lundi 29 avril 2019

Le canard à l'orange mis en scène par Nicolas Briançon

Je n'avais pas pu voir cette comédie à sa création parce que j'étais en voyage à l'étranger. Je me suis rattrapée depuis et je dois dire que je comprends que ce Canard à l'orange soit aussi abondamment nominé aux prochains Molières.

Hugh Preston est un animateur-vedette de télévision, marié depuis 15 ans à Liz qu’il trompe avec de nombreuses maîtresses (mais cela on ne le saura que plus tard). Un vendredi soir, Hugh fait avouer à sa femme sa liaison avec un homme avec qui elle compte partir le dimanche matin suivant. Il lui offre de prendre les torts à sa charge, et de se faire surprendre en flagrant délit d’adultère au domicile conjugal avec sa secrétaire, ... en quelque sorte à condition que l’amant vienne passer le week-end à la maison pour soit-disant régler les questions du divorce. Il l'invite au cours d'un coup de fil totalement surréaliste.

Voici donc Liz (la femme), Hugh (le mari), John (l’amant), Patricia (la secrétaire de Hugh), plus Mme Grey (la gouvernante) et un canard récalcitrant, réunis pour un week-end au cours duquel Hugh, en joueur d’échecs qu’il est, va tout faire pour reconquérir sa reine.

Nicolas Briançon reprend le rôle après Jean Poiret et Michel Roux. Il signe aussi une mise en scène très efficace. Le décor (conçu par Jean Haas) évoque les faubourgs aisés de Londres. Cette comédie est brillamment interprétée par 5 comédiens qui sont tous nominés aux prochains Molières. Il n'y aura donc aucun jaloux alors que la pièce ne parle que de cela. Ils sont certes tous excellents, mais Alice Dufour est une vraie révélation ... à l'instar de François Vincentelli ... qui est son compagnon. Et Anne Charrier (formidable mère dans En attendant Bojangles) toujours parfaite.

Nicolas Briançon est doublement nominé, comme comédien et comme metteur en scène. Il a déjà reçu le Molière du metteur en scène d'un spectacle du théâtre privé en 2015 pour Voyages avec ma tante.
J'ai noté plusieurs répliques qui pourraient être cultes :
- Et combien de temps as-tu résisté ? 18 jours ! Bravo. A Hastings l’armée a capitulé en 12 heures.
- Quand as-tu eu le premier doute ? La première fois que je t’ai vue.
- Oui je comprends que ce soit humiliant d’être mariée avec un cocu.
- J’imagine les cerfs au-dessus des fougères.
Nous venons de faire un grand pas vers la lumière.

Hugues est plus rusé qu’un chef indien, faisant semblant de se préoccuper de l'invité (Attention à la marche !). Il promet d'être civilisé : Nous sommes des hommes modernes qui ne vont pas se battre, mais ce sera féroce.

Il rejoue avec Patricia le fameux sketch de Pierre Dac. Pouvez-vous me dire ?

Le public ne connaît guère de repos. Je vous fais grâce de l’histoire du pigeon. On rit beaucoup. Le texte date de 1967 mais les ressorts sont éternels, surtout quand le texte est joué par des acteurs qui "osent". Pour preuve voici la bande-annonce qui sera sans doute plus efficace que mes commentaires.



Le seul bémol auquel je me risque concerne le fond assez misogyne ... mais qui me semble indissociable de la majorité des comédies de boulevard (quoique des pièces comme Deux mensonges, une vérité ou La dégustation, en ce moment encore à l'affiche parviennent à bousculer ces codes). 
Le canard à l'orange de William Douglas Home
Adaptation Marc-Gilbert Sauvajon
Mis en scène par Nicolas Briançon
Avec Anne Charrier, Nicolas Briançon, Sophie Artur, François Vincentelli et Alice Dufour
Décorateur : Jean Haas
Costumier : Michel Dussarat
Lumière : Franck Brillet
Depuis le 22 janvier 2019
Au Théâtre de la Michodière
4 bis rue de la Michodière - 75002 Paris
Du mardi au samedi à 20h30
Matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h30
Molière 2019 du comédien dans un second rôle pour François Vincentelli

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