mardi 22 novembre 2011

Nosferatu fait escale à la Piscine (92) pour le festival Marto

Le Bob théâtre est de retour sur la scène de la Piscine dans le cadre du festival MARTO. Après Hansel et Gretel, puis Princesse K, l'an dernier, c'est Nosferatu qui avait inspiré Denis Athimon et son complice Julien Mellano. On découvre leur version cette année mais la création a eu lieu en 2003.
Deux croque-morts, un grand baraqué et un chauve rivalisent d'inventivité pour revisiter le mythe du fameux vampire des Carpates. Sur fond de musique de films de série Z, et à grand renfort d'ampoules, de mixers et de boites de conserve, ils font hurler ... de rire ou de peur, selon notre humeur !
Comme on le dit dans le jargon, la jauge est minuscule : le public est invité à prendre place sur des coussins ou quelques rangées de gradins installés sur la scène. Nous avons quasiment le nez sur la table qui constitue la pièce centrale du décor. De la fumée s'échappe d'une cloche qui protège un drôle de met. Un parfum d'encens chatouille nos narines. Un enfant se délecte de bonbons alors que, à portée d'yeux, les comédiens vont bientôt sucer un os ...

Logique puisque ce sont des croque-morts ... appelés ainsi parce que leur premier geste était de donner un coup de dent dans l'articulation d'un os du pied. Truc infaillible, non pas pour réveiller un défunt, mais quelqu'un qui n'était "que" dans le coma, et éviter d'enterrer un mort vivant.

La méthode a changé. Le nom est resté. Actualité oblige, on se sent dans l'univers de Twilight alors que la descente au noir commence à flanquer la trouille aux bambins, pourtant prévenus que le spectacle est interdit aux mauviettes.

Allusion à la peste. L'hécatombe creuse les tombes. Tout sera à prendre au second degré, mais point trop tout de même. Ce petit garçon interrogeant sa grande sœur plus tard à propos d'une hostie : c'est des chips ? n'a pas du saisir l'essentiel du propos.

Les Bob ont bien raison de rester sur scène après le spectacle pour faire une explication de texte, même si personne n'a relevé leur traditionnelle réplique de fin : Vous avez des questions ? (silence) Au cas où on va rester un petit peu.

La musique a été composée sur mesure pour accompagner les dialogues et provoquer le frisson. Je vous suggère de faire l'expérience de regarder un film d'horreur en coupant le son. Vous constaterez que vous n'avez absolument pas peur.

L'accessoire principal est une couverture militaire de plus de 25 mètres, constituant ainsi le plus "grand" décor de marionnettes du monde. Ils ont imaginé un travelling qui n'en finit pas pour perdre le spectateur au cœur de la forêt profonde.

Il s'agit davantage d'un théâtre d'objets où les marionnettes sont très spéciales puisque ce sont des ampoules que les deux comédiens animent, n'hésitant pas à changer de rôle pour davantage de praticité, et surtout éviter de se prendre les pieds dans les fils. Les jeux de lumière sont essentiels.
Chaque soirée a une part de surprise. La scène entre le docteur et le maire est volontairement non écrite de manière à laisser une marge d'improvisation. Chacun joue de sa gestuelle ou de sa voix pour tenter de piéger l'autre. Mais je ne vais pas vous en dire plus. un spectacle des Bob ne se raconte pas. Il se vit.

Il faut visiter le site du Bob, lequel reflète leur esprit. Vous apprendrez ainsi qu'il est bon de savoir que Nosferatu peut se jouer en anglais comme en portugais parce que Bob est trilingue.

Le festival MARTO garde depuis douze ans sa spécificité de proposer des spectacles de marionnettes et théâtre d'objets pour adultes, en banlieue sud et précisément à par Fontenay-aux-Roses, Clamart, Bagneux, Malakoff, et bien sûr Chatenay.
Photo des Bob, © Alexandre Musset

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