vendredi 17 avril 2009

L'école de mon enfance

J'ai habité à Sens (Yonne) une bonne dizaine d'années, il y a très longtemps. La ville m'a semblé avoir "rétréci" depuis tant les rues m'ont paru étroites. Probablement qu'autrefois la circulation automobile était moins intense et que petite fille tout me paraissait démesurément grand.

J'ai retrouvé notamment l'école de mon enfance, qui est en cours de restauration. Le nouveau propriétaire m'a autorisée à prendre des photos qui vont rester personnelles pour la plupart puisqu'il s'agit maintenant d'un lieu privé. Ces bâtiments XVII°, XVIII° et XIX° siècle, tout proches de la superbe cathédrale ont probablement nourri mon imaginaire et c'est peut-être d'avoir appris l'orthographe sous la houlette exigeante de la petite nièce de Marcel Proust que je dois d'écrire aujourd'hui avec tant de plaisir.

Je vais d'abord vous montrer la façade de ma première classe, le CP, puisque je ne suis jamais allée en maternelle. Les deux fenêtres donnaient sur un passage fleuri où les oiseaux s'égosillaient toute la journée. Sachant déjà lire, je passais le plus clair de mon temps à rêver de m'envoler ...
Dès le CE1, j'émigrai dans la cour des grands, située à une enjambée de la précédente. Les fenêtres étaient protégées de barreaux coté rue du Tambour d'argent.
Mais coté cour, le bâtiment aurait pu laisser croire que nous étions dans une classique école "Jules Ferry", quoique la petite tourelle menant à des caves souterraines ne soit un peu étrange.
Et surtout, juste en face, elle était bordée par cette façade XVIII° aux salons Marie-Antoinette. Je me souviens particulièrement de l'un d'entre eux, transformé en salle de classe quand la directrice, qui s'était cassé le col du fémur, ne pouvait plus monter les escaliers du bâtiment principal. C'était assez drôle de résoudre des équations du second degré sous un plafond décoré de stucs. Ou mieux d'y apprendre l'histoire de France.
Au premier étage de celui-ci se trouvaient les dortoirs des internes. Combien de fois nous sommes nous lancé le défi d'y grimper sans se faire surprendre par un professeur. (Fastoche : personne ne surveillait les récréations ...).

Pour rien, juste pour le plaisir de découvrir quelque cachette, un escalier secret, une porte dérobée. L'école n'en manquait pas.

Le seul risque était de se perdre et de débouler involontairement dans la chambre d'un enseignant. Car ils étaient tous pensionnaires, comme la moitié des élèves. Evidemment il n'y avait pas de salle dite "salle des professeurs". Chacun regagnait ses pénates aux inter-classes.

Il y avait aussi deux jardins, une grotte, et une multitude de dépendances ... mais nous n'avions pas de gymnase et ce n'est que la dernière année que l'école fut mixte (3 garçons étonnés sont arrivés en classe de seconde) et qu'une salle de travaux pratiques a été bricolée dans un rez-de-chaussée.

L'école s'est ensuite considérablement développée. Des "préfa" ont surgi dans la cour pavée. C'est alors que mes parents ont déménagé et que je me suis retrouvée, un peu surprise, dans un lycée polyvalent d'une ville nouvelle (sans passé et sans âme) où j'étais la seule externe.

Les bâtiments ultra-modernes tenaient plus lieu d'une navette spatiale que d'un hôtel particulier et les méthodes pédagogiques radicalement différentes. Je peux dire que le changement fut brutal.

Un jour prochain, je vous montrerai quelques bâtiments sénonais et spécialités locales.

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