lundi 23 février 2015

Retrouver le petit frère de Gisèle Bienne à l'Ecole des loisirs

Gisèle Bienne publie des romans pour adultes et des livres qui s'adressent à un public plus jeune. Elle s'en explique en ces termes : "Il s’agit de la même écriture, même si, lorsque j’écris pour les adolescents, je fais moins de commentaires et je laisse parler les situations. Je pense que les jeunes peuvent tout lire."

C'est le cas de Retrouver le petit frère, recommandé pour les adolescents de 12 à 16 ans, même s'il m'a procuré un vrai plaisir de lecture, en me rappelant l'Année brouillard de Michelle Richmond que j'avais tant aimé, et qui concerne le même sujet.

La disparition d'un enfant est une des pires choses qui puisse arriver à des parents.
Comme elles en ont l’habitude, Emma et sa sœur Sophie vont promener leur petit frère le long de la route, vers l’étang et la forêt. « On va voir les canards, lui disent-elles, on revient dans cinq minutes. » Mais à leur retour, elles ne trouvent qu’une poussette vide. Et une seule chaussure de leur frère. Où est-il passé ? Que s’est-il passé ? Les questions se bousculent dans la tête d’Emma. Mais les recherches, les appels à témoins, les invocations ne donnent rien. Les certitudes d’Emma se fissurent et le doute s’insinue en chacun : ses amies, ses parents, sa sœur. Comment se construire alors et traverser les jours, les mois, les années, au-delà de cette disparition ? Contre l’oubli, contre le silence et contre les soupçons, Emma fait tout pour préserver le dialogue avec celui qui n’est plus là, animée par l’espoir, fou peut-être, de le retrouver.
Toute la famille a été secouée par la disparition d'Odilon, Emma plus que les autres. Parce que c'est l'ainée. Parce qu'elle assume la responsabilité de ce qui s'apparente à un abandon, et qui n'aurait été qu'une étourderie si l'enfant avait été retrouvé sain et sauf.

Sa sœur, Sophie sait "qu'on n'a rien fait de mal mais on n'aurait pas dû ..." (p. 33). En qualité de "seuls témoins" les deux gamines, qui sont avant tout deux enfants, vont être harcelées de questions par leurs parents (c'est compréhensif), par les policiers, et mêmes leurs camarades d'école qui vont bientôt cesser d'être leurs amies. Elles attisent la curiosité.

Chacun pense (espère ?) à un kidnapping. Alors Odilon serait vivant. Mais le mystère reste entier et la chaussure rouge ne livre pas son secret. La situation nous est racontée du point de vue d'Emma : les mots sont comme des obstacles qui surgissent au milieu de ma route, ils pourraient me faire tomber. (p. 42)

Les mois, les années passent. Sophie semble avoir surmonté. Emma traverse plusieurs phases, la colère, le repli sur soi. Elle oublie beaucoup de choses (p. 83) mais ne se résout pas à faire son deuil, comme on dit.

Elle réussit malgré tout à expulser ses émotions au travers des paroles de chansons qu'elle écrit en s'adressant à son frère par la pensée. Le temps passe. Emma devient bachelière. Elle va passer les vacances à Menton chez l'oncle Fabian qui lui a trouvé un job de vacances.

Rêver à l'impossible rendra-t-il l'impossible possible ?

Gisèle Bienne est née en 1946 à Chavanges dans l'Aube. Elle vit à Reims, où elle anime des ateliers d’écriture après avoir été professeur de lettres et peintre. Elle a déjà publié des romans et essais pour les adultes notamment Paysages de l’insomnie, Marie-Salope, La Ferme de Navarin, Katherine Mansfield dans la lumière du Sud, L’Étrange Solitude de Manfred Richter et de nombreux romans pour la jeunesse comme La vie cachée des poupées que j'avais chroniqué sur le blog.

Retrouver le petit frère de Gisèle Bienne à l’École des loisirs, 2015

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