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jeudi 29 juin 2023

L'huile d'olive crétoise

Il était un peu délicat de traiter le sujet de l’huile d’olive alors que sortait la grande enquête de 60 millions de consommateurs dénonçant de grandes marques, jusqu’à présent réputées. Je n’entrerai pas dans le débat, n’ayant pas les cartes en mains, mais je sais que ce produit est un des trois sur lesquels il faut être vigilant comme faisant le plus l’objet de contrefaçons.

La culture de l’olivier s’est imposée en Crète, bien avant la Grèce, et dès le début de l’âge de bronze … même si une légende voudrait que le premier olivier ait été offert aux hommes par Athéna, déesse de l’intelligence, qui l’a planté sur l’Acropole.

Ce sont des branches d'olivier qui composaient la couronne, consécration suprême des vainqueurs des Jeux olympiques.

On voit en Crète des arbres au tronc énorme. Ils sont centenaires et parfois même millénaires. Le plus vieux au monde, encore vivant, serait celui de Kavoussi, près d’Iraepetra, et compte 3500 ans.

mercredi 21 juin 2023

Le palais du roi Minos de Knossos

Venir à Héraklion sans visiter le musée archéologique serait stupide Ensuite on ne saurait zapper le site de Knossos puisque nous avons vu d’admirables reconstitution de fresques. Le désir de voir les choses in situ devient très fort.

Knossos ne se trouve qu’à 5 km du centre ville. On peut s’y rendre facilement en bus (n° 2) qui passe toutes les vingt minutes à proximité du musée. Le ticket coûte 2 € (il faut l’acheter au kiosque avant) et le trajet dure environ 20 minutes.

Quand on se rappelle de l'immense maquette vue au musée, on est surpris par le site, qui semble très enterré. Le palais a été dressé sur une éminence artificielle, dominant la vallée de Kairatos. Le dénivelé de terrain a été pleinement utilisé par l’architecte de l’époque, avec deux plans : l’aile à l’est est à un niveau inférieur à celui de la cour centrale et du reste de l’édifice. On saisit pourtant immédiatement l’ampleur du domaine, et cela d’autant plus qu’on sait que le palais du roi Minos et du Minotaure témoigne que les Minoens avaient tout inventé, de la pratique religieuse aux techniques agricoles en passant par les organisations politiques, militaires, sociales et le mécénat culturel.

Il faut dire aussi que désormais l'entrée est discrète. On a fermé l'accès par la voie royale bordant le théâtre, le long de la cour de l'agora (voir une des dernières photos de l'article) qui avait le mérite de permettre d' accéder à la fameuse façade occidentale décorative que l'on voit en illustration sur tous les guides (ci-contre).

Les premières traces de vie à Knossos remontent à 7000 av. J.-C. Alors que toute l’Europe vivait encore dans une civilisation protohistorique, les Crétois construisaient déjà des palais magnifiques et hiérarchisaient la société pour rendre le pouvoir total et légitime.

Pendant plus de 3 000 ans, les premiers habitants du site ont lentement perfectionné les outils en pierre et leur mode de vie, essentiellement tourné vers l’élevage et les cultures. Même s’il ne reste que peu de vestiges des maisons de briques, nous sommes assez bien renseignés sur la vie de ces premiers Crétois qui, peu à peu, acquirent la maîtrise de certains métaux.

Le premier palais, construit au milieu des maisons, a été édifié entre 3500 et 1900 av. J.-C., au nord-est du site. Il est très peu conservé car c’est sur ses ruines que s’est élevé l’édifice suivant. Doté de 1 300 pièces, il était le centre de toutes les activités politiques, religieuses, commerciales et culturelles de l’Etat. Il fut entièrement détruit vers 1700 av. J.-C., sans doute à la suite d’un incendie ou d’un tremblement de terre. Un nouveau palais plus grand et plus élaboré coïncidant avec l'apogée de la civilisation minoenne fut alors édifié sur les ruines du précédent.
Knossos est le plus impressionnant des palais minoens (22 000 m²) avec 1 300 pièces reliées par des couloirs autour d'une cour principale, 5 étages et un impressionnant propylée (entrée monumentale soutenue par 4 piliers). Il compta jusqu'à 15 000 habitants. Il est indispensable de faire appel à un guide agréé pour tenter d'en comprendre les principaux secrets.

Il était sophistiqué, avec des systèmes de drainage et des quarts enfoncés dans la terre, des maisons luxueuses d’une hauteur de cinq étages et des fresques ornant les murs. Finalement, il a lui aussi été frappé par un tremblement de terre et abandonné vers 1600 avant J.-C.

Par la suite les activités se sont organisées autour du palais, sans que celui-ci ne soit cependant reconstruit. Ses ruines acquirent un caractère sacré et c’est à cette époque que naquit sans doute le mythe du labyrinthe dans les dédales du site largement endommagé.

Selon la tradition, Dédale, le talentueux architecte, construisit à Knossos un palais immense et compliqué (appelé aussi labyrinthe) à la demande du roi Minos qui voulait y enfermer le Minotaure, homme à tête de taureau. Ce monstre, qui se nourrissait de chair humaine, était né de l’union de la reine Pasiphaé (la femme du roi Minos lui-même) avec un taureau blanc envoyé par Poséidon. Tous les neuf ans, les Athéniens devaient livrer sept garçons et sept filles pour satisfaire son appétit. Thésée, après avoir séduit Ariane, la fille de Minos, réussit à tuer le Minotaure et sortit du palais en vainqueur grâce au fameux fil d’Ariane qui lui permit de retrouver son chemin dans le labyrinthe.
Le symbole en est la double H. On remarque sur la photo que la partie droite est une reconstitution. Il faut à cet égard souligner l’énormité des restaurations (plus ou moins réussies et souvent controversées).

dimanche 18 juin 2023

Le monastère de Toplou en Crète

Après le musée archéologique d’Heraklion et avant le Palais de Knossos, voici le Saint Monastère de Toplou.

Il a été fondé au 14ème siècle et il est situé à la pointe orientale de la Crète à une quinzaine de kilomètres de Sitia qui est une des zones vinicoles les plus importantes de Crète.

Les moines élaborent l’une des meilleures huiles d’olive (biologique de surcroît) de Crète et poursuivent la culture de la vigne sans utilisation de pesticides sur 350 acres. Leurs vins sont réputés, particulièrement le blanc.

Ils seraient vinifiés dans des installations modernes avec un haut savoir-faire mais je ne peux en attester puisque nous n’y sommes pas entrés. Une dégustation fort sympathique a néanmoins été organisée pour nous dans une petite cour intérieure. J’en parle ici. Et nous avons aussi respiré les parfums odorants de toutes les plantes aromatiques qui mettent de la couleur sur le chemin menant vers l’intérieur. Plusieurs illustrent cet article consacré à la flore crétoise.
Ce qui m’a frappée à l’arrivée, et cela d’autant plus que c’était mon premier regard sur la Crète, c’est un vieux moulin dont je n’ai pas vu l’ancien mécanisme de broyage car nous ignorions qu’il était visitable.
A l'extérieur de l'enceinte, et à l'opposée de l'autre côté de la route, se dresse l'église vénitienne de Timios Stavros « la Sainte Croix » paraissant bien petite au regard des immenses éoliennes modernes qui se profilent désormais sur la ligne d'horizon.

L’emploi du temps étant serré nous n’avons visité que le monastère. Edifié comme une forteresse, il fait honneur à son nom, Toplou, qui est d’origine turque et signifie « armé d’un canon ». Il est entouré d’un épais mur de pierres car il était destiné à protéger les moines des incessantes attaques des pirates. Il joua un rôle décisif dans la guerre contre les Turcs, et fut aussi un lieu de protection pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ayant à plusieurs reprises abrité des partisans il est logique qu’on puisse y voir la plus importante collection d’armes de toute la Crète, de la lutte pour l’indépendance de 1821 à la Seconde Guerre mondiale.
Les parties les plus anciennes datent du XIV° mais il a été reconstruit au XV° siècle, sous l’occupation vénitienne sur les ruines d’un ancien temple. Le sol de la cour intérieure est pavé de belles calades.
On remarque une stèle, incrustée dans le mur et protégée d’un verre, datant du II0 siècle après JC et qui atteste d’un accord de paix entre les villes antiques d’Ithanos et de Ierapetra.

Les cellules s’élèvent sur trois étages alors que la petite église à deux nefs est dédiée d’un côté à la Vierge et de l’autre à Saint Jean le Théologien.
Le monastère était riche et puissant, ce qui lui a permis de posséder de superbes icônes (d’une beauté saisissante) permis lesquelles quelques chefs d’œuvres comme Saint-Jean-Baptiste ailé ainsi que des fresques dont certaines datent du XIV° siècle et raviront les amoureux d’art byzantin. Elles ont malheureusement subi des dommages semble-t-il par des visiteurs hostiles.

jeudi 15 juin 2023

Dîner dans une taverne crétoise

Choisir un endroit pour dîner contraint à lire les avis sur les guides parce que les façades sont souvent peu engageantes, du moins à Heraklion, ce qui s’explique par les reconstructions faites sans doute un peu vite après les guerres et les séismes.. J’avais noté avant de partir qu’il y avait plusieurs catégories de restaurants mais, malheureusement je dirais, je n’ai pu expérimenter que la dernière de la liste. Je les rappelle néanmoins pour vous être utile :

- La taverne de poisson (psarotaverna) qui est une alternative à la taverne classique, où on retrouvera principalement des plats de poisson, souvent assez chers, mais délicieux. Et il est bien regrettable de se rendre sur une île et de n’y avoir jamais mangé de poissons.

- La pâtisserie (zakharoplastia) qui est conçue pour faire découvrir les mets sucrés crétois. C’est un autre de mes regrets.

- Le restaurant de mezze (ouzeria, ou encore rakadiko ou tsikoudiadiko) qui est le lieu dédié au partage, où il est possible de déguster des petits plats typiques ensemble, dans une ambiance conviviale et atypique. Je ne pense pas que cela nous ait manqué vu le nombre de mezzes que nous avions régulièrement à partager où que nous allions.
- La taverne, proche de ce qu’on appelle restaurant (estiatorio) si ce n’est qu’elle est souvent plus chaleureuse que le restaurant. Ne vous fiez donc pas à ses murs extérieurs (exemple ci-dessus).
On le sait depuis que Platon a publié Le banquet, manger est un acte social. Une chose est certaine, partout en Crète, la table est symbole de convivialité, et promesse de passer un bon moment. Les serveurs n’arrêtent pas d’apporter des plats disposés dans de grands plateaux de bois à rebords qu’ils brandissent au-dessus de leur tête. On y mange donc souvent copieusement, comme on peut le constater sur les photos qui rassemblent au moins quatre repas.

Si je connaissais l’essentiel de la cuisine crétoise, plusieurs plats m’ont surprise. A commencer par les escargots (boubouristas) frits à la poêle avec huile d’olive, vinaigre et romarin ou préparés à la casserole avec du blé dur, des oignons et des tomates. Nulle part ailleurs en Grèce on n’en consomme autant qu’en Crète. Ces petites bêtes nous offrent, avec leur chair tendre, les précieux éléments des plantes qu’ils ont grignotées de leur vivant.

J’ai beaucoup aimé les fromages (voir plus bas) mais il est probable que la variété de l’offre française me manquerait vite. Et bien qu’ils ne figurent pas à la carte des restaurants (ils sont offerts à la fin du repas et donc on ne les choisit pas) j’ai adoré la simplicité des desserts. Les crétois préfèrent néanmoins les savourer l’après-midi avec un café.

Voici donc en images ce que j’ai pu goûter en Crète, en compilant les photos de plusieurs repas dont je rappelle les horaires : 14 heures pour le déjeuner, 22 pour le dîner.

lundi 12 juin 2023

Le Musée archéologique d'Héraklion

Le musée national archéologique d'Héraklion est l'un des principaux musées de Grèce, parfois considéré comme le deuxième plus grand musée du pays. Il reçoit environ 5 millions de visiteurs par an.

Situé dans le centre-ville, il se trouve dans un bâtiment de style Bauhaus et abrite des trouvailles qui datent du Néolithique à l’époque romaine.

Il a été construit entre 1937 et 1940 par l'architecte grec Patroklos Karantinos (1903-1976) sur un site précédemment occupé par un édifice qui a été détruit par un séisme en 1926, lui-même déjà bâti sur les ruines vénitiennes du monastère catholique de Saint François ayant subi les ravages d'un tremblement de terre en 1856 et dont on aperçoit des restes dans le jardin du musée.

Il a été restauré et a pu réouvrir en mai 2014 après 8 années de travaux.

J’ai remarqué, en face du musée, la statue que Manolis Tzompanakis a faite de Stefanos Xanthoudidis (1864-1928). Il étudia la philologie et l'archéologie à l'université d'Athènes et devint enseignant. En 1988, après avoir mené d’importantes fouilles à Messara et Nirou Hani il est nommé surintendant des antiquités et directeur du musée archéologique d'Héraklion qui a été créé à partir d'une collection personnelle de découvertes archéologiques. Cet homme a donné une dimension quasi mystique à l’archéologie en la reliant à la vie et à l’émotion. 

La rénovation qui a été faite pour correspondre aux normes et exigences actuelles va dans ce sens et on comprend que les employés se battent pour qu’il demeure public (il appartient au ministère de la culture) alors que des menaces de privatisation s’accentuent. D’où la présence d’une banderole sur la façade. 
Sa visite est quasi indispensable pour qui voudra ensuite comprendre le site de Knossos. La collection minoenne est exceptionnelle avec des pièces marquantes et emblématiques de cet art comme le disque de Phaistos, les déesses aux serpents et le rhyton en forme de tête de taureau de Knossos, le pendentif en or des abeilles de Malia, ou le magnifique Sauteur du taureau (photo en haut de l’article) et le sarcophage d’Agia Triada...

Il faudrait disposer d’au moins 3 heures pour cette visite. J’ai eu l’immense chance de le parcourir en compagnie d’une guide ultra compétente qui m’a montré l’essentiel en un temps record tout en me donnant les informations nécessaires à la compréhension du contexte historique et dans la perspective de visiter ensuite le palais de Knossos d’où proviennent certaines oeuvres.

La rénovation a respecté la construction des années 50 et conservé tous les matériaux d’origine, en particulier les sols de marbre qui sont superbes et qui sont les mêmes qu’au Parthénon. Par contre la distribution a été revue de manière à ce que la présence des visiteurs (nombreux) ne résonne pas et les vitrines ont été repensées avec un éclairage qui magnifie les objets.

En voici quelques-un parmi les plus beaux :
Impossible de rendre compte de la visite en quelques lignes et je vous invite à pendre le temps de lire ce qui suit et que j’ai résumé au mieux.

jeudi 8 juin 2023

Promenade dans Heraklion, en Crète

Située à la jonction de deux plaques tectoniques, la Crète progresse de 6 cm par an vers l’Afrique. Voilà pourquoi, et les guides n’insistent pas sur ce point, Heraklion est le siège de très fréquents tremblements de terre, souvent peu intenses, mais que l’on ressent néanmoins. Plusieurs habitants m’ont montré l’application qu’ils ont sur leur téléphone pour suivre les secousses qui sont finalement quotidiennes.

La ville a été plusieurs fois détruite et ne subsistent que peu de vestiges, comme le fort vénitien qui illustre toutes les revues touristiques.

Il est peu accessible car placé au bout de la jetée et masqué le plus souvent par d’énormes paquebots.

J’aurais aimé suivre les remparts ceinturant la vieille ville, vestiges de la période vénitienne. Ils ont été achevés vers la fin du XVII° siècle alors que pendant plus de 100 ans, les Crétois participèrent à leur édification. C’est grâce aux derniers murs que Candia, comme s’appelait alors Heraklion, fut capable de résister au siège des Ottomans durant 20 ans (de 1648 à 1669).

Quoique miraculeusement très bien conservés ils souffrent, à certains endroits, d’un manque d’entretien mais offrent de superbes vues sur la ville. On peut visiter, au-dessus du bastion Martinengo, la tombe de l’écrivain Nikos Kazantzakis (1883-1957) qui est peut-être la figure la plus marquante de la littérature grecque au XX° siècle. Né à Heraklion, étudiant et disciple de Bergson à Paris, son roman le plus célèbre est Zorba le Grec, adapté au cinéma en 1964.
On peut voir une sculpture le représentant avec deux autres célébrités crétoises devant la banque Pancretan. Cette composition réalisée par Aspasia Papadoperaki, en cuivre (2003-2006) le montre en discussion fictive car anachronique avec le poète Vitsentzos Kornaros (1558-1613) et le peintre Domenikos Theotokopoulos (El Greco) – (1541-1614), né à Fodele, près d’Héraklion. Il profita vraisemblablement de l’enseignement de Damaskinos, avant de séjourner quelques années à Venise, puis dans toute l’Italie où il bénéficia de l’influence de Bassano et du Tintoret, pour ensuite travailler dans l’atelier du Titien.

mardi 6 juin 2023

Les paysages et la flore crétoise

Si j'ai sillonné la Crète en bus c'était pour me rendre à des rendez-vous programmés -hormis une exception pour voir de près une plante endémique, l'ébénier de Crète (Ebenus Cretica ci-contre)- je n'ai pas eu le loisir d'arrêter le véhicule et de me promener dans la campagne.

C’est une des fleurs très répandues spécialement de la région de Sitia. Ses fleurs roses composent un épi pyramidal. Il n'est ni consommable, ni buvable, ni aromatique. Mais, autrefois on ramassait ses fleurs pour garnir  des coussins. Sa période de sa floraison s’étend de fin mars jusqu'à fin mai.

Malgré sa couleur rose tyrhien il ne faut pas le confondre avec le laurier-rose qui borde quasiment toutes les routes et qui est en pleine fleur de mai à août. Cet arbuste y est très développé et a même réussi à s'implanter jusque dans les ravins.

Il fut hors de question d'approcher la fleur crétoise par excellence qui est l’orchidée et que l'on peut trouver aussi bien au niveau de la mer qu’à une altitude de 2 000 m, avec une plus forte densité à mi-montagne.

Toutes les photos de paysage ont été faites à travers la vitre et peu furent exploitables. Je trouve néanmoins dommage de faire un reportage sur cette île sans montrer à quoi elle ressemble. Voilà pourquoi je me suis résolue à en publier quelques-unes malgré leur piètre qualité.
Ce sont principalement des montagnes bordées par la mer. Qu'il aurait été rafraichissant d'y mettre que le bout d'un doigt de pied ! De cela aussi nous fûmes privés mais je sais que les plus belles plages sont au sud-ouest si par bonheur j'avais l'occasion d'y revenir.

La végétation est essentiellement celle qu'on trouve dans les forêts méditerranéennes, composée de buissons et d'arbustes. Avec beaucoup de pins.

L'arbre qui domine est sans conteste l'olivier. On le repère quelle que soit la direction de notre regard. Sa culture remonte à l’époque minoenne. Les plus vieux font l'objet d'un culte. Il parait que certains sont si énormes qu'il faut être trois personnes pour en ceinturer le tronc en se donnant la main. L’olivier de Kavoussi, village à proximité d’Ierapetra, serait l’olivier le plus ancien au monde avec ses quelque 3 500 ans d’âge. Déclaré monument naturel protégé, cet arbre a donné l’idée de créer, dans une ancienne maison voisine datant du XIX ème siècle, le Musée de l’Olivier, que je signale comme détour valant certainement la peine.

Nous sommes probablement passés à proximité puisque nous sommes allés chez un revendeur d'huile et de miel basé sur la commune d'Ierapetra que nous n'avons pas eu le temps de visiter. Je n'ai aperçu que de loin les cultures sous plastique qui permettent d'avoir toute l'année les légumes nécessaires à la réalisation de la salade crétoise. Et je m'interroge sur leur éventuelle caractéristique bio car il n'est pas possible d'avoir de tels rendements par des méthodes naturelles.

Les fenêtres sont fleuries. Au sol, des jarres sont plantées de géraniums et le moindre récipient contient des crassulacées (Aeonium pourpre ci-dessous au premier plan). Le Pelargonium citronnelle (Geraniaceae) dégage un parfum sublime (rose clair ci-dessous à droite).
Autour du monastère de Toplou que nous avons eu la chance de visiter (ce qui fera l'objet d'un article spécifique) nous avons apprécié aussi le parfum de la Santoline petit cyprès aux minuscules fleurs jaunes.

dimanche 4 juin 2023

J'ai découvert les pâtes à la caroube

Je ne vais pas vous vanter un goût extraordinaire, mais plutôt la couleur originale et appétissante qui, de plus est naturelle puisque ces pâtes sont réalisées avec de la farine de caroube qui fut longtemps un substitut au chocolat jusqu'à ce qu'il soit découvert au Mexique.

C'est un des produits que j'ai ramené de mon récent voyage en Crète et j'avais hâte de le tester parce que le producteur, avec qui j'ai eu l'opportunité de discuter, Caroub Creta, m'avait vraiment convaincue.

Si j'avais grignoté et apprécié ur place des petits gâteaux à base de cette farine je m'interrogeais sur son intérêt en version salée.

L'emballage vante la rapidité de cuisson (3-4 minutes à l'eau bouillante) mais il ne faut pas négliger qu'amener l'eau à ébullition demeure encore plus de temps.

Je dirais qu'en terme de goût c’est un avantage que ces pâtes aient une saveur plutôt neutre, douce et agréable, qui permet de les aromatiser de diverses manières. Leur forme de fusilli est autant favorable à une dégustation nature qu'avec une sauce qu'elle enroberont facilement.
Personnellement, je les ai aimées arrosées d'un peu d’huile d’olive vierge et d’herbes crétoises juste saupoudrées que j'ai choisies chez Grelia, un autre producteur crétois qui propose huile, olives et condiments de grande qualité. Et elles ont été accompagnées d'une ratatouille avec des légumes de saison.
Puis j'ai assez vite mélangé le tout parce que cela s'accordait bien.

Le plus gros bénéfice est en terme de santé car elles permettent de varier les repas pour ceux qui ne peuvent pas manger les pâtes traditionnelles (mais dans la mesure où elles contiennent de la semoule je ne suis pas sûre qu'elles soient exemptes de gluten). La caroube est très nutritive et contient des vitamines B1, B2, E et A, et de multiples oligo-éléments, notamment le calcium et le phosphore.

Elle a la réputation de faciliter la digestion, d'avoir une action anti-diarhéique, anti-oxydante, antiseptique et même antivirale. On comprend qu'avec autant de qualités ce soit un de longue date des éléments du régime crétois depuis bien avant Jésus-Christ même si la caroube elle est peu connue en Europe.

Quelques rares commerces (surtout en ligne) commercialisent ce type de produits dont je pense que le développement va s'accélérer. Beaucoup d’autres choses sont proposées par Caroub, pas forcément disponibles en ce moment en France.
Creta Carob - Idas Manousakas www.cretacarob.com
Grelia - Antonis Miliarakis www.goldgrelia.com
Pour lire tous les articles rédigés à mon retour de Crète suivre le lien ici.

mercredi 31 mai 2023

Quelques vins de Crète (et de Chypre)

Dans l’Antiquité, le vin était plus puissant qu’aujourd’hui, un peu partout en en particulier en Crète. On le parfumait avec des herbiers et des épices et, du coup, on le coupait d’eau au moment de le boire.

C’est aussi à cette époque qu’on commença à sceller les amphores contenant le vin avec de la résine pour les rendre imperméables, ce qui transforma involontairement le goût du vin. Mais en raison du succès de cette nouveauté on poursuivit jusqu’à nos jours en ajoutant pendant sa fermentation des morceaux de résine au vin blanc. Quant il est fait selon les règles de l’art, le Retsina est très appréciable avec les mezzés traditionnels du début de repas.

Il faut aussi évoquer le Tsikoudia (c’est le nom crétois du raki) qui est une eau-de-vie à base de raisin, qui se boit glacé … à longueur de repas et bien que les verres soient miniatures je doute que ce soit un élément du régime crétois.

On trouve la bouteille posée sur la table et il faut prendre garde à ne pas confondre cette boisson avec de l’eau parce qu’aucune étiquette n’indique sa composition. Symbole de générosité, il est le plus souvent de fabrication artisanale et de ce fait les arômes peuvent varier d’un endroit à l’autre.

Le rakomélo est une variante spécifiquement crétoise, que j’aurais volontiers dégusté. C’est un raki parfumé au:miel et aux épices comme la cannelle et la cardamome qui serait plutôt adapté à la fin d’un repas.

Il y a aussi l’ouzo, réalisé à partir de marc de raisin, parfumé de graines d’anis, qui s’apparente au pastis français.

Je savais, avant d’arriver en Crète, que les plus anciens vignobles se trouvent au nord où les vignes bénéficient d’un climat tempéré du fait des influences de la mer. La région de Sitia est en effet l’une des zones vinicoles les plus importantes de l’île.

Les vieux cépages crétois sont le roméiko, le kotsifali, le liatiko et le ladikino pour les rouges. Le vilana, le plyto, le vidiano, le malvasia et le moshato pour les blancs (figurent en gras ceux que j’ai découverts).

Je ne pouvais pas le savoir mais, à chaque repas, c’est une carafe anonyme qui était posée sur la table, si bien que je n’ai pas vraiment acquis de connaissances en matière de vins crétois.

Cependant, au début de mon séjour, j’ai participé à la dégustation de deux vins, un blanc et un rouge, produits par le monastère de Toplou qui est réputé pour faire l’un des meilleurs vins de l’île (le blanc en particulier). Jusque là je n’avais jamais dégusté de vin de cette provenance, malgré l’immense choix proposé lors d’une journée de présentation de vins grecs organisée par les frères Mavrommatis il y a quelques semaines (on ne peut pas tout connaître …). Je n’avais donc aucune référence pour me permettre de juger.

Ce fut une brève halte, qui permit toutefois de voir quelques-unes des richesses patrimoniales du monastère (qui feront l’objet d’une publication spécifique) et de voir l’extérieur de ce moulin à vent qui témoigne de son utilisation autrefois pour moudre les grains ou remonter l’eau des nappes phréatiques en particulier sur ce plateau de Lassithi. La plupart des édifices ont désormais disparu mais il faut imaginer combien ils étaient nombreux autrefois, tournant avec le vent qui, lui, continue de souffler. Hélas, personne ne songea à nous faire entrer dans le moulin pour en apprécier l’ancien dispositif de broyage ni à nous faire visiter le chai où les moines procèdent à la vinification au moyen d’installations qui seraient hautement modernes.

Leur raki et leur huile d’olive biologique constituent également des produits d’excellente qualité. Et j’aurai l’occasion dans quelque jours d’évoquer leur huile.
La vigne est millénaire en Crète et on voit des pieds partout, même si en terme de nombre ils sont moins nombreux que les oliviers, cela va de soi. On en trouve même à l’entrée du site de Knossos.
Mais revenons au premier vin, un blanc du nom de Gerto (qui signifie courbé) dont le nom lui a été donné en raison de la déformation des ceps. Nous verrons qu’il y a une histoire derrière chaque étiquette.
Ce vin tire son caractère sauvage et exotique du caractère unique de la nature crétoise orientale où les arbres se penchent, obéissant au vent et à l’intense sécheresse estivale. Le monastère de Toplou a été pionnier dans la renaissance des gammes de vins locaux et la culture biologique de ce cépage crétois Thrapsathiri qui offre des vins splendides et excitants. Si la culture est revendiquée être biologique on remarque malgré tout que l’étiquette mentionne la présence de sulfites.

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