jeudi 17 décembre 2015

Vous reprendrez bien quelques sketches de Chevallier et Laspalès

Nous les connaissons depuis trente ans. Ils nous ont fait rire ensemble comme séparément. C'est un duo dont le public ne se lasse pas. Mais en fins humoristes ils regardent davantage la société que leur propre nombril et lorsqu'ils décident de remettre le couvert ils ont la sagesse d'inclure de nouveaux sketches sans renoncer à ceux qui les ont rendus célèbres.

On dit toujours Chevallier et Laspalès, en application du sacro-saint principe alphabétique ... Ils s'en amusent eux-mêmes en loupant leur descente des cintres sur un roulement de tambour et un balayage de poursuites dignes d'un spectacle de cirque. Ce sont des clowns et ils entendent le rester.

Régis Laspalès (à droite sur la photo) a fait des études aux Beaux-Arts mais c'est au cours Simon qu'il rencontre Philippe Chevallier (à gauche). En intitulant leur première composition "Pas de fantaisie dans l'orangeade" savaient-ils que le cocktail serait un succès jamais démenti ? C'est ce spectacle qui les a fait repérer par Philippe Bouvard (qui fut un grand dénicheurs de talents). Après 5 ans sur la chaine qui s'appelait alors Antenne 2 les voilà sur une "vraie" scène de théâtre, au Rond Point Renaud-Barrault.
Les succès se suivent, avec notamment C'est vous qui voyez en 1992. L'expression est passée dans le langage commun. Impossible de ne pas penser à eux quand on consulte les horaires des trains.

La SACEM leur attribue le prix de l'humour en 1999. Ils se lancent alors dans une carrière solo. Régis sera Landru dans la pièce éponyme. Ils se retrouveront sur les planches en 2001 pour Monsieur chasse ! On les revoit ensemble régulièrement au théâtre et au cinéma. C'est toujours le succès avec par exemple Ma femme s'appelle Maurice de Jean-Marie Poiré. Plusieurs reprises jalonnent leur parcours, comme le Dîner de cons en 2010.

Ils le disent eux-mêmes : on est comme Joséphine Baker. On a deux amours, le théâtre et les sketches. C'est donc en toute logique qu'ils soient de nouveau après 7 ans d'absence sur des scènes de music-hall depuis un an pour (re)présenter les grands classiques et quelques nouveautés.

Parmi elles une satire mordante de la carte bancaire dont le premier privilège est de payer plus cher que le simple péquin. Avec un raisonnement paralogique comme il se doit : je me fous que ce soit cher puisque j'y ai droit.

Le GPS, le mariage pour tous, les journalistes cinéma, les débats à l’Assemblée Nationale, les maisons de retraite, la réforme des régions sont quelques-unes de leurs autres nouvelles cibles.

Ils démontrent avec brio l'absurdité et l'incohérence de la féminisation des mots, exemples à l'appui.
On savoure toujours avec autant de plaisir les aventures des week-ends chez des amis qui ont les moyens. Ou encore l'énumération des types de pain que les boulangers mettent en avant, comme la pingolette : une pâte aux oeufs de pingouin.
Mais on découvre aussi le talent de Philippe Chevallier à parler québécois dans le texte, et à très grande vitesse. Ses précautions oratoires  j'sais pas si vous dîtes vous autre en français ... pourraient bien devenir un nouveau standard.
L'accumulation de lettres capitales qui compose le décor fonctionne plutôt bien et nos deux compères mouillent le smoking en acceptant de laisser plumer.
Sans crainte du ridicule ... même en costume de canard.
Vous reprendrez bien quelques sketches de Chevallier et Laspalès
Jusqu'au 3 janvier à l'Espace Cardin, à 20 h 30
quelques matinées à 16 heures vendredi 25 décembre et dimanche 3 janvier
relâche jeudi 24 et vendredi 1er
Photos Charlotte Spillemaecker.

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