mardi 26 mai 2009

Quelques rencontres au Salon du théâtre

Impossible de rendre compte de tout. J'ai dénombré plus de 50 Cafés littéraire, Théâtres des paroles, Rendez-vous, Portraits, Lectures, Spectacles et Débats divers. Tout cela sur trois jours et des scènes différentes. Sans compter les stands des salles de spectacle qui annonçaient déjà une alléchante programmation 2009/2010 ... Même en courant on n'aurait pas le temps de tout faire. Et ensuite il faudrait plus d'un mois, avec un billet quotidien, pour tout relater ici.

Et pourtant, le portrait que Philippe Tesson, directeur de l'Avant-scène théâtre, pointant le romantisme de Jean-Michel Ribes, auteur, metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point fut savoureux. Cet homme reconnait que le passé nous fonde et remercie nos ancêtres tout en se fixant pour objectif d'inventer le présent. Il dit comme une évidence qu'il arrête d'écrire quand il perd le doux plaisir de s'épater lui-même. Dans la bouche d'un autre ce serait de l'orgueil. Chez lui c'est une ligne de conduite. On ne peut que partager son point de vue quand il affirme que l'artiste doit chercher à faire bouger le monde. (illustration ci-contre avec le portrait peint par Braun-Vega, auquel j'ai consacré plusieurs articles ces jours derniers)

Autre belle conversation que celle de Jack Ralite, sénateur, avec Emmanuel Demarcy-Mota, metteur en scène et directeur du Théâtre de la Ville. Le premier pourrait presque être le grand-père du second et pourtant c'est lui qui lui rend hommage.

Il loue avec un enthousiasme indéfectible ses qualités à tracer des sillages culturels en allant au devant de tous les publics. Il invoque l'esprit de Jean Vilar : je veux avoir le droit de présenter des œuvres au public quine sait pas encore qu'il va les aimer.

Plusieurs discussions furent davantage des conversations entre amis que véritables débats mais il y eut çà et là les prémices d'une réflexion entre théâtre privé et théâtre public, sous la houlette d'Hélène Chevrier (à gauche sur la photo), rédactrice en chef de Théâtral Magazine. Bien sur, il y eut quelques piques, comme cette parole rapportée par Jacques Baillon, ancien secrétaire général de l'Odéon, aujourd'hui directeur du Centre national du théâtre, ayant entendu Thierry Pariente, délégué à la culture expliquer : c'est simple, dans le public tous les spectateurs connaissent ceux qui sont sur le plateau. Dans le privé ce sont les comédiens qui connaissent tous ceux qui sont assis dans la salle.

Xavier Gallais (à droite sur la photo) estime que les choses sont en train de changer. Il joue dans les uns et dans les autres, et a récolté des récompenses des deux côtés. Ce serait plutôt le rapport aux auteurs et à l'esthétisme qui seraient différents.

Sarah Forestier, comédienne (à côté d'Hélène Chevrier) s'étonne de la taille démesurée des scènes publiques. Il est vrai qu'historiquement les théâtres privés ayant été financés par des fonds privés on les a construits à la mesure des finances dont on disposait. Mais la vraie différence consiste entre la manière de travailler entre cinéma et théâtre. Dans le premier on arrive pour tourner ses scènes. Dans l'autre on cherche ensemble et on construit dans un esprit de troupe.

Autre différence majeure avec le nombre de représentations. Dans le public (subventionné) on vient presque de finir les répétitions que la pièce s'arrête. Jouer 30 représentations est un maximum. Dans le privé cela peut durer très longtemps et une pièce à succès est alors une manne pour un auteur. On accorderait aussi plus d'importance au metteur en scène sur les scènes publiques et davantage à l'auteur sur les scènes privées.

Le "débat" s'arrête alors que l'un des participants commençait à poser la vraie question : le spectateur est-il si différent d'un théâtre à l'autre ?

J'ai appris dimanche un nouveau terme, celui de captation à propos de l'enregistrement d'une représentation théâtrale. C'est dans la salle vidéo de l'Institut hongrois, que fut projeté le DVD du spectacle Les coloniaux, texte d'Aziz Chouaki, mis en scène par Jean-Louis Martinelli au théâtre Nanterre-Amandiers, et filmé par la Copat. Le directeur de cet organisme et la réalisatrice ont ensuite initié une réflexion sur l'intérêt du procédé et leur méthode de travail.

Le catalogue, désormais très fourni puisqu'il compte plus de 130 pièces, est disponible en ligne et on peut visionner sur le site de la Copat des extraits des DVD, être informé des avant-premières et des diffusions sur Arte ou TV5.

Il y eut aussi un débat entre journalistes à propos de la liberté de la critique théâtrale et des changements qu'Internet pouvait apporter. Avec de belles contradictions sur lesquelles je reviendrai ultérieurement car l'écriture d'un tel article mérite de tourner sa plume longtemps dans l'encrier avant de publier le message.

"Sous le chapeau" est la reproduction d'une statue en bronze, réalisée en 1992 par Andras Lapis, sculpteur hongrois. L'original se trouve devant la Clinique de Szeged, au bord de la rivière Tisza.
Le salon du théâtre inaugurait la Foire St Germain qui se prolonge avec plusieurs autres salons (jeux mathématiques, céramique, antiquaires, poésie, et tant d'autres). Tous les spectacles y sont gratuits jusqu'au 5 juillet. Qu'on se le dise !

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