jeudi 22 novembre 2012

Visite éclair de Vaux-le-Vicomte


J'y étais venue pour le Palais du chocolat et de fait je n'ai pas vu grand chose du château. Je n'ai eu le temps cette fois ci que de faire le tour de l'édifice, de traverser quelques pièces d'apparat, de m'attarder dans les cuisines ( mais quelles cuisines ! ) et de jeter un bref coup d'oeil sur l'étendue des jardins.

Je vous avais promis de vous montrer ces photos dans un billet spécial puisque celui que j'avais consacré à la manifestation gourmande était déjà très long et chargé en photos.

Le château est impressionnant par sa taille, son étendue, l'ampleur des jardins. Cela saute aux yeux dès l'arrivée et il faut marcher un bon moment avant de monter les marches du corps principal. Rien d'étonnant à ce qu'il soit le plus grand domaine  privé de France et qu'il donna à Louis XIV l'idée de construire Versailles.
18 000 ouvriers ont travaillé d'arrache-pied pendant seulement 4 ans sur ce chantier pharaonique. L'objectif du propriétaire, le surintendant Nicolas Fouquet, était d'épater le jeune Louis XIV le 17 août 1661 sans imaginer un instant que la soirée allait se conclure sur deux drames.
Il faut songer à lever le nez de temps en temps pour admirer notamment les toitures. Le lanternon vient d'être refait et la visite du dôme permet d'observer les environs depuis un panorama exceptionnel après être passé sous les grandes charpentes.
Si l'architecture est signée Louis Le Vau c'est le peintre Louis le Brun qui eut la charge de la décoration.
Et c'est probablement le Sommeil qui orne le plafond de cette salle de jeux qui est sa plus belle oeuvre.
Le salon d'Hercule
La Chambre du Roi est la plus ancienne qui soit d'époque Louis XIV. Elle servit d'exemple pour Versailles. On peut y voir un lit Régence en tapisserie, et deux commodes Boulle. Personne n'y dormit jamais.
Un exemple de salle de bains, avec le Cabinet des Bains du Roi (auparavant à l'étage et descendu récemment) avec une baignoire presque aussi confortable qu'un lit.
La Chambre du Marechal de Villars est adjacente. Si on jette un oeil par la fenêtre on peut deviner un animal ... sauvage ? C'est un moulage dont on doit l'initiative à Monsieur de Vogüé.
En sortant du château par la terrasse on pourrait se promener à travers le jardin à la française, dessiné par Le Nôtre dont le buste salue le visiteur sortant des cuisines. Je vous conseille en été d'aller jusqu'au grand Canal. Jets d'eau et cascades animent les basins les 2ème et derniers samedis du mois.
De nombreuses manifestations sont programmées chaque saison. La chasse à l'oeuf le dimanche et le lundi de Pâques. Une journée Grand siècle en mai avec déjeuner sur l'herbe en costume d'époque. Une nuit des Muses en juin. Des visites aux chandelles et même parfois un feu d'artifices.
Cette salle dite Salle des Buffets, est en quelque sorte une des premières salles à manger. Une scène de danse avec danseurs et courtisans évoquant la fameuse fête est projetée dans une alcôve et l'effet est saisissant. Surtout quand on sait que le cuisinier Vatel s'est suicidé parce que le poisson n'était pas arrivé à temps. Quand on songe à ce que les invités avaient ingurgité une telle conscience professionnelle est incroyable.

Les plats étaient montés des cuisines sur des réchauds. Plafonds et boiseries représentant la Paix ramenant l'Abondance et les Quatre Saisons sont dus à Charles Le Brun. On devine une console en poirier noir sculpté avec dessus de marbre brun.
Des cuisines de rêve occupent les sous-sols du château. Avec abondance de matériel et d'ustensiles. On les croirait encore en fonction.
Tous les plats sont très appétissants. Ils ne sont pourtant que purement décoratifs. pour déjeuner il vaut mieux se rendre au restaurant-salon de thé l'Ecureuil qui propose un choix de plats et de boissons en libre-service. Il porte le nom de l'animal emblématique du fondateur du domaine. Si la particularité de l'écureuil est de faire des provisions il a un défaut majeur qui est de ne plus se souvenir où il les a cachées. Le surintendant des finances avait amassé une fortune considérable et elle était bien visible ... il suffisait de se promener à Vaux, ce qui eut pour effet de provoquer la jalousie royale. Il fut destitué et arrêté sur l'ordre de Louis XIV en 1661 pour malversations, condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement hors du royaume. Bien qu'il fut blanchi par la justice Fouquet subit l'emprisonnement à vie car personne ne pouvait alors s'opposer à la volonté royale.
Je vous conseille de vous installer dans la salle du fond, près de la cheminée.
Une des spécialités du lieu est un apéritif avec du sirop de coquelicot de Nemours. C'est délicieux, à boire avec modération bien sur. J'avais voulu gouter un plat au chocolat le jour de ma venue mais le succès avait épuisé la réserve. Le gigot était parfait avec les haricots verts. Par contre la purée est sans comparaison avec celle que je fais à la maison.
Les grandes écuries du Surintendant Fouquet abritent un Musée des Equipages où sont exposées une trentaine de magnifiques voitures à cheval anciennes.
Le char romain d'apparat créé la surprise dès l'entrée dans les lieux. C'est une réplique du XIX°siècle du char en marbre conservé au musée du Vatican.
Le promeneur va de surprise en surprise, avec aussi des chaises à mules de construction française ou portugaise, datant du XVIII° siècle.
Les attelages sont ultra sophistiqués ou curieux comme cette voiture à gibier du château de Laversine, qui provient d'un dépot du baron Elie de Rotschild.
On voit aussi de classiques grandes calèches pour un ou deux passagers, ou ce drag attelée par 4 chevaux avec cochers et passagers semblant prêts à partir. Il est pourtant daté de 1880.
Vaux-le-Vicomte fêtera aussi Noël à partir du 1er décembre dans un décor de forêt enchantée.

C'est tout le département de la Seine-et-Marne qui va se métamorphoser du 27 au 31 décembre dans le cadre de la 3ème édition du festival Dépayz’arts, à l'initiative du Conseil général de Seine-et-Marne. 

Des artistes d’horizons divers comme O.P.U.S, Mariano Pensotti, Natacha et Nuits de Prince ou Antigua I Barbuda, permettront aux spectateurs de vivre une kermesse haute en couleurs, une performance littéraire sur le quai d’une gare, une nuit tzigane aux abords des ruines d’un château, ou encore d’impliquer les parents dans les jeux des enfants en les faisant devenir moteur de l’attraction… et ce sera gratuit.

Pour plus d’informations, il vous est possible de consulter le site internet de la manifestation. 
Et celui du château pour suivre le programme.

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