samedi 22 septembre 2012

L'art du rire de Jos Houben est donné en soirée d'ouverture au Théâtre de Chevilly-Larue


(mise à jour 31 mai 2013)

Rire est tout un art que Jos Houben décortique dans les grandes largeurs. Il le fait à merveille et les abonnés du Théâtre de Chevilly-Larue ont grandement apprécié la leçon, que dis-je ... la conférence.

Il faut dire que dans cette petite ville, on ne fait pas les choses comme ailleurs. La présentation des spectacles aux abonnés potentiels s'accompagne toujours d'un spectacle offert et c'est suffisamment rare pour le souligner. Où la plupart des théâtres organisent après de longs discours un pot, plus ou moins copieux, laissant souvent désemparées les personnes âgées qui n'ont pas osé jouer des coudes, Michel Jolivet bouscule la chronologie. Des plateaux attendent le public dès 19 heures. Le parvis du théâtre est équipé de petites tables accueillantes. Un barnum est dressé au cas où des gouttes tomberaient mal à propos. Et ce n'est pas la doyenne des abonnés, Daria, bientôt 91 ans, qui s'en plaindrait.

C'est très sympathique et on peut commencer à échanger des avis avec les personnes présentes, qu'on est heureux de retrouver. Les groupes se forment. l'équipe est là pour se présenter aux nouveaux. Quand on a pris une collation on est déjà plus en forme pour écouter les présentations. Putain , l'année commence bien (...) On choisit sa vie à chaque instant.

Ce n'est pas moi qui le dis, mais Noémie Lvovsky, la réalisatrice et actrice de Camille redouble, pour nous apprendre la grande nouveauté de la rentrée : finies les bobines, place au numérique avec un son inouï en salle ... trop fort se plaindront même quelques spectateurs.
Le cinéma sera grandement à l'honneur cette saison avec des rendez-vous familiaux, des cine-seniors, des avant-premières. On commencera avec les Nouveaux chiens de garde pour évoquer l'indépendance des médias aujourd'hui le mardi 16 octobre en présence du réalisateur. Autant vous dire que c'est un sujet qui intéresse les bloggeurs.

Caroline Parc a annoncé deux festivals, autour de l'Argentine en novembre, et des monstres en février. Le cinéma de patrimoine aura aussi sa place, comme le 2" octobre, avec la Grande Illusion, de Jean Renoir, celui-là même qui estimait que l'art du cinéma consiste à s'approcher de la réalité des hommes et non pas à raconter des histoires de plus en plus surprenantes.
Coté théâtre demandez la brochure, soit à destination du public adultes, soit pour les familles. Le choix est large et intelligent. Certains metteurs en scène vont devenir des habitués comme Sylvain Maurice qui sera présent plusieurs fois. Avec des marionnettes pour les Sorcières de Roald Dahl, de la magie pour la Métamophose de Kafka.
Consultez aussi en ligne et remarquez combien plusieurs spectacles ont été choisis par des salles voisines. Une chose est sure en tout cas et doit être soulignée la politique tarifaire est très avantageuse. sans entrer dans les détails le plein tarif est au niveau du tarif réduit dans les alentours.
Le travail de médiation culturelle est également à souligner (Anne Mauberret, à gauche sur la photo, en a parlé avec sincérité, à l'invitation de Christel Penin, la secrétaire générale) ainsi que la filiation avec la Maison du conte qui, elle, ouvre ses portes samedi prochain.
L'Art du rire fut donc la master-class de la soirée. Jos Houben suggérait à ceux qui avaient l'intention d'améliorer leur pratique de prendre des notes. La salle est restée éclairée pour l'occasion. Le décor est minimaliste, une table et deux chaises. Ce b'est pas la fiche technique qui effraiera les programmateurs. L'homme revendique ses origines, belges, et il emploie à merveille son mètre nonante sept pour arpenter la scène. En sortant nous aurons un autre point de vue sur le concept de verticalité.
Qu'il nous mime un visiteur de galerie d'art, la démarche d'un anglais ou d'un italien, les mimiques d'une poule ou l'allure d'un morceau de fromage Jos pointe l'effet comique de la démesure en restant toujours dans la dignité.
Est-ce son talent qu'il faut louer ou notre capacité à nous lâcher ? Toujours est-il qu'au fur et à mesure de la soirée on rit de plus en plus ... parait-il avec n'importe quoi ... c'est son analyse. On en sort joyeux et on se met à loucher sur le plateau de Brie et sur les fromages de chèvres qui nous attendent sur le parvis pour prolonger la soirée où l'artiste nous rejoindra très vite.
C'est vivifiant. Ne le loupez pas quand il passera à une encablure de chez vous, par exemple à Chatenay-Malabry le 30 novembre ou le 11 février. Je vous suggère de tenter quand même la première date car, si on affiche complet, vous pouvez tout de même espérer avoir un billet à 7 euros en occupant le fauteuil de quelqu'un qui s'est désisté.

Le spectacle sera programmé en mai et jusqu'au 15 juin à Paris, au Théâtre du Rond-Point, à 18 h 30 en salle Renault-Barrault.

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