mardi 4 juin 2013

Petites Musiques de Proust chez Maxim's


Gérard Chambre et Cécile Leblanc ont débusqué dans l'oeuvre de Marcel Proust des textes pour illustrer le thème de "Proust et la musique".

Ils nous les ont donné ce soir à entendre dans le Petit théâtre de Maxim's au cours d'une représentation, qui reste pour le moment unique mais qui devrait donner naissance à un spectacle prochainement.

Cécile Leblanc est maitre de conférence à l'université Sorbonne-Nouvelle. C'est une spécialiste de Proust. Ces Petites Musiques sont une des nombreuses façons de célébrer le centenaire de la publication Du Coté de chez Swann.

L'auteur de la recherche a beaucoup fréquenté les musiciens, en particulier Reynaldo Hahn qu'il rencontre en 1893 alors qu'il est déjà un musicien prodige. Il l'introduit dans les salons mondains. Ces endroits sont des passages obligés pour les musiciens parce qu'on y pratique le mécénat. Ravel et Debussy ont bien été contraints eux aussi de s'y produire s'ils voulaient avoir un public. Mais quel public ! Des spectateur qui n'arrêtaient jamais leurs bavardages et qui les regardaient à peine. L'exaspération poussera certains à claquer le clavier du piano.

L'écrivain rencontra aussi Wagner qui fut peu joué à Paris à son époque et il connaissait bien l'oeuvre de Beethoven.

A la surprise générale l'humour est apparu chez un auteur qui évoque davantage le sérieux, voire l'ennui pour beaucoup. Quand Bernard Pivot essaie de faire un trait d'esprit sur Twitter il écrit : La nuit, le jeune Marcel Proust, qui s'est couché de bonne heure, rêve d'une phrase qui ne finira jamais.

Et pourtant, la Petite phrase, le salon Verdurin, le salon Sainte-Euverte (Du côté de chez Swann), le Portrait de Morel comme celui de Charlus (Sodome et Gomorrhe), les Cris de Paris, le parallèle entre Tristan et la Sonate de Vinteuil (La Prisonnière) et puis les Walkyries (le  Temps retrouvé) nous démontrent le contraire.

Marcel Proust a fait preuve d'un humour féroce pour fustiger le snobisme qu'il observait dans les salons avec son regard impitoyable et cruel.

Quant à son Eloge de la mauvaise musique qui figure dans le chapitre XIII des Plaisirs et les jours (1895) c'est un petit bijou incontournable sur ce sujet :
Détestez la mauvaise musique, ne la méprisez pas. Comme on la joue, la chante bien plus, bien plus passionnément que la bonne, bien plus qu'elle s'est peu à peu remplie du rêve et des larmes des hommes. Qu'elle vous soit par là vénérable. Sa place, nulle dans l'histoire de l'Art, est immense dans l'histoire sentimentale des sociétés. 
A travers des textes assez courts, parfois lus, parfois chantés, Gérard Chambre, accompagné au piano par Fabrice Coccitto, nous a fait découvrir une autre facette du grand écrivain. Ce soir, le petit théâtre de Maxim's avait l'apparence d'un salon ... mieux même puisque le public était totalement à l'écoute.
Petits Musiques de Proust
Lecture musicale par Gérard Chambre et Fabrice Coccitto de textes choisis par Cécile Leblanc
Petit théâtre de chez Maxim's
3 rue Royale, 75008 Paris

Je rappelle que dans cette même salle on peut encore voir le lundi (mais seulement ce soir-là) le Cabaret Charles Trenet les 10-17 et 24 juin à 20 h 30.

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