Avignon 2019

Ayant vu plus d'une centaine de spectacles (entre le Festival d'Avignon, le Off et même celui qu'on appelle le If) il n'était pas possible de dédier un billet à chacun, ou sinon, pendant plus de trois mois, il n'aurait plus été question d'autre chose sur le blog.
Impossible par exemple d'attendre le 1er octobre pour publier des chroniques sur la rentrée littéraire !
J'ai décidé de rassembler tout ce qui concerne Avignon sur le mois de Juillet. Etant plus approfondis que ce que j'ai écrit régulièrement cet été sur la page Facebook A bride abattue ces articles sont très longs à écrire. Je m'aperçois en ce début de septembre, alors que je viens de mettre en ligne celui qui est daté du 14 juillet, que je prends trop de retard sur d'autres sujets dont il est important de ne pas différer davantage la parution. C'est pourquoi les chroniques avignonnaises, qui ont en quelque sorte valeur d'archive, vont désormais s'insérer rétroactivement.
Je vous invite donc à scroller régulièrement pour les lire ou à utiliser la catégorie "Avignon" pour les faire apparaître. Ou encore, et ce serait le plus efficace, à entrer votre adresse mail dans le rectangle blanc "Pour recevoir par mail ... etc".

dimanche 8 octobre 2017

Non, c'est pas ça ! (Treplev variation)

Pour ne pas manquer le début de Non, c'est pas ça ! il ne suffit pas d'être à l'heure. Le Centquatre est immense. Je vous conseille de prendre de la marge et d'arriver avec une certaine avance, le temps de trouver l’atelier 9, après avoir traversé la cour, gravi les escaliers, et arpenté plusieurs couloirs. A part ça, c'est fléché, donc faisable sans se perdre.

J'avoue, je suis arrivée essoufflée et je me suis laissée prendre par l'annonce au public sur les déboires de la pièce. Elle est habilement faite, avec maladresse, mais intentionnellement.

On a travaillé sur la Mouette. A la base on était 13. Désolés on est 3 (il compte mal, ils sont 4) mais on tient le rendez vous comme Constant l’aurait voulu. Nous allons faire en son honneur une minute de silence.

Cela se dit tragique, mais c'est ultra comique, comme souvent dans les situations dramatiques. Alors on rit.

En pleine situation de crise, quelques jours avant la représentation d’une Mouette « classique », trois comédiens montent, vaille que vaille, une "sorte de Mouette". Une fiction qui s’en nourrit, à partir d’un canevas qui mêle différents morceaux choisis, dans un décor éloigné des habituels topos tchékhoviens. Donc, pas de lac en vue, mais un endroit populaire et communautaire. Un camping d’été comme havre de poésie… Pas la pièce d’origine non plus, mais des variations autour de Treplev, ce jeune poète qui cherche à tout prix des formes nouvelles et dont les trois auteurs-comédiens-metteurs en scène s’inspirent habilement.
L'équipe a raison de la jouer "modeste". On ne leur reprochera pas leur jeunesse. Tout est cohérent : le texte, le jeu, le décor fantaisiste, les parti-pris musicaux, même la chanson de Johnny Halliday dont on devine qu'elle va surgir puisqu'il est question d'envie.
Et de l'envie les comédiens en ont. Laureline Le Bris-Cep, Gabriel Tur et Jean-Baptiste Tur animent le spectacle avec une énergie incroyable. Ils ont fondé le collectif Le Grand Cerf Bleu en 2014 et signent tous les trois la mise en scène. Sous-titrée (Treplev variation) Non, c'est pas ça est leur première création. De digressions en digressions (faut que le public suive !) c'est un jaillissement permanent, malin et intelligent.
Et puis arrive sur scène Coco Felgeirolles qui fait des références à un temps qui remonte aux années 80. Je ne suis pas sûre que tout le monde comprenne les inférences mais elles sont fines et pour ma part j'ai beaucoup apprécié, en particulier les allusions à Jack et Monique Lang. j'avais le sentiment de revivre des moments que je croyais révolus.

Le spectacle a reçu le prix du public au Festival Impatience 2016. Il a été présenté en août dernier à la Mousson d'été. Il partira à Toulouse au festival Supernova les 24 et 25 novembre prochains. Pour le moment leur tente est plantée au Centquatre et on attend la prochaine création du collectif, au titre encore une fois très évocateur, Jusqu’ici tout va bien, pour la fin du mois de mars 2018.

Non, c'est pas ça !
Librement inspiré de la Mouette de Tchekhov
Metteur en scène : Le collectif le Grand cerf bleu
Avec Coco Felgeirolles, Laureline Le Bris-Cep, Gabriel Tur et Jean-Baptiste Tur
Du 5 au 14 octobre 2017, du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 17h.
Au Centquatre-Paris, 5 rue Curial, Paris 19ème, Métro Riquet.
Les photos qui ne sont pas logotypées A bride abattue sont de Simon Gosselin

Aucun commentaire:

Articles les plus consultés (au cours des 7 derniers jours)