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La publication des articles est conçue selon une alternance entre le culinaire et la culture où prennent place des critiques de spectacles, de films, de concerts, de livres et d’expositions … pour y défendre les valeurs liées au patrimoine et la création, sous toutes ses formes.

vendredi 10 novembre 2023

Commémoration au Musée de la Grande Guerre

Se rendre au Musée de la Grande Guerre à l’approche du 11 novembre est un geste positif si on considère que l’issue d’une guerre, quelle qu’elle soit, est de conduire à la paix.

Certes le chemin est horrible, surtout quand on considère le nombre de morts (10 millions de morts et disparus pour la Première Guerre Mondiale, auxquels s’ajoutent plus de 21 millions de blessés et mutilés, même si ce n’est pas la plus meurtrière puisque la Seconde aura le triste record de 61 millions de morts) mais il appartient à ce qu’on appelle le devoir de mémoire de rendre honneur à ceux qui ont souffert et/ou péri en espérant que de tels faits ne se reproduiront plus jamais. On sait combien, en ce moment, c’est hélas une utopie.

Mon arrière-grand-père est mort à Verdun. Mon grand-père y a combattu et est revenu très marqué. Il a refusé la médaille militaire parce qu’il estimait qu’elle n’effacerait rien du malheur que ce conflit avait causé. Il n’en parlait jamais. Ce n’était pas lui qui reprochait "on voit bien que tu n’as pas fait la guerre" … Il restait muet sur ces quatre années et c’est en voyant le film Un long dimanche de fiançailles que j’ai compris, un peu, ce qu’il avait enduré. 

Ce qui m’a décidée à venir à l’occasion de cette journée de commémoration, et à faire une plongée dans ces souvenirs, ce sont les nombreux éloges que j’avais entendus à propos de ce musée qui existe depuis maintenant 12 ans, et la perspective d’en suivre une visite théâtralisée par la compagnie Barefoot dont je connais la qualité du travail. J’avais vu il y a quelques mois Braconniers au mois Molière et je n’avais aucun doute sur la qualité de la mise en scène qu’Eric Bouvron aurait faite. Et puis je restais dans la reconstitution poétique de Maya une voix au festival des Nuits de la Mayenne.

Et c'est pour souligner l'aspect humain que j'ai choisi comme première illustration une série de photos de visages comme on en voit beaucoup au musée, composant d'interminables frises.

La visite se mérite car le lieu choisi, proche de la bataille de la Marne et du monument américain dont la restauration a été inaugurée le 10 novembre 2023 est situé sur le plateau, à l’écart de la ville de Meaux et donc éloigné de la gare. Il faut savoir qu’une navette (gratuite et faisant aussi une halte à la cathédrale) est à la disposition des visiteurs le week-end et pendant les vacances scolaires de la zone C.
Le bâtiment est donc isolé, situé dans un parc qui l’est tout autant. Une multitude de drapeaux jettent des lignes de couleur dans le ciel gris. La porte d’entrée évoque la fermeture sécurisée d’un abris et dès son franchissement on croit percevoir le bruit des bombes au lointain. Ce n’est pas une illusion et cet environnement sonore est très bien fait, subtilement mesuré. Le sol est chaotique, assez dangereux si on n’y prend pas garde, sans doute pour évoquer la difficulté qu’eurent les soldats à progresser. L’architecte a prévu un espace immense pour accueillir l’énorme collection donnée par le collectionneur Jean-Pierre Verney qui compte aujourd’hui 70 000 pièces, preuve ultime que tout est démesuré dans ce conflit, et qui vaut une renommée internationale au musée qui est le plus grand européen sur ce sujet, avant Verdun, Péroire, Ypres, et outre-Atlantique Kansas city.

L’équipe ne se satisfait pas de ce succès et travaille constamment à de nouveau projets, notamment la création d’une tranchée pédagogique à ciel ouvert. Le dernier en date vient de se concrétiser avec l’installation de deux wagons mis en dépôt par le musée du Génie d’Angers (mais qui devraient demeurer là à long terme comme la moitié des wagons de ce musée qui sont déposés dans divers endroits). Ils semblent être arrivés naturellement mais il a fallu les transporter, les restaurer (pendant six mois à Joigny dans l‘Yonne), les ramener, les installer après avoir aménagé une plateforme dans le parc.

Il y a tant à dire sur ce moment passé dans le musée que j'aborderai successivement trois thèmes :
  1. L'hommage aux Sapeurs de Chemins de Fer 
  2. La visite théâtralisée
  3. Quelques pièces du musée
  4. Un moment convivial et gourmand avec les 2 Fourmis
1 - Le rail pendant la Première Guerre Mondiale :
L’implantation dans le parc de deux wagons de la Première Guerre mondiale restaurés par la Communauté d’agglomération du Pays de Meaux sera inaugurée ce soir. A droite, nous avons la chance d'être face à un spécimen unique. Audrey Chaix, directrice du musée de la Grande Guerre, nous a expliqué la directrice du musée du Génie d’Angers, l'essentiel sur ces engins. Le premier wagon est blindé, en acier riveté. Il était destiné à acheminer des munitions au plus près du front. Ce spécimen unique était autrefois couplé avec un autre wagon destiné aux engins de longue portée ll était tracté par une locomotive capable de tirer de gros tonnages.
Il est organisé à l’intérieur comme un magasin de munitions. On ne peut pas y pénétrer mais nous avons aussi rencontré Thomas et Marie de la start-up seine-et-marnaise Noovaé qui ont conçu un outil de visite des wagons en immersion par le biais de la technologie numérique, grâce au déploiement d’un outil de médiation numérique en réalité virtuelle, composé de reconstitutions 3D. Cette toute nouvelle expérience immersive montrera les wagons reconstitués et contextualisés dans leur environnement historique, tout en mettant en scène des personnages. Mais le temps nous a manqué pour le tester.

On remarque (à peine visible sur la photographie) la trace d’une étoile au milieu du wagon blindé. C’est l’emblème dédié à l’infanterie, l’artillerie et la marine, qui est le logo du fabricant, l’usine Saint-Chamond de Paris-Lyon-Méditerranée qui par contre a été conservée sur le char Madelon modèle 1917 qui est exposé sous le bâtiment.
Le second, repeint en rouge, est un wagon couvert dit "40 hommes – 8 chevaux" affecté lui aussi aux collections du musée du Génie d’Angers et conservés à Versailles, au camp des Matelots, où était stationné le 5e régiment du Génie. Il transportait des groupes d’hommes assis sur des banquettes en bois, avec au centre un espace pour placer leur paquetage. Quand la cargaison n’était pas humaine c’était des mulets, des chevaux, et des animaux de ferme destinés au ravitaillement alimentaire des troupes qui y prenaient place. S’il s’agissait de chevaux leur nombre pouvait monter jusqu’à huit.
On remarque sur chacun des pièces peintes en jaune vif, couleur destinée à repérer très vite les parties démontables ou à crocheter.
On a perdu beaucoup de ces engins et comme exemple de catastrophe on nous indique l'incendie du 19 décembre 1917, dans lequel 345 permissionnaires ont péri dans ce type de wagon à Saint-Jean-de-Maurienne. Il subsiste cependant encore quelques exemplaires dans les réserves de Versailles. Ils seront complétés à partir de 1917 par des wagons plus larges, plus arrondis, livrés par les Américains.

L’installation de ces wagons rend hommage aux Sapeurs de Chemins de Fer et met en lumière la place du ferroviaire dans la guerre. En effet 4000 trains d’environ chacun 50 wagons étaient en circulation en 1914. Il fallait bien un tel nombre pour assurer la logistique de déplacement de 3 millions d’hommes pendant cette guerre qui a de spécial d’avoir été la première mondiale, industrielle et totale à laquelle prirent part 70 millions de soldats.

Il faut avoir conscience que le temps ne s’arrêta pas pendant cette terrible période. D’autres tragédies se déroulèrent en synchronicité comme le génocide arménien en 1915-16, la Révolution russe et la pandémie de grippe espagnole.

2 - La visite théâtralisée : "Première ligne"
Barefoot est en résidence depuis 2003 pour apporter un nouveau regard sur le bâtiment et les collections en racontant la petite histoire dans la grande et en permettant de façon ludique de voir ou revoir les collections sous un angle différent. Les comédiens de la compagnie nous ont guidés à travers les différentes salles tout en contant l’histoire bouleversante d’un couple plongé dans la tourmente de la guerre. C’est la conservatrice du musée, Michèle Picard (Chloé Froget), qui démarre la visite sous le bâtiment en nous promettant de traverser la période 1914-1918. On aperçoit de loin le fameux char Madelon dont on s'approche pour mieux voir l'emblème en forme d'étoile.
Elle nous fait lever les yeux au ciel à travers une trouée cylindrique que l’architecte a placée pour représenter une marmite, nom désignant un trou que faisait un seul obus en tombant : 25 mètres de profondeur sur 5 de diamètre. Alors imaginons ce qu’ont pu détruire 6 obus au mètre carré puisque tel furent les tirs au plus fort des combats.
Elle ouvre sous nos yeux une malle reçue ce matin de Lucette dont l’arrière-grand-mère était infirmière, en sort un képi, un drap taché de sang et un clairon, objets dont s’emparent des personnages sortis de l’histoire.
Nous faisons une photo souvenir en prononçant, non pas le mot cheese, mais 1-2-3 Brie, faisons local avec humour (comme le moment où trois soldats se traduisent une conversation en allemand-anglais et français). Mais cela n’empêche pas du tout d’oublier les pains de sciure, les poux, les rats, la vie des Poilus, et le Conseil de Guerre ne sera pas davantage occulté. Les filles aux mains jaunes seront elles aussi présentes et je vous recommande le spectacle éponyme qui est régulièrement rejoué sur les scènes parisiennes. Les comédiens miment aussi les mouvements de protestation des cheminotes et les manifestations pacifiques contre la guerre : Assez d'abus, nous voulons nos Poilus ! Mais nous savons que ce fut en vain, de même que le film Joyeux Noël (à voir et revoir) démontre qu'après un moment de grève les combats reprirent de plus belle.
Le spectacle se poursuit d'une salle à l'autre, en tricotant la trame d'une histoire d'amour avec les faits historiques. Ainsi, sur la photo ci-dessus à droite les comédiens sont devant un camion Berliet CBA de 1913, utilisé pour le transport de troupes. On comprend aussi l'importance des relations avec les régiments étrangers.
Terrible jusqu’à la fin à 11 heures le 11 novembre 18 avec l’exigence des garde-à-vous au chapeau, les ordres et conte-ordres et un "dernier" mort … inutile.

3 - Quelques pièces qui ont attiré mon attention :
Il était quasi impossible de suivre le spectacle "et" de regarder les vitrines et les pièces exposées mais quelques-unes m'ont tapé dans l'oeil. A commencer par le si célèbre "taxi de la Marne". 
Les 6 et 7 septembre 1914, sur ordre du général Galliéni, environ 600 taxis parisiens ont été réquisitionnés pour envoyer des renforts à la VI° armée du général Maunoury. Il s'agissait de fantassins des 103° et 104° régiments d'infanterie qui ont été embarqués à 4 ou 5 par véhicule pour être débarqués près de la zone des combats. Même si les effectifs concernés restent modestes à l'échelle de la bataille, l'essentiel des troupes rejoignant le front par le chemin de fer, les taxis devinrent rapidement un symbole de la combativité française et de la victoire de la Marne. Il faut tout de même rappeler que ce modèle 1909 ne pouvait pas dépasser le 35 km/h. Mais ils ont joué un rôle capital en acheminant tout de même 5000 hommes.

Un autre véhicule m'a intriguée et émue, le Berliet CAB pigeonnier militaire mobile 1911 car je sais que mon arrière grand-mère, qui vivait en Picardie, élevait des pigeons voyageurs. Mais je n'ai jamais su à quoi elle les employait.
Il faut se rappeler qu’il y a moins d’un siècle, les communications d’une armée en campagne reposaient encore en grande partie sur le pigeon voyageur. Les liaisons radio (TSF ou télégraphie sans fil) en étaient à leurs débuts avec un matériel lourd et d’un fonctionnement incertain alors que le pigeon voyageur était d’une utilisation souple et fiable en particulier pour les patrouilles de reconnaissance. Amenés à un point donné du front, les pigeons regagnaient leur pigeonnier à une vitesse souvent supérieure à 80 km/h avec le message contenu dans un tube d’aluminium fixé à une patte.

Ce véhicule rigoureusement conforme au pigeonnier mobile utilisé par l’Armée française pouvait accueillir environ 80 pensionnaires logés dans 19 cages situées à l’étage et équipées chacune d’une mangeoire et d’un abreuvoir.
Mon regard a été attiré aussi par cette carte murale répertoriant le langage des tranchées où il est question de grolles (godillots), de souffrantes (allumettes car on les craquait sur une bande soufrée), fromton (fromage), de klebse (chien), de pucier et de plumard (lit) ou encore de becquetance (soupe), un terme que j'ai souvent entendu dans la bouche de mon grand-père, comme une résurgence de son séjour dans les tranchées. Et à propos de repas, il y a aussi cette Cuisine roulante modèle 1917 qui est touchante :
Au début de la guerre, et malgré leur utilité, il n'y a guère qu'une trentaine d'exemplaires de ces cuisines roulantes. C'est dans l'urgence que 12870 unités seront commandées auprès de divers fabricants fançais (et étrangers) au cours du premier hiver jusqu'à l'adoption d'un modèle unique et réglementaire en 1917.

La roulante, qui emporte avec elle le combustible et les aliments, a pour fonction de fournir à la troupe des repas chauds et réguliers; elle est déployée quelques kilomètres en arrière du front. L'acheminement au travers du réseau de tranchées jusqu'en première ligne est ensuite assuré par les hommes de corvée de ravitaillement. Comme il est émouvant de constater au détour d'une photo que les soldats déjeunent sur des tables improvisées qui sont … des cercueils.

Plus légères, sont les références à la musique et aux chants dans la tranchée (et j'aurais aimé disposer de quelques minutes pour m'asseoir et les écouter) avec par exemple It's a long way to Tipperary en VO de 1914, Quand Madelon, Le cri du Poilu ou Le régiment de Sambre et Meuse.

Le général Galliéni (1849-1916) est la figure emblématique de la Grande Guerre et surtout des batailles de l'Ourcq et de la Marne. Ce militaire qui avait pris sa retraite en avril 1914 après une carrière presque exclusivement coloniale outre-mer, a été rappelé et nommé gouverneur militaire de Paris le 26 août 1914. Il contribua à la victoire de la Marne en septembre 1914 grâce à son impulsion énergique et son initiative pragmatique d'avoir réquisitionné les fameux taxis.
Sa statue en plâtre par Eugène Bénet est au centre du musée et on peut l'apercevoir aussi au lointain en arrivant sur l'enceinte du musée.

J'aurais voulu pouvoir passer plus de temps dans les salles parce que chaque objet a une histoire et chaque histoire est un souvenir. Je reviendrai.

4 - Un buffet déjeunatoire :
Je n'ai pas pour habitude de tout raconter des voyages de presse que j'effectue mais la collation qui a été préparée par les 2 Fourmis de 77860 Quincy-Voisins à notre intention était si savoureuse et leur projet est tellement méritant que je n'ai pas voulu faire l'impasse sur ce moment.

Les fondateurs portent le projet d'un café/salon de thé écolo-solidaire et sont donc à la recherche d’un local entre Trilport et Bussy-Saint-Georges pour en faire un lieu atypique, convivial et de partage autour de thématiques qui les touchent profondément.

Ils sont convaincus du bien-fondé d’une démarche écologique sans sacrifier le plaisir. Voilà pourquoi ils cuisinent avec des ingrédients issus de l'agriculture raisonnée ou biologique et tant que faire se peut locaux. Ils visent le zéro-déchet et l'utilisation de produits upcyclés. Pas question de se régaler de leur cuisine dans des assiettes en carton et il est inutile de chercher une serviette en papier.

Ce sera de (très jolies) soucoupes chinées et des carrés de vrai tissu. Evidemment tout est cuisiné maison comme les cakes salés, des bretzels revisités dans une forme plus moderne (en hommage aux origines alsacienne du cuisinier). Le Brie est de Meaux, la sauce moutarde accompagnant les œufs durs ou les légumes croquants est à base de moutarde de Meaux.

Le pain est fait avec la farine de la ferme de Courberonne et lorsqu’ils ont besoin de quinoa il provient lui aussi de Seine-et-Marne. Les noisettes sont récoltées localement. Tout est 100% fait maison, sauf la boisson, mais qui reste locale puisque la limonade fut fournie par la microbrasserie du Saule, qui produit aussi des bières de façon indépendante et artisanale. Elle à vu le jour en 2018 dans le nord de la Seine et Marne et est installée 7 rue Aristide Briand à 77124 Villenoy.
Ils sont également soucieux de santé. Voilà pourquoi, sans sacrifier la gourmandise, la mousse au chocolat est à base de chocolat et de blanc d’œufs, sans matière grasse ou jaune d’oeuf.

Les 2 Fourmis voudraient également avoir l'occasion de proposer des ateliers Do-it-Yourself, des conférences, une découverte du concept de Repair Café. Ils sont également soucieux face au handicap en voulant créer un lieu de référence, de rencontre et de discussion pour les familles qui en sont atteintes. Ils comptent composer une équipe composée à parité avec des travailleurs en situation de handicap car ils sont persuadés que le handicap en milieu professionnel est une force qui fera la différence.
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Enfin je terminerai en mentionnant qu'il existe depuis le 11 novembre 2018 un monument dédié aux 94 415 Parisiens morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Sur le mur d'enceinte du Père-Lachaise, le long du boulevard de Ménilmontant, il mesure 280 mètres de long pour 1,30 mètre de haut, à la mesure de l'ampleur du conflit et du nombre de victimes. Son horizontalité évoque un trait d'union intemporel entre les générations passées et celles à venir. Sa couleur bleu horizon rappelle la France et la teinte de l'uniforme des Poilus.

Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux
Rue Lazare Ponticelli – 77100 Meaux – Tél. : 01 60 32 14 18
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h sauf les mardis et les 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre.
Fermeture annuelle : 15 août au 2 septembre 2023

1 commentaire:

Les 2 Fourmis a dit…

Merci pour votre article, c'est adorable !
Nous espérons sincèrement vous avoir régalé !
Pour information, les fromages de chèvre sont également une production locale puisque la ferme apicole Metaczyk'Api se trouve à Quincy-Voisins à 300m de notre lieu de production.

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