jeudi 16 avril 2020

Wasmiya et Le loup, le lion et le renard, deux contes publiés par les Editions du Jasmin

J'ai eu la chance d'avoir entre les mains deux albums publiés aux Editions du Jasmin, dans la collection Karé, riche d'une cinquantaine de titres, allant du conte à l'abécédaire, avec des textes à la fois divertissants et instructifs. Coté illustrations, elles sont toujours originales et innovantes, avec des techniques variées, du collage à la calligraphie, ou plus classiques comme l'aquarelle.

Et bien entendu le format est un carré, précisément de 22 cm de coté.

Ces deux contes ont pour particularité d'être au départ des textes écrits en arabe mais illustrés de manière très différente, quoique leurs couvertures se déploient toutes les deux dans des nuances de bleu.

Le loup, le lion et le renard est un conte d'avertissement. Les trois personnages sont tels qu'on les raconte aux enfants, le lion est cruel, le renard rusé et le loup est encore une fois le perdant.

On croit un instant que l'union fait la force mais ce petit livre est une terrible leçon de méfiance et questionne le beau principe du "vivre ensemble". Le renard est à l'origine d'un soit disant accord mais c'est un marché de dupes.

Le texte est écrit par Omaima Al-Khamis, qui est une auteure saoudienne, née à Riyad. Elle est titulaire d’une licence en littérature arabe de l’Université King Saud et d’un diplôme de l’Université de Washington. Écrivaine prolifique, elle a commencé à écrire dans les journaux saoudiens et arabes à un âge précoce. Elle a publié de nombreux romans, plusieurs recueils de nouvelles et des histoires pour les enfants.

Son deuxième roman al-Warifa (The Leafy Tree) a été sélectionné pour le Prix international de fiction arabe en 2008. Son roman Masra al-Gharaniq fi Mudun al-Aqiq a été couronné en 2018 par le prix Naguib Mahfouz pour la littérature.

C'est à Nathalie Paulhiac, une artiste vivant en Belgique et ayant déjà collaboré avec les éditions du Jasmin, qu'a été confiée la conception des images.

Céline Cristini, qui est illustratrice et enseignante en arts visuels, a illustré le second, qui est aussi une histoire d'amitié. Wasmiya, le petit nuage rose, aimerait bien avoir des amis. Mais le soleil, la lune et les étoiles ne veulent pas jouer avec lui. Wasmiya est triste, ... mais l'histoire se terminera avec optimisme. On pourrait lui trouver trois moralités :
  1. Mieux vaut chercher ses amis ailleurs que dans son entourage proche, ici la terre plutôt que le ciel.
  2. Ne jamais se décourager.
  3. A toute chose malheur est bon. 
L'Arabie saoudite devait être l'invité d'honneur du Livre Paris au printemps. Ces livres y auraient été présentés.

Outre le fait d'être deux contes d'Arabie, et d'être bilingues (ce qui n'est pas la majorité des albums de la collection Karé) ces deux ouvrages mettent en valeur le site exceptionnel d'AlUla, situé au nord-ouest de l’Arabie saoudite, que Yann Arthus-Bertrand a photographié à la demande de la commission royale pour AlUla pour l'exposition-événement AlUla, merveille d'Arabie, l'oasis aux 7000 ans d'histoire, qui a été présentée au public du 9 octobre 2019 au 8 mars 2020, malheureusement pour partie inaccessible en raison du confinement.
Il s'est rendu en exclusivité dans cette fabuleuse région afin d'y réaliser de magnifiques clichés et vues aériennes des sites naturels et archéologiques qui sont représentés, différemment, dans chacun des livres qui permettent, à leur manière, un voyage inédit entre ciel et terre.

Les animaux de Nathalie chassent au pied des ruines. Le nuage de Céline vole au-dessus du site qu'elle a peint à la pierre près. J'avais déjà chroniqué plusieurs ouvrages illustrés par cette jeune femme que j'ai rencontrée il y a maintenant cinq ans.

Elle a utilisé des papiers découpés ou déchirés qu'elle a trempés dans l'encre. L'emploi du buvard donne au nuage son aspect particulier. 

Wasmiya de Omaima Al-Khamis, illustré par Céline Cristini et Le loup, le lion et le renard, de Saad Bouri, illustré par Nathalie Paulhiac, traduits de l’arabe par Saad Bouri, Editions du Jasmin, disponibles depuis le 17 mars 2020.

La photo qui n'est pas logotypée A bride abattue est de Yann Arthus-Bertrand, Hope Production. Ce sont des Tombes nabatéennes d'AIUla.

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