dimanche 8 février 2015

Max et les poissons de Sophie Adriansen chez Nathan

Max et les poissons va devenir un classique de la littérature jeunesse. C'est un excellent petit roman qui plaira autant aux jeunes qu'aux adultes.

Encore un livre sur la situation des enfants juifs au cours de la seconde guerre mondiale dirons certains ... Je croyais moi-même que le sujet avait été épuisé. Un petit garçon victime de la rafle du vel'd'hiv' et envoyé à Drancy, ce n'est malheureusement pas une idée neuve.

Conclure équivaudrait à occulter le talent de Sophie Adriansen qui confirme ses compétences auprès de tous les publics.

Chapeau !

Réussir à restituer le mode de pensée d'un enfant avec autant de justesse n'est pas l'apanage de tous les auteurs.

Après la lecture de son premier "vrai" roman, Quand nous serons frère et soeur, je lui conseillais de poursuivre dans cette voie. Au risque de me contredire je vais lui suggérer de continuer en littérature jeunesse. Je sais bien qu'elle n'a pas besoin de mes avis pour naviguer dans l'un et l'autre domaine. Après tout elle sera loin d'être unique. Nombreux sont les auteurs (des éditions de l'Olivier en particulier) à publier également pour les adolescents (à l'Ecole des loisirs en particulier). Et vous pourrez aller naviguer sur son site pour vous apercevoir qu'elle a plus d'une plume à son encrier.
Un regard d'enfant sur la rafle du Vel d'Hiv' Max a un poisson rouge ! C’est sa récompense : à l’école, il a reçu un prix d’excellence. Max a aussi une étoile jaune sur la poitrine. Il la trouve jolie, mais ses camarades se moquent de lui et disent qu’elle sent mauvais. Il ne comprend pas pourquoi. Comme il ne comprend pas cette histoire de « rafle » dont parlent ses parents. Ils disent qu’elle aura lieu demain, mais c’est impossible : demain, c’est son anniversaire ! Il sait déjà que sa sœur lui a fait un cadre en pâte à sel et il espère que ses parents lui offriront un second poisson…
Max traverse la guerre avec la candeur d'un enfant qui croit en l'avenir. On assiste, impuissant évidemment, à la perte de ses illusions : je comprends bien qu'on ne fait pas ce qu'on veut (p. 36). Il analyse les évènements avec la sensibilité propre aux âmes pures et le texte coule de source.

Papa, maman et Hélène ont peur aussi, je le sens. Et quand les grands ont peur c'et comme une couverture toute râpée par laquelle passe le jour : ça ne protège plus de rien. (p. 42)

Max et les poissons de Sophie Adriansen, illustrations de Tom Haugomat, chez Nathan, le 5 février 2015 en librairie. Pour tout public à partir de 10 ans.
Prix Opalivres 2016
Prix PEP 42-ASSE Cœur Vert 2016
Prix inter-salon du Montargois 2016

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