samedi 1 août 2009

AUSSI ROUGE QUE POSSIBLE

C'est le thème que le Musée des Arts décoratifs de Paris avait retenu pour un accrochage conçu pour vivre presque deux ans. C'était en mars 2008 (oui 2008) et on aurait raison de me demander pourquoi j'ai tant tardé à en parler alors que je n'ai loupé aucune autre manifestation de ce musée. C'est que cette première était si réussie que j'aurais voulu que le billet soit à la hauteur. Et qu'étant proposée jusqu'en novembre 2009 je n'allais pas me presser. Je renonce à en parler à la perfection pour vus décider à vous mêler aux touristes et à aller y jeter un œil averti tant qu'il en est encore temps.

Situé dans le pavillon de Marsan au sein du Palais du Louvre, le fonds est riche de 150.000 œuvres mais on ne peut en présenter que 5000 au total sur les divers espaces. Aussi rouge que possible est le résultat d'un travail très intelligent de rapprochement qui permet d'en fédérer à peu près 500 dans la galerie d'Etudes.Vous pouvez naviguer dans les diverses aides à la visite conçues par les conservateurs. Mais voici quelques aperçus que j'ai regroupés en associant des thèmes opposés, deux par deux.

En choisissant une couleur – le Rouge –, le thème s’ouvre à l’ensemble des collections mobilier, céramique, verre, bijoux, papiers peints, arts graphiques, jouets, mode, textile, publicité. Cette présentation évoque les nombreux domaines où le rouge apparaît de manière incontournable principalement en Occident, du Moyen Âge à nos jours. Il importe aussi de souligner l’infinie variété des rouges : alezan, andrinople, bourgogne, cardinal, carmin, cerise, cramoisi, écarlate, magenta, pourpre, rouille, terra cota, vermillon …en mélangeant les époques et les objets.

Commençons par le commencement : comment obtenir du rouge ?

C'est une des premières couleurs que l'homme a pu maîtriser il y a plus de 32 000 ans. Souvenons-nous des artistes du paléolithique. Des combinaisons de terres ocres, rehaussées de noir charbon.

La chimie du rouge est d'abord d'origine minérale. Outre les terres, utilisées directement, on dispose de l'oxyde de fer, qui devient rouge en s'altérant, du cinabre (sulfate de mercure), du minium (céruse de blanc de plomb fondu), du carbonate de cuivre qui procure un rouge intense ...

On a tiré une belle palette des végétaux. D'abord la garance, une racine dont on extrait des rouges profonds grâce à deux colorants, l'alizarine et la purpurine ... depuis plus de 10 000 ans. Les fleurs de l'amarante permettent d'obtenir un rouge bordeaux, celles du carthane un rouge clair. Les bois rouges du Brésil offrent leurs écorces et une pâte rouge violacée est extraite d'un lichen des Canaries, l'orseille.

Le monde animal n'est pas en reste. Avec la cochenille qui vit en parasite du chêne kermès. ce sont les oeufs des femelles qui contiennent le précieux pigment. Le Mexique a développé des élevages à échelle industrielle sur des figuiers de Barbarie. N'oublions pas le murex, un petit mollusque auquel on doit le pourpre. La recette, perdue au Moyen-Age, vient d'être retrouvée. Un travail de patience car il faut 10 000 coquillages pour espérer 1 gramme de colorant. Rien d'étonnant alors que le pouvoir se soit approprié cette gamme de nuances. Ce sera le fil rouge du prochain billet.

(à suivre ...)
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Jean Després et les bijoutiers modernes au Musée des Arts décoratifs

Musée des Arts décoratifs jusqu'au 1er novembre 2009
107 rue de Rivoli 75001 Paris Tél. : 01 44 55 57 50
Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries
Autobus : 21, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81, 95

et puis une recette de crème couleur andrinople

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