Si je dis faste c'est parce que j'aime ce mot mais il y en aura pour tous les goûts, du plus simple au plus grandiose. On sait tous combien la marquise de Sévigné aimait les mots alors ils seront à l'honneur.Nous étions aujourd’hui réunis à l’Hôtel de la Rochefoucauld, dans les locaux de l’association des Vieilles Maisons Françaises, à l’invitation du Conseil départemental de la Drôme, qui assure la coordination de la programmation de cette année Sévigné et la matinée fut ouverte par Emmanuelle Anthoine, vice-résidente chargée de l'attractivité, du tourisme, de la culture et du patrimoine.
Le 400 ème anniversaire de la naissance de la marquise sera très dignement célébré dans toute la Drôme dont il convient de souligner que le numéro minéralogique se trouve être le 26.
La naissance de Marie de Rabutin-Chantal est attestée le 5 février 1626 au 1, place Royale, dans le Paris aristocratique (aujourd'hui place des Vosges). Elle est devenue Sévigné par son mariage et sa fille, Françoise, épousa le marquis de Grignan.
Orpheline très tôt, l'enfant avait été confié à son oncle, l’abbé de Coulanges, qui lui assura une éducation remarquable pour une jeune fille du XVII° siècle et qui lui permit de développer un goût prononcé pour l’écriture et l’observation du monde.
En 1644, à l’âge de dix-huit ans, elle épouse donc Henri de Sévigné, gentilhomme breton issu d’une vieille famille. Le couple vit entre Paris et la Bretagne, partageant une existence mondaine intense. En 1651, Henri de Sévigné meurt dans un duel provoqué par ses aventures galantes et à seulement vingt-cinq ans, la marquise choisit de préserver son indépendance et de se consacrer entièrement à ses deux enfants, Françoise-Marguerite et Charles.
En 1644, à l’âge de dix-huit ans, elle épouse donc Henri de Sévigné, gentilhomme breton issu d’une vieille famille. Le couple vit entre Paris et la Bretagne, partageant une existence mondaine intense. En 1651, Henri de Sévigné meurt dans un duel provoqué par ses aventures galantes et à seulement vingt-cinq ans, la marquise choisit de préserver son indépendance et de se consacrer entièrement à ses deux enfants, Françoise-Marguerite et Charles.
Elle fera trois séjours au château de Grignan, dont je vous recommande la visite. Mises bout à bout ces périodes formeraient quatre années. Elle mourra au château le 17 avril 1696, âgée de 70 ans. On l'enterrera dans le chœur de la collégiale Saint-Sauveur, à gauche de l'autel, où une plaque au sol indique l'emplacement de sa tombe.
Sa correspondance témoigne d’une époque et mérite d’être lue car elle est instructive sur les mœurs des aristocrates de l’époque. Jamais nulle autre personne n'a su mieux l'art d'avoir de la grâce sans affectation, de l'enjouement sans folie, de la propreté sans contrainte, de la gloire sans orgueil et de la vertu sans sévérité, disait d'elle Madeleine de Scudéry (1607-1701), confirmant ainsi la perfection de l'image mondaine de la marquise ...
Tout cela plaidait à ce que l'anniversaire soit commémoré par une programmation foisonnante et riche afin de satisfaire un double objectif, celui de fédérer les atouts départementaux et la diversité de ses trésors. Un second enjeu est de rappeler la saveur et la qualité de la vie au Grand Siècle en associant la jeunesse.
Le lancement aura lieu le 5 février au département de la Drôme avec la projection du film Madame de Sévigné, réalisé par Isabelle Brocard, avec Karin Viard et Ana Girardot, sorti en salles le 28 février 2024 et tourné pour partie à Grignan. La soirée aura lieu à Valence, à l'Hôtel du département, gratuit, mais sur inscription obligatoire.Bruno Durieux, ancien ministre, maire de Grignan, à la tête de la municipalité depuis plus de trente ans, a souligné combien la ville est naturellement très imprégnée de sa mémoire, bar, hôtel, jardin, espace, … son nom est partout. Quant à ses lettres, on y lit le nom de Grignan toutes les deux pages.
Il a rappelé combien les romantiques ont aimé la marquise dont Lamartine écrira plus tard qu'elle est le Pétrarque de la prose en France. Comme lui, sa vie n’a été qu’un nom et elle a ému des milliers d’âmes des palpitations d’un seul cœur.
La commune participera à trois niveaux par :
- une commande publique commandée à Hélène Delprat qui a imaginé une installation dans le four banal, miraculeusement préservé. Elle en a dit quelques mots en fin de matinée, annonçant une oeuvre qui prendra peut-être la forme d'une grille et qui sera installée dans ce petit espace pouvant devenir une chambre de lecture, un peu à l'instar du carré des lecteurs du Palais Royal.
- la redécouverte de l'opéra d'Henri Berton, Ninon chez madame de Sévigné, porté par six solistes et l'Orchestre de Chambre de la Drôme. La musique a été composée fin XVIII° début XIX°, par le rival de Rossini, qui était une gloire, et avec de nouveaux interludes composés par Youssra Khechai. Le livret, a été écrit en très jolis alexandrins, par Dupaty que l'on rend responsable d'une entrée de Victor Hugo à l’Académie française retardée de sept ans. Ninon était une courtisane remarquable et l’opéra est une sorte de Traviata avant l’heure.
- des extraits de lettres qui seront affichés sur une vingtaine de panneaux pour interpeler un public très large et lui procurer l’occasion de ressentir le plaisir de relire les conversations que la marquise écrivit au fil de sa pensée, sans plan et sans filtre.
Les offices de tourisme de la Drôme provençale proposeront toute l'année des jeux de pistes numériques gratuits. On pourra suivre en famille le chemin qu’elle empruntait de Donzère à Grignan pour rejoindre le château. Les associations organiseront des fêtes parmi lesquelles figurent une course de chaises à porteurs, un bal … et l'association de cartophilie du Pays de Grignan proposera un timbre "Marquise de Sévigné".
Arnaud Vincent-Genod, Directeur général des châteaux de la Drôme, est intervenu sur ce projet de territoire qui incarne l’engouement et où la Provence secrète va se dévoiler. Artistes, viticulteurs, artisans, la feront vivre à travers des lectures, des spectacles, des conférences, un opéra, des fêtes, des éditions d’art …
Grignan se devait à cette époque d'être le reflet de la puissance du roi soleil en Provence et le château sera le lieu central des réjouissances. Son second étage sera rouvert au public cette année à l'occasion du lancement du nouveau parcours de visite au mois de mai. Une nouvelle scénographie mêlant esthétique contemporaine, objets de collection et
médiation interactive de près de 500 m2 sera consacrée à l’effervescence du XVII° siècle, et guidée par la figure tutélaire de la marquise de Sévigné.
La Directrice de la Culture et du Patrimoine du Département de la Drôme, Manuella Boone, a ensuite présenté les week-ends exceptionnels qui animeront Grignan :
- les 7-8 février avec un. hommage sous la forme d'un concours de vins, de conférences, un symposium et un parcours artistique.
- du 30 avril au 3 mai, ce sera Grignan en 1690 sous le signe de la reconstitution avec un spectacle équestre et une course de chaises à porteurs
- et les 3-4 octobre Plume et punchline braqueront le projecteur sur les mots et les lettres. Le public sera invité au fil d’un parcours de visite scénographié dans le château, à se laisser surprendre par des lectures, des déclamations, des improvisations, du slam ou encore des petites scènes théâtrales… toutes différentes dans chaque salle afin de susciter une nouvelle émotion. Ce sera aussi le moment de donner les résultats d'un concours d’éloquence avec une remise de prix.
Les Fêtes nocturnes se dérouleront comme chaque année devant la façade Renaissance du château avec 40 représentations d'un spectacle dont le titre ne sera révélé qu'en avril. Je ne vais pas le divulgâcher bien que je l'ai déjà annoncé sur le blog il y a un mois ne sachant pas que c'était un secret. Je dirais simplement aujourd'hui qu'un des comédiens est un excellent orateur, maitre dans l'art de dire les alexandrins (mais ce n'est pas Fabrice Luchini).
Des lecture de lettres auront lieu au château le 19 Juillet par Dominique Blanc, actrice et sociétaire à la Comédie-Française et Laurence Roy, comédienne, qui nous en ont toutes deux donné un avant-goût ce matin. la première a rendu hommage à un amour maternel sans bornes qui se traduisit par vingt-cinq ans de dialogue épistolaire. la seconde a insisté combien la marquise appréciait la saveur de la cuisine provençale pour ses perdreaux, ses cailles, ses tourterelles, son melon, sa figue et son muscat …
Le Festival de la Correspondance de Grignan se déroulera du 6 au 11 juillet toujours sous la direction artistique d'Eric Emmanuel Schmitt (ci-dessus à côté d'Hélène Delprat). L'écrivain nous a lu une lettre écrite à la manière de … dans laquelle l'encre le suit jusque dans l'éternité.
Cette manifestation, qui fêtera son 30ème anniversaire, aura pour thème "La Correspondance, portrait d'une époque" et nous tendra un miroir des moeurs, particulièrement adapté au contexte. On y entendra notamment des textes de Louise de Vilmorin, de la marquise de la Pompadour, de Simon Bolivar, de Stephan Zweig, et d'un jeune romancier philosophe, Nathan Dewaere. Les cafés littéraires auront désormais lieu dans le nouveau théâtre.
Un volet éducatif s'incarnera le 18 juin avec une dictée géante qui sera diffusée en direct sur la chaineYou tube du département.
Beaucoup d'autres actions seront annoncées, par exemple avec le Palais du Facteur Cheval, situé à Hauterives et qui est déjà partenaire du Festival de la correspondance, avec la filète de cinéma d'animation de la Drôme, ou le musée de la soie de Taulignan, dans le sud du département.
Enfin plusieurs rencontres culinaires auront lieu, sous la forme d'une soirée terroir le 18 avril, d'un grand banquet en mai, d'un grand repas le 9 octobre et d'une soirée vigneronne le 10 …
Il faut à cet égard rappeler que la région est gourmande et riche de quelque spécialités comme le suisse (ci-contre ). Ce sablé à la fleur d’oranger, contenant de petits morceaux d'écorce d'orange confite, est en forme de bonhomme stylisé, rappelant le costume des gardes suisses qui surveillèrent le pape Pie VI, prisonnier à Valence, exilé sur ordre du général Bonaparte, où il mourut le 29 août 1799. Ce petit gâteau se déguste traditionnellement pendant les fêtes de Pâques et notamment pendant le dimanche des Rameaux.Il y a aussi la pogne (ci-dessous), qui est une brioche elle aussi aromatisée à la fleur d'oranger et spécialité incontournable de la ville de Romans, sans oublier les chocolats Valhrona, une entreprise qui fut créée en 1922 par Albéric Guironnet, un pâtissier Ardéchois, sous le nom de "Chocolat du Vivarais" qui devint "Chocolaterie Gonnet" en 1938 et qui ne prit son nom actuel qu'en 1947.
… et encore les nougats de Montélimar, bien que la ville soit un peu plus loin.
La Drôme devrait accroitre son patrimoine gastronomique car un concours a été lancé aux pâtissiers pour imaginer un gâteau à la gloire de l’illustre dame et qui s’appellera bien entendu Le Sévigné … ou peut-être La Sévigné, qui sait ?
Beaucoup d'autres actions, démontrant que la Drôme deviendra un territoire d'expériences multiples se multiplieront jusqu'à la fin du mois de décembre.
La programmation complète sera dévoilée au fil des mois sur ladrome.fr/sevign
Le buste bleu de Madame de Sévigné qui illustre l'article a été fabriqué à 100% en Drôme. C'est une reproduction 3D réalisée par le Fablab Crest à partir de photographies.



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