mercredi 18 février 2015

Valentina

Je suis allée voir Valentina - Tchernobyl, témoignage d'une femme née pour l'amour samedi 7 février 2015 à la Halle Saint-Pierre pour une représentation exceptionnelle. J'ai été bluffée par l'interprétation de Coralie Emilion, dans une mise en scène d'une sobriété exemplaire. Tout passe par sa voix, son  regard incandescent, et le sourire ...

Je vous incite à retenir la date de la prochaine représentation qui aura lieu le samedi 27 avril prochain à la Manufacture des Abbesses, ce qui donnera l'occasion de ne pas oublier les 29 ans de l’explosion de Tchernobyl.

Valentina aime. Avant, après Tchernobyl, elle aime, témoignant de sa vie brutalisée par cette catastrophe écologique, bouleversante de simplicité. Une bougie. un claquement de doigts. C'était dans une autre vie, nous dit-elle. Depuis le 19 octobre 1986 j'ai désappris à pleurer. Deux mètres, 90 kilos, qu'est-ce qui pouvait abattre un tel homme ? On lui a apporté la convocation barrée de rouge comme pour la guerre.

La femme qui se livre témoigne de la confiance qu'elle avait en son amour et qui abolissait toute peur, d'autant que personne ne savait alors quelles seraient les conséquences de la catastrophe nucléaire.
Coralie Emilion a la certitude que cette adaptation de La supplication de Svetlana Alexievitch, publié chez Jean-Claude Lattès, est un texte qu'elle jouera toute sa vie. Parce qu'il dégage une vraie poétique et qu'il représente aussi un acte citoyen. La petite histoire s'inscrit dans la grande. Les spectateurs ne sont pas insensibles, loin de là et on apprécie (quand les lieux s'y prêtent) de partager après la représentation avec la comédienne un verre de vodka parce que la vie continue ... n'est-ce pas ?

Ce n'est pas pour autant un théâtre militant. On reste avant tout dans l'humain, même si ce travail correspond à ce qu'on appelle le devoir de mémoire. A ce titre La supplication n’est pas seulement un texte d'amour. C'est aussi un acte politique. La menace du nucléaire est toujours bien présente. L’Occident ne vit que par le déni et ne réagit qu’en cas de catastrophe.

Coralie Emilion est comédienne, peintre et plasticienne. Elle est aussi coach. En créant la compagnie Honorine Productions son idée était de produire et diffuser des réalisations artistiques pluridisciplinaires, et pas que les siennes.

Valentina - Tchernobyl, témoignage d'une femme née pour l'amour
Texte librement adapté de La supplication de Svetlana Alexievitch
Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain
Mise en scène Laure Roussel
Avec Coralie Emilion
Collaboration artistique Fréderic Honoré et Michel Bulteau
Production Compagnie La Lune Vague Après La Pluie

1 commentaire:

Jeanmi a dit…

Après Tchernobyl, Fukushima et 2 ou 3 autres, nos arrières petits enfants risquent de ne pas nous ressembler beaucoup...

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