mercredi 8 mai 2013

Camo, excelle dans Amour quand tu nous tiens ... pas ! à la Comédie-des-trois-Bornes

Je vais vous dire la vérité : c'est par hasard que j'ai vu le spectacle de Camo à la Comédie-des-Trois-Bornes. Si je n'avais pas été dans le quartier ce lundi soir là je ne saurais pas ce que j'ai manqué. Ne faites pas comme moi. Allez-y pour découvrir une artiste qui a beaucoup de dons et qui va vous faire passer un excellent moment.

Camo est comédienne, auteur, musicienne, et clown. Cette dernière facette ne se voit pas dans le spectacle mais cette maitrise lui permet d'être parfaitement à l'aise avec le public. Une de ses forces est de vous interpeler sans vous mettre mal à l'aise alors que tous les autres spectateurs rient de bon coeur. Elle m'a fait penser à Virginie Hocq dans Pas d'inquiétude et je ne peux que souhaiter le même succès à Camo.

Les chansons de Gainsbourg vous mettront dans l'ambiance pendant que vous vous installerez. Il se peut tout de même que Camille rouspète en entrant en scène. Le régisseur n'envoie pas toujours la bonne musique.

Elle va vous trouver agréables, ouverts, cools ... forcément car vous êtes parisiens. Ce serait autre chose si vous étiez provinciaux, tout le temps stressés. Et puis elle appellera les pigeons comme le faisait Gisèle Casadesus dans la Tête en friche, le film de Jean Becker. 

Elle a une manière très naturelle d'interpréter son texte. On jurerait que cette grande fille naïve nous met dans la confidence des déboires qui lui sont arrivés pour de vrai dans sa recherche éperdue de l'âme soeur.

L'Amour n'attend pas. Camo, si. 
Elle l'a pourtant déjà connu. Une fois. Non, deux... 
C'était au printemps ! C'était bien, ça lui a plu. 
Alors du coup, elle s'est dit qu'elle aimerait bien recommencer. 
Depuis, elle attend... 
Sinon t'as quelqu'un toi en ce moment ? 

On croit quelle a touché le fond tant la situation qu'elle nous raconte est absurde. Mais non, le pire survient ensuite. Elle fait la godiche prête à toutes les concessions pour garder l'amoureux. Impossible de rejeter une telle candeur et on se surprend à éprouver de la tendresse.

Le décor est minimaliste à l'extrême mais elle mime à merveille chaque scénette. On s'y croitrait ... L'épisode du bateau-mouche est absolument "incroyable" et le déshabillage sous la tente en Normandie est un moment fort savoureux aussi. 

C'est son ancien professeur des Ateliers Juste Pour RirePascal Daubias, qui a conçu la mise en scène discrète et efficace du spectacle qui a été créé au Festival d'Avignon l'été dernier au Théâtre Pittchoun.

«Amour quand tu nous tiens... pas !» n'est pas son premier One Woman Show. Il y eut auparavant «Vierge et Rebelle». La comédienne a souvent été finaliste de Festivals qui comptent dans l'art du rire comme Rire en Scène à Rouen, Les Feux de l'Humour de Plougastel.

Elle a remporté plusieurs Premiers Prix. Au Festival Jeunes Talents de Mantes la Jolie, au Marathon du Rire de Paris et au Festival des Arts Burlesques de Saint Étienne. Et je ne vous dis pas tout !

Il n'y a qu'un inconvénient : «Amour quand tu nous tiens... pas !» n'est joué que les dimanches et lundis à 19 heures mais ce n'est pas une raison valable pour s'en passer. Et surtout arrivez à l'heure. On ne peut plus entrer dès que le spectacle a commencé.

Ne prévoyez rien après : elle vous invitera à aller boire un pot et ce serait bête de ne pas être libre. 
One Woman Show de Camo : «Amour quand tu nous tiens... pas !» 
Mise en scène : Pascal Daubias, les dimanches et lundis à 19 heures
à la Comédie-des-trois-Bornes, 32 rue desTrois-Bornes, 75011 Paris

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