jeudi 27 mars 2014

Une collection de trésors minuscules de Caroline Vermalle

L'année dernière j'avais été séduite par L'île des beaux lendemains et j'avais découvert l'auteure, Caroline Vermalle avec plaisir au Salon du livre. Je ne l'ai pas vue cette année mais je viens de terminer son quatrième roman, Une collection de trésors minuscules qui, tout en étant très différent du précédent, m'a également plu.

Son éditeur, Belfond, a conservé la typographie si particulière du précédent livre. Néanmoins Caroline Vermalle a réussi à renouveler son style et la manière de présenter les personnages.

Nous avons quitté le bord de mer estival pour nous retrouver dans la brume et les frimas de l'hiver, en région parisienne. Sous prétexte d'une enquête pour comprendre l'objet d'un étrange héritage nous accompagnons des personnages au caractère très affirmé dans des paysages qui ont été le décor des toiles des Impressionnistes.

Il y a Frédéric, brillant avocat de trente ans qui collectionne les succès et les tableaux jusqu'à ce que la chance tourne et qu'il se retrouve quasiment sur la paille. Il y a Pétronille, son assistante dévouée mais un peu gaffeuse qui sera vite dans les choux ... des petites douceurs qu'elle ira distribuer auprès des nécessiteux.

ll y a Dorothée, la soeur de Pétronille, jamais à cours d'énergie. Et d'autres personnages qui surgissent dans la neige au fur et à mesure que Frédéric et/ou Pétronille suivent la piste d'un héritage assez particulier : une étrange carte aux trésors et quelques tickets de métro qui les mèneront de Saint-lazare à Notre Dame, du paysage d'hiver extraordinaire de pâleur et de pureté de la Débâcle à Vétheuil au jardin de Monet à Giverny puis à l'étage du musée d'Orsay qui recèle la plus grande collection d'oeuvres impressionnistes du monde, et nous avec, juste à coté de cette horloge qui me fait désormais penser à Hugo Cabret.
Le titre est fidèle à la quête des protagonistes qui, à l'argent, vont finalement préférer gagner un bonheur personnel une fois achevé un jeu de pistes à rebondissements : tout le monde en veut du bonheur, mais le bonheur n'est pas la même chose pour tout le monde (p. 69). Le lecteur se retrouvera dans cette quête universelle qui est décrite avec précision (p. 218).

L'essentiel de l'action se déroule en hiver. La neige tombe, métaphore de la perte puisqu'il n'y a que dans la neige qu'on peut voir la trace des pas des personnes qui sont parties (p. 261) comme on le perçoit dans la Pie de Monet.

Parallèlement on prendra une leçon de civisme et de tolérance (p. 118) qui laisse supposer que derrière le roman l'auteur a tenu à faire passer quelques messages.

Une leçon de bienveillance également pour comprendre ceux qui un jour "font des choix terribles" au risque d'impacter l'avenir. Pourvu qu'ils aient le courage de devenir ce qu'ils sont à présent.

Il n'y a qu'une chose sur laquelle je ne "suis" pas l'auteure. Ne croyez pas qu'on puisse rouvrir un cadenas qu'on aurait accroché à la rambarde du Pont des Arts. Inutile d'en conserver la clé. Les services de la voirie municipale débarrassent régulièrement le pont de ces objets dont le poids serait vite fatal. Faites l'expérience, repassez quelques semaines plus tard, votre cadenas aura disparu.

Une collection de trésors minuscules de Caroline Vermalle, Belfond, sortie le 13 mars 2014

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