers, Valérie Clo, Xavier de Moulins, Gilles Paris, Laura Berg, Brigitte Giraud, Sophie Adriansen, les auteurs de l'Ecole des loisirs (qui prépare déjà à fêter en 2015 son cinquantième anniversaire) ou du Square culinaire.

J'ai même fait la connaissance d'auteurs dont je vais lire les ouvrages dans un futur proche. Ces rencontres m'ont davantage intéressée que l'inauguration proprement dite, jeudi soir, par la présidente argentine, Cristina Kirchner et le premier Ministre français Jean-Marc Ayrault. 

A deux ou trois exceptions, je préfère aujourd'hui adopter l'oeil du visiteur lambda pour vous montrer ce que vous auriez pu voir si vous vous étiez égaré dans les allées, Porte de Versailles, et j'ai bien davantage tiré le portrait d'inconnus que de mes écrivains préférés, à deux ou trois exceptions près, comme je viens de l'écrire.

Egaré est le mot juste. Le repérage des stands au-delà du nombre 50 est toujours très compliqué, avec un chamboulement de l'ordre alphabétique qui provoque l'énervement. Mais même dans les hautes eaux j'ai remarqué une jeune auteure -dont je garde le nom secret- qui partait systématiquement dans le mauvais sens avant que je la remette sur le droit chemin.

Je n'ai pas mesuré la longueur des files mais il me semble qu'elle fut très longue pour Douglas Kennedy (chez Belfond), un peu moins étendue devant la table de Dominique Besnehard, immense en face d'Eric-Emmanuel Schmitt (chez Albin Michel) ... signant aussi bien la Trahison d'Einstein que les Perroquets de la Place d'Arezzo.
Le Salon du livre peut être cruel pour certains. J'ai remarqué quelques célébrités désoeuvrées devant une table vide. J'ai constaté combien les nombreux visiteurs se précipitent sur… les personnalités les plus médiatiques dans un mouvement de cohue qui lui-même aimante d'autres badauds. Bel attroupement devant Mazarine Pingeot (chez Julliard) qui, hélas pour elle, suscite davantage de remarques sur sa parenté que sur son travail d'écriture.
On voyait de surprenants groupes, affalés dans les allées, prenant leur mal en patience. Dans ces cas là il faut reconnaitre qu'avoir un bon roman à portée de main, ça aide à supporter l'attente. Il m'a semblé qu'avant espérer dire deux mots à Marc Lavoine à propos de "1er Rendez Vous" (Editions de la Martinière) il faudrait bien une bonne heure de patience.
Cécilia Attias m'a paru très studieuse ... appliquée à "bien" dédicacer ... une Envie de vérité, chez Flammarion.
... tandis que des lecteurs avaient décidé de s'offrir une retraite loin du brouhaha, de pique-niquer en toute discrétion derrière les stands, et de lancer des discussions. Me croirez-vous si je vous dis qu'à quelques mètres c'est la cohue dans des allées trop étroites ?
L'équipe de Babelio avait disséminé des extraits des critiques de ses membres sur ce qu'ils appellent les éditeurs partenaires. On m'a parlé de 500 cartons mais je n'y ai pas retrouvé un bout de mes chroniques. Je n'ai pas trop cherché tout de même. Un livre a attiré mon attention, réveillant une forme de culpabilité. J'avais promis de le lire. Il le mérite d'ailleurs et puis d'autres sont venus ...
C'est en cherchant Babelio que j'ai été orientée vers le stand MyBOOX où j'ai participé à un Speed Booking. Nous fûmes une dizaine à nous relayer de table en table pour nous convaincre les uns les autres de lire les livres que nous avions élus. Ce petit jeu littéraire pouvait rapporter de grands romans parus cette année ainsi que des liseuses Kobos Aura aux trois participants qui avaient obtenu les plus de voix.

Nous disposions de 90 secondes chrono pour faire l'article à un autre participant, et cela 9 fois de suite, avec ou non le même livre. Après chaque confrontation, on attribuait une note sur un petit formulaire avant de passer au concurrent suivant, et ainsi de suite, jusqu’à avoir rencontré tous les joueurs. Je n'ai pas remporté le premier prix mais, en me classant dans les trois premiers, je suis repartie avec plusieurs livres ... grâce à mon pouvoir de conviction et donc mon honneur de bloggeuse fut sauf. J'ai surtout eu envie de découvrir certains livres dont on a réussi à me persuader qu'ils me manqueraient.
Irène Cao (chez JC Lattès) était venue d'Italie pour présenter la trilogie italienne qui va bientôt détrôner 50 nuances de Grey et dans laquelle je vais prochainement plonger, en commençant par Sur tes yeux, une occasion de retourner virtuellement à Venise.

Chez Buchet Chastel, JM Erre savourait encore le succès de son passage à la Grande Librairie le soir de l'inauguration. Sophie Van der Linden confiait qu'un nouveau roman était fin prêt, dans un style radicalement différent de la Petite fabrique du monde. On peut faire confiance à son talent. Il s’appellera "L’incertitude de l’aube", paraîtra le 21 août, et je pense pouvoir vous en dire plus sur le sujet à la fin du mois de mai.
Andrès Neuman était venu spécialement pour Parler seul, un des derniers livres à m'avoir bouleversée. Il balaie mes scrupules à cette manie de vouloir se faire photographier à coté de x ou y. Il est manifestement si heureux ce soir que j'accepte.
C'est sans complexe que j'enchaine avec Dominique Dyens (chez Héloïse d'Ormesson), dont j'ai beaucoup apprécié Lundi noir, et dont je suis en train d'achever La femme éclaboussée, à paraître début mai dans la nouvelle collection Suspense au féminin.
C'est Norman Ginzberg qui a fort galamment insisté pour prendre le cliché. Si j'avais déjà lu Arizona Tom nous aurions "posé" tous les trois ... Ce livre apparaitra bientôt sur le blog.
Nadine Monfils (chez Belfond) reprenait la conversation avec un lectorat très fidèle qui navigue comme elle entre Bruxelles et Paris. Très reconnaissable à ses tenues vestimentaires, souvent vêtue de rose, elle orne ses dédicaces de jolis petits dessins et conseille d'aller au festival du film fantastique de Bruxelles. Après avoir envoyé le Commissaire Léon enquêter sur Il neige en hiver et le Silence des canaux elle retrouve le personnage ultra déjanté de Mémé Cornemuse qui cette fois prend des vacances à Hollywood. J'en parlerai bientôt.
J'ai fait connaissance avec Murielle Magellan (chez Julliard). Elle m'avait surprise en s'abonnant à mon fil Twitter @abrideabattue alors que je n'avais encore rien chroniqué à son sujet. Je découvre une femme très sympathique, que je vais très prochainement revoir à propos de son dernier livre, N'oublie pas les oiseaux. Elle m'a raconté avoir expérimenté elle-même cette situation particulière de ne pas ressembler à la photo qui était affichée grand format au-dessus de sa tête. Elle se souvient du regard de la lectrice balayant l'espace, allant de la photo à son visage ... persuadée que la personne qui était en train d'écrire sur son livre ne pouvait être qu'une imposture.
J'ai la tentation de paraphraser le titre du dernier livre de Anna Gavalda (chez le Dilettante) La vie en mieux (3ème place au box-office des ventes cette semaine) en lui décernant la palme de la dédicace "en mieux". Elle est la seule à prendre à ce point soin de son lectorat : deux assiettes de bonbons et surtout un confortable fauteuil, histoire de se sentir dans une certaine intimité. Et tant pis pour tous ceux qui attendent pendant que l'heureux élu tape l'incruste. Je ne vous montre pas la queue ... qui s'allonge sur plusieurs stands.
Antoon Krings (chez Gallimard) prenait le temps de croquer des insectes fidèles à son univers.
Claudie Gallay (Actes Sud) s'apprêtait à se mettre à table, pour dédicacer une Part de ciel (dont je viens de commencer la lecture). Elle m'apprend que son prochain roman, Détails d'Opalka, sortira dans quelques jours. La voici en conversation avec Frédérique Deghelt qui fait partie des 6 derniers finalistes pour le Prix de la Maison de la Presse 2014 (qui sera décerné au Centre national du Livre le 21 mai) avec Les brumes de l'apparence. J'avais beaucoup aimé La Vie d'une autre et j'avoue que je lui souhaite de l'emporter.
Certains auteurs étaient empêchés de dédicace, comme Sandra Mézière (chez Numerklire), que j'ai connue lorsque nous étions toutes les deux jury du Grand Prix des Lectrices de ELLE. Ses publications sont sur téléchargeables à partir d'un serveur. Ce mode de lecture est en pleine expansion mais j'avoue ne pas avoir encore pris le temps de l'explorer malgré mon envie de lire en particulier un de ses romans, Les Orgueilleux.
Le Salon du livre est aussi l'occasion de découvrir des opérations autour du livre, comme le Camion des Mots, ou le programme Nouveaux talents qui accompagne et révèle les écrivains de demain.
J'ai assisté à des séances d'analyse de manuscrits absolument passionnantes au cours d'une session du Labo de l'écriture de la Fondation Bouygues Telecom. Bruno TessarechClaire Silve (éditrice chez Editions JC Lattès) et Claire Debru (aux éditions NiL) ont analysé sans concession les 4 premières pages de premiers romans en cours. C'était passionnant ... et instructif.
Nous avons clos cette soirée par un moment convivial entre bloggeurs (merci Sophie) toujours agréable de retrouver ceux qu'on lit par voie électronique, pour deviser sans intermédiaire.
On voit ensuite le Salon sous un autre angle ... encore animé ici ou là sur les stands où les fêtards s'attardent, sans se préoccuper des chariots de ménage déjà en action. L'ambiance est sans comparaison avec celle du salon de l'agriculture, vivant jour et nuit à plein régime, mais il y avait tout de même une effervescence palpable.

A ceux qui estiment que je suis une "grande" lectrice j'ai envie de répondre que non. La production est immense et j'ai toujours un rayonnage de retard. Ainsi je n'ai ouvert aucun des 30 livres en compétition pour le Prix Orange du Livre 2014. Je repars avec La Petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon, chez Actes Sud (gagnée au Speed Booking). Avec La Fin du monde a du retard et N'oublie pas les oiseaux, j'aurai lu pile un dixième. Y aura-t-il le gagnant parmi eux ?

Je crois que je vais céder à la tentation de me connecter sur My Little Book Club pour lire en ligne le premier chapitre des autres même si c'est un peu bizarre que ces trois jours sur le Salon me renvoie finalement sur la toile.

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