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vendredi 24 octobre 2008

Martin Provost, un réalisateur de convictions

Le rendez-vous d'hier soir était convenu depuis longtemps. Face au succès de son dernier film, Séraphine, la ministre de la culture en personne, Christine Albanel, avait demandé une projection privée. Une promesse est une promesse. Martin Provost a laissé son équipe avec les personnalités pour rencontrer le public du Sélect, le cinéma d'art et d'essai d'Antony (92).

Il connait déjà la salle où il était venu pour la sortie du Ventre de Juliette, en 2003. Il est sincèrement ému de voir quelques affiches de ce film punaisées sur les murs à coté de celles de Séraphine.

Christine Beauchemin-Flot a l'habitude de programmer des avant-premières et des rencontres avec les réalisateurs des long-métrages qu'elle défend. Ce soir elle nous donne à voir un film intelligent, sobre et sensible qui retrace l'élan artistique et le talent d'une peintre singulière. Et par chance Martin Provost est là pour répondre à toutes les questions, sans en esquiver aucune, avec franchise et authenticité. Ce n'est pas si fréquent.

Il confesse d'abord humblement avoir connu un creux de vague. Sans avance sur recettes impossible de se lancer dans un projet d'envergure. Mais cet homme a plusieurs talents. Il est romancier. Il est comédien (ancien pensionnaire de la Comédie-Française). Alors il va laisser le cinéma quelque temps et travailler pour la radio.

C'est Nelly Le Normand, responsable du bureau de lecture de France-Culture qui la première le met sur la piste : Tu devrais t'intéresser à Séraphine Louis. Je ne te dis pas pourquoi. Cherche et tu comprendras.

Le terme de peintre naif le rebute. Il va pourtant à Senlis voir de près 3 tableaux de cette femme. Il était clair que cette peinture avait quelque chose à me dire et que j'allais mieux comprendre qui était Séraphine et quel avait été son chemin de vie.

Il consulte Françoise Cloarec, psychanalyste et peintre, diplômée des Beaux-arts de Paris, auteur d'une thèse en psychologie clinique intitulée "Séraphine de Senlis, un cas de peinture spontanée". Il a déjà exploré des questions autour de l'attachement. Il va littéralement se passionner pour la rencontre improbable entre deux marginaux partageant la même vision de la peinture.

Avec la collaboration de Marc Abdelnour il construit tout le scénario autour de ce thème central sans chercher à retracer la vie entière de celle qu'on appelle alors Séraphine de Senlis. Il obtient le grand prix du Meilleur Scénariste en novembre 2006. Rien ne peut plus l'arrêter.

Après, ce sont, comme souvent , des rencontres croisées avec des hasards qui font le reste. Surtout le fait d'habiter non loin de Yolande Moreau, une actrice qu'il pressent pour le rôle -titre et que lui présente l'artisan qui refait sa maison.

On la connait pour son personnage loufoque de déjantée dans la série télévisée des Deschiens où elle a travaillé presque dix ans. Mais ce fut aussi la Levaque du Germinal de Claude Berri (1993), la concierge, Madeleine Wallace, du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet (2001) et Irène, César de la meilleure actrice en 2004 pour Quand la mer monte... un film dont elle signe aussi la réalisation avec Gilles Porte.

De prime abord la comédienne s'effraie d'interpréter un tel rôle. Mais que l'artiste peintre fut méconnue était un cadeau qu'elle ne pouvait se résoudre à laisser passer. Aucune référence dans la tête du spectateur. Tout était à construire. Face à un tableau elle se défend: Tiens, je mettrais pas çà chez moi ... avant de se récuser : on y voit comme de la broderie, quelque chose de très besogneux. Et puis il y eut ce portrait si troublant de Séraphine que Martin montre à Yolande : c'est pas flatteur, mais c'est moi, j'en conviens.

Ils ont arpenté les lieux où Séraphine a vécu, monté les mêmes escaliers, frappé aux mêmes portes. Cela créé des liens. Yolande Moreau n'avait pas l'habitude de marcher avec des sabots. Une paire de godillots de soldat, avec les vieux fers d'origine, lui a permis de devenir le personnage, de marcher sur ses traces. La direction d'acteur s'est condensée dans un conseil : Pense à Dieu car Séraphine vit avec çà.

Après c'est le miracle du travail, du travail et encore du travail ... évidemment. Yolande Moreau n'a pas été doublée pour les scènes de ménage. Ce sont ses vraies mains qu'elle accepte de maltraiter.

Bien sûr, un film est le résultat d'une série de choix artistiques mûrement réfléchis. A commencer par la pellicule, ici une Fuji très sensible pour exalter la froideur des verts. Des costumes dans des camaieux de gris et de bleus. L'emploi des couleurs froides avec de temps en temps une note vive : le rouge garance des culottes des soldats, le jaune safran de quelques fleurs arrachées le long d'un chemin de terre.

Le réalisateur explique patiemment ses parti-pris : C'est une époque où on vivait souvent dans la pénombre, où seule la bourgeoisie écrasante utilisait largement les lampes à pétrole. L'explosion des couleurs est le domaine du monde intérieur de Séraphine, qui n'apparait que dans les tableaux qu'elle peint la nuit, quand elle se livre à ce qu'elle désigne sous le nom de travaux de lumières.

Orpheline à 8 ans, placée à 13 comme domestique, elle rêvait d'être soeur. Mais pour devenir religieuse il fallait être riche. Elle a eu la révélation de la peinture à 40 ans, sans avoir le moins du monde étudié quoi que ce soit. Cette femme inconnue du grand public (plus pour longtemps) a été le modèle des primitifs modernes. Sans le savoir, parce quelle accomplissait son travail de création sans rien en attendre en retour. Si elle se déclarait parfois "unique et sans rivale" c'était en toute objectivité. Et force est de reconnaitre qu'elle avait raison puisqu'elle est exposée dans le monde entier. La mégalomanie qui l'a conduite à l'asile était en fin de compte totalement légitime.

Malheureusement, elle n'a pas eu pour la soutenir, un entourage bienveillant pour l'aider à passer le cap. Elle s'est consumée. A écouter Martin Provost l'injustice est flagrante, le malheur est frappant. On ressent de la compassion et une forme, disons d'attachement ,ou à tout le moins de respect pour cette femme qui, partie de pas grand chose, est allée très loin. Qui peignait par terre, à genoux, dans la même position que celle qu'elle adoptait pour récurer les sols ou pour prier à l'église.

Les puristes diront que c'est parce qu'elle utilisait la peinture Ripolin et que travailler verticalement était impossible : les dégoulinures auraient tout gaché. On dit tellement de choses ! Qu'elle volait l'huile dans les églises pour en faire du liant. Qu'elle peignait avec son propre sang. Ce qui est prouvé c'est qu'elle acueillait les craquelures de ses toiles comme une bénédiction et non un défaut : cela faisait vieux et donc authentique.

Martin Provost n'a pas cherché à faire le "biopic" d'un peintre (autrement dit une biographie comme il semblerait que ce soit la mode actuellement) mais à représenter l'acte créateur, en filmant le travail à travers un rapport singulier à la matière et à la nature, en contrepoint de la routine quotidienne. C'est sans doute très personnel mais il y a dans son allure physique comme dans sa manière de filmer quelque chose qui me fait penser à Wim Wenders et à la manière dont il parlait de son travail dans les années 80.

Les toiles de Séraphine Louis ont été refaites pour les besoins du film. Elles sont belles mais cela n'a rien à voir, nous dit le réalisateur avec le choc qu'on peut ressentir face aux 18 tableaux qui sont exposés jusqu'en janvier 2009 au Musée Maillol et qu'il nous incite à aller voir au plus vite. On aura compris que s'il pouvait refaire l'histoire et au contraire de Wilhelm Uhde (dont il ménage malgré tout la mémoire dans son film) Martin Provost n'aurait jamais abandonné son artiste.

Il nous quitte sans dire un mot de plusieurs "petits" projets qu'il porte en ce moment, par modestie ou par superstition. La création demeure toujours un acte fragile et risqué.

Le public de la banlieue Sud a bien de la chance. la prochaine avant-première est déjà programmée au Sélect jeudi 6 novembre avec Les grandes personnes, premier long métrage d'Anna Novion. Judith Henry y est remarquablement drôle. Jean-Pierre Daroussin, égal à lui-même, devrait être présent ce soir-là. Sans dévoiler l'issue de l'intrigue (que j'ai eu encore plus de chance à découvrir en avant-avant-première dans le cadre du festival Paysages de Cinéastes de Châtenay-Malabry en juin dernier) on se demande si les grandes personnes se comportent toujours avec la sagesse qu'on attend d'elles.
Le Sélect est situé 10 avenue de la division Leclerc à Antony, tel 01 42 37 59 45

jeudi 23 octobre 2008

SERAPHINE LOUIS, Ange ou Démon ...

L'histoire de cette femme ressemble à un conte, sauf qu'il n'y a pas de happy end. Ce serait l'histoire de Cendrillon qui aurait mal tourné.

Dès les premières images, Martin Provost, le réalisateur, nous emmène en ballade, non pas à Narayama, mais dans la campagne humide et sombre du côté de Senlis.

Gros plan sur les mains de Yolande Moreau, alias Séraphine de Senlis, fouillant la vase et les algues d'un ruisseau. Les ongles noirs, les doigts gonflés par les travaux ménagers, elle caresse les herbes et remplit son panier d'osier. Penchée en avant comme si elle avait le dos cassé à force de travailler à genoux elle avance avec détermination.

Tip, tap, tip, tap, les fers des galoches résonnent dans les rues pavées. Nous sommes en 1914. Bientôt d'autres éclats secoueront la population qui, à cette heure, dort encore en paix.

Bonne à tout faire, comme on disait à l'époque, Séraphine travaille dur sans gémir. Elle exécute les ordres venus de la bourgeoisie sans discuter. Elle accepte les restes de nourriture sans dire merci. Elle avale les morceaux en se précipitant mais elle ramasse les miettes avec soin et les glisse délicatement dans la poche de son tablier. Les travaux ménagers mobilisent une énergie quasi-animale qui n'autorise aucune rêverie. Séraphine lave, récure, fait briller comme une automate qui aurait pris forme humaine.

Elle accepte sa place dans cette société dominatrice : réduite à la souillarde comme elle le dit elle-même avec dignité. Mais elle connait le prix de son labeur et sait faire respecter les tarifs convenus au retour du lavoir : on avait dit 5 sous pour le drap !

Econome de mots, Séraphine ne l'est plus quand il s'agit de peinture. Son ardoise s'allonge chez le droguiste. Alors, aussi bien par besoin que par génie, elle glane les pigments un peu partout. Séraphine recycle à merveille. La terre, les fleurs, la cire fondue des cierges d'église, le sang du cochon encore chaud ... seront autant de petits secrets qui lui permettront de composer de grandes oeuvres.

Car la nuit Séraphine peint. Des tableaux naifs de plus en plus grands, de plus en plus beaux, de plus en plus complexes. Qui n'ont pas grand chose à envier aux toiles du Douanier Rousseau, qu'elle n'a jamais vues d'ailleurs.

Le film déroule les scènes, exposant une vie ordinaire qui dérape inexorablement vers la folie.

Séraphine a grandi dans un univers cyclonique, en quelque sorte protégée dans l'étroitesse de sa mansarde, parvenant à conjuguer deux vies radicalement opposées, Cendrillon le jour, artiste la nuit. La guerre, l'effondrement économique de 1929, les crises politiques, les bouleversements sociaux, rien de tout cela ne l'aurait atteinte s'il ne s'était pas produit un évènement particulier qui la propulse hors des quatre murs qui la rassuraient : son talent est découvert. On l'achète. On la célèbre. On lui fait miroiter un destin. Elle y croit sans réserve malgré l'angoisse qui sourde : "j'ai peur de ce que j'ai fait" dit-elle en désignant ses peintures. Puis elle se lâche, s'abandonnant avec naiveté à sa mégalomanie. Dès lors ses rêves ne connaitront aucune limite.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Quelle femme du peuple, sans instruction, sans appui stable (son mécène joue les filles de l'air), sans argent personnel, aurait-elle pu résister ?
Aujourd'hui ses extravagances seraient considérées comme de la folie douce. A l'époque on ne plaisantait pas avec l'ordre public.

On l'enferme. Elle est brisée. Comme le fut Camille Claudel avant elle. Comme d'autres artistes femmes du siècle, 5 m'a-t-on dit.
Cendrillon n'a pas épousé le prince charmant. Le mentor s'est lâchement enfui. La robe de bal a fini en guenilles. Séraphine est prisonnière entre les murs blancs de l'asile de Clermont. Privée de ses travaux noirs, exposée en pleine lumière à tous les regards, Séraphine est coupée de son monde intérieur. Elle est dans l'incapacité psychique à peindre. Paradoxalement c'est le succès qui l'a condamnée.

Il reste une oeuvre magnifique, et un film généreux, combinant le naturalisme (les scènes de la vie quotidienne ont valeur de reconstitution), l'histoire avec un grand H et un certain engagement. Les acteurs sont tous à leur juste place. Le scénario a déjà été primé. On doit la musique, subtile, à Michael Galasso, le compositeur des bandes originales de In the Mood for Love de Wong Kar-Wai, du Tango des Rashevski du cinéaste belge Sam Gabarski, ainsi que du film de Eléonore Faucher, Brodeuses, sorti sur les écrans français en mai 2004.

Aucune connaissance artistique n'est nécessaire pour apprécier tout cela. Par contre on en ressort troublé et enrichi par la dimension poétique. Pour en apprendre davantage sur le film, et visionner quelques extraits, on peut aller sur le site officiel en attendant l'entretien avec le réalisateur qui sera publié demain.

Ou encore aller voir les œuvres grandeur nature au Musée Maillol, 61 rue de Grenelle dans le VII° arrondissement de Paris.

lundi 2 février 2009

Séraphine de Senlis, exposition prolongée au Musée Maillol

J'avais écrit le jeudi 23 octobre dernier tout le bien que je pensais du film Séraphine de Martin Provost dont j'avais publié un portrait le lendemain.

Les toiles de Séraphine Louis avaient été refaites pour les besoins du film. Un beau travail selon le réalisateur mais qui n'avait rien à voir, d'après lui, avec le choc qu'on allait ressentir face aux 18 tableaux qui sont exposés au Musée Maillol et qu'il nous incitait à aller voir au plus vite.

Initialement l'exposition devait s'achever le 5 janvier 2009. Mais le succès a décidé les organisateurs à prolonger. C'est ainsi que j'ai pu trouver le temps de m'y rendre et je ne peux que vous suggérer à mon tour d'en faire autant.

Aussi bien par besoin que par génie, Séraphine Louis a glané ses pigments un peu partout, en parfaite autodidacte. Elle recyclait à merveille. La terre, les fleurs, la cire fondue des cierges d'église, le sang du cochon encore chaud ... seront autant de petits secrets qui lui permettront de composer de grandes œuvres. Comme celle-ci, intitulée, les fruits, huile sur toile peinte vers 1928, donnée par Wilhelm Uhde en 1938 au Musée de Grenoble

C'est la nuit que Séraphine peint. Des tableaux naifs de plus en plus grands, de plus en plus beaux, de plus en plus complexes. Qui n'ont pas grand chose à envier aux toiles du Douanier Rousseau, qu'elle n'a jamais vues d'ailleurs.

Et comme les images ont parfois plus de poids que les mots voici quelques gros plans de plusieurs toiles. Celles-ci sont en général de très grande taille mais l'éclairage ne permet pas de les photographier correctement dans leur entièreté. Et je n'aurais pas voulu avoir recours à un flash.
Fleurs et fruits, vers 1920, huile sur toile, collection Dina Vierny
Pommes aux feuilles, 1928-1930, huile sur toile, collection Dina Vierny
Feuilles d'automne, vers 1928-1930, collection particulière

Le tableau qui se trouve en haut du billet est un extrait de l'Arbre du paradis, huile sur toile peinte vers 1929, don d'Anne-marie Uhde en 1948, en dépôt au musée de Senlis

Exposition prolongée jusqu'au 30 mars, Musée Maillol, 61 rue de Grenelle, 75007 Paris,
tous les jours sauf mardi et jours fériés, de 11 à 18 heures, tel : 01 42 22 59 58 - site du musée: http://www.museemaillol.com/index2.html

dimanche 6 août 2023

Le MANAS de Laval (Mayenne) expose les arts singuliers et bien entendu quelques tableaux du Douanier Rousseau

J'ai consacré le billet d'hier au Douanier Rousseau. Comme je l'indiquais, trois de ses oeuvres sont exposées dans le Vieux-Château de Laval qui abrite le musée d’Art Naïf et des Arts Singuliers.

Sans doute la ville aura-t-elle eu une sorte de "remords" de n'avoir pas su saisir sa chance quand le Douanier Rousseau se proposa de lui offrir une oeuvre. De fait, il n'en présente que trois, et aucun tableau n'est vraiment très connu comme ceux qui sont exposés au musée d'Orsay.

Toujours est-il que ce musée fut le premier en France à reconnaître officiellement ce mouvement artistique. Par une sorte de renversement de situation, il est désormais identifié au niveau national comme découvreur et soutien aux plasticiens éloignés des circuits de diffusion. Il mérite amplement qu'un article lui soit entièrement dédié. D'autant que sa découverte n'est pas sans hésitation car aucune pancarte n'en mentionne l'entrée, estimant sans doute que la présence des statues peut suffire. J'ignore qui les a réalisées mais elles sont dans le style de ce que fait Peter Meyers.

Créé en 1967, il est réputé pour sa remarquable collection d’art naïf.

Outre Le Douanier Rousseau il expose deux très beaux tableaux de Séraphine de Senlis (dont je rappelle l'excellent film de Martin Provost sur sa vie, un des premiers films que j'ai chroniqué en 2008, et la très complète exposition du Musée Maillol l'année suivante), des toiles d’Henri Trouillard, et de bien d’autres "singuliers" en accordant une large place aux artistes régionaux, comme Alain Lacoste ou Eva Lallement.

Les œuvres dites naïves se caractérisent par l’exubérance des formes et des couleurs, le décalage des rapports d’échelle et de perspective, ainsi que par un foisonnement de détails. Ils puisent leur inspiration dans leur propre vie, révélant des fractures et dans la nature qu’ils subliment par leur regard. Souvent, mais pas toujours, les matériaux utilisés sont inhabituels comme l'ardoise pour Lacoste, les pâtes alimentaires qu'employa Antoine-Joseph Pesenti pour recréer un navire (non photographié), des végétaux (Noël Fillandeau), du bois et même des champignons, souvent des tissus, broderies, fils et boutons.

Art Naïf, Arts singuliers, seule la seconde expression est au pluriel pour signifier combien chaque artiste a trouvé tout seul, en suivant un parcours autodidacte, sa propre écriture plastique, même si un œil averti estimera que le manque de formation est un obstacle à la composition.

Déambuler dans les salles procure une sensation de liberté et de vitalité même si on note aussi comment nombre de ces artistes sont centrés sur leurs obsessions. Nous entrons dans un monde qui, souvent est proche du fabuleux.

A tout seigneur tout honneur, commençons par le Douanier, puis un choix parmi les oeuvres, puis l'installation de Simon Augade, et enfin l'expositions temporaire de Chris Besser.
Henri Rousseau (dit le Douanier 1844-1910), Le pont de Grenelle vers 1892, huile sur toile
Henri Rousseau (dit Le Douanier 1844-1910)
Vue de l'île Saint-Louis prise du pont Henri IV, étude préparatoire vers 1909, huile sur carton entoilé
Henri Rousseau (dit Le Douanier 1844-1910)
Paysage, vers 1905, huile sur toile
Cette dernière est modeste et il faut être attentif pour la repérer (sur l'extrême droite ci-dessus) à côté du coin lecture aménagé pour les enfants, visible également du premier étage. L'endroit est très prisé et cela fait plaisir de remarquer combien le jeune public est attentif. Bien entendu j'ai fait en sorte d'attendre le moment propice pour prendre mes photos.
Fernand Lefresne (1924-2001) Le vieux Laval, 1998, huile sur toile
Eva Lallement (1916-1991) La batelière, 1968, huile sur toile
Jules Lefranc (1887-1972) lui aussi né à Laval 
Le lancement du Normandie, 1933, huile sur toile marouflée sur panneau
Alain Lacoste (1932-2022) Le flambeur, 1984, acrylique sur ardoise
Louis Bouscaillou (né en 1932) Deux personnages assis - 1976- Huile sur toile 62x74,8 cm
Au centre on remarque Le Festin d'ortolans de Pierre Albasser (né en 1936)
crayons sur carton en 2017 de 36,3x30,5 cm
Séraphine Louis (1864-1942) Branche de fruits, vers 1915, huile sur panneau
Bouquet de mimosas, vers 1929, huile sur toile
Pierre Amourette (1947- ) Vierge ouvrante, 2015, terre cuite vernissée
Île (1967- ) La Nef, 2020, techniques textiles mixtes et peinture
Au premier plan, Le combat des amazones entre 1981-82 de François Monchâtre (1928- ) 
Au fond à droite, L'Epou Ventable1998 d'Antoine Rigal (1966- )

vendredi 27 février 2009

César pour Séraphine, Agnès et quelques autres ...

La cérémonie des César vient de couronner un certain nombre de films qui avaient été célébrés sur A bride abattue. J'y vois un encouragement à continuer à écrire sur ce 7ème art qui n'est pourtant pas ma spécialité. (On trouvera en fin d'article le sommaire des billets consacrés aux films en compétition en fin d'article)

C'est Séraphine qui a reçu le plus de distinctions. Un film sur lequel je m'étais beaucoup investie. Non contente d'y consacrer une critique documentée j'avais aussi fait le portrait de son réalisateur, Martin Provost. La sincérité de notre entretien avait révélé de belles qualités humaines. J'avais poursuivi en allant voir les œuvres originales de ce peintre au Musée Maillol, occasion d'un article supplémentaire. La reconnaissance même tardive de cette artiste témoigne que la qualité triomphe toujours et ce succès rend optimiste.

César du meilleur documentaire aux plages d'Agnès. Voilà une autre réalisatrice qui mérite qu'on s'arrête sur elle ! Tout est bon chez elle ! A tel point que j'avais décidé de reprendre la critique que j'avais faite du film le Bonheur, pensant qu'elle avait pu passer inaperçue puisque c'était un des tout premiers du blog.

Séraphine et Agnès, il y a longtemps que je vous aime ! Mais également Philippe Claudel. Voulez-vous voir ou revoir les décors de son film césarisé ? J'avais photographié la maison bourgeoise, jeudi 8 mai 2008, pour illustrer une des chroniques nancéennes qui ont ponctué tout le mois de mai 2008 Nancy en Mai, Il y a longtemps que je t'aime
Plus tard je m'étais rendue dans la très jolie piscine ronde de Nancy thermal. Et j'avais écrit le 8 novembre 2008, sur le blog lorraine de coeur.com, A bâtons rompus avec ... Ondine, nageuse émérite

J'avais vu Entre les murs avant d'entendre la polémique qui a suivi. C'est vrai que sur le plan pédagogique il y aurait beaucoup à dire mais j'avais regardé ce film avec ma seule sensibilité sans chercher à le juger sur le fond.

J'avais découvert au même moment Valse avec Bachir. Le sujet était difficile. J'avais élargi mes recherches, pensant écrire un article pointu. Mais il est resté à l'état de brouillon. Il faudra que je le reprenne très vite.

Il m'avait alors été plus facile de parler de Sagan, qui me touchait personnellement.

Si je devais retenir un seul mot des discours des uns et des autres ce serait le mot famille. Il avait ce soir un sens pluriel très large, englobant tous ceux qui contribuent à l'aboutissement d'un projet.

On a célébré un cinéma exigeant et de qualité sans verser dans l'élitisme et sans renier les choix du public qui lui aussi a souvent été remercié. Personne n'a larmoyé sur les difficultés financières (réelles) du cinéma. Preuve s'il en fallait encore que le talent est le premier à faire un pied de nez à la crise.
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A lire, ou relire pour apprécier différemment avec le recul :
jeudi 23 octobre 2008, Séraphine Louis, Ange ou Démon ...
vendredi 24 octobre 2008, Martin Provost, un réalisateur de convictions
lundi 2 février 2009, Séraphine de Senlis, exposition prolongée au Musée Maillol
samedi 10 janvier 2009, En attendant d'aller voir les plages d'Agnès ... petite leçon sur le bonheur
mercredi 5 mars 2008, Le bonheur selon Agnès Varda
lundi 18 aout 2008, Sagan et moi une heure durant...
vendredi 26 septembre 2008, Entre les murs
lundi 25 février 2008, Jamais deux (Oscars) sans trois, Thank you Marion for lobbying
samedi 23 février 2008, Rendons à César ! Pinocchio au secours de César

samedi 30 mars 2019

Une femme en contre-jour, Vivian Maier vue par Gaëlle Josse

Je pense que j’ai entendu parler de Vivian Maier pour la première fois il y a un peu plus de quatre ans, au festival Paysages de cinéastes de Châtenay-Malabry (92), par la projection du documentaire Finding Vivian Mayer, en français A la recherche de Vivian Maier, qui fut nominé pour l’oscar du meilleur documentaire en 2015.

L’histoire était fascinante. Un américain avait acheté en 2007 dans une vente aux enchères un carton contenant des négatifs pour 380 dollars, ce qui était une somme importante s’agissant de clichés qui auraient pu passer à la poubelle. Il cherchait des photos pour illustrer un livre sur l’histoire de Chicago et croyait trouver son bonheur parmi les 700 rouleaux de pellicule couleur, et 100 000 négatifs, non développés pour la plupart.

John Maloof s’attela au travail. Le matériau se révéla décevant par rapport au projet qu’il avait mais … malgré tout … extraordinaire. Cet homme n’avait pas un tempérament de mécène mais de businessman. Vivian Maier est devenue célèbre parce que sa production valait de l’or.

Le film retraçait l’histoire de cette invention, puisque c’est le mot qu’on emploie pour désigner une découverte. Il pointait la personnalité de cette femme, secrète, une française émigrée à New York, ayant exercé le métier de nounou, décédée dans la plus grande pauvreté, dont en substance personne ne connaissait rien, y compris les enfants dont elle s’était occupé et qui étaient devenus adultes. Ils ne savaient même pas qu’elle prenait des photos … Sa production était pourtant énorme.

Le film soulevait des questions sur la motivation de Vivian Maier, et sur la formation de son regard car il semblait invraisemblable d'avoir pu devenir une telle artiste spontanément, sans aucune formation.

On voyait quelques extraits de plusieurs films en 8 et 16 mm qui se trouvaient dans le fameux carton. Bien entendu ce documentaire exhumait surtout des séries de photos. Je me souvenais particulièrement d’un cheval traversant une rue au pas sous un pont du métro. Ce qui m’avait frappé c’était non seulement le sujet, un homme noir sur un cheval, en pleine ville et à une époque où les noirs vivaient dans le ghetto d’Harlem, mais aussi l’exactitude du cadrage, la justesse de la lumière et de la mise au point.

Les hasards de la vie ont fait que je reçus deux ans plus tard cette même photo devenue carte postale. Et puis j’ai eu l’occasion de revoir tranquillement une quarantaine de photos de Vivian Maier. Cette chance me fut donnée à la Galerie des Douches, 5 Rue Legouvé, 75010 Paris, où jusqu’au 30 mars dernier, on pouvait voir de près surtout des photographies couleur de cette artiste que l’on pointe davantage comme une spécialiste du noir et blanc.
J'ai suivi le regard qu'elle a posé sur Chicago en plein soleil, sous les glaces, en noir et blanc et en couleurs. Outre cette ville, on note qu'elle a voyagé à Miami, et bien entendu à New York entre 1956 et 1984. Ce qui m'a le plus surprise c'est la gravité des scènes (peut-être surtout quand on connait son histoire) et l'humour que l'on peut percevoir dans un second degré. Le choix de la galeriste (qui est aussi l'agent officiel en France de l'artiste)  s'est porté sur de nombreuses scènes de rue, impromptues, avec des gros plans émouvants comme cette main noire serrant la main blanche, ou une paire de jambes avec un pied chaussé d'un escarpin rouge vif et l'autre prisonnier d'un plâtre.

Les compositions s'ordonnent rarement autour de plus de quatre personnages, souvent un seul, parfois de dos, en plan serré. On remarque la passion de Vivian pour les femme en chapeau et la couleur rouge ... à moins que ce soit le reflet d'une sélection du collectionneur.

Ses auto-portraits affichent toujours le même air sérieux, sans jamais laisser filtrer un sourire et son profil lui valut d'être surnommé la Mary Poppins au Rolleiflex. Il est vrai qu'elles ont le même nez ... et le même métier de nounou. Le visage peut remplir le cadre, mais le "self-portrait" se limite parfois au reflet de sa main sur l'inoxydable d'un appareil ménager ou à sa silhouette en ombre projetée.

Tous les tirages (jamais plus de 15 pour une même photo) sont chromogènes ... et posthumes, signés et tamponnés par John Maloof, et vendus entre 2700 et 6500 € pour les plus anciens.

Dans le même temps j’ai découvert le livre de Gaëlle Josse qui s’est attelée à éclairer le parcours de cette femme qui est pour elle "une perdante magnifique, qui a choisi de vivre les yeux grands ouverts". Elle raconte comme le ferait une amie, la vie de cette femme libre, et aussi tout ce qui la relie à elle, avec un certain recul puisque sa disparition remonte à dix ans.

Vivian Maier était secrète mais elle s’est beaucoup mise en scène dans des clichés dont on peut se demander s’ils étaient spontanés tant ils sont élaborés, laissant deviner souvent uniquement sa silhouette.

On en découvre une sur al jaquette du livre de Gaëlle Josse, et ce qui semble naturel a été difficile à obtenir tant John Maloof défend son "commerce". Elle a choisi un titre très explicite pour son livre, Une femme en contre-jour, qui est davantage qu'une biographie. La lire, c'est se mettre sur la piste d’hypothèses et tenter d'approcher cette personnalité complexe, dont la sensibilité n’aura hélas pas été comprise de son vivant, comme tant d'autres artistes majeures telle que Camille Claudel ou Séraphine de Senlis.
Vivian Maier aura-t-elle eu conscience d’être leur égal ? La question reste posée mais cette femme anonyme toute sa vie, est aujourd'hui en pleine lumière. 

Une femme en contre-jour de Gaëlle Josse, Notabilia, en librairie depuis le 7 mars 2019 

mardi 3 février 2009

Marmelade d'oranges amères, ... so british !

J'aime cette marmelade qui n'a d'amère que le nom des oranges qui sont utilisées pour la faire. Des oranges qui viennent de Séville et que l'on ne trouve qu'à cette saison, fin janvier, début février, dans les épiceries bien approvisionnées. Le vendeur m'ayant prévenue que bien qu'on ne soit que le 31 janvier il risquait de ne plus en avoir j'ai pris plus que je ne voulais (pour ne pas manquer et pouvoir faire profiter les amis ...) soit 1, 795 kilo très exactement.

Je croyais que la peau des oranges amères de Séville était la seule à n’être pas traitée. Mais non ! En désespoir de cause, et puisqu'il n'y avait pas moyen de faire autrement je les ai achetées et bien lavées, à l'eau tiède.

Je me suis inspirée d'une recette que Delia Smith a publiée dans « Winter Collection » mais c'est aux tableaux de Séraphine de Senlis que je dois de ne pas avoir oublié cette année d'acheter des oranges quand il en était encore temps.
Pour une douzaine de pots (prenant des pots de récupération de différentes tailles c'est difficile de préciser)
1800 g d’oranges amères (j'ai compté 16 oranges) et 2 citrons
4 kg de sucre blanc
de la patience puisque l'on va procéder en deux étapes sur deux jours
de l'attention car il ne faut rien jeter, jusqu'à la dernière étape

Le premier jour : On brosse les oranges et les citrons à l’eau tiède. On les met dans un grand "fait-tout" couverts d'eau et on porte à ébullition.
On laisse alors frémir ... 3 heures (vous avez bien lu : trois heures)
On égoutte ensuite les fruits avec une écumoire, pour conserver le liquide de cuisson parce qu'il va servir de base à la marmelade (donc attention de ne pas le jeter !)
Quand les oranges et les citrons sont tièdes on les coupe en deux et à l’aide d’une cuillère à soupe, on retire précautionneusement pulpe (et pépins) que l'on met dans une casserole de taille adéquate. L'écorce est suffisamment épaisse pour qu'on puisse procéder sans la briser.
On met de côté les écorces qu'on utilisera le lendemain.On ajoute un demi-litre du liquide de cuisson dans la casserole (avec pulpe et pépins) et on laisse frémir 10 minutes sur feu doux. (On garde toujours le restant du liquide de cuisson ... dans le fait-tout)
Au bout des 10 minutes on verse le contenu de la casserole dans une passoire très fine en métal (un chinois) posée au dessus du fait-tout, donc sur le restant du liquide initial d'ébullition des oranges. (Panique à ce stade car ma passoire a failli être trop petite ... mais une grande partie du jus s'est vite écoulée). On couvre et on abandonne jusqu’au lendemain.

Conserver les écorces d’oranges et de citron qu'on recuira demain.

Le lendemain :
On renverse la pulpe restant dans le chinois au centre d’un torchon propre. Il va falloir bien serrer pour former une boule que l'on va presser, et gratter avec une grosse cuillère par en -dessous afin de recueillir le maximum d'un jus épais, qui sera ajouté dans le liquide du fait-tout. Cette étape est cruciale car elle permet de récupérer la pectine contenue dans les pépins. On pourra jeter ce qui restera dans le torchon (c'est tout ce qu'on jette en fait).

On ajoute le sucre et on commence à feu doux pour le faire fondre.
Pendant ce temps, il faut couper les écorces d’oranges en julienne plus ou moins épaisses (j'ai fait le plus fin possible mais je crois que les puristes apprécient le "medium cut", un intermédiaire entre gros et fin qui correspond à des lanières de 5cm sur 0,5 cm de large). On les ajoute dans la cocotte qui contient le jus de cuisson. Et on pousse à ébullition.
On laisse cuire ainsi pendant 3 heures (encore trois) en remuant de temps en temps avec une cuillère en bois.

Cela c'est la théorie. Parce que à la maison cela a été un peu compliqué du fait que cela faisait une ÉNORME quantité de marmelade, que cela menaçait de déborder et que finalement j'ai transvasé la moitié dans une autre cocotte jusqu'à ce que cela ait suffisamment "réduit" pour réunir le tout ensemble afin d'être sûre d'avoir la même proportion sucre-fruits partout.

Je crois aussi que j'aurais pu ne faire cuire que deux heures. Le résultat final est un peu solide pour de la marmelade, et un peu foncé sans doute, mais c'est excellent tout de même. (Si j'en crois quelques avis d'experts j'aurais dû arrêter la cuisson au bout de deux heures, vous voilà prévenus). Je me suis débrouillée aussi pour faire cuire la julienne de citron dans une casserole et avoir ainsi deux pots "mixtes", mais théoriquement on n'utilise pas les écorces de citron. Je n'aime pas gâcher ce qui peut être bon alors je garde, mais vous faites comme vous voulez.

Pour mettre en pot j'emploie un entonnoir à confiture, que j'ai modelé moi-même très maladroitement. Vous en trouverez sans doute sur un marché artisanal. C'est idéal pour ne pas se brûler et ne rien renverser. (J'ai tout de même réussi à tenir la louche et l'appareil photo en même temps ...)

Sitôt le pot rempli je visse le couvercle et je retourne comme sur la dernière photo. Cette technique permet de stériliser la couche supérieure de la confiture et de faire le vide. Je n'ai jamais de pellicule de moisissure depuis que j'emploie cette technique, rapide, et écologique. J'attends le lendemain (troisième jour) pour remettre les pots à l'endroit et coller les étiquettes.

Sur de la baguette fraîche avec un bon thé ou en accompagnement d'un blanc de poulet rôti et sa petite salade verte, ou avec un chèvre frais (quand ce sera la saison) je vous souhaite de vous régaler autant que moi !

samedi 13 février 2010

Deux ans et plus dedans

Nouvel anniversaire pour le blog. L'aventure se poursuit et comme je le disais tout à l'heure à des lecteurs : tenir un blog, c'est pas de la blague !

C'est même un vrai boulot que je mène avec des exigences que j'aurais si j'étais journaliste sauf que en la circonstance je ne suis pas rémunérée.

Je suis animée de la volonté de vous apporter de vraies informations le plus souvent puisées à la source et toujours vérifiées. Si je parle d'un spectacle, c'est parce que je l'ai vu. Si c'est un livre, je l'ai lu. Si c'est une recette, je l'ai goutée.

J'essaie d'être honnête avec les artistes, ce qui signifie que si je formule des critiques elles se veulent respectueuses du travail fourni. Je tiens aussi à captiver le lecteur en lui faisant découvrir autre chose que ce dont on parle partout. Alors si je suis l'actualité ce n'est jamais dans l'esprit de participer à la "promo" comme on l'entend constamment dire dans les émissions de télévision.

Le lectorat s'élargit sans cesse : vous aurez été près de 30 000 nouveaux lecteurs au cours des 12 derniers mois. Un "succès" que je n'aurais pas pu prévoir et qui donne aussi des contraintes. Les commentaires ne sont pas plus nombreux cette année mais je reçois toujours beaucoup de mails directement sur abrideabattue@orange.fr et je réponds volontiers aux questions.

On me demande souvent quels sont les articles les plus lus. Les sujets sont très variés et font chacun l'objet chaque mois d'une centaine de connexions. A titre d'exemples le portrait de Claudie Gallay, les billets sur le film et sur les tableaux de Séraphine de Senlis, mais aussi sur la boutique bordelaise de l'Armoire bleue. Ceci pour dire qu'on se trompe quand on pense qu'un article sur un blog est fugace.

Vous habitez en France, en Lorraine, à Paris et en Ile-de-France surtout dans le sud de la banlieue parisienne (dont je parle très régulièrement, ceci expliquant sans doute cela) mais vous êtes nombreux à me lire depuis le Canada et je ne cesse d'être étonnée de la tache d'huile du lectorat.

Pour le reste le bilan que je faisais l'an dernier est encore d'actualité. Ceux qui ne l'auraient pas lu le trouveront ici. Certains de mes vœux se sont réalisés mais il en reste à accomplir.

Merci du fond du cœur pour votre fidélité. J'espère continuer longtemps à ne pas vous décevoir.

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