mardi 28 avril 2009

Tombe la grêle !


C'est peut-être cela, notre vie à tous : une oxymore entre deux extrêmes. Un joli soleil qui titille toutes les espérances et puis une averse de grêlons qui lapide les fleurs du cerisier.

Il est des jours où le proverbe s'inverse quand le beau temps a précédé la pluie.

vendredi 24 avril 2009

Madeleine, ma petite reine

Les éditions First ont publié le 8 avril dernier, le jour de la Ste Julie, un nouveau livre de recettes de la styliste culinaire Julie Schwob "Madeleine, ma petite reine". Un pareil titre, mettant en avant une spécialité lorraine, ne pouvait qu'attiser mon désir d'en savoir plus.

Les photos sont sublimes. Royales, vraiment. Et les recettes sont originales, ce qui n'est pas toujours le cas dans les livres qui traitent d'un seul sujet. Combien de déception avec ces séries sur des cakes, des crêpes, mais bon ... parlons de ce qui est beau et bon.

Après avoir longuement hésité (tout me tente) je décide de réaliser une version salée et une version sucrée. Ce sera ricotta-épinards pour l’une et black madeleine pour l’autre. Et pour témoigner de la facilité d’exécution j’ai photographié moi-même le résultat. De quoi saliver, pardonnez-moi, mais je vous donne la marche à suivre … en attendant que vous n’alliez ouvrir le livre pour faire votre propre choix.

Commençons donc par les madeleines ricotta-épinards. Voici la recette vite fait/bien fait :
2 œufs, 60 grammes de ricotta, 60 grammes d’épinards hachés surgelés (j’ai pris une poignée de frais que j’ai émincés tout crus), une demi-cuillerée à café de muscade en poudre. On mélange bien.
On ajoute 125 grammes de farine tamisée, un sachet de levure chimique, une demi-cuillerée à café de sel, puis 50 grammes de beurre fondu refroidi.
Hop, dans les moules beurrés. Thermostat 8 (oui, 240°) pour 10 minutes. Voilà en gros plan le résultat !
Moelleux et doux à la fois. Juste tiède c’est un bonheur.

Passons à la version sucrée. En fait j’ai remplacé le sachet d’encre de seiche préconisé par l'auteur par une demi-cuillerée à café de colorant noir parce que j’en ai depuis que j’ai essayé de faire des macarons noir. Autant vous dire tout de suite que le dosage n’est pas “évident”. La preuve : les gâteaux sont bruns à l’extérieur, couleur pain d’épices, et noir brillant à l’intérieur, avec parfois une bande rouge orangée entre les deux, bien visible sur la photo ci-dessous. En fait cela ne gêne pas. Le goût n’est pas dénaturé.
L’intérêt, comme le dit ma fille, c’est qu’on dirait que c’est fourré au chocolat noir alors que pas du tout ! C’est un point de vue …

Donc la recette des black madeleines toujours sur le mode vite fait/bien fait :
2 œufs, 4 cuillerées à soupe de lait, une pincée de sel, 80 grammes de sucre (amplement suffisant). On mélange bien.
On ajoute 125 grammes de farine tamisée, un sachet de levure chimique, puis 75 grammes de beurre fondu refroidi, et une demi-cuillerée à café de colorant.
Hop, dans les moules beurrés. Thermostat 8 (oui, toujours 240°) pour 10 minutes.Vous en reprendrez bien une petite ?

Tous mes compliments à Julie Schwob parce qu’avant elle, je ne vous dis pas le nombre de déception avec ces séries sur des cakes, des crêpes, mais bon … concentrons nous sur ce qui est beau et bon.

jeudi 23 avril 2009

Quelques bâtiments sénonais et douceurs icaunaises

La ville de Sens est très ancienne. Elle a conservé des hôtels particuliers qui témoignent de la splendeur qu'elle a connu au XVI° puis au XVIII° siècle. Les guerres de religion l'avait entre temps affaiblie.

Un des monuments historiques les plus pittoresques de Sens est certainement la "Maison d'Abraham", qui s'avance comme la proue d'un navire dans la rue de la République. Ce qui a failli d'ailleurs causer sa perte en Mars 1970 quand un camion la percuta, avant qu'elle soit achetée par la ville en 1985, après avoir été longtemps un magasin, notamment de vêtements ...

Il faut savoir que le nom actuel résulte d'une erreur d'interprétation qui remonte au moins au début du XIX° siècle, car c'est l'arbre de Jessé qui a été sculpté sur le poteau cornier.

Théodore Tarbé se trompe donc en écrivant dans son histoire de France qu'il s'agissait d'Abraham.

La maison porte aussi le nom de "Maison des Quatre Vents", ce qu'explique par sa position à un carrefour.


D'autres façades de la même époque sont remarquables Grande rue. Presqu'en face de celle-ci, d'un bleu évoquant davantage des demeures d'Honfleur, se trouve la maison Depreux.

Derrière une vitrine ultra-contemporaine se cache une épicerie fine où l'on peut s'approvisionner en spécialités locales. Par exemple des bonbons feuilletés au praliné noisette, emballés individuellement dans un papier doré comme des petits lingots, connus sous le nom de buchettes sénonaises.

Ou, plus récents, ces pavés au chocolat enrobant un autre feuilleté, en souvenir de la réfection du parterre de la cathédrale.

Beaucoup de confiseries sont faites à base de noisettes, probablement parce que c'est une richesse de la toute proche forêt du Pays d'Othe.












Le toit du palais synodal est reconnaissable avec ses damiers de tuiles vernissées qui font penser aux toits des Hospices de Beaune.












En baissant les yeux on est surpris de cette toute petite fontaine que j'ai toujours connue là, pour étancher la soif de nos amis les bêtes.







Le marché couvert, récemment restauré m'attire. Mes souvenirs sont intacts. La maison Dosnon est toujours là pour présenter son pain d'épices, et j'en salive d'avance.
Pourtant, s'il a exactement le même aspect il me semble moins moelleux, et différent en bouche du souvenir que j'ai gardé. Je suis certaine qu'un ingrédient a été modifié.

Par contre ces meringues sont une découverte. Adoptées à l'unanimité ! Glissées dans une coupe avec la glace du parfum de votre choix elles ont font merveille. Ou croquées "la main dans le sac" ... lequel est vide. J'ai réussi quand même à immortaliser les trois dernières, juste à temps.

La visite de la cathédrale Saint Etienne mériterait plusieurs articles. C'est la première des cathédrales gothiques. Saint-Louis y épousa Marguerite de Provence en 1234. Y sont conservés les restes du Dauphin, fils de Louis XV, et de la Dauphine, parents des trois derniers rois de France ... Impossible de tout montrer. Je retiendrai juste cette fois le Mausolée du Cardinal du Perron et de son frère, dans un "pur" style baroque XIX° :
En gros plan, cela change tout !

Depreux Epicerie Fine, 115 Grande Rue, 89100 Sens, 03 86 65 10 40
Maison Dosnon, apiculteur producteur, 10 rue du Collège, 89500 Villeneuve-sur-Yonne, 03 86 87 17 64

mercredi 22 avril 2009

Brioche du Diable rouge au chocolat blanc

Suite aux succès des livres publiés sur la machine à pain depuis 2004, Romain Pages éditions a sorti une nouvelle partition de 100 recettes.

Des pains " standards ", des cakes, des pains cuits au four, des confitures... Et une large introduction (16 pages) avec conseils, trucs et astuces, explications des différents types de farine, etc.

Ayant une forte envie de sucré j'ai choisi la recette pain brioché au sirop d'érable et au chocolat blanc. Vous me connaissez, j'ai "presque" suivi la recette.

J'ai employé la fameuse farine du Petit diable rouge du moulin de Nomexy, celle là même qui fait fureur aux USA sur Broadway. Mais j'ai remplacé le sirop d'érable par du sirop de noix de macadamia, ramené l'été dernier d'une épicerie fine d'Aussois.

Et comme ces noix me font penser aux noix de pécan et qu'il m'en restait 40 grammes, je les ai versées sur la pâte au bip (le premier, cette fois je ne l'ai pas loupé comme avec les châtaignes l'autre jour) de la machine avec le chocolat blanc cassé en petits morceaux.

programme 6, pain sucré, croute moyenne.
Merveilleusement gonflé (plus de 20 cm de haut). Pas de doute que cette farine est aérienne. Côté gustatif, c'était léger biensûr, sucré mais pas trop, juste ce qu'il fallait de croquant. Bref, hyper-super-extra. Il y avait une formule (magique) de cet acabit dans un dessin animé mais je ne me souviens plus lequel. Je crois qu'il serait prudent de "casser le moule" comme le dit la sagesse populaire quand on a obtenu un résultat parfait.
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Autres recettes de pain le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix),20 avril (pain châtaigne et graines de lin) et 7 avril (présentation de l'appareil)
Article complet sur le moulin de Nomexy le 12 avril 2009

mardi 21 avril 2009

Là, là, mon beau lilas ...

Deux amies se sont donné le mot, il me semble, pour m'offrir aujourd'hui même ces fleurs de leur jardin. J'adooore !Et si vous pouviez humer comme ces grappes embaument ... ! Revenez quand vous voulez !
Il y aura toujours une petite douceur à partager

lundi 20 avril 2009

Pain châtaignes et graines de lin, velouté assorti

Le livre 100 recettes de pains de Christel Cousin, Cécile le Hingrat et Sandra de Marin, paru aux éditions Romain Pages en 2006 est une mine. Surtout parce que les auteurs proposent systématiquement une association singulière et appétissante entre un pain et son accompagnement. Cette fois je vais à peine chercher à réinterpréter une recette. Quoique ...

D'abord le pain, avec la farine Croustichataigne du moulin de Nomexy. Là, j'avoue une première erreur : j'aurais du l'employer pure et ne pas ajouter ni sucre ni sel, car la préparation en contient déjà mais comme on recommande (page 48 du livre) 300 grammes de farine T55 pour 100 de farine de châtaigne, j'ai bêtement suivi la préconisation, ce qui a bouleversé suffisamment la proportion de sel et de sucre pour que le rendu ne soit pas parfait.
Deuxième erreur : j'ai voulu enrichir le pain avec des morceaux de châtaignes et des graines de lin. Étourdie, je n'ai pas entendu le premier bip et c'est au second que je les ai ajoutés. (Si quelqu'un pouvait m'expliquer le pourquoi des deux séries successives de bip ... ce qui ne figure dans aucun livre ni mode d'emploi ...)
Troisième erreur : ayant compris que si on voulait que les morceaux de châtaignes ne soient pas broyés il était préférable de les congeler avant ce sont donc des fruits gelés qui sont tombés sur la pâte. Or la température est primordiale pour permettre une bonne levée de la pâte.
D'où un résultat franchement vilain. Voyez que je ne vous cache rien.

Sur le plan gustatif c'était bon, mais un peu salé.
Cela "tombait" à pic puisque l'accompagnement recommandé était un velouté champignons-châtaignes :

100 grammes de champignons de Paris (sauf que j'ai pris une douzaine de cèpes déshydratés)
10 grammes de châtaignes au naturel
25 cl de lait, 50 d'eau, sel, poivre
On mixe après une demi-heure de cuisson

On saupoudre de graines de lin grillées et on sert avec une tranche du pain en question.

Et pour les passionnés d'étymologie, l'expression tomber à pic n'a rien à voir avec l'escalade mais avec une règle du jeu de Paume, qui est l'ancêtre du tennis. Un point particulier à ce jeu s'appelle la "chasse pic", lorsque la balle tombe à un endroit précis du terrain. Le fait de réaliser ce point, à certains moments décisifs de la partie, assure un avantage au joueur qui le marque. Quand la balle "tombe à pic", elle permet donc de marquer le bon point au bon moment.
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Autres recettes de pain le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche),18 avril (pain de seigle aux noix) et 7 avril (présentation de l'appareil)
Article complet sur le moulin de Nomexy le 12 avril 2009

dimanche 19 avril 2009

Après nous le déluge ?

C'est l'intitulé intentionnellement provocateur de l'exposition de Philippe Lagautrière à l'Orangerie des Musées de Sens qui en fait souhaite alerter le public sur la responsabilité que nous avons de laisser la planète dans le meilleur état possible.

Quelques vues d'abord du cadre extérieur, adjacent à la Cathédrale et au Palais Synodal.
L'immense toile "La biche dans les bois", peinte l'été dernier, accueille le public. Cette œuvre foisonnante, comme tous les travaux de l'artiste, est ici simplement accrochée sur un mur "sérigraphié" de biches. Le sujet est apparemment populaire, sauf qu'il est traité avec une ironie grinçante, pour dénoncer l'irresponsabilité des décideurs au nom du profit et du politiquement correct. Philippe Lagautrière explique d'ailleurs que peindre un bouquet de fleurs lui ferait naturellement figurer des abeilles mortes par les pesticides au pied du vase.

Depuis les années 60 il se partage entre l'Yonne et l'atelier parisien qu'il occupe dans la mythique "Ruche", là même où travaillait Chagall . C'est le sculpteur Alfred Boucher qui a racheté l'ancien pavillon des vins de l'Exposition universelle pour le faire remonter sur un terrain acheté en 1895, passage dantzig, dans le 15° arrondissement de Paris et en faire profiter les jeunes artistes en devenir. Une charpente métallique (réalisée par Gustave Eiffel) et trois étages comportant chacun des ateliers cellulaires. Ces derniers ouvrent leurs portes en 1902. Fernand Léger mais aussi Amedeo Modigliani, Marc Chagall, Blaise Cendrars et Max Jacob occuperont temporairement le lieu.

Philippe Lagautrière est un graveur qui utilise des tampons pour réaliser des "images-collages". Tout le processus de création est révélé pas à pas sur son blog, par exemple dans ce billet. Il explique volontiers le procédé en détail. A l'aide d'un rétroprojecteur, il utilise la trace agrandie au format de la toile. Une fois les premiers coups de pinceaux donnés, tout s'organise autour d'une gamme colorée qui a été établie auparavant. La projection régulière de l'image lui sert de "guide" et lui permettra, en dernier ressort, de peindre la trace noire qui emprisonnera les masses colorées. Une fois le noir posé, il revient sur les accords de couleurs dissonants. Il précise que derrière l'apparente simplicité de la méthode se cachent des heures de travail.

Ce qui le touche en premier lieu avec les tampons c'est qu'ils représentent toujours "un monde à l'envers" (attention j'ai volontairement inversé la photo). Il a prélevé une sélection parmi les milliers de tampons qu'il a récupérés en trente ans. Plusieurs vitrines leur sont consacrés. On peut voir des tampons anciens, comparables à ceux qui faisaient la joie autrefois des petits écoliers des cours préparatoires. Et puis d'autres, qu'il a lui-même gravés pour représenter les sujets qu'il désirait peindre ensuite.

Surnommé "le tamponneur fou" dans une chronique du journal Libération en 1983, l'artiste assume toujours cette image. Il regrette que les tampons ont été remplacés dans les classes dans leur fonction de duplication de l'image par le polycopié, puis par la photocopie. Celle-ci en effet, trop abondamment employée, prive les élèves de la stimulation onirique que ces petits objets exerçaient sur leur imaginaire.

L'artiste en tout cas, réalise en les juxtaposant, un monde touffu, qui fait référence aux temps anciens tout en étant extrêmement évocateur de la modernité. Jugez plutôt : celui-ci, 80x80 cm (ci-dessous) s'intitule Ceux d'en haut, ceux d'en bas

Le boulanger 50x50 cm (ci-dessous) a été peint la même année
et voici La porte, 60x60 cm (ci-dessous) réalisé en 2007
Qui n'aurait pas envie de la pousser ? Les tableaux s'apprécient de loin, mais l'œil se plait aussi à débusquer chaque détail. J'aime particulièrement cet escargot (de Bourgogne) qui se dirige à son pas vers la Biche dans les bois (acrylique de 130x195 cm)
Philippe Lagautrière réalise aussi des sérigraphies comme celle-ci, exécutée en 2005 et appartenant à une série intitulée, comme on peut le deviner, 11 septembre 2001, preuve encore de son implication dans le monde d'aujourd'hui.
Ceux qui voudraient le rencontrer pourront venir le samedi 16 mai à 14 heures 30 l'écouter s'entretenir avec le critique d'art Jean-louis Pradel, qui a dit de ses œuvres : "Chacun de ses tableaux, aux accents de fanfare, est une marmite du diable en forme d'apocalypse rutilante où se concoctent à gros bouillons et petits secrets bien gardés, de savantes potions magiques comme autant d'indispensables contrepoisons d'un monde effrayé".

Orangerie des Musées de Sens, 135 rue des Déportés et de la Résistance, 89100 Sens, du 15 mars au 14 juin 2009, entrée gratuite

mercredi, samedi et dimanche de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures
lundi, jeudi et vendredi de 14 à 18 heures
accueil des Musées au 03 86 64 46 22

samedi 18 avril 2009

... aux petits oignons

J'ignore l'origine de l'expression mais elle me semble tout à fait opportune pour qualifier ma dernière expérience.

J'avais acheté au marché une botte d'oignons nouveaux que je voulais confire sans trop me fatiguer. Comme j'utilise beaucoup le cuiseur vapeur ( les légumes à la vapeur c'est tellement meilleur !) et qu'il est très vaste je me suis dit que j'allais tenter quelque chose.

J'ai pris un petit pot de verre (celui qui avait contenu le pesto) où j'ai placé 3 oignons épluchés que j'ai recouverts de caramel tout prêt. J'ai fermé et glissé le pot dans un des deux paniers, parmi les légumes du jour, en l'occurrence un mélange de carottes, navets et courgettes, mais cela n'a pas d'importance.


15 minutes plus tard j'ouvre le pot et je me REGALE !!!! Incroyable mais vrai.

J'ai servi comme un condiment, en accompagnement d'une omelette aux cèpes et d'une salade très verte puisque c'était un mélange "épinards-laitue-avocat", ponctué de quelques olives noires.

Avec une tranche de pain de seigle aux noix.

Recette du pain aux noix :
(page 21 du livre 100 recettes de pains de Christel Cousin, Cécile le Hingrat et Sandra de Marin, paru aux éditions Romain Pages en 2006)
350 grammes de farine T55
150 de seigle
300 ml d'eau
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
2 cuillères à café de sucre
1, 5 de sel
1 sachet de levure spéciale pain
programme pain complet
au bip ajouter 50 grammes de cerneaux de noix
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Autres recettes vapeur les 5 avril (risotto et moelleux mi-cuit), 11 avril (farcis niçois et compote dorée) et 1er avril (présentation de l'appareil)
Recettes de pain le 3 avril (pain des écureuils gourmets et gourmands), 7 avril (banane, sirop d'érable et noix de pécan), 13 avril (garrimande, pain aux saveurs méditerranéennes), 15 avril (brioche) et 7 avril (présentation de l'appareil)
Article complet sur le moulin de Nomexy le 12 avril 2009

vendredi 17 avril 2009

L'école de mon enfance

J'ai habité à Sens (Yonne) une bonne dizaine d'années, il y a très longtemps. La ville m'a semblé avoir "rétréci" depuis tant les rues m'ont paru étroites. Probablement qu'autrefois la circulation automobile était moins intense et que petite fille tout me paraissait démesurément grand.

J'ai retrouvé notamment l'école de mon enfance, qui est en cours de restauration. Le nouveau propriétaire m'a autorisée à prendre des photos qui vont rester personnelles pour la plupart puisqu'il s'agit maintenant d'un lieu privé. Ces bâtiments XVII°, XVIII° et XIX° siècle, tout proches de la superbe cathédrale ont probablement nourri mon imaginaire et c'est peut-être d'avoir appris l'orthographe sous la houlette exigeante de la petite nièce de Marcel Proust que je dois d'écrire aujourd'hui avec tant de plaisir.

Je vais d'abord vous montrer la façade de ma première classe, le CP, puisque je ne suis jamais allée en maternelle. Les deux fenêtres donnaient sur un passage fleuri où les oiseaux s'égosillaient toute la journée. Sachant déjà lire, je passais le plus clair de mon temps à rêver de m'envoler ...
Dès le CE1, j'émigrai dans la cour des grands, située à une enjambée de la précédente. Les fenêtres étaient protégées de barreaux coté rue du Tambour d'argent.
Mais coté cour, le bâtiment aurait pu laisser croire que nous étions dans une classique école "Jules Ferry", quoique la petite tourelle menant à des caves souterraines ne soit un peu étrange.
Et surtout, juste en face, elle était bordée par cette façade XVIII° aux salons Marie-Antoinette. Je me souviens particulièrement de l'un d'entre eux, transformé en salle de classe quand la directrice, qui s'était cassé le col du fémur, ne pouvait plus monter les escaliers du bâtiment principal. C'était assez drôle de résoudre des équations du second degré sous un plafond décoré de stucs. Ou mieux d'y apprendre l'histoire de France.
Au premier étage de celui-ci se trouvaient les dortoirs des internes. Combien de fois nous sommes nous lancé le défi d'y grimper sans se faire surprendre par un professeur. (Fastoche : personne ne surveillait les récréations ...).

Pour rien, juste pour le plaisir de découvrir quelque cachette, un escalier secret, une porte dérobée. L'école n'en manquait pas.

Le seul risque était de se perdre et de débouler involontairement dans la chambre d'un enseignant. Car ils étaient tous pensionnaires, comme la moitié des élèves. Evidemment il n'y avait pas de salle dite "salle des professeurs". Chacun regagnait ses pénates aux inter-classes.

Il y avait aussi deux jardins, une grotte, et une multitude de dépendances ... mais nous n'avions pas de gymnase et ce n'est que la dernière année que l'école fut mixte (3 garçons étonnés sont arrivés en classe de seconde) et qu'une salle de travaux pratiques a été bricolée dans un rez-de-chaussée.

L'école s'est ensuite considérablement développée. Des "préfa" ont surgi dans la cour pavée. C'est alors que mes parents ont déménagé et que je me suis retrouvée, un peu surprise, dans un lycée polyvalent d'une ville nouvelle (sans passé et sans âme) où j'étais la seule externe.

Les bâtiments ultra-modernes tenaient plus lieu d'une navette spatiale que d'un hôtel particulier et les méthodes pédagogiques radicalement différentes. Je peux dire que le changement fut brutal.

Un jour prochain, je vous montrerai quelques bâtiments sénonais et spécialités locales.

jeudi 16 avril 2009

Le Moulin à tan de Sens (Yonne)

J'ignorais que cela ait pu exister : un moulin à tan ... (prononcer comme le mot temps)

L'énergie hydraulique a, de longue date, été valorisée tout le long d'un petit cours d'eau au débit énergique qui s'appelle la Vanne. Sur ce site se succédèrent d'ailleurs une "usine à polir les bijoux d'acier" puis, vers 1830, une scierie. Le moulin à tan utilisait la force motrice de la petite rivière pour piler l'écorce des chênes des forêts avoisinantes et en extraire le tanin.
Il a été créé en 1887 à l'initiative de la famille Domange. Il fournissait alors les nombreuses tanneries du quartier Sud de la Ville de Sens et bien au-delà. Ce fleuron de l'industrie de la Tannerie constitue un superbe témoignage de cette activité, en même temps qu'une belle architecture sobre, fonctionnelle et de qualité.

Ce qui est extraordinaire alentour, ce sont les serres tropicales, ouvertes uniquement l'après-midi à partir de 14 heures 30. Mais si vous êtes un petit groupe sympathique il y a fort à parier que la serrure sera débloquée plus tôt.

Et si vous ne pouvez pas faire le déplacement regardez ici pour en avoir un aperçu panoramique.

La première serre est consacrée aux cactées, et certaines sont vraiment impressionnantes.

Je vous recommande de vous attarder ensuite sur cette liane (photo de gauche, fleur balnche) dont on m'avait dit que seules les gousses étaient parfumées.
Et pourtant la serre toute entière embaumait ... la vanille, puisque c'est bien d'elle qu'il s'agit. La dernière serre quant à elle exhalait le parfum d'un superbe gardénia.

Un peu plus loin un bassin avec d'étranges iris d'eau : Quoique les racines du pandanus, originaire de Polynésie ou d'Inde, ne soient pas moins surprenantes. Ce sont des câbleries qui lui tiennent lieu de solides amarres. Il en a bien besoin : sa tête en élise pèse au moins 50 kilos.
De superbes bananiers étaient aussi à remarquer. Leur régime pendait, avec la trace bien visible des anciens fruits. D'une durée de vie d'environ neuf mois, je rappelle que cette immense plante n'est qu'une herbe, qui meurt après avoir donné ses fruits.
Appétissant, non ?
Sens est une "petite" bourgade située à une centaine de kilomètres au sud-est de Paris et j'aurai l'occasion de vous en reparler prochainement sur la toile.

Parc du moulin à tan 28, chemin de Babie 89100 Sens Tél. : 03 86 95 38 72

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