mardi 2 avril 2013

Les gosses de Valérie Clo chez Buchet Chastel

(mise à jour le 20 avril 2013)
Je tourne la page 147. Zut alors, c'est fini. Le livre, oui, l'histoire non. On reste en plan comme au bout du premier tome de 50 Nuances de Grey.

La narratrice a la quarantaine, l’âge de certains questionnements. Elle est divorcée. Trois enfants chez elle. Deux ados et une fille plus petite. Tous les trois vivent dans un foyer où les péripéties se situent à égale distance de Fais pas ci, fais pas ça, une Famille formidable et Absolument dé-bor-dée, pour ne citer que des séries bien connues ou un livre récemment chroniqué.

Ne me demandez pas le prénom de la mère, la fille (la grande), le fils, la petite (la seconde fille) ... encore moins l'ex (mari) et le futur (compagnon). Valérie Clo ne dévoile aucune identité. Son "je" en devient suspect.

Voilà un livre qui fait oublier les soucis de boulot, le boss, les collègues, les clients et qui relativisent aussi les tracas dont on se plaindrait à longueur de journée. Il raconte la vie quotidienne d’une mère dépassée et tourne en dérision des relations qui ne sont pas toujours simples. Tant de soucis dans une si petite famille ... même pas encore recomposée. On se dit, qu'emportée par sa verve, l'auteure a forcé le trait. Quand soudain, une phrase fait tilt. Ah, oui, une remarque comme celle là, on l'a cent fois entendue dans la bouche de notre progéniture.

C'est la réalité quotidienne, la sienne, et celle de ses amies, qui a donné le point de départ au projet, raconter, sous forme de fiction, les petits tracas actuels vécus dans les familles où vivent des adolescents.

J'ai rencontré Valérie. Elle se souvient de sa propre adolescente, différente de celle qui agite ses enfants. Les exigences sont plus fortes, d'abord du coté de la société où la publicité et le marketing ont formaté les goûts et où la pression de la réussite s'exerce de façon plus injonctive qu'auparavant ... tout en menaçant qu'il n'y aura pas de travail pour tous et que les acquis sociaux vont se déliter. Egalement du coté de nos grands enfants qui veulent plus que jamais "profiter de la vie" avant que la vie ne profite d'eux.

Et malgré tout surgissent régulièrement au détour d'une confidence une naïveté et une fraicheur qui étonnent les parents.

Valérie a tendu une oreille exercée dans la rue, chez ses voisins, dans son entourage, à la télévision ...  pour capter des conversations qui prenaient des allures de sketchs. Elle a progressivement accumulé les prises de notes, qu'elles a façonnées en autant de "vignettes" qui laissent le lecteur imaginer le cadre.

Paradoxalement, depuis cette lecture, je regarde mes deux grands (enfants) avec plus de tendresse ... m'étant rendue compte qu'ils ne cumulent pas tous les travers qui sont pointés. Rien que pour cela, merci Valérie. Il n'y a tout de même une chose que je vous envie ... votre voisin de pallier.

A signaler aussi son précédent livre, Plein soleil, paru lui aussi chez Buchet-Chastel, en 2011. Clairement autobiographique, ce roman a été inspiré par la perte de son père alors qu'elle avait à peine un an. Croyant la préserver, les adultes ne lui ont rien dit. Cet homme est devenu effrayant pour l'enfant parce qu'il était partout dans la maison, figé et muet dans des photographies.

L'écriture du roman a permis à Valérie Clo de lever le voile sombre qui pesait sur son histoire et à s'en libérer.

Samedi 20 avril elle sera en dédicace à la Librairie le Méandre à partir de 18 h 30 à Meudon, 2 rue de Vélizy, 01 45 07 05 59 ... pour son dernier livre, mais elle signera aussi volontiers les précédents.

Les gosses de Valérie Clo chez Buchet Chastel, avril 2013

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